Disclamer : Personnages à Masashi Kishimoto. Zombie aux Cranberries. Angie aux Rolling Stones. Thunderstrunck à AC/DC.

Rating : K+ mais risque de basculer dans le K ou dans le T (pas de M finalement)

Pairing : Dei/Saku (vous allez être contents), Saso/Dei

Genre : Romance et Humour pour l'instant. Mais l'angst et le hurt attendent dans l'ombre…

Résumé : Depuis le temps, un petit rappel s'impose. Deidara et Sakura sortent ensemble depuis un certain temps à présent. Cependant pe à peu leur histoire s'effrite. Elle connait un rebondissement lorsque Deidara fait la connaissance du père de sa petite amie, Sasori. Fasciné par cette auteur à succès dont il a lu les livres et qui parvient à le mettre dans tous ses états, il renonce à laisser tomber sa petite amie, sans savoir que cette attirance est réciproque pour ce fervent chrétien relativement imbu de lui même...

Note : Oyé oyé à toute la population lectrice que j'ai lâchement abandonnée depuis...Hey depuis un long moment ! Attendez vous à un rythme de parution tout aussi lent parce que je n'ai plus trop le temps et de moins en moins l'envie (il faut le dire), d'écrire des fanfictions. Les édito pour terminer les fics en cours seront relativement espacés mais je finirais tout (pour ça faut pas s'inquiéter).

Autrement, j'ai remarqué qu'il s'était passé pas mal de chose pendant que j'était pas à, notamment la hausse des SasoDei ce qui fait hey hey vachement plaisir à voir, 4 pages maintenant ! Et oui, il s'en ai passé des choses en plusieurs mois !

J'ai aussi remarqué une certaine évolution chez ma propre personne, non seulement parce qu'entre temps j'ai beaucoup lu et au niveau personnel il m'est arrivé pas mal de chose, mais aussi et surtout étant donné que j'ai eu vachement honte en relisant quelques uns de mes écrits,(des dialogues avec les personnages, des remarques kikoolol, des fautes monstrueuses, des smileys dans les dialogues, oh My Jashin...) et j'espère que cette évolution se ressentira dans ce nouveau chapitre, par ailleurs je vous rassure, le prochain est DÉJÀ en cours !

J'arrête là de vous raconter ma vie et vous laisse lire ce chapitre en toute tranquillité. (D'ailleurs je crois bien que je vais exaucer un de vos souhaits...)

Playlist :

Zombie - The Cranberries

Angie - The Rolling Stones

Lucy - Skillet

Rose - Anna Tsuchiya


Deidara, épuisé et las, les mains glacés par la température de ce début de novembre, ferma doucement la porte de l'appartement à clé, non sans un soupir. Le blond androgyne leva les yeux vers le ciel gris. Aujourd'hui était le 8 novembre. Le jour de son anniversaire. Les yeux brillants, sa guitare sur l'épaule, il s'arracha à la contemplation du morne ciel d'automne, traversa le palier à toute vitesse avant de descendre les escaliers à la même allure, sortit presque avec précipitation du hall de son immeuble et, le bruit de ses new-rocks cognant sans cesse sur le béton rude, rejoint la voiture d'Itachi qui l'attendait au milieu du parking. Après avoir mit sa guitare dans le coffre, il se plaça à côté de son ami et ferma la porte, avant de soupirer de nouveau, d'aise cette fois-ci.

Itachi le reluqua à peine quelques secondes et se sentit de faire un commentaire sur la tenue de son ami, seulement, il sentait que le jour était relativement mal choisi pour contrarier Deidara. Ce dernier portait une veste en cuir clouté par dessus un t-shirt blanc et troué, un jean noir aussi déchiré qu'il était possible de l'être, des new-rocks qui lui faisaient aisément gagner vingt centimètres, avec évidemment, une pléiade d'accessoires cloutés et dangereux. Un paquet de cigarette Marlboro ainsi qu'un briquet rouge représentant un scorpion doré sortait d'une de ses poches. Le regard rouge du brun s'attarda à peine quelques secondes sur la petite clé qui pendait au cou de son ami, avant de s'enquérir de son état par un classique :

"Est-ce que ça va ?"

