C'est par un jour ensoleillé que commence alors notre aventure. Sur la route, un vieil homme vêtu de gris avançant lentement, un bâton l'aider à avancer, bien que le vieil homme ne soit en aucun cas handicapé d'une quelconque façon. Gandalf le gris, le trouble-paix, le danger ambulant, tant de titres pour une seule personne, pourtant, chacun de ces titres est mérité. Gandalf observait sur son chemin les changements dont avait bénéficié la Comté. A mesure qu'il s'approchait d'Hobbiton, il s'émerveillait des remparts. En y repensant, il eut bien du mal à entrer dans la Comté, se faisant interpeller avant même de pouvoir passer le pont reliant Bree et cette terre fertile. Quel fut son étonnement lorsqu'il fut contrôlé par deux hobbits armés jusqu'aux dents, en armure avec chacun une lance. Encore plus grand fut son étonnement en voyant sur les remparts, des sentinelles hobbits ainsi que des Dunedains armés d'arcs. Il ne pensait pas qu'en quarante ans, la Comté changerait autant. Il se rappelle encore le jeune Bilbon Sacquet, ses yeux argentés toujours rieurs, et sa soif de connaissance, toujours en train de lui courir après pour en savoir plus sur le monde qui l'entoure. Maintenant, voyant les changements apportés à la Comté, il se demandait si Bilbon était toujours celui qu'il avait connu, surtout après la mort de Belladone et Bungo, dont il ne put assister aux enterrements.

Alors qu'il arrivait à Hobbiton, il fut une fois de plus choqué, le village étant lui-même entouré d'un autre rempart, bien plus épais que celui entourant la Comté. Alors qu'il s'avançait vers Cul-de-Sac, il remarqua que les hobbits étaient toujours aussi souriant, mais que leur accoutrement avait changé. Chaque hobbit portait un pantalon noir et une chemise de soie de couleur claire. Les femmes portaient de splendides robes aux couleurs foncées, du rouge vermeil au pourpre. Des humains étaient aussi présents, habillés de la même façon. Un peu partout, des soldats, fussent-ils hobbits ou Dunedains, portant des armures brillantes, étant armés pour la plupart de lances et épées, et chaque soldat hobbit ayant sur son dos un arc et un carquois.

Enfin, il arriva à Cul-de-Sac, ou plutôt, ce qu'il se rappelait être Cul-de-Sac. Quelle fut sa réaction lorsqu'il remarqua les changements, la colline entière étant devenue un smial (je rappelle que les constructions extérieures sont cachées). C'est alors qu'il l'aperçut, sur un banc, en train de fumer la pipe. Bilbon avait bien changé, habillé de façon différente des autres hobbits, semblant porter une armure n'ayant rien à voir avec celle des soldats. Il était accompagné d'un rodeur qu'il connaissait bien, Arathorn, mais que pouvait-il bien faire ici ?

« N'est-ce pas Gandalf que je vois là, votre majesté ? » murmura Arathorn à l'oreille de Bilbon.

Bilbon se tourna pour observer au loin Gandalf s'approcher. Alors qu'il caressait de façon absente sa légère barbe d'or, il prit une grande bouffée de sa pipe, et souffla en direction de Gandalf. La fumée prit alors la forme d'un guerrier, courant en direction de Gandalf, pour s'écraser sur son chapeau.

C'est alors que Gandalf s'arrêta devant les deux individus, un sourire aux lèvres.

« Mais que vois-je, si ce n'est pas mon vieil ami Arathorn. Ah, et mon cher Bilbon évidemment. » Dit alors le vieux sorcier.

« Gandalf, ça fait bien longtemps que je ne vous ai pas vu. »L'accueilli alors Arathorn.

« En effet, ça fait bien longtemps qu'on ne vous a pas vu ici, Gandalf. » Se mit alors à dire Bilbon, un sourire en coin, « Qu'est-ce qui vous amène ici ? »

« Je cherche quelqu'un pour prendre part à une aventure. » Répondit alors le sorcier, d'un air mystérieux, relevant légèrement son chapeau pour mieux ancrer son regard dans celui de Bilbon.

« Ah ! Et je suppose que si vous êtes venu me voir, ce n'est surement pas pour chercher ailleurs, je me trompe ? » Demanda alors Bilbon, les sourcils légèrement froncés. A côté, Arathorn se retint alors de rire.

