CHAPITRE 4
Cela fait quelques heures déjà que Max, Izzi et Magnus sommes assis à une table près du self. Buvant un verre en discutant d'Alec. De leurs enfances et surtout du nombre de fois où Alec devait réparer leurs bêtises.
- Il s'est souvent fait engueuler à cause de nous.
Magnus regarda le jeune homme blond tandis que sa sœur expliqua :
- Alec est l'aîné. Nos parents sont très rigides.
- Même plus que ça. Ajouta Max en haussant les sourcils.
- Ils attendent beaucoup d'Alec et en même temps ils lui en font. Alec devait être le meilleur à l'école.
- Mais aussi dans les clubs de sport où nous fûmes inscrits.
- Aussi aux cours de musique.
Magnus haussa les sourcils.
- Des cours de musique ?
Isabelle eut un petit sourire triste.
- Oui. Alec devait avoir le maximum de connaissances. On le soutenait du mieux que l'on pouvait.
Max eu un air grave sur son visage, pourtant d'un naturel très souriant
avant d'enchaîner :
- Notre père est un tyran avec lui. Il nous laisse Izzi et moi tant qu'Alec fait ce qu'il demande. On a protesté mais Alec nous a fait taire en assurant que c'était son rôle d'aîné.
- Alec est surprotecteur avec nous. Peu importe ce que l'on fait. Il prendra sur lui. Il refuse que l'on se sacrifie pour lui.
Magnus s'appuya sur son dossier en réfléchissant. Alexander est un homme vraiment trop bon. Gentil. Attentionné. Il est renfermé et timide avec un flagrant manque de confiance en lui. Et il se sacrifie pour ses proches. Il n'a aucune conscience de sa beauté. Il est acharné dans ses études. Mais je n'ai rien appris en ce qui concerne ses problèmes de crises. Dommage. Mais je ne vais pas les interroger là-dessus. C'est le genre de chose dont je dois parler avec Alexander lui-même. Ils n'ont pas non plus parlé de son attirance pour les hommes. Alec ne serait pas sorti du placard ?
Bien qu'il ne me l'eut pas dit, cela peut se voir pour un œil averti. Il ne regarde aucune fille, déjà. Il doit certainement ne pas avoir eu beaucoup de relation vu les rougeurs qu'il aborde à chaque fois que lui-même fait une allusion un peu coquine.
Magnus fut tiré de ses pensées par Max qui cria pour appeler Jace. Apparemment Jace s'était souvenu des Lightwood et de leur amitié passée.
- Tu as vu Alec ce matin ?
- Izzi. Ton frère et moi ne sommes pas encore redevenus les meilleurs amis du monde !
La brune sourit doucement. Et le petit blond commença à chahuter avec le plus grand.
PDV Alec
Je me redresse quand mon estomac commence à se manifester. Je sors mon téléphone qui a vibré toute la matinée et vois les messages de ma sœur, me demandant de les rejoindre et me taquinant au sujet de Magnus. Je souris devant une photo de Magnus riant, prise à son insu. Je range mes affaires et me lève, lui renvoyant un message.
À Izzi: 13h36 Où êtes-vous ? À Alec: 13 h 37 En dehors du self. Sortie sud. La table verte sur les hauteurs.
J'hésite. Je ne sais pas si je dois les rejoindre. Ils ont l'air de s'amuser. Je ne voudrais pas arriver et plomber l'ambiance. En même temps, c'est une bonne excuse pour passer du temps avec Magnus.
À Izzi: 13h 43 J'arrive.
Je range mon téléphone, laissant Izzi envoyer je ne sais combien de messages. Je soupire et passe prendre mon plateau avant de les rejoindre. J'ai bien fais car ils sont tous devant le leur. Je monte les marches pour les rejoindre et m'assied à côté de ma sœur, face à Magnus. Je lui fais un petit sourire pour le saluer et commence à manger alors que ma sœur me harcèle pour savoir où j'étais toute la matinée.
- Laisse le, Izzi.
- Tais-toi Max. Je veux savoir ce qu'il faisait.
- Je rattrapais mes cours.
- Toute la matinée ? Tu es sérieux ?
Je souris, amusé, devant la réponse de mon jeune frère.
- Oui et je n'ai pas encore fini.
- Tu es un grand malade ! On est dimanche Alec !
Je ne réponds pas à cette phrase et laisse mes frères et sœurs se chamailler. Je tourne mon regard face à Magnus qui rit doucement de nos petites querelles. Je me sens rougir un peu et plonge le nez dans mon assiette, mangeant mes frites.
On finit par tous aller se poser dans un coin des jardins, certains à l'ombre des arbres. D'autres à proximité, au soleil. Moi je me suis allonger au soleil mais n'expose pas ma peau. J'aime la sensation de chaleur du soleil sur mes vêtements noirs. J'ai quand même mis un haut bleu foncé que Magnus a choisi lors de notre séance shopping de la veille. Je veux bien faire des efforts mais pas de couleurs flashy.