Seul le silence lui répondit. Le visage de Deidara était aussi impassible que celui d'un sain. Ses cheveux étaient détachés et retombaient avec liberté sur ses épaules tandis que sa classique mèche blonde cachait un de ses yeux savamment maquillé. Même ses lèvres étaient peintes de noir. Le brun, qui était quant à lui vêtu d'un classique costume noir trois pièces, d'une cravate, d'une chemise blanche, et qui avait attaché ses cheveux assez strictement -l'occasion l'exigeait- n'en mena pas large et soupira, avant de dire en tournant la clé de la voiture dans le contact :

"Désolé. C'était stupide de ma part."

Encore une fois, silence. Deidara se contenta de cligner des yeux pour faire comprendre à son ami qu'il n'avait pas à s'en faire.
La voiture quitta le parking sur ce silence. Itachi manœuvra sa sortie avec prudence puis prit enfin la route.
Ils roulaient depuis à peine cinq minutes qu'ils se retrouvèrent dans un embouteillage monstre. En voyant la file de voiture rouges, bleues nuit, vertes d'eau, blanches et noires, de toutes marques et de toute taille, Itachi soupira et s'abattit sur son volant, découragé. Evidemment, on était vendredi...
L'Uchiha coula une oeillade vers son meilleur ami, toujours aussi impassible et imperturbable.

"Tu es sûr que tu veux y aller ?" S'enquit-il.

L'androgyne cligna des yeux, une fois, ce qui signifiait une réponse positive, le regard éternellement perdu dans le vide. Ses yeux regardaient sans voir, son nez respirait sans sentir, ses oreilles entendaient sans écouter, et son cerveau répondait sans réfléchir.

"Je peux mettre la radio ?" Demanda l'Uchiha en regardant le blond en chien de faillence.

Nouveau clignement des yeux. Itachi sentit une boule se former dans sa gorge en regardant son ami emmuré dans son silence. Deidara n'avait pas glissé un mot depuis que c'était arrivé. Une mélancolie insondable c'était emparé de l'Uchiha depuis qu'il avait vu son meilleur ami mourir à petit feu, même si cela ne devait être rien comparé à la tristesse de Deidara, tristesse qui l'avait cloîtré dans un mutisme qui durait déjà depuis une semaine.

"Et maintenant, un tube des Cranberries qui va vous faire remonter des souvenirs..." Annonça la voix féminine de la présentatrice radio.

Itachi, qui avait abandonné toute idée de se concentrer sur la route en se rendant compte qu'il ferait deux centimètres dans l'heure qui allait suivre, dirigea de nouveau son regard vers Deidara. L'expression du visage de ce dernier venait de changer du tout au tout. Alors qu'il y avait encore cinq seconde, il était aussi immobile que la mort, il avait l'air à présent au bord de la panique, yeux écarquillés, pupilles dilatées, sourcils tremblants et bouche entrouverte, comme si un cri de détresse était resté coincé dans le noeud de sa gorge. Le brun démarra de nouveau sa voiture alors qu'un espace de dix mètres se libérait. Cela aurait pu être positif, si au moment où les pneus roulaient sur l'asphalte, Deidara n'éclatait pas en sanglot alors que l'annonce radio déclarait :

"Zombie."


Une musique lente, lourde et prenante, presque oppressante, coulait le long des murs de la petite salle insonorisée de l'Université de Konoha. Les guitares électriques et le synthétiseur, reliés au même amplificateur, jouant les même notes mais basées sur différentes rythmiques furent rejoint par la batterie et la basse dans un ensemble synchronisé, bientôt unis par les deux voix qui s'élevèrent dans la salle, différentes mais s'alliant par la douceur de leur chant.

"Another, hand hangs lowly, child is lowly taken...

- And the violence, caused silence, who are we mistaken...

- But you see, is not me, is not my family...

- In your head, in your head, they are fightin'...

- With their tanks, and they bombs, and they bombs, and their guns...

- In your head, in your head, they are cryin'..."

