Différents alcools se mélangeaient dans les veines de Clarke. Elle ne ressentait plus rien. Son cerveau essayait d'analyser les images et sons du monde réel sans y parvenir. Alors Clarke ne bougeait pas. Elle se fichait de tout. Elle pouvait mourir, vivre ne lui importait plus. Rien n'importait.
Cela faisait au moins cinq heures que Lexa cherchait Clarke dans tout le district. Elle traversait chaque zone avec l'espoir de la trouver. Elle s'était approchée discrètement de la vieille maison pour s'assurer que Clarke était bien rentrée, et n'avait trouvé aucune trace de la jeune femme. Elle avait été voir au bar, sans succès. Elle cherchait, la peur creusant son estomac. Elle n'avait jamais voulu que tout ça arrive, et essayait de faire de son mieux pour réparer sa relation brisée avec Clarke. Elle ne pouvait pas la laisser se détruire. Clarke pouvait la haïr à jamais que Lexa accepterait sans plus rien ajouter, à la condition que Clarke continue de vivre, avec la possibilité de sourire à nouveau. Un sourire sincère, éclatant, celui que Lexa adorait contempler. Mais pour cela, il fallait que Clarke l'écoute un instant. Cela ne la concernait pas elle mais Aden. Il fallait que Clarke l'écoute. Mais pour l'instant, il fallait déjà qu'elle la retrouve.
Elle vit deux silhouettes au détour d'une allée. Elle s'y engagea et reconnut la chevelure claire de Clarke qui reflétait la lumière d'un lampadaire brisé plus loin. Elle s'avança, essayant de reconnaître la personne avec elle. Un homme adulte, sûrement la quarantaine, vêtements sales et usés, avait arraché les boutons de la chemise de Clarke. Lexa n'y croyait pas, Clarke ne bougeait pas, son regard vide divaguait. Elle se laissait faire. Clarke était-elle au moins consciente de ce qui se passait ? Lexa en doutait, compte tenu des bouteilles de verre vides à côté de Clarke.
L'homme avait tiré les bas de Clarke et il était en train d'abaisser son propre pantalon quand Lexa avait débarqué dans l'allée. Une profonde haine naquit dans la poitrine de Lexa en voyant l'homme tripoter allègrement Clarke. Elle n'attendit pas pour agir. L'homme avait enfoui son visage dans le cou de Clarke et la partie basse de son corps allait entrer en contact avec celle de Clarke. Lexa le poussa du plat du pied contre l'épaule avec plus de puissance qu'elle ne s'en pensait capable et l'homme s'effondra sur le côté. Il se redressa, prêt à riposter, mais se stoppa net en découvrant le visage de Lexa. Il se releva précipitamment et s'enfuit, remontant maladroitement son pantalon. Il n'était pas assez idiot pour se lancer dans un combat contre la gagnante des Jeux. Celle qui avait tué pas moins de onze tributs. Légitime défense, certes, mais tous ceux qui avaient attaqué Lexa et Aden étaient morts.
Lexa s'accroupit auprès de Clarke. Elle était dans un état pitoyable. Lexa fut surprise de ne pas découvrir de vomissure étant donné la quantité d'alcools que Clarke avait ingurgité. Elle souleva Clarke après avoir remis ses vêtements en place et celle-ci ne réagit pas. Elle devait être trop ivre pour remarquer quoi que ce soit.
Lexa la ramena chez elle et l'allongea dans son lit, nettoyant son abdomen de la saleté déposée par l'homme et lui enfila une chemise propre. Clarke semblait à mi-chemin entre l'éveil et le sommeil, alors Lexa s'absenta pour aller mettre les vêtements sales à laver. Elle se lava les mains après avoir déposé les vêtements dans la machine. Elle s'appuya contre le rebord du lavabo. Son inquiétude pour Clarke grandissait et elle sentait la culpabilité enserrer sa gorge.