« Eh bien, je dois avouer que j'ai immédiatement pensé à vous, Bilbon. Vous ne cessiez de me demander de vous en dire plus sur le monde, et je me suis dit qu'une aventure serait parfaite pour vous. »

« Très bien, je vais écouter ce que vous avez à dire. Alors, en quoi consiste cette aventure ? »

Arathorn fut légèrement choqué par la réponse de Bilbon, ne s'attendant pas à ce qu'il soit prêt à écouter les élucubrations de Gandalf.

« Je dois avouer ne pas trop avoir le temps d'en parler, mais j'adorerai en discuter autour d'un bon repas. Ce soir, serait-ce possible ? » Dit alors Gandalf, une lueur amusée dans le regard.

« Eh bien, ma foi, je suppose que oui. Je vous attendrai alors ce soir. Je vous conseille de passer par la porte du bas, plus adaptée pour votre taille. » Sourit alors Bilbon.

« Bien, cela sera très bon pour vous, et des plus amusant pour moi. Attendez-vous à notre compagnie d'ici ce soir. » S'exclama alors le magicien, se retournant pour partir aussitôt, laissant Arathorn et Bilbon bouche bée.

Bilbon se retourna alors vers Arathorn.

« Est-ce moi, ou il a dit ''nous'' ? »

« Euh…En effet, il a bien dis ''nous''. » Répondit le Général, une goutte de sueur coulant le long de sa tempe.

Peu de temps après, un soldat accourut vers Arathorn, lui tendant un parchemin pour partir aussitôt. Arathorn se mit alors à le lire, puis prit la parole.

« Il semblerait que treize nains soient arrivés dans le Royaume, et qu'ils se sont installés au Dragon Vert. »

Bilbon prit alors un air pensif, tout en marmonnant,

« Je suis sûr qu'ils sont de mèche avec ce vieux fou. Au moins, maintenant on sait qui sont le ''nous''.»

Tout à coup, Bilbon se leva puis se dirigea vers son palais. Ordonnant aux gardes de conduire les nains directement dans la salle de banquet, s'ils venaient à se présenter au palais. Il en profita pour ordonner aux serviteurs de préparer un festin, se doutant qu'autant de nains, ça doit consommer de grandes quantités de nourriture.

C'est alors que le personnel du palais fut pris de frénésie, les cuisiniers se coupant en quatre pour préparer un festin digne de leur roi. A l'occasion, Bilbon avait demandé à ce que le meilleur vin et la meilleure bière soient apportés. Des tonneaux de vin de Dorwynion, et des fûts de la bière spéciale des Took furent alors apportés dans la salle de Banquet. Très vite, les heures s'écoulèrent, et les nains se dirigèrent un à un vers le smial.

Dwalin fut le premier à être arrivé au palais. Depuis son arrivée dans la Comté, il n'avait cessé d'être étonné. Il avait pu voir des soldats, des patrouilles, des remparts, des tours…alors qu'on ne cessait de dire que les Hobbits étaient un peuple pacifique qui ne connaissaient rien de la guerre. Ce n'est pas l'impression qu'ils donnaient. Lentement, en s'approchant du Palais, il se mit alors à douter de ce qu'avait dit Gandalf. Pourquoi diable un simple cambrioleur vivrait dans le plus grand smial de toute la ville, gardé par des soldats en armure, non pas que hobbits, mais aussi Dunedains. Il revint à lui lorsqu'il se trouva face aux gardes.

« On m'a dit que je suis attendu. Je suis envoyé par Gandalf. » Dit-il alors, d'un ton brusque.

« Je vois, vous devez être l'un des nains que sa maj…maître Bilbon attend. » Se reprit alors le garde.

Qu'est-ce qu'il a bien pu vouloir dire avant maître ? Se demanda alors le nain.

« Suivez-moi je vous prie, je vais vous conduire à la salle de Banquet. » Reprit alors le garde, faisant signe à Dwalin de le suivre.

C'est en entrant dans le Palais que Dwalin fut estomaqué. L'endroit était immense. Des murs gravés, non pas en bois, mais en pierre, couverts de tapisseries et tableaux. Plus il avançait, plus il remarquait des objets de grande valeur, de luxe, certains une fois vendu, pouvant nourrir l'entièreté de l'Ered Luin pendant au moins tout l'hiver.