La batterie battit de plus belle... les guitaristes et le bassistes serrèrent leurs médiators...le synthétiseur apposa ses doigts sur ses touches avec plus de force...les deux chanteuses prirent une grande inspiration, annonciatrice de la résonance et de l'énergie qui allait en sortir...avant que nous ne s'arrête.
Les guitares, la basse, le micro, le synthétiseur, tout s'éteint.
Croyant d'abord avoir affaire à une coupure de courant, un grand classique de leur bahut, les étudiants levèrent la tête. Seulement, les lumières étaient toujours allumées. La cause de leur coupure au moment où la chanson prenait toute cette ampleur qui l'avait rendu si célèbre était en réalité leur superviseur, qui avait eu la bonne idée de débrancher la multi-prise, en ayant sans doute assez de ne pas se faire entendre au milieu de tous ces rebelles. En effet, pour justifier son action alors qu'il s'attirait sept regards meurtriers, il leur déclara :

"On peut s'arrêter cinq minutes ?

- Bee-san, soupira Fû en gonflant les joues, sa guitare sur les genoux, si vous continuez à casser mon délire, ça va mal se passer.

- Calme, Fû , calme... lui fit Omoi, derrière sa batterie, son éternel sourire moqueur sur les lèvres.

- Calme rien du tout ! S'énerva la métisse en lui faisant un doigt en bonne et due forme.

- Bon, silence s'il vous plait, s'interposa malgré tout Killer Bee en les dominant de toute sa hauteur. Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, y a quelqu'un qui bloque là."

Fû, qui jusqu'à présent avait peine à garder son calme, fut rapidement regagnée par son complexe d'infériorité et entra dans une panique intense.

"Je le savais ! S'exclama-t-elle en passant sa main dans ses cheveux verts (les joies de la teinture). C'est moi, c'est ça ? Je chante trop mal !

- Mais non, Fû, la rassura Deidara en souriant doucement, assis dos au mur opposée à la furie aux cheveux rouges, guitare en main. C'est moi.

- Je me disais aussi, fit Gaara qui quant à lui se tenait debout avec sa guitare électrique. Tu bloques souvent ses derniers temps."

Les musiciens dans leur intégralité regardèrent le Sabaku No, avant de diriger leur regard vers Deidara. Ce dernier, qui affichait une petite mine depuis le début de la répétition, soupira et pencha la tête en avant, légèrement honteux.

"Désolé, souffla-t-il tandis que son visage affichait un air abattu. Je suis crevé.

- C'est pas grave Dei, le rassura Kin en lui souriant innocemment, derrière son synthétiseur.

- Le morceau est bouclé de toute façon. Ajouta Yugito Nii, assise sur la table à côté de Fû, micro en main, tachant de réconforter le blond à son tour.

- C'est juste la basse qui nous a manqué la semaine dernière, railla la jeune métisse à la chevelure pomme, les bras croisés, en toisant ironiquement le bassiste.

- Ne me regarde pas comme ça ! Fit mine de s'indigner Utakata, le premier concerné par cette raillerie. J'avais perdu mon téléphone.

- Rien à battre. Cracha la chanteuse guitariste, les bras croisés.

- Allez hop, rit Yugito Nii alors qu'Utakata ouvrait de grands yeux surpris. La subtilité, c'est pour les tapettes !"

Killer Bee, dans son coin, soupira et croisa les bras. Ces adolescents étaient comme le rock qu'ils se plaisaient à écouter à longueur de temps pour la plupart : ingérables. Il avait fondé ce club de musique en tant que compositeur, par amour pour la musique, et pour laisser une chance aux jeunes talents de s'affirmer dans cette Université publique où pullulait l'idiotie, à mi-chemin entre le zoo et l'asile psychiatrique, seulement ils n'étaient pas suffisamment à l'écoute les uns des autres, et ça pouvait devenir parfois vraiment lourd. Ils étaient actuellement sept, bien qu'une huitième manque à l'appel.