Elle retourna dans sa chambre une vingtaine de minutes plus tard et y découvrit Clarke debout. Seulement deux pas séparaient Clarke du lit, elle n'était clairement pas en mesure de marcher.
- Clarke, rassieds-toi, tu vas tomber...
- Laisse-moi, trancha-t-elle. Laisse-moi partir.
Clarke essaya d'avancer, ses jambes chancelantes. Lexa essaya de l'attraper mais Clarke se débattit. Lexa l'empoigna et l'assit à nouveau sur le lit. Elle alla chercher un drap dans l'armoire qu'elle déchira pour obtenir de longs rubans. Clarke n'eut pas le temps de se relever. Lexa la bloqua et attacha chacune de ses mains de part et d'autre de la tête de lit, les poignets posés contre le matelas. Clarke se débattait hargneusement.
- Tu ne peux pas me garder ici, hurla-t-elle.
Clarke arrêta rapidement de se débattre, la fatigue l'ayant vaincue. Lexa se leva et rejoignit le fauteuil dans le coin à gauche du lit. Elle s'assoupit. Elle fut réveillée deux heures plus tard par des bruits de coups. Clarke était réveillée, encore loin d'être sobre, et elle tirait sur ses bras, cognant la tête du lit avec son dos.
- Tu vas te déboîter l'épaule à faire ça !
Clarke ignora la remarque de Lexa. Cette dernière ne pouvait la regarder faire, alors elle l'enjamba pour s'asseoir à califourchon sur ses cuisses. Elle bloqua le buste de Clarke de ses deux avant-bras. Clarke trouva rapidement un autre moyen de se débattre : se cogner la tête contre le bois. Pour l'en empêcher, Lexa colla son front à celui de Clarke, énervant encore plus cette dernière qui n'avait pas assez de force pour s'extirper de l'emprise de Lexa. Il ne restait plus qu'un moyen de défense qu'elle n'attendit pas pour utiliser : elle cracha au visage de Lexa, qui attrapa le drap déchiré à sa droite pour s'essuyer le visage.
- Tu me dégoûtes tellement, dit Clarke sur un ton amère. Tu aurais tenu prisonnière toute la fratrie Griffin.
Lexa se prit la méchanceté de Clarke en pleine face et l'accepta. Clarke était ivre et son frère venait de mourir. Son comportement était justifié.
- Tu me laisses deux minutes quand tu seras sobre et je te laisse partir. Tu pourras me haïr autant que tu le souhaites ensuite.
- Plutôt crever que de passer deux minutes sobre avec toi. Je t'ai dit que je voulais plus te voir, et la meilleure chose que tu trouves à faire c'est de me ramener chez toi.
Lexa redressa légèrement la tête pour s'assurer que son regard plongeait dans celui de Clarke. Elle s'apprêtait à répondre mais Clarke reprit la parole avant qu'elle ne puisse dire un mot.
- Fais pas semblant de me sauver. T'as dégagé le gars qui me montait dessus, juste pour faire la même après. Vous êtes pas mieux tous les deux à me tripoter librement, sauf que lui n'a pas tué mon frère.
Clarke avait donc été un minimum consciente de ce qui s'était passé dans la rue. Pourtant, elle ne s'était pas défendue, probablement trop assommée par l'alcool et la douleur.
Lexa prenait sur elle pour ne pas assommer Clarke et l'envoyer au pays des rêves jusqu'à ce que l'alcool soit éliminé. Clarke parlait dans le vide, car elle savait aussi bien que Lexa que cette dernière n'avait jamais eu de mauvaises intentions envers elle. Elle n'avait rien d'un prédateur sexuel. Clarke cherchait à la faire partir pour de bon. Cela ne pouvait fonctionner. Lexa ne pouvait pas la laisser, encore moins dans cet état. Alors elle décida d'entrer dans le jeu de Clarke. Elle replaça son front contre celui de Clarke, ses lèvres frôlant le coin droit des siennes. Elle glissa sa main gauche dans son cou et sa main droite sur sa hanche, s'approchant jusqu'à ce que leurs bustes soient complètement collés.