C'est alors qu'il arriva dans une grande salle avec en son centre une immense table entourée d'une trentaine de chaises. La table était en chêne massif, taillée avec minutie, représentant des scènes qu'il supposa être de l'histoire de la Comté. Au bout de la table, une chaise qui ressemblait à un trône, surement pour le maître des lieux. Il observa attentivement la pièce, notant les tapisseries bleu roi recouvrant chaque mur, des babioles à droite et à gauche, semblant remplir la pièce plus que de raison, surement pour décorer. L'endroit était magnifique, rempli de babioles, de chandeliers en or, et même un lustre au centre de la pièce, éclairant chaque recoin. C'est alors que Dwalin se demanda dans quel pétrin il s'était fourré, et surtout qui ce maudit magicien avait invité avec eux. En tout cas, ce n'était surement pas un simple cambrioleur, ou alors, le meilleur qu'il soit, pour pouvoir s'offrir un tel luxe.

D'un coup, les portes se rouvrirent derrière lui, et il vit alors Balin entré, accompagné par un garde, qui repartit aussitôt.

« Mon frère ! » S'approcha alors Balin, cognant sa tête avec celle de Dwalin.

« Par ma barbe, tu es plus gros et plus petit que la dernière fois. » Répondit Dwalin d'un air taquin.

« Plus gros, pas plus petit ! Et bien assez malin pour nous deux ! » S'exclama le vieux nain, un sourire sur le visage.

Enfin, Balin se mit à observer les lieux.

« Sommes-nous vraiment au bon endroit ? » Demanda-t-il.

« Il semblerait, le garde à l'entrée m'a dit que nous étions attendus. »

C'est alors que des employés de maison entrèrent dans la salle, déposant sur la table des coupes ainsi que des assiettes d'hors-d'œuvre. L'un d'eux s'avança, vêtu entièrement de noir, avec une chaine en or sur le veston ayant le sceau de la famille royale.

« Mon maître vous prie de l'excuser pour son retard. Il vous souhaite la bienvenue, et vous enjoint à profiter des hors-d'œuvre. C'est avec plaisir que nous remplirons vos coupes, que ce soit de la bière ou du vin. », Puis il claqua des doigts, alors une servante s'approcha avec un plateau rempli de chopes de bière.

Les deux frères n'hésitèrent pas à se servir, appréciant la bière de bonne qualité servie.

« Si vous avez besoin de quoi que ce soit d'autre, je vous prie de vous adresser à moi. » S'exclama alors le majordome, puis il se recula pour se placer près de la cheminée, juste derrière le trône.

Balin posa tout de même une question.

« Excusez-moi, mais je souhaite savoir si nous sommes bien chez maître Sacquet ? »

Le majordome lui sourit alors, puis il répondit.

« En effet, vous êtes bien dans la demeure de sa seigneurie, mon maître, Bilbon Sacquet Took. »

« Merci, au moins, nous sommes au bon endroit. » Répondit alors Balin.

Dwalin se raidit alors puis dit rapidement.

« Est-ce qu'il a bien dit ''seigneurie'' ? Attend, ça veut dire que ce ''maître'' Sacquet est un seigneur ? Par Mahal, je ne sais pas à quoi joue ce magicien, mais il va m'entendre ! »

Balin ne put qu'hocher de la tête. A nouveau, les portes principales s'ouvrirent, et Fili et Kili firent leur entrée.

« Monsieur Dwalin ! Monsieur Balin ! » S'exclamèrent tous deux, se jetant presque sur les deux nains plus âgés.

« Fili ! Kili ! Vous avez intérêt à bien vous comporter, semblerait que le magicien ne nous a pas tout dit, et qu'on est chez un seigneur ! Je n'hésiterai pas à vous le faire payer pendant les entrainements si vous faites des conneries. » Hurla presque Dwalin, se méfiant des deux démons à l'allure d'ange en face de lui.

« Il a raison, semblerait que Maître Sacquet soit quelqu'un de très important. J'espère que mes leçons sont restées dans vos esprits, on va en avoir besoin. » Rajouta Balin, l'air légèrement inquiet par le développement de la situation.