Fû, grande métisse aux extraordinaires cheveux verts, au maquillage incroyable, aux yeux mordorés, longiligne et pourtant disgracieuse dans le moindre de ses gestes, et Yugito Nii, blonde aux cheveux épais qui s'était teint en châtain, aux prunelles sombres mais étonnement profondes, le tout complété par un corps parfait et un esprit ouvert, chantaient, bien que la métisse s'introduise parfois à la guitare et l'ancienne blonde au synthétiseur.

Cependant, à côté de Gaara qui suivait des cours depuis 3 ans et enchaînait de somptueux solos d'AC/DC tels que "Thunderstrunck", de Deidara qui en faisait depuis un peu plus d'un an, et d'Utakata, qui en pratiquait depuis quatre ans (ainsi que divers autres instruments), Fû avait bien conscience d'être la cinquième roue du carrosse.
Kin quant à elle, qui marchait en béquille suite à une maladie rare qui lui paralysait fréquemment les jambes et lui causaient des pertes de mémoires, jouait au synthétiseur depuis qu'elle avait six ans, raison pour laquelle elle avait complètement supplantée Yugito Nii qui n'avait pas touché à son instrument depuis six mois.

Enfin, Omoi, le petit hyperactif, s'était mit à la batterie l'an dernier, avec la première édition du club de musique de Killer Bee. Il avait appris remarquablement vite et avait à présent suffisamment d'atout pour se permettre de se dire batteur.
Tout à ses réflexions, l'abeille tueuse se reconnecta à la réalité en entendant Fû demander à Deidara de jouer "Angie", des Rolling Stones, dont elle s'était évertuée à apprendre les paroles en apprenant qu'il savait la jouer.

D'abord hésitant, et sachant pertinemment que ses pensées pour le moins troubles le feraient quelque peu buter alors qu'il ne maîtrisait pas entièrement le morceau, il entrepris toutefois de jouer cette mélodie pour laquelle il s'était mit à la guitare. A chaque fois qu'il jouait, tous les regards se tournaient vers lui et se mêlaient sur les visages des membres du groupe admiration et émotion, ce qui se voyait notamment chez Omoi qui se laissait bercer par la mélodie comme un enfant de six ans, heureux et innocent. Fû, quant à elle remarquablement concentrée, commença à chanter.

"Angie...Angie...

- Je me souviens plus des paroles~, chantonna Utakata sur le rythme de la chanson. Mais c'est pas grave~..."

La furie aux cheveux verts manqua de peu de s'élancer vers lui pour lui arracher les cheveux, les dents et les yeux, mais Yugito Nii, à demi morte de rire, la retint en lui faisant un clin d'oeil, ayant connaissance des sentiments que Fû avait envers le flegmatique bassiste, qui pourtant n'était pas célibataire. Les autres eux aussi riaient des idioties de celui qui était indéniablement le plus doué d'entre eux mais encore une fois Bee les rappela à l'ordre, sachant et leur rappelant presque avec sévérité qu'aujourd'hui, Deidara avait des difficultés de concentration. Le blond, qui s'était arrêté, quelque peu intimidé, recommença à jouer, et tous l'écoutèrent cette fois-ci avec attention, accompagnés par les fredonnements de Fû.

"Angie...Angie...When will those clouds all disappear... Angie...Angie...When will it lead us, from here..."


"With no loving in our souls, and no money in our coats... You can't say we're satisfied..."

Allongé sur son canapé, son ordinateur portable ouvert et posé sur la table basse à côté d'un cendrier noir dans lequel se consumait une cigarette à moité entamée qui répandait sa fumée grise langoureusement dans le salon, Sasori s'offrait une petite heure de repos, les yeux cernés, la peau pâle, exténué par l'écriture de ses textes, le clavier et l'écran d'ordinateur, tandis que l'album "Goat's Head Soup" des Rolling Stones continuait de tourner dans sa chaîne hi-fi.


C'était ainsi que Deidara l'imaginait, avec son air d'enfant sur le visage, la bouche légèrement entrouverte, les paupières closes, tandis que ses doigts vernis de noir couraient le long du manche, parcourant les cordes qu'il connaissait si bien...

"But Angie...Angie...Continuait Fû, imperturbable. You can't say we never tried..."