- Peut-être que je devrais profiter de la situation, après tout, lui souffla-t-elle au bord des lèvres. C'est vrai, tu ne te défendras pas. Je peux faire ce que je veux de toi. Car c'est de ta faute si tu es dans cette situation. Ton père est mort, tu n'y peux rien. Ton frère est mort, tu n'y peux rien. Tu es défoncée, c'est entièrement de ta faute. Tu as bu jusqu'à perdre ta capacité à te défendre. Tu te serais laissée violer. Qu'est-ce qui m'en empêcherait, Clarke ? Tu t'es laissée déshabiller par un inconnu, tu t'es laissée attacher à ce lit. Je peux te garder aussi longtemps que je le souhaite, juste parce que tu t'es affaiblie volontairement.
- Ferme-là, cracha Clarke.
- Ma présence te gênes, Clarke ? Tu me hais ? C'est dommage, tu es coincée là. Et ça, c'est de ta faute.
Clarke hurla, essayant de se débattre avec toute la force qu'elle pouvait trouver. Mais Lexa la bloquait complètement. Clarke détestait cette proximité. Le corps et les lèvres de Lexa étaient trop proches d'elle. Elle la haïssait, elle et les sentiments qu'elle avait à son égard.
- Laisse-moi... souffla-t-elle doucement avant de fermer les yeux.
Elle ne les rouvrit pas, fatiguée de se débattre. Lexa s'assura que Clarke ne lui jouait pas un tour avant de se lever pour retourner dans le fauteuil. Elle s'endormit trois quarts d'heure puis se leva pour aller se chercher un verre d'eau dans la cuisine. Elle resta assise à la table dans la seule luminosité du ciel et des deux seuls lampadaires allumés du village. Elle remonta quarante minutes plus tard, prête à affronter la furie de Clarke au réveil de celle-ci.
Dans la chambre, Clarke s'était réveillée un quart d'heure auparavant. Son esprit toujours embrumé néanmoins plus clair qu'à sa précédente interaction avec Lexa, elle avait réfléchi et trouvé un moyen de libérer sa main gauche, utilisant son pied droit pour défaire le nœud. Elle libéra ensuite son bras droit et essaya de se lever. Sa tête lui tournait. Elle tenait à peine debout. La vue de la porte s'ouvrant résonna dans l'esprit de Clarke et elle se jeta aussitôt sur Lexa. La surprise ne lui fut pas d'une grande aide puisque Lexa anticipa et attrapa Clarke pour la stabiliser avant qu'elle ne s'effondre. Clarke la dévisagea un instant, le visage déformé par la haine. Lexa s'attendait à ce que Clarke s'attaque à elle mais ce ne fut pas le cas. Au contraire, Clarke l'attrapa par le t-shirt et l'attira à elle pour l'embrasser, tirant brusquement de part et d'autre du t-shirt. Le t-shirt craqua et Clarke parvint à le déchirer, l'ouvrant ainsi en deux. Lexa repoussa doucement Clarke.
- Tu es loin d'être sobre. T'es totalement incohérente.
Clarke attrapa Lexa par le haut de son pantalon et l'attira à nouveau à elle, lui crachant ses paroles au bord des lèvres.
- Je t'aurais répondu, à la mairie, avant que tu partes. Je t'aurais dit que je t'aime aussi. C'était avant que tu me forces à te haïr.
- Clarke –
- Ta gueule, Lexa, cracha-t-elle avec toute la violence que lui avaient offert la douleur et l'alcool. T'as dégagé le gars tout à l'heure, preuve que mon corps est plus important pour toi que pour moi. Tu vois bien mon état et tu viens t'approcher de moi, coller ton corps contre le mien, ta bouche limite contre la mienne puis tu repars, comme tu l'as fait avec les Jeux. Tu m'as embrassée, et t'es partie crever avec Aden aux Jeux.
- Clarke, arrête, supplia Lexa.
- FERME TA PUTAIN DE GUEULE DEUX MINUTES.
