4.

Débordé par les préparatifs de départ pour un vol qui ne pourrait qu'être périlleux et douloureux pour l'amitié, Albator avait néanmoins pris le temps de conduire Alcéllya à sa nouvelle classe puis avait fini avec Alhannis de boucler ses valises pour la Pension.

- Et pour Pouchy ? s'enquit l'adolescent à la chevelure de feu. Maman et toi avez dit à votre retour que sa vie allait un peu changer… J'ai peur pour lui ! Vous n'allez pas l'envoyer dans un enseignement spécialisé, il est si petit ! ?

- Non, le pédopsychiatre a été très clair : il lui faut son environnement familier, les visages connus. C'est donc une maîtresse personnelle qui viendra pour ses cours d'éveil et les cours tout court.

- J'aime mieux ça ! soupira d'aise Alhannis. Mon petit Pouchy est tellement fragile et sensible !

- Le bus de la pension est arrivé, renseigna une bonne. Je fais emporter les derniers bagages de votre fils, Monsieur.

- Je l'y accompagne. Tu es prêt, Alhannis ?

- J'ai hâte de retrouver mes copains, de nouveaux profs, mais je serai impatient de vous revoir, maman et toi ! J'ai un peu peur pour vous aussi, on dirait que tout le monde s'inquiète ici !

- Disons que l'actualité est un peu chargée et qu'elle nous concerne, ta maman et moi, au premier chef. Mais on va résoudre le problème, promis !

- Mais, je le sais parfaitement, mon papa.

Le jeune garçon eut un clin d'œil malicieux.

- Essaye juste de ne pas te faire stupidement tirer dessus par le premier venu !

- Promis.

Poussant doucement son fils devant lui, Albator quitta la chambre.

« Si seulement tu avais idée de qui était ce tireur et pourquoi je n'ai pas remué même d'un muscle… Mais je n'ai aucune idée de la façon dont aborder le sujet, vu tes réactions depuis des années. Il vaut mieux que je sache moi-même à quoi m'en tenir et ce vol devrait permettre qu'on se trouve enfin, ou qu'on se perde… Et je n'ai aucune idée du mode d'emploi de cet Alguérande si écorché vif après sa jeune vie de misère et de tortures avant l'entraînement forcené de Khell ! ».


Albator avait agité la main à l'adresse de l'aîné de ses enfants qui, comme à son habitude, s'était assis tout à l'arrière du bus pour le suivre des yeux et savourer l'au revoir jusqu'au dernier instant.

Le bus disparu également à sa propre vue, il était revenu dans le bâtiment principal du château, se précipitant à sa propre chambre.

Ses propres malles remplies, Albator était demeuré un long moment dans son appartement, la solitude – relative – lui pesant.

L'avenir était tout proche et il le redoutait comme cela n'était jamais arrivé de sa vie !

« Plus de petites misères d'ados, Warius, on va se battre en adultes et chacun avec entre les mains la plus terrible des armes qui existe pour nos clans respectifs : ton Karyu, mon Arcadia ! Cette situation est un cauchemar inimaginable, et je n'ai pas besoin d'ordres d'une Flotte que je ne reconnais plus comme mienne, si tu menaces la Terre je dois t'éliminer de la mer d'étoiles ! ».

Le grand brun balafré serra les poings.

« Et je suis sûr que tu as les mêmes pensées à mon égard, Warius ! ».


Ses cales pleines de munitions, son cœur d'énergie gonflé à la limite de l'implosion, poursuivant son vol de général à la tête des flottes d'invasion de sa République, Warius Zéro était demeuré un long moment dans son appartement, la solitude – relative de sa position et même à son propre bord – lui pesant.

L'avenir était tout proche et il l'attendait impatiemment comme cela n'était jamais arrivé de sa vie !

« Plus de petites misères d'ados, Albator, on va se battre en adultes et chacun avec entre les mains la plus terrible des armes qui existe pour nos clans respectifs : ton Arcadia, mon Karyu ! Cette situation est un rêve que je n'espérais plus, et si tu dresses devant moi, corsaire, je dois t'éliminer de la mer d'étoiles ! ».

Le grand brun non balafré serra les poings.

« Et je suis sûr que tu as les mêmes pensées à mon égard, Albator ! On va s'entretuer et je sais déjà que je vais raffoler de cela ! ».