Salut ! Voilà le chapitre 4, que j'ai un peu réécris (et j'ai ajouté une apparition furtive de Cristina =D). Je me rends compte que c'est quand même difficile de transposer la série au lycée, par exemple, l'histoire de Teddy et Owen à la guerre, je doute de pouvoir l'inclure -_-' Sinon, vous pensez qu'il y aura bien un bébé pour Callie et Arizona dans la saison 7 ? J'espère ! Bonne lecture =]
Callie POV
J'ai toujours eu des habitudes bizarres. En particulier en ce qui concerne ma scolarité. Par exemple, pour mes révisions, il fallait que je regarde la télé ou que j'écoute de la musique pour que j'apprenne correctement. Au début, mes parents critiquaient ça, m'imposaient un calme total pour réviser, mais très vite ils ont renoncé, voyant que malgré la télé et la musique, j'avais de bonnes notes. En fait, ça n'est pas par manque de sérieux ou quoi, c'est juste que je ne peux pas me retrouver dans le silence trop longtemps. Sinon je pense, je commence à angoisser et je cogite sans arrêt. Bref, je ne retiens rien. Le silence me perturbe quand il m'est imposé, notamment pendant les examens. J'ai une faculté d'attention très spéciale, en fait. Je peux très bien lire un livre en étant devant la télé, ou avec mes écouteurs sur les oreilles. C'est d'ailleurs ce que je faisais en ce moment même, dans la bibliothèque. J'écoutais de la musique pour me calmer aussi, parce que l'absence répétée d'Arizona, ainsi que les sms que j'avais envoyé mais qui restaient sans réponse m'énervaient. Mais là, normalement, elle allait venir. Elle DEVAIT venir, la date butoir de leur exposé approchait à petit pas !
- Salut, Calliope.
Je tiquai, je n'aimais pas vraiment que l'on m'appelle comme ça. Je me retournai et vis Arizona, l'air complètement abattue, déprimée, vide. Elle était pâle, les yeux rouges et humides mais me souriait tout de même, l'air de rien. Si je devais utiliser un seul mot pour la qualifier, j'aurais dit « mal ». Pourtant, elle avait clairement l'air de faire semblant que tout allait bien.
- Bonjour Ari… Je pourrais faire semblant de ne pas voir que ça ne va pas, mais tu as voulu qu'on soit amies, et une amie ne resterait pas là à ignorer le fait que tu n'ailles pas bien. Donc, je te demande, qu'est-ce qui ne va pas ?
- J'ai trouvé un site sur internet, il y a tout ce qu'on veut dessus, c'est cool, dit-elle sans vraiment m'écouter.
- Ok, mais là je te parle de toi. Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est dingue quand même, en fait Pinochet a trahi Salvador Allende, et l'a tué après. Tu imagines, toi ? Tu es présidente, le peuple t'aime, tu prends un chef des armées que tu penses loyal et bam, il te renverse, te tue et prend le contrôle du pays.
- Arizona ? Tu m'écoutes ? demandai-je.
- Ce que je trouve horrible, ce sont les massacres et les disparitions dont il est responsable. Pourquoi ? Ca n'a mené à rien en fin de compte, il était impopulaire et tout le monde avait peur de lui. Alors que tout le monde aimait Allende !
Je la regardais sans savoir quoi penser. Pourquoi agissait-elle comme ça ? Quelque chose n'allait vraiment pas, et apparemment ce n'est pas qu'elle ne voulait pas m'en parler, mais elle était complètement ailleurs, elle n'écoutait pas vraiment.
- Et en plus, les gens n'avaient plus de liberté… Et le coup d'état le 11 septembre 1973, c'est bizarre ça, hein ? C'est vrai, on dirait que les choses horribles arrivent le 11 septembre.
Je la laissai faire son monologue et la pris par le bras pour la faire sortir de la bibliothèque. Il fallait qu'on parle, elle n'était pas cohérente du tout. Enfin, encore moins que d'habitude. Elle me suivit sans poser de question, continuant son speech sur le coup d'état chilien, mélangeant par la même occasion l'histoire du Chili, de l'Espagne et, je ne savais pas pourquoi, de l'Amérique.
- Tu imagines, toi, si Lincoln avait vécu au Chili ? Peut-être qu'il n'y aurait pas eu cette période affreuse. Et le roi n'aurait pas eu à abdiquer. Honnêtement, tout ça me dépasse. Remarque, son petit fils a réussi à revenir au pouvoir, et maintenant tout va bien, c'est une monarchie mais elle ne craint pas, donc c'est un happy end, n'est-ce pas ? J'aurais jamais cru qu'un roi soit aussi cool. En plus, le prince est mignon, tu crois qu'il aime les blondes ? Il faudrait que tu m'apprennes l'espagnol.
Waouh. Arizona qui fait un tel sous-entendu au sujet d'un garçon, ça ne pouvait signifier qu'une chose. Une chose dont elle m'avait fait part quelques semaines plus tôt. Et je compris, du moins je savais au moins quel sujet la rendait si mal.
- Arizona, est-ce que ça va avec Joanne ? me risquai-je à demander.
- Hein ? Oui, Joanne va bien, elle bronze en Floride. Tu crois qu'on peut parler du prince dans notre exposé ?
Puis, elle s'arrêta de parler et me regarda. Je n'en croyais pas mes oreilles. Joanne en Floride, Arizona ici, elles avaient donc rompu ? Là dessus, mon amie blonde s'assit sur un banc, mis ses mains sur son visage et fondit en larmes. J'avais toujours vu Arizona comme une fille joyeuse, gaie (sans mauvais jeu de mots) et toujours de bonne humeur, qui avait toujours la pêche, donc la voir comme ça me perturbait. Pire, j'arrivais un peu à la comprendre. Car même nous n'avions pas vécu la même chose, une rupture reste une rupture, non ?