Cela fit taire Lexa, mais elle gardait un visage bouclier, prête à recevoir les prochaines paroles de Clarke. Malgré l'alcool qui altérait la perception de Clarke et envenimait ses paroles, Lexa ne pouvait nier le fait qu'il y avait une part de vrai dans ces propos.
- Alors, reprit Clarke aussitôt, si j'ai envie d'assouvir cette putain d'envie de t'arracher tes vêtements maintenant et te coller dans ce lit, tu me dois bien ça. C'est pas comme si tu le voulais pas non plus, c'était limite si tu voulais pas me coucher sur le bureau de la salle où t'étais gardée après la Moisson.
Lexa ne répondit pas. Que répondre à ça ? Clarke avait raison, même si Lexa n'appréciait pas l'ivresse de Clarke qui altérait beaucoup trop son comportement et la mènerait sûrement à regretter ce dernier le lendemain. Alors, quand Clarke attira son visage au sien, Lexa la repoussa malgré l'envie de la laisser faire.
- T'es ivre, Clarke, lui rappela-t-elle durement. Tu m'en voudras encore plus, parce que tu me hais.
- Justement, je te hais déjà, trancha-t-elle. Ce sera la même chose demain, sauf que je serai plus ivre comme maintenant. J'aurai plus envie de te tuer que de te sauter, parce que ça m'énervera encore plus de savoir que j'ai des putain de sentiments pour toi et qu'on aurait pu...
Elle fit une pause. L'alcool ne suffisait plus à libérer ces paroles-là.
- On aurait pu y arriver, toi et moi. Sans tout ça.
Lexa reçut un poignard émotionnel dans le cœur. Elle ne savait pas quoi dire pour apaiser la douleur de Clarke.
- Je vais te dire, reprit Clarke alors que Lexa tâchait de maintenir son regard dans le sien, je vais te dire que je t'aime. Je vais t'embrasser longuement et me barrer demain. Et alors tu comprendras ce que ça m'a fait quand t'es partie aux Jeux. Je vais te répéter que je t'aime alors que ça sera jamais suffisant pour l'exprimer, mais ça suffira à te faire mal. T'as survécu Lexa, c'est bien, maintenant tu vas souffrir.
- Tout ça ne ramènera pas Aden, souffla Lexa.
- T'écouter non plus.
Elle repoussa lentement Lexa contre le mur, lui déboutonnant son pantalon.
- Tu te souviens Lexa, la première fois que t'es venue dormir chez moi. On avait seize ans, on s'est réveillées collées l'une à l'autre. Amies, Lexa ? Vraiment ? Alors qu'on savait très bien au fond qu'on attendait qu'une chose : que l'une de nous deux agisse.
Elle appuya ses mots en tirant vers le bas le pantalon de Lexa. Cette dernière sursauta quand la main de Clarke se posa sur sa cuisse.
- Tu as peur, Lexa ? Maintenant que je me défends ? Tu imaginais quoi ? Que je te saute dessus, t'étrangle ? Pas assez douloureux. Je préfère glisser mes mains ailleurs que dans ton cou.
Lexa la poussa en arrière, la forçant à s'éloigner d'elle, mais Clarke revint abattre sa rage sur elle, l'attrapant par le bras pour l'attirer brusquement à elle. Pour ne pas se prendre les pieds dans son pantalon baissé, Lexa avait été obligée de lever les jambes et de l'abandonner. Elle essayait encore de comprendre comment elle avait pu perdre le contrôle de la situation.
- Tu n'oses pas nier, ajouta Clarke. Tu ne dis pas ne pas me vouloir aussi. Qu'est-ce que ça t'aurait fait si je me l'étais tapé, le pervers de tout à l'heure ? J'aurais imaginé que c'était toi et –
- Tu donnerais ton corps à n'importe qui juste parce que tu es en deuil, lui fit-elle remarquer en retour.