« Pas de problème, on sera sage. » Répondit Fili.

« Ouais, il a raison, on sera sage comme des images. Promis ! » Ne put s'empêcher de rajouter Kili.

Tandis qu'ils discutaient gaiement, tout en consommant les hors-d 'œuvres et en buvant la bière, les autres nains de la compagnie arrivèrent. Dwalin se mit prestement près de Nori, décidant de garder un œil sur le voleur, avant qu'il puisse créer un incident diplomatique. Ori se dirigea sans plus tard près d'une petite étagère près de la cheminée qui semblait contenir quelques livres. Dori lui se fit un plaisir de déguster le vin proposé par les serviteurs, avec Gandalf. Le magicien étant encore abasourdi par toute la richesse présente dans le smial, méconnaissable. Bifur et Bofur se jetèrent ensemble sur la bière, tandis que Bombur et Oin firent de même avec les hors-d 'œuvres. Enfin, Gloin apprécia les objets alentours, admirant le luxe l'entourant, en tant qu'ancien banquier, il savait estimer les richesses, et il devina facilement que quiconque vivait ici devait forcément être quelqu'un de grande importance.

Au bout de trente minutes, après que les hors-d 'œuvres eurent tous été consommés, les serviteurs entrèrent à nouveau dans la salle, apportant avec eux des plats, remplis de porc grillé, de tartes au fromage, de ragoût, de canapés et bien d'autres mets. La table fut alors entièrement couverte, et les nains ne purent que regarder cette danse des serviteurs déposant les uns après les autres des plats des plus extravagants. Gandalf avait tout le long un sourire en coin, comme s'il savait ce qui allait se passer. Peu après, douze serviteurs se mirent derrière une chaise chacun, les tirants avec révérence, attendant comme un signal.

C'est alors que les portes s'ouvrirent en grand, et que Bilbon fit son entrée. Il avait échangé son armure pour une splendide robe elfique en soie offerte par Elrond. Elle était bleu nuit, un splendide dragon d'or brodé à l'arrière, des runes brodées sur les manches et le devant. La robe était retenue par une ceinture noire en soie, ainsi qu'une fine corde en argent. Pour l'occasion, Bilbon était entièrement nu-pied, appréciant la sensation des tapis au sol. Alors qu'il s'avançait lentement, le regard fixe et décidé, les nains ne purent s'empêcher d'ouvrir grand leurs bouches pour les refermer aussitôt, étant comme hypnotisé par l'individu se tenant devant eux. (Pour la robe, c'est un kimono /images/I/51kCAqITipL._SY450_.jpg)

Bilbon se dirigea alors vers son trône, qui fut légèrement tiré par le majordome, puis il se plaça devant son siège.

« Je vous prie d'excuser mon retard, des affaires importantes m'ont retenu. » S'exclama-t-il avec un léger sourire. En aucun cas les nains ne pouvaient savoir que c'était entièrement faux, et qu'il attendait simplement qu'ils arrivent tous, enfin, presque tous. Il n'avait pas envie d'attendre le dernier nain.

« Ah ! Que de mauvaises manières, permettez-moi de me présenter. Je suis Bilbon Sacquet Took. »

Un à un, les nains se présentèrent, du plus vieux au plus jeune. Suite à cela, Bilbon les convia à s'asseoir. A sa droite fut placé Gandalf, tandis qu'un siège libre restait à sa gauche.

« N'ayez crainte, la nourriture n'est pas empoisonnée. Mangez donc, et ne vous privez pas. » Puis, sans plus tard, Bilbon se mit à manger, son assiette remplie en continu par son majordome, tandis que sa coupe de vin ne se vidait jamais, toujours pleine grâce aux serviteurs qui tournaient autour.

« Maître Sacquet, puis-je vous poser une question indiscrète ? » Demanda alors Balin.

Bilbon hocha de la tête, puis se concentra sur le vieux nain.

« J'ai cru entendre dire que vous êtes un seigneur, est-ce vrai ? »

Bilbon se mit alors à sourire, puis il répondit.

« En effet, vous avez bien entendu, je suis le seigneur de ces lieux. » Dit-il d'un air énigmatique. Derrière lui, le majordome se mit à sourire, de même pour les serviteurs, comme si qu'ils avaient entendu la meilleure blague de leur vie.