- Elle est partie en Floride, elle est partie ! Elle m'a laissé là et elle est partie, elle m'a abandonné, Callie !
Je me posai à côté d'elle et elle vint pleurer sur mon épaule. Je lui tapotai maladroitement le dos, j'étais vraiment mal à l'aise. Puis, je ne sais pas vraiment comment, elle m'enlaça carrément et je lui caressai les cheveux. Elle pleura ainsi plusieurs minutes, et je ne bougeai pas. La situation me rappelait ma rupture avec George et je fis de gros efforts pour empêcher les larmes de couler sur mes joues.
- Désolée, Calliope… Je n'ai pas du tout travaillé pour l'exposé, mais j'avais la tête ailleurs… Et en plus, j'ai pleuré sur ta veste, elle est un peu mouillée. Et je te fais perdre ton temps…
- Ari, calme-toi et oublie un peu le travail. On s'en fout. Et c'est la veste de ma sœur. Maintenant, dis-moi ce qu'il s'est passé, si tu veux.
- Joanne a déménagé, elle est partie en Floride avec ses parents… Elle est partie il y a deux jours… Samedi…
Chacun de ses mots était entrecoupé d'un sanglot, je lui tendis un mouchoir.
- C'est fini, Callie. Elle et moi, c'est fini.
A ce moment là, Arizona s'adressait plus à elle-même qu'à moi. Qu'est-ce que je devais répondre à ça ? C'est vrai, on se connaît à peine, je ne sais pas comment la consoler.
- C'est…c'est peut-être con, mais… Il y a encore quelques semaines, je pensais qu'elle et moi, on resterait ensemble pour toujours… En plus, tout s'arrangeait, tout allait pour le mieux entre nous… Elle est mon premier amour, et c'est vrai ça… On ne reste jamais avec son premier amour…
Dis quelque chose Torres, ne reste pas silencieuse !
- Qu'est-ce que je vais faire sans elle, Calliope ?
- Au début, tu ne pourras rien faire. Et puis, avec le temps, tu pourras te souvenir d'elle sans que cela te fasse souffrir, et ça restera de magnifiques souvenirs. Tu ne l'oublieras jamais, et elle ne t'oubliera jamais, Arizona.
- Comment je pourrais oublier la fille que j'aime ? me dit-elle en souriant.
- Je ne peux pas t'aider, je suis nulle pour ça, mais je te donnerai quand même un conseil, Ari. Parles-en à tes amis, ne reste pas chez toi, sors, change-toi les idées. Il faut que tu en parles à Teddy par exemple. Si tu gardes ça pour toi, si tu te renfermes sur toi-même, ça sera pire que tout et tu n'iras pas mieux. Crois-moi, j'ai déjà fait ça.
Arizona me regarda et je voyais qu'elle se détendait un peu. Je remarquai alors un collier avec un demi-cœur autour de son cou.
- Merci, Calliope. Ca m'aide ce que tu dis, et j'avais besoin de parler… Et puis, tu es honnête, tu me dis pas « ça va aller, dans quelques temps tu l'auras oubliée ». Merci, t'es plutôt cool en fait !
Je lui souris et sortis une tablette de chocolat de mon sac (j'en ai toujours, juste au cas où hein…) et lui tendis. Elle en mangea la moitié avec moi.
- Elle me manque.
Sa dernière phrase était simple, dite d'un ton neutre, mais c'était peut-être ce qui m'a le plus touché. Je n'arrivais pas à imaginer la peine qu'elle puisse avoir, car malgré le fait que je ne sois plus avec George, je pouvais encore le voir tous les jours (ou presque) et on pouvait parler, même si c'était tendu entre nous. Et elle… Elle ne voyait plus Joanne, et ne la verrait sans doute plus jamais. Je la pris une nouvelle fois dans mes bras pour la réconforter, ça semblait plus simple que de lui parler et dire une connerie.
Le lendemain, je retrouvai Cristina et Addison après les cours pour une partie de bowling. Je ne l'aurais pas dit tout haut, mais je n'avais vraiment pas envie d'y aller, il y avait une rediffusion de Charlie Chaplin au cinéma, mais j'avais promis, donc…
- Alors Callie, tu es amie avec Blondie maintenant ? me demanda Cristina en enregistrant nos noms pour les scores.
- Oui, elle est plutôt sympa. Et on s'entend bien, ce qui est relativement cool pour l'exposé qu'on a à faire en espagnol, répondis-je.
- Mouais, si tu le dis… Elle me fait penser à une gamine, toujours de bonne humeur et souriante. C'en est même énervant, non ? En tout cas, je la verrais bien travailler avec des gosses plus tard. Aussi nunuche qu'eux.
- Elle m'énerve un peu, lança Addison. Elle a l'air de s'en foutre totalement, des mecs, et tu sais ce que m'a dit Sam ? Qu'elle était super sexy dans sa tenue de volley ! En fait, c'est une allumeuse, cette fille !
Je m'apprêtais à lancer ma boule quand Addison dit ça, et j'éclatai littéralement de rire. Arizona, une allumeuse avec les garçons ? A cause de mon fou rire, je ratai complètement mon tir mais je m'en foutais. Alors que je me calmai, je voyais Cristina et Addie qui me regardaient fixement, pensant certainement que j'étais folle.
- Je euh…je me suis souvenue d'une blague. Pas marrante en fait. Quelqu'un veut un coca ? demandai-je en m'éloignant vers le bar.
- Tu crois que Callie se drogue ? demanda Addison à Cristina.
- Non, elle est juste névrosée, répondit sérieusement Yang.