- Pas à toi, appuya Clarke. Je te laisserais pas me toucher librement. N'importe qui pourrait me tripoter que j'en aurais rien à faire. Mais toi... t'auras pas cette liberté.
Lexa ne répondit pas. Clarke perdait clairement l'esprit.
- Moi en revanche, je peux faire ce que je veux de toi, t'oseras pas m'arrêter définitivement. C'est pas parce que tu le dis pas que je le vois pas dans tes yeux. T'as envie de coucher avec moi depuis tellement longtemps. C'est comme si t'en avais honte, comme si tu trouvais ça dégueu'. Mais puisqu'on s'aime alors c'est beau.
Le ton sarcastique de Clarke figea Lexa et elle crut ne plus pouvoir être capable de contrôler ses faits et gestes quand Clarke glissa ses mains le long de ses hanches pour la repousser vers le lit. N'ayant pas fait attention à la distance qui la séparait du lit, elle buta contre son bord et tomba en arrière. Clarke arracha le t-shirt déjà déchiré et ôta le sien. Lexa se redressa, essayant encore une fois de repousser Clarke. Cette dernière se pencha en avant, forçant Lexa à se rallonger. Elle pressa ses lèvres contre celles de Lexa et quand celle-ci essaya d'enrouler ses bras autour de son buste, elle glissa ses mains dans les siennes pour les ramener contre le matelas.
- Ne me touche pas, ordonna-t-elle durement.
- Tu es déjà contre moi, fit remarquer Lexa.
- Exactement, je suis contre toi. Je te laisserai pas le contrôle de la situation.
Elle l'embrassa à nouveau. Elle voulait brûler Lexa de ses lèvres, la marquer à jamais, lui faire mal. Elle lui mordit la lèvre supérieure dans sa précipitation et alla chercher sa langue de la sienne. Sans s'arrêter, elle se redressa pour se débarrasser de son propre pantalon. Elle voulait sentir sa peau nue contre celle de Lexa.
Elle sentit le corps de Lexa se crisper au contact du sien. Clarke redressa la tête.
- Quoi ? N'était-ce pas ce que tu voulais ? Revenir des Jeux, m'avoir contre toi...
- Non, souffla Lexa en retour, je voulais m'assurer que tu allais bien. Chaque jour, depuis l'autre bout du district s'il le fallait.
Clarke la jaugea du regard. Lexa pouvait y lire la colère noyée dans la tristesse et cela la força à baisser les yeux. Clarke saisit l'occasion pour répondre.
- Si tu voulais que j'aille bien, tu n'aurais pas dû tuer Aden.
Lexa déglutit. Elle ne pouvait plus rien répondre pour contrer ce fait. Elle avait tué Aden. C'était irréfutable.
Les lèvres de Clarke glissaient sur son abdomen, frôlant son bas ventre, et Lexa essaya de la raisonner.
- Je te dégoûte mais ça ne t'empêche pas de faire ça.
Clarke leva la tête et remonta doucement, approchant ses lèvres de celles de Lexa sans les toucher. Lexa sentit le genou de Clarke contre son entre-jambe et elle se crispa à nouveau. Clarke sentait la gêne de Lexa et l'utilisait à son avantage.
- Tu me dégoûtes, après ce que tu as fait, parce que je t'aime.
La respiration de Lexa se fit de plus en plus saccadée. Elle retenait ses propres peine et colère car elle ne pouvait pas les abattre sur Clarke, cette dernière en avait déjà assez des siennes.
- Y a que toi que je peux aimer ainsi, ajouta Clarke, tu le sais. Alors y a que toi que je peux haïr autant.
Elle baissa à nouveau la tête pour venir prendre les lèvres de Lexa, accentuant son étreinte. Elle libéra sa main droite pour la glisser le long de la cuisse de Lexa et la débarrasser de son dernier sous-vêtement restant. Elle fit de même pour son propre bas et se blottit contre le corps de la personne qu'elle ne savait plus aimer sans haïr.