Bien entendu, les nains n'y firent pas attention, sauf Gandalf, qui se mit alors à froncer des sourcils, tentant de comprendre la situation.

« Je ne savais pas qu'il y avait des seigneurs en la Comté. » Dit-il alors.

« Il n'y en avait pas, mais bien des choses ont changé depuis votre dernier passage, Gandalf. » Sourit alors le jeune Roi.

La conversation fut alors interrompue par l'entrée de Lobelia.

« Bilbon ! Les gardes ont trouvé un nain qui errait perdu dans les rues. Dois-je te l'amener, ou le jeter au cachot ? » S'exclama-t-elle sans plus attendre.

« Fais le donc venir Lobelia, puis tu peux repartir, Otho doit surement t'attendre. » Répondit Bilbon avec un sourire.

Lobelia fit signe aux gardes d'amener le nain errant, puis elle partit sans tarder, souhaitant une bonne soirée à Bilbon.

Les nains furent tous estomaqués par l'entrée fracassante de cette Hobbite habillée d'une robe somptueuse, et encore plus lorsqu'elle fit mention d'un nain errant. Kili et Fili ne purent s'empêcher de glousser, comprenant immédiatement qui était le ''nain errant ''.

C'est alors que deux gardes approchèrent, avec nul autre que Thorin Ecu-de-Chêne entre eux. Le nain était assez grand, de la même taille que Bilbon. Il avait de long cheveux noirs, des yeux bleu saphir, et une légère barbe. Il était carré des épaules, se tenant droit, un air renfrogné sur le visage. Après l'avoir amené, les gardes repartirent aussitôt.

« Gandalf ! Vous m'avez dit que cet endroit serait facile à trouver. Je me suis perdu…deux fois… » S'exclama le royal nain.

Gandalf se leva immédiatement pour se diriger vers Thorin, Bilbon derrière lui.

« Bilbon Sacquet, permettez-moi de vous présenter le chef de cette compagnie, Thorin Ecu-de-Chêne, Roi sous la Montagne. » Présenta alors le vieux magicien.

Thorin dirigea alors son regard vers Bilbon, l'observant de la tête au pied. Son regard s'attarda sur la barbe de Bilbon, ainsi que ses yeux.

« Alors, voici le Hobbit. » Prononçant le mot ''Hobbit'' comme une insulte.

« Dîtes-moi maître Sacquet, savez-vous vous battre ? La Hache, ou l'épée ? »

« Eh bien, je ne suis pas mauvais aux fléchettes. », répondit Bilbon, puis il rajouta avec un sourire moqueur, « Mais pour être honnête, j'ai une préférence pour l'épée, les haches étant bien trop encombrantes. »

Thorin se mit à l'évaluer, puis il ne put s'empêcher de dire.

« Hm, plus un épicier qu'un cambrioleur. »

A ces paroles, chaque serviteur, Balin et Dwalin se raidirent.

« Et pour un Roi, je vous trouve bien grossier. Est-ce là une façon de s'adresser à votre hôte ? A un seigneur de surcroit ? Si c'est votre façon de vous adresser à des dignitaires, je ne suis pas étonné que vous n'ayez aucun allié. » Répondit Bilbon du tac au tac.

Les nains retinrent alors leur respiration. Thorin sembla évaluer Bilbon sous un autre regard.

« Je vous prie de m'excuser maître Sacquet, pour ma grossièreté. Je vous remercie de m'avoir accueilli, ainsi que ma compagnie. » S'excusa alors le rude nain.

Bilbon hocha de la tête, acceptant ses excuses. Enfin, il retourna à son trône, Thorin derrière lui, Gandalf s'étant déjà assis. Le nain prit alors place au siège à la gauche de Bilbon, et se mit à se restaurer.

« Quelles nouvelles des Monts du fer ? Dain est avec nous ? » Demanda alors Dwalin.

« Non, il a dit que cette quête est la nôtre, et seulement la nôtre. Aucune aide ne viendra de nos cousins. » Répondit Thorin.

A cette remarque, tous les nains poussèrent un soupir de désespoir.

« Quelle quête ? » Ne peut s'empêcher de demander Bilbon.

C'est alors que Gandalf prit la parole.