Et à nouveau, tout coupa, leur prouvant que tous les bons moments avaient une fin. Le micro tout comme la guitare électrique, qui étaient pour le moment les seuls instruments en train de jouer. Le fait était que, cette fois-ci, c'était bel et bien le courant, étant donné que l'obscurité s'abattit sur eux comme un esprit frappeur, ce qui rappela à tous que l'Université fermait ses portes et qu'on ne les voulait plus dans la Salle Insonorisée jusqu'au prochain mardi.

"Ah...Ironisa Utakata en hochant la tête, tout en regardant le plafond. On s'est fait Konohaillé."

Tous rirent à la vanne devenue à présent culte chez les musiciens, excepté Deidara qui se contenta d'esquisser un sourire pour ne pas alerter les foules, bien que dans le noir, personne ne pouvait voir son désarroi. La situation lui paraissait mal choisie pour étaler ses états d'âme. Le club de musique était le moment, pour tous, d'oublier ses problèmes, de se rassembler pour faire ce qui leur tenait le plus à coeur, de la musique. De la musique à en perdre la voix, à se saigner les doigts, à te casser les mains. Mais la musique qui réchauffait le coeur, qui animait le corps et accélérait le sang dans les veines.
Pourtant le visage de Sasori, comme une brume pourpre, hantait son esprit, lui faisant perdre toute notion de temps comme s'il était au fond des mers. Il dut pourtant émerger lorsqu'à la sortie de l'établissement, alors que la nuit avait ouvert son sombre manteau sur la ville, Hidan, son frère plus agé, l'attendait, assis sur le trottoir. Deidara ne put s'empêcher d'avoir pitié de son aîné alors qu'il s'avançait vers lui, sous le regard étonné des autres musiciens.
Kin, aidée par quelques bénévoles, entra dans la camionnette de l'ambulance qui la ramenait chez elle tandis que Gaara s'avançait déjà dans les rues mal éclairés du nord de la ville. Fû, Yugito Nii, Omoi et Utakata, qui rentraient dans la même direction que le guitariste blond, se résolurent à l'attendre à quelques mètres de lui et son frère albinos.

"Il ne te manque plus que la pancarte "G besoin d'mangé SVP" pour avoir l'air vraiment misérable. Ricana Deidara en haussant un sourcil. Que me vaux cette visite ?

- Grand-père est mort, cracha Hidan sans vergogne."

A la naissance, les bonnes fées n'avaient pas fait don à Hidan de toute notion de subtilité, de diplomatie ou de décence. Deidara, qui se retrouvait face à une situation sans issue, glissa instinctivement ses mains dans ses poches.
Ce fut comme si une bombe explosait entre les deux frères. La subtilité, c'est pour les tapettes, avait dit Yugito Nii un peu plus tôt. Cette phrase résonna dans l'esprit de Deidara, dont les yeux triplaient de volume alors que son coeur semblait s'arrêter.
De loin, les quatre musiciens qui attendaient le guitariste le virent, éclairé par le faible halo jaune orangé des lampadaires, tomber à genoux devant son frère aîné qui l'entoura de ses bras puissants. Il n'y eut pas un son, pas un bruit, pas un pleur, mais le choc silencieux leur sembla alors aussi puissant qu'un orage d'été.


"Et de quel droit, mademoiselle, soupira Sasori, énervé et blasé, pouvez-vous décider du sort des créatures de Dieu ? Vous êtes bien plus nuisible à me yeux que ces pauvres bêtes.

- Cessez de me mépriser !" S'indigna la voisine de pallier de l'Akasuna dont le front virait au bleu.

Sasori soupira. Il détestait réellement être extirpé d'une sieste. Omis attendre, rien ne lui était plus désagréable, surtout si l'individu qui sonnait dix fois à sa porte attendait de lui une signature pour permettre à une entreprise d'hygiène de venir souiller tout un immeuble de produits chimiques aux origines suspectes pour chasser les cafards et transmettre le cancer aux locataires. L'Akasuna était la dernière signature et donc la dernière pierre dont la voisine avait besoin pour être autorisée à appeler l'entreprise. Seulement, à défaut de pouvoir dormir, Sasori pouvait bien s'amuser un peu.
Super-connard, c'était lui.