J'ai ferme les yeux et croise mes bras derrière ma tête. Je repense à mes leçons, RECOPIÉES le matin pour les mémoriser. Un livre de cours ouvert à côté de moi. Je lui jette un coup d'œil quand je ne suis pas sûr de la réponse à la question que je me pose tout seul.
Il y a dans notre groupe, plusieurs petits groupes qui se sont formé. J'ai tendance à me tenir à l'écart. Et dans ces cas-là, comme maintenant et comme à chaque fois, Magnus me rejoint. Il s'assied à côté de moi à la place où était mon livre. Livre qu'il a ramassé, fermé et reposé sur mon sac.
- Tu nous as manqué ce matin chéri.
- Moi c'est Alec.
Il fait encore ce geste de la main indiquant que ce n'est pas important, avant d'enchaîner.
- Pourquoi t'isoles-tu ainsi ?
- J'aime la solitude. Le calme.
- La solitude n'est bonne pour personne.
- Elle l'est pour moi.
- Non. Elle ne l'est pas.
- Magnus.
- Oui chéri ?
- Alec.
Il sourit, amusé avant de reporter son regard sur les autres groupes. Je suis son regard.
Izzi bavarde avec Méliorn, alors que Max lui discute avec Ragnor, le meilleur ami de Magnus. Raphaël parle avec eux alors que Simon sort des blagues bien à lui. Clarissa, toujours avec son meilleur ami s'est finalement détachée de lui pour parler avec Jace. Catarina parlant avec Izzi et Méliorn.
Je fronce les sourcils en voyant la proximité de Méliorn avec ma sœur. Je me redresse sur mes coudes et les observe un peu plus. Où il se croit lui à poser sa main sur ses hanches comme ça ? Je le foudroie du regard. Je suis rarement… méchant… mais on ne touche pas ma famille !
- Calme darling. Izzi est une grande fille.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
Mon ton est un peu plus froid que prévu et je tourne mon regard vers Magnus quand il soupire. Son visage est moins joyeux que d'habitude. Il se relève.
- Je vais te laisser ruminer dans ton coin. Seul. Il semble que ma présence te dérange.
Il se relève et part sans que je n'aie le temps de dire quoi que ce soit. Il me fait quoi là ? Je n'aime pas son air de malheureux. Mais, là il n'a pas l'air de jouer comparé à quand il me fait les yeux doux pour me faire faire ce qu'il veut.
Je reporte mon regard vers ma sœur et me fige en voyant qu'elle me regarde. Bon ce n'est pas le fait qu'elle me regarde qui me dérange. Mais l'intensité de son regard. Celui qu'elle me fait quand j'aie fait un truc qui ne lui plaît pas. J'hausse un sourcil et elle secoue la tête avant de reprendre sa conversation avec les deux autres.
Je souffle et regarde la forme de Magnus qui disparaît à l'autre bout du jardin. Il est déjà si loin. Je sens mon cœur se serrer.
Je prends mon téléphone dans ma poche et regarde les messages. Tous ceux d'Izzi que j'ai reçu quand je suis venu les rejoindre pour manger. Mais le dernier date de quelques secondes :
À Alec: 16h54 Si tu ne veux pas te prendre mon pied au cul, tu vas te lever et rejoindre Magnus.
Je regarde vers elle avant de lui répondre
À Izzi: 16h 54 Pourquoi ?
Je regarde de nouveau vers elle et l'a vois lire ma réponse. Elle me foudroie du regard et tape une réponse assez rapidement.
À Alec: 16h55 Parce que tu viens de le blesser crétin. Il est tout le temps avec toi à te soutenir alors ne le blesse pas en retour. Bouge tes fesses en vitesse !
Qu'est-ce que tu lui as dit au juste ?
je lui tape en réponse qu'elle m'a vaincu et que j'y vais.
Je prends mon sac et range mon téléphone dans ma poche en courant en direction de Magnus. Qui n'est d'ailleurs plus en vue. Je cours tout le temps de ma recherche dans les jardins d'Idris. Il n'est nulle part. Je vais voir à notre chambre. Là non plus. Les gymnases non plus. Pas à la piscine. Ni sur le toit.
Je ne sais pas pourquoi je le cherche comme ça. Mais je ne supporte pas de lui faire mal. J'observe depuis le toit pour voir où je pourrais le trouver.
Quand soudain j'entends une mélodie. Je redresse la tête et redescends les escaliers en quatrième vitesse. Je traverse la branche rouge et la bleue avant d'arriver à la noire. Je remonte au troisième étage. Montant les marches deux par deux je commence à m'essouffler mais continue de courir jusque la salle de musique. Je ralentis un peu avant d'arriver et écoute la musique qu'il joue. C'est bien lui.
Je le regarde à travers la vitre de la porte. Il est assis sur le rebord de la fenêtre avec un violon sur l'épaule, les yeux fermés. Les doigts de sa main gauche bougeant sur les cordes alors que l'autre fait glisser l'archer dessus avec aisance. Cette mélodie est magnifique, magnifique mais triste.
Je rentre dans la pