Manga d'origine : Yellow
Personnages : Taki x Gou
Disclaimer : Les personnages appartiennent à Tateno Makoto
Genre :Shonen-aï, peut être à légère tendance yaoi... mais rien n'est sûr
-•-•-•-•-•-•-
Chapitre 3 : L'ouverture du bar
Ouf…, le service du soir est enfin terminé. Aizawa, je te charge du reste. Je vais me reposer un peu en haut avant l'ouverture du bar.
Bien monsieur.
Mes yeux se posent sur le bar. Je vais enfin pouvoir servir des cocktails, mes coktails… si les clients veulent bien venir…
N'y pensons plus. J'ai distribué des prospectus et mis en place des affiches pour l'ouverture du bar où j'offrais un cocktail… avec un peu de chance il y aura quelques clients. Je sais que ça va être dur au début, mais je ferais tout pour que ça marche.
Aizawa est content de travailler ici et ne me demande pas grand-chose, et pour ma part je loue un petit studio à l'extérieur de la ville dans un immeuble où les loyers ne sont pas très élevés. Ce n'est pas que je suis dans le besoin, mais personne ne doit penser que je vis au-dessus de mes moyens.
La journée, normalement, je ne rentre pas chez moi, à part aujourd'hui car j'avais oublié mes affaires chez moi.
A l'étage, j'ai aménagé un second pied à terre, trois fois rien, juste un matelas posé à même le sol, une penderie pour mes affaires de rechange, et une douche. Tout ça caché derrière la porte au sommet de l'escalier. Caché ? On pourrait dire ça… De la cuisine, on n'aperçoit pas l'escalier, et je pourrais même assurer que depuis le couloir non plus. Comment me direz-vous ? Très simplement, cet escalier est peint en trompe-l'œil : une peinture qui le cache à la vue de tous.
Seul Aizawa et moi sommes au courant, et je ne tiens pas à ce que plus de personnes le soient. J'ai besoin d'un endroit où je me sente en sécurité.
Après avoir contrôlé plusieurs fois que personne ne m'observait, je pu enfin me diriger vers mon havre de paix. J'ouvre la porte, je rentre et je ferme le loquet de sécurité. J'ôte mon tablier, je l'accroche et je m'affale sur le lit.
Est-ce que je contrôle mes messages tout de suite ? … non, on verra après le service de ce soir, pour le moment je suis barman, ce n'est pas l'heure de Lag…
Il ne faut pas que j'oublie de me mettre un réveil. 21h00… sur vibreur…c'est fait.
Le service s'est terminé rapidement, il n'y a eu qu'un client ce soir qui est arrivé vers 18h30 et est repartit une heure plus tard, ce qui me laisse le temps de me reposer un peu.
Gou, lui, n'est pas venu. Peut être le verrais-je ce soir…
• • • •
Gou, tu viens boire un coup ?
Non, il faut encore que je termine ce dossier. Mais vas-y, toi. On se voit lundi.
D'accord, dommage, à lundi alors.
Kataoka vient de partir en me laissant à mes esquisses. A chaque fois il m'invite, et à chaque fois je trouve une excuse. Ce n'est pas que je n'aime pas être en sa présence, mais je n'ai pas envie de lui donner de fausses idées.
Je ne sais pas s'il a toujours des sentiments pour moi, mais je ne veux pas tenter le diable. Ceux qui me connaissent en riraient. Moi, le dragueur invétéré, qui me soucis de quelqu'un au point de ne pas vouloir le blesser… Mais je tiens vraiment à lui… comme ami.
Pendant nos études, on est sorti ensemble pendant deux ans, et après on s'est perdus de vue. Ce n'était pas de l'amour, en tout cas pas pour moi, mais un peu plus que de l'amitié. Ça s'était fait tout naturellement car il nous paraissait inconcevable que ça soit autrement.
Quand j'ai enfin pu réunir les fonds pour monter ma boîte, il m'a recontacté et a beaucoup insisté en disant que j'avais besoin de lui, et que personne ne supporterait mon fichu carctère à part lui… et là, je ne peux pas lui donner tord.
En plus, avec Gou, on a déjà essayé de sortir ensemble plus jeunes, donc on ne risque pas de recommencer. Je te connais, et maintenant que je suis marié avec mon adorable femme, si c'est bon pour toi, c'est bon pour moi.
Marié ? Toi ?
Oui. Je l'ai rencontrée deux années après notre séparation. Je t'avoue que je n'étais pas au mieux de ma forme. Ça m'avait beaucoup affecté. Elle a été là pour moi. Elle m'a réappris à vivre. Je l'aime énormément.
Je vois. Mes félicitations. Tu es embauché.
Merci tu n'auras pas à le regretter.
Je m'en souviens comme si c'était hier, j'avais pris ma décision très rapidement. J'ai peut être un « fichu caractère » comme il dirait, mais une fois que j'ai décidé quelque chose, je m'y tiens.
Depuis, il travaille pour moi ou devrais je dire avec moi. En fait, on fait un sacré pair. On se complète parfaitement et j'apprécie de travailler dans ces conditions.
Cependant, ça fait un mois maintenant, en fait depuis que j'ai été dans ce restaurant, qu'il m'invite tous les vendredi soirs. Et ça fait un mois que je trouve des excuses. Je ne sais pas ce qui lui passe par la tête, mais je ne veux pas tout gâcher : notre amitié, mon agence, son couple…
Je sais que ça ne va pas fort avec sa femme. Ils cherchent désespérément à avoir un enfant mais elle ne tombe pas enceinte. Ça ne doit pas être évident. Je sais qu'il ne veut peut-être que parler comme au bon vieux temps, mais je n'ai pas envie de me réveiller un beau matin dans le même lit que lui alors qu'on aurait trop arrosé une soirée. Je ne me fais pas assez confiance pour ça.
Ça y est. J'ai terminé. Pfiou… il était temps.
Je m'étire et je regarde l'heure : 21h00, il est temps pour moi de rentrer.
Le regard dans le vague, je marchais dans la rue quand une affiche attire mon regard.
Ouverture d'un bar le 02 septembre 2011 à 22h00, un cocktail offert par le chef.
Cette écriture…je me rapproche un peu. Un plan est dessiné juste en dessous… C'est le restaurant de Taki-san… et si j'allais y faire un tour…En espérant que Takaoka n'y sera pas… ça ne serait pas de veine, alors que je viens juste de m'excuser…
• • • •
Vrrrr… Vrrrr… Vrrrr
Mmm… déjà…
A la douche.
Au départ, j'ai longtemps hésité à mettre en place une douche, car dans le genre discret il y a mieux… Mais la façade est si petite, et comme la douche est dans un coin de la pièce, au-dessus des cuisines, on pourrait penser que le bruit de l'eau vient des voisins.
Ahhh, une bonne douche rien de tel pour se réveiller. En plus, comme c'est la première ouverture du bar, je me dois d'être présentable. Pour l'occasion, je me suis acheté un pantalon noir, une chemise blanche et des serre-chemises assortis, un gilet noir et une cravate noire. Rien de très nouveau, mais ce n'est pas un club d'hôtes.
Frsch… rschhh…
L'eau chaude coule en pluie fine sur mon corps, et j'en oublie tout mes doutes, toutes mes interrogations… Prendre une douche m'a toujours relaxé. Je ne suis pas du genre à chanter sous la douche, en plus le résultat ne serait pas vraiment à la hauteur. Plus jeune, j'avais été au karaoké avec des amies, et le souvenir qu'il me reste est amer. Je pensais passer un bon moment, mais ça n'a été que moqueries. Inutile de préciser qu'elles ne sont pas restées mes amies très longtemps. Autant il y a des choses que je peux pardonner, autant je ne supporte pas les railleries gratuites, surtout celles qui sont dites sur un ton un peu trop méchant à mon goût.
Clac.
Je sors de la douche, et j'attrape rapidement ma serviette. Délicatement, je m'affaire à sécher toutes les parties de mon corps : une trace d'humidité sur ma chemise ne serait vraiment pas la bienvenue.
21h30. C'est bon je suis dans les temps. Je m'habille, je me coiffe et je descends.
Coiffer est un bien grand mot. :je discipline juste un peu mes boucles… Ce n'est pas par fainéantise, mais je les avais laissés pousser et maintenant ils m'arrivaient au-dessus des épaules. Ils n'étaient pas raides, mais ondulaient légèrement.
La rue est déserte : personne dehors et encore personne dedans. Il est pourtant maintenant 22h00 et c'est l'heure officiel d'ouverture de mon bar. Je suis seul et pas très rassuré. Déjà j'attends les clients avec impatience, et en plus, malgré le fait que ce quartier n'est normalement pas trop mal fréquenté, j'ai toujours une petite appréhension quand la nuit arrive.
J'ai allumé les néons qui soulignent les étagères du bar, et j'ai mis un fond de musique d'ambiance. Derrière le comptoir, je bois doucement mon café quand j'entends la porte s'ouvrir.
Bonjour et bienvenue.
Je me retourne vers la porte, et je le vois, lui, le client de la table cinq, Gou-san en personne…
Bonjour. Vous n'avez pas grand monde ce soir. Est-ce que c'est quand même bon si je reste ?
Bien sûr. Qu'est-ce que je vous sers ?
Une Piña Colada s'il vous plait, monsieur, euh,…
Taki.
Taki-san
Oubliez le san, juste Taki ira. On doit avoir le même âge.
Dans ce cas, tu peux m'appeler Gou.
Avec des gestes délicats, je le vois mettre tous les ingrédients dans le blender. Puis il les mixe, et les verse dans un grand verre. Il y met une paille, une tranche d'orange… Je suis absorbé par le moindre de ces gestes.
Ta Piña Colada
Mer-
CLAC
La porte du restaurant vient de s'ouvrir en grand sur trois hommes. Ils portent tous des costumes sombres, et je peux dire qu'ils n'ont pas l'air d'être là pour boire un verre.
Bonjour, messieurs. Qu'est-ce que je vous sers ?
C'est toi l'patron ? dit le troisième homme, d'un ton déplaisant.
Je regarde Taki, qui n'a pas l'air de trop comprendre ce qui lui arrive. Heureusement que je suis là. Qu'aurait-il fait tout seul. Rien que cette pensée me mets mal à l'aise. Et pour couronner le tout, ces trois hommes viennent d'interrompre un moment privilégié. Je parle à Taki, je le tutoie, et ils viennent tout gâcher. Je ne vais pas laisser passer ça.