« Mon cher Bilbon, le but de cette compagnie est de tout simplement reprendre la Montagne Solitaire. »

Bilbon étant érudit, connaissait parfaitement l'histoire.

« Je vois…et concernant le dragon ? »

« Vous êtes au courant pour le dragon ? » Ne peut s'empêcher de demander Bofur.

« Bien-sûr que je sais pour Smaug. Croyez-vous franchement que la chute de l'un des royaumes les plus riches de la Terre du Milieu passerait inaperçu ? »

« Même si nous y rendons, la porte est condamnée, il est impossible d'y entrer ! » S'exclama Balin.

« Cela n'est pas tout à fait vrai mon cher ami. » Répondit Gandalf, en faisant apparaître dans ses mains une carte et une clé, « Il existe une porte, cachée à flanc de montagne. »

« Qui dit porte, dit clé, non ? » Ajouta Fili.

« Exactement. » Alors, Gandalf tendit la clé à Thorin.

« Où avez-vous reçu cette clé ? » Demanda le nain.

« Elle me fut donnée par votre père, Thrain, il y a quelques années. »

« Et en quoi tout cela me concerne ? » Ne peut s'empêcher de demander Bilbon, l'air curieux.

A sa demande, tous les serviteurs tendirent l'oreille.

« Eh bien, pour infiltrer les lieux, mon jeune ami ! » Répondit gaiement le vieil homme.

« Je dois avouer que ça me semble intéressant. Et, qu'ai-je à y gagner ? » Demanda le hobbit.

« Balin, donne-lui le contrat. » Ordonna alors Thorin.

Balin tendit alors un contrat à Bilbon, qui se mit aussitôt à le lire. Au bout d'une dizaine de minutes, Bilbon les fusilla du regard.

« Quelle est cette cochonnerie que vous appelez contrat ? » Cria-t-il.

A ces mots, plusieurs soldats entrèrent, alarmés par le hurlement de leur roi.

Les nains étaient tous abasourdis par la réaction de Bilbon, tandis que Gandalf se prit la tête entre les mains, murmurant à propos de la bêtise des nains.

« Je refuse de signer un tel contrat ! »

« Quel est le problème avec le contrat ? » Demanda brusquement Thorin.

« Le problème ? Vous voulez savoir quel est le problème ? Bien, par quoi commencer…Ah, oui ! Je, soussigné (ci-après dénommé «cambrioleur»), accepte de me rendre jusqu'à la montagne solitaire, sous serment envers Thorin Ecu-de-Chêne, qui a le droit de modifier le parcours du voyage à son gré, sans préavis et sans être tenu responsable des accidents et/ou blessures subies. Donc en somme, je vais devoir suivre un nain qui n'est pas capable de se repérer dans un bourg à travers les montagnes, et si jamais il décidé de changer de direction, et que j'suis blessé à cause de ses changements, alors ce n'est pas de sa faute ! »

Tous les nains se turent, tandis que les serviteurs fusillaient du regard le contrat.

« Mais ce n'est que le début ! Dans le rôle du cambrioleur pour Thorin et sa compagnie, ou dans tout autre rôle qu'ils jugent bon, à leur seule discrétion de temps en temps. Donc en somme, si Thorin ou l'un de vous m'ordonne de me mettre à quatre pattes et de vous faire une fellation, j'y suis obligé ! Vous pourrez alors m'ordonner en tant que prostituée si vous le souhaitez, et je n'aurai pas d'autres choix ! »

A ces mots, les plus jeunes nains rougirent férocement, tandis que les plus vieux cachèrent leur visage dans leurs mains. En même temps, Gandalf s'étouffa avec son vin et se mit à tousser fortement.

Certains tels que Dori et Bofur remarquèrent les regards remplis de dégoûts des serviteurs et des gardes envoyés dans leur direction.

« Mais je n'ai fini ! Oh que non ! Le Cambrioleur se doit de garder strictement confidentiel toutes les informations transmises par la Compagnie. Donc en somme, je ne peux faire mention de ce qui se passera durant cette quête », il se tourne alors vers Ori, « J'ai cru comprendre que vous étiez un scribe, car oui, je comprends la signification des fermoirs dans vos cheveux, et vous êtes scribe. Cela veut-il dire que vous aussi n'aurez pas le droit d'en parler ? De rédiger quoi que ce soit ? Ou cela ne s'applique qu'à moi ? »

A ces mots, Ori se mit à rougir et baissa la tête, honteux.