A ce contact, Lexa sentit son corps s'embraser, lui offrant une immense dose d'énergie qui lui permit de faire basculer Clarke et de reprendre le contrôle de la situation. Clarke se débattit avec rage. La tenant fermement, Lexa vint glisser ses lèvres sur sa joue droite et l'embrassa doucement avant d'y souffler :
- Je t'aime Clarke.
Clarke arrêta aussitôt de se débattre, écrasée par une vive douleur. Elle laissa sa tête retomber sur le côté. Lexa releva la sienne pour la dévisager. Elle aperçut les traits crispés sous la douleur, les larmes qui s'écoulaient et étaient aussitôt absorbées par la couverture. Clarke étouffait certainement ses cris. Lexa la saisit doucement par l'épaule et l'attira dans ses bras, l'encerclant des siens. Le visage de Clarke était enfoui dans son cou, les larmes brûlantes dégoulinant sur sa peau. Lexa voulait que Clarke laisse échapper la douleur qui l'étouffait. Au fil des minutes, les larmes silencieuses se voyaient ajouter des plaintes, et elle finit par crier, ses cris se transformant peu à peu en hurlements. Clarke laissait enfin s'échapper sa peine. Sentant la crispation du corps de Clarke qui semblait s'accrocher à la vie, Lexa la serra plus fort dans ses bras. Elle ne put empêcher des larmes de couler sur son visage. Des larmes silencieuses face à la souffrance de Clarke. Elle se faisait la plus silencieuse possible, se contentant de maintenir Clarke. Elle avait terriblement mal, s'accrochant à l'espoir de revoir un jour Clarke sourire. Elle s'allongea doucement sur le côté, maintenant fermement Clarke contre elle. Au fil des minutes, la fatigue prenait le dessus sur la douleur et Clarke finit par s'endormir. Lexa suivit un peu plus tard.
Clarke saisit son frère aussitôt entrée dans la salle. Comment a-t-il pu être tiré au sort alors qu'elle a pris tous les tesserae à son nom pour qu'Aden ait le moins de chance d'être choisi ? Le sort s'acharne contre les Griffin. S'il n'est pas étonnant que Clarke ait été tirée au sort avec tous les tesserae sur elle, le tirage d'Aden est un terrible hasard.
Aden se dégage des bras de sa sœur pour la regarder dans les yeux en déclarant :
- Je ne reviendrai pas, Clarke.
- Si, essaye de se convaincre Clarke. Tu reviendras. Tu le dois. Reviens à moi, reviens à Maman, à nous.
Aden hoche négativement la tête.
- Lexa peut gagner, pas moi.
- Tu peux. Elle t'aidera. Tu peux revenir. Ce n'est qu'un au revoir, Aden.
- Non, Clarke. Si je gagne, elle meurt. Clarke, je ne reviendrai pas. C'est certain.
Clarke fait un signe de refus avec sa tête avant d'attraper son frère pour le serrer fort contre elle.
- Clarke, quand je mourrai, ne t'en veux pas.
- Tu ne mourras pas, lui souffle-t-elle fermement à l'oreille.
Il se dégage à nouveau de son étreinte. Son regard se mélange à celui de Clarke et pendant un instant elle pense s'effondrer. Mais Clarke est forte, elle doit l'être pour Aden. Elle doit se montrer courageuse.
- Tu vivras une vie heureuse Clarke. Je sais que tu le peux. Tu as des raisons d'être heureuse, même sans moi.
- Non, Aden...
- Clarke ! Promets-moi que tu n'abandonneras pas à cause de moi.
Elle hoche négativement la tête, c'est plus fort qu'elle. Elle ne peut pas imaginer son frère mourir. La porte s'ouvre. Elle doit partir.
- Promets-le moi !
Clarke hoche à nouveau la tête, positivement cette fois. Aucun mot ne sort de sa bouche. Aden lui offre un dernier regard rassurant, qu'elle lui rend. Et alors que la porte se ferme, elle sent son cœur se briser au creux de sa poitrine. C'était son dernier moment avec son frère.