"Je ne vous méprise pas, railla Sasori de manière suffisamment mesquine pour que la voisine se sente réduite à l'état de déchet, je vous écrase, comme les vers de terre. Sachez que c'est à cause des activités humaines que ces bêtes prolifèrent, vous ne pouvez par conséquent vous en prendre qu'à vous-même." Termina-t-il avant de fermer la porte devant sa voisine qui vraisemblablement hésitait entre fureur et béatitude.

La porte claqua en bonne et due forme et ce une bonne fois pour toute. L'auburn soupira, regagné par l'agacement aussitôt que l'amusement prenait fin, puis traîna des pieds, les bras ballants et le dos courbé, jusqu'à son canapé où il s'écrasa comme une déjection fraîche dans un bruit mat. La musique ne tournait plus. Enlacé par un silence doux et velouté, le roux ferma les yeux tandis qu'un sourire d'aise se dessinait sur son visage et que ses muscles se détendaient, massés par Morphée, avant qu'elle ne le reprenne doucement dans ses bras comme un petit enfant fragile. Seulement, au moment où Sasori se sentait partir du monde terrestre et s'approcher des portes d'ivoire et de corne si caractéristique des rêves propres à l'être humain, ce fut Sakura qui le dérangea à grands cris.

"Papa ! Le grand-père de Deidara vient de mourir !" S'exclama-t-elle en descendant les escaliers de bois en fanfare.

Morphée, effrayée, prit brusquement la fuite, et pour ce faire, bien entendu, elle lâcha brutalement Sasori dont la tête s'abattit avec force sur l'accoudoir du canapé, ce qui eut au moins l'utilité de le faire émerger afin que dans la même seconde, l'information débitée par sa fille atteigne son cerveau. Le géniteur de la rose ne sut pas très bien comment réagir. Il en fut bien embêté et perplexe, d'une part parce qu'il avait effroyablement sommeil alors qu'il encaissait une nouvelle qui somme toute était assez grave, d'autre part parce qu'elle touchait directement le coeur de ses pensées, et enfin parce que sa fille lui demanda la dernière chose à laquelle il s'attendait :

"Il faut que tu me dépose là-bas ! S'écria la rose. Et que tu m'achète une robe ! Je vais faire un carton ! "


"Et nous espérons qu'ils pourront se retrouver de l'autre côté, pour leur 40éme anniversaire de mariage." Acheva le prêtre, sur son piédestal, en levant les paumes vers le plafond élaboré de l'église.

Ce fut certainement la phrase de trop pour beaucoup. Deidara craqua. Tout en se pliant en deux, un mouchoir usé dans la main, les yeux ruisselants de larmes,il ne put retenir une lourde plainte en serrant la main d'Hidan dans la sienne. Le son grave et sonore de l'orgue s'éleva comme un monstre funèbre au dessus de l'église et de tout ceux qui assistait à l'enterrement. Chacune de leur respiration exhalait une buée grisâtre. Il faisait bien trop froid dans cette église et dans le coeur des endeuillés, et six cierges rassemblés autour d'un cercueil en bois de hêtre ne parviendraient pas à les réchauffer.


Dernières embrassades et condoléances. Les invités de l'enterrement du grand père paternel de Deidara et Hidan, emmitouflés dans leurs manteaux d'automne, prenaient déjà le chemin du retour, en parlant, quelque peu, du défunt dont ils étaient venu voir la dernière cérémonie. Les deux frères quant à eux étaient encore à l'entrée du cimetière, vêtus de vêtements noirs et hautement distingués la main du plus jeune dans celle de l'aîné, les yeux rouges d'avoir trop pleurés et les mains glacées et tremblantes. Une fois que le dernier invité leur ai fait la bise en leur proposant ses plus sincères condoléances, ils sortirent à leur tour du temple des morts, où les attendaient Sakura sous une ombrelle de dentelle achetée spécialement pour l'occasion. Calmement et solennellement, en ayant conscience d'être la cible des regards puisque petite amie du petit-fils du défunt, elle s'accrocha au bras de Deidara et déposa une légère bise sur sa joue qui lui fait légèrement esquissé un sourire. Le notaire, un homme de grande stature et somme toute assez terrifiant bien que tous que les deux frères en oublieraient le visage peu de temps après avoir quitté le cimetière, s'approcha d'eux, solennellement, les mains dans les poches.