« Aucune récompense ne sera accordée en cas de perte de revenu due à une absence prolongée. Le cambrioleur est "au service" de Thorin et de sa Compagnie jusqu'à sa libération. Donc, même si je viens à survivre au dragon, mon contrat ne se termine que lorsque vous le déciderez. En somme, vous pouvez faire de moi votre esclave à vie ! Ou alors, votre prostituée à vie, qui sait ?! » Hurla le Hobbit, ses yeux se mettant à briller d'une couleur jaune.

A cette mention, Balin baissa la tête.

« En outre, la Compagnie se doit de restituer toutes les Marchandises Récupérées jusqu'à ce qu'une évaluation complète et finale puisse être faite, à partir de laquelle les Bénéfices Totaux pourront alors être calculés. Alors, et seulement alors, la quatorzième part du cambrioleur sera calculée et divisée. Je crois me souvenir que vous avez une montagne d'or non ? En somme, ça pourrait prendre des décennies avant même que ma part soit calculée ! Pratique, quand on sait que les Hobbits vivent à peine plus d'un siècle. Ah, et en plus ! Les « frais de voyage » sont basé sur un prix jugé correcte par la Compagnie. Tout produit de luxes tels que l'herbe à pipe devront être fourni l'entièreté de la Compagnie au frais du Cambrioleur. En plus, je dois vous fournir de l'herbe à pipe ! »

Les nains se mirent à remuer sur leurs sièges, tandis que les hobbits continuaient de darder la Compagnie de leurs regards.

« Les funérailles de base selon la norme «commune» ou paysanne sont les seules autorisées. Cérémonies somptueuses et cercueils ornés de bijoux ou dorés ne sont pas fournis. Un cercueil fait de bois de pin est la norme. Avez-vous pensé ne serait-ce qu'une seconde que je puisse être autre chose qu'un paysan ? Il semblerait que non, et je refuse d'être enterré dans un vulgaire cercueil de bois ! Le transport des restes, fussent-ils entier ou en morceaux, vers le pays d'origine du Cambrioleur n'est pas inclus. Donc en plus d'être dans un cercueil pas cher en bois, vous m'enterrerez dans le lieu de votre choix, sans prendre en compte ma culture et les traditions de mon peuple ? »

Cette fois-ci, ce fut Oin qui baissa le regard.

« La compagnie actuelle n'est pas obligée d'aider le dit Cambrioleur dans sa «lutte antiparasitaire» de l'Aventure. C'est un chasseur de dragon que vous souhaitez recruter, non pas un cambrioleur ! Dans ce contrat, tout prouve que vous avez prévu de m'envoyer me battre directement contre le dragon ! Et vous avez de la chance que je m'arrête là, car ce contrat est un pur torchon ! »

Ceci dit, Bilbon se dirigea vers la cheminée et y jeta le contrat, s'attirant le regard courroucé de Thorin.

« Si vous souhaitez que je vienne avec vous, ce sera sous un différend contrat, rédigé par l'un de mes avocats. Attendu que le contrat était signé par maître Balin, je l'autorise à en discuter avec mon avocat. », Il fit alors signe à son majordome, lui ordonnant d'aller cher nul autre que Lobelia.

Cinq minutes plus tard, Lobelia arriva, le regard courroucé.

« Que se passe-t-il Bilbon ? » Demanda-t-elle.

« Lobelia, je souhaite que tu rédiges un contrat, maître Balin t'expliquera tout. »

« Bien, suivez-moi je vous prie. » Ordonna alors la jeune femme, partant sans attendre, Balin juste derrière elle.

Bilbon se tourna vers la Compagnie, dardant Thorin de son regard.

« Sur ce, je vais me reposer, mes serviteurs vous montreront vos quartiers pour la nuit. Nous nous reverrons demain matin concernant ce nouveau contrat. Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit. »

Bilbon partit alors, suivit par son majordome.

L'ambiance s'étant complètement refroidie, Gandalf balança un regard noir à la Compagnie, puis il partit avec l'un des serviteurs.

« Je trouve que ça ce n'est pas trop mal passé. » Rajouta Nori, se prenant une baffe derrière la tête par Dori.