"Messieurs, acceptez toutes mes condoléances, et pardonnez moi de ne pas avoir assisté à la cérémonie. Je suis une âme sensible. Concernant mes honoraires, ma secrétaire vous fera part de tout ce qu'il faut pas téléphone."

Deidara et Hidan hochèrent la tête, déclarant ainsi silencieusement au notaire qu'ils acceptaient parfaitement cette hypocrisie si saine qu'ont les gens qui font un travail bien payé.

"Votre aïeul vous as légué divers objets. Ajouta ensuite le notaire. Dont ceci."

Il fouilla dans la poche de son manteau, et en sortit un petit sac en papier qu'il tendis à Deidara, ainsi qu'un étui de velours qu'il donna à Hidan. Les deux frères échangèrent un regard étonné. En théorie, le partage des biens se déroule dans le bureau du notaire, et non dehors, à la sortie d'un cimetière. Cependant impatients de découvrir le dernier cadeau de leur grand-père, veuf depuis trois ans, ils ne prirent pas longtemps pour découvrir leurs bien. Hidan hérita d'un pendentif représentant un triangle isocèle dans un cercle, ainsi qu'une note qui disait "Jashin-sama". Deidara quant à lui, découvrait un cadenas argenté, reconnaissable entre tous, sur lequel un R était gravé.
Le notaire se tapota ensuite la pulpe des doigts, prit une grande inspiration avant de dire :

"C'est somme toute légèrement embêtant de parler administration maintenant, cependant j'aimerais prendre contact avec les enfants du défunt."

Par enfants du défunt, il entendait bien évidemment parents de Deidara et Hidan. Sakura leva les yeux vers Deidara qui venait de clore ses paupières et menaçait de se remettre à pleurer. Hidan posa une main réconfortante sur l'épaule fragile de son cadet qui baissa la tête. Le bruit du klaxon de Sasori leur parvint. L'auburn, impatient, fumait devant le volant.


Deidara s'assit sur le canapé de Sakura, l'air déconfit. Le trajet du retour, qui avait duré plus de deux heures si on ne comptait pas toutes les fois où Sasori s'était perdu à cause de son GPS (disait-il), s'était déroulé dans le silence le plus complet, omis les protestations et les exclamations virulente du conducteur. Le roux avait déposé Hidan à l'entrée de la ville, non loin de l'appartement des deux frères. Cependant Sakura avait décidé de garder son petit-ami quelques heures de plus et l'avait pratiquement forcé à rester dans la voiture, laissant l'argenté terminer seul son deuil. La rose s'assit à côté de l'androgyne, doigts entrelacés aux siens, sa tête sur son épaule. Bien que le blond ne pleurait plus, il était difficile de savoir s'il avait retrouvé le moral. Ce ne fut pas pour autant que la jeune étudiante aux yeux verts se démonta.

"Deidara, écoute..."Commença-t-elle doucement d'une voix fluette en entrouvrant les yeux et en relevant la tête.

Le blond, tiré brusquement d'un mutisme bruyant, la couva d'un regard triste qui menaça de lui faire perdre les pédales. Rose de honte, la Haruno baissa la tête, la main dans les cheveux. Sa main serra celle de Deidara un peu plus fort.

"Je...Je ne suis plus sure de mes sentiments à ton égard." Balbutia t-elle sans annoncer la couleur.

Deux claques en moins d'une semaine, cela commençait à faire beaucoup pour Deidara. Ce dernier ouvrit de grands yeux, secoué par la révélation. Non pas qu'il ne s'y attendait pas, non pas qu'il n'en avait pas envie, mais...Il n'avait pas besoin de ça maintenant. Il avait encore besoin d'une personne qui le prendrait dans ses bras et qui lui tiendrait la main avec autant de chaleur que la rose. Son regard bleu s'attarda sur leurs mains jointes, et, comme électrocuté, il les sépara, avant de passer sa main dans ses cheveux lui aussi. Il allait péter les plombs. Quand Sakura avait accepté de sortir avec lui, il avait pensé que c'était tellement impensable d'être aimé par celle qu'il aimait, qu'il aurait voulu la garder autour de lui. Quand bien même son style était affreux, ses remarques inutiles, son comportement parfois bien agaçant et son père franchement attirant, elle était la seule qui acceptait d'être avec lui. Bien que ses sentiments à l'égard de la fleur de cerisiers soit eux aussi franchement incertains, bien qu'il ait été déçu par elle, il continuait à aimer être à ses côtés. Et elle l'abandonnait au moment où il avait le plus besoin d'elle.
Sasori, qui faisait semblant de ne pas suivre la scène, devant son ordinateur, ne put s'empêcher de jeter une oeillade indiscrète vers le jeune couple, alors que le blond lui lançait malgré lui un regard paniqué. Ce regard ne dura qu'une seconde mais l'auburn l'avait clairement vu. Il se contenta de fermer les yeux pour ne pas se laisser submerger à son tour.

"Tu veux quelque chose à boire ? Demanda Sakura. Tu es tout blanc."

Au moins, elle continuait à s'enquérir de son état... Passé de perdu à oublié, sans plus aucun repère, le cerveau à ras bord, ne cessant de cligner des yeux, le coeur battant de plus en plus fort dans sa frêle poitrine, Deidara hocha la tête sans vraiment savoir ce qu'il faisait. Cet état d'esprit complètement ailleurs et fantomatique était de plus en plus fréquent, notamment depuis qu'il avait rencontré le père de sa petite amie.
Sasori...Lorsque ce nom heurta le mur de son esprit, Deidara senti qu'il venait de cogner le coeur du problème de sa panique soudaine. Cela n'avait rien à voir avec elle...La rose se leva pour aller à pas rapides dans la cuisine.

Le blond avait quant à lui les neurones qui fonctionnaient à cent à l'heure. Si Sakura le laissait tomber...Comment pourrait-il revoir Sasori ? Cette question se grava dans son esprit en lettre de feu, et il se sentit à la fois transir et brûler, son sans couler une nouvelle oeillade vers Sasori, qui, le casque sur les oreilles -quand l'avait-il ajouté ?-, semblait s'être endormi devant son écran. Inconsciemment, comme à chaque fois qu'il se retrouvait face à une situation sans issue, Deidara, haletant, glissa sa main dans sa poche. Sa peau effleura un objet métallique et froid qui fit bondir de son coeur de surprise. Il l'avait oublié, celui là.
Sans réfléchir, il sortit le cadenas de sa poche, et, après s'être assuré que Sasori ne le regardait pas, le lâcha, ce qui eu bien entendu pour effet immédiat de faire tomber le cadenas au sol, avant de l'encastrer sous le canapé d'un coup de talon, juste au moment où Sakura sortait de la cuisine avec un verre d'eau, l'air parfaitement calme comparée à lui qui était véritablement dans tous ses états. En la voyant, il se leva brusquement, pour ne pas dire qu'il bondit du canapé, devenu pur mélange de déception, de colère, de tristesse et de dégoût.
La rose l'interrogea du regard, étonnée, tandis que lui jetait toutes ses convictions sur le sol d'un revers de main.

"J'm'en fout que tu sois plus sure. Cracha-t-il, en rage. Tu sais quoi, ça m'arrange. C'est fini."

Sous les yeux hébétés de Sakura, tandis que Sasori, peu enclin à se mêler de leurs affaires, écoutait de la musique sur son ordinateur, il sortit en claquant la porte.


Voilà pour cette première mise à jour ! ça en fait à présent, du boulot... Des hobbies, des passions, des mystères, tout ça à mettre en relation et en cohérence, c'est du boulot, mais c'est parce que je vous aime mes lecteurs :)

PS : Le chapitre a été relu vagement, j'était vachement impatiente de poster, désolée pour les fautes...

A Dimanche pour le prochain chapitre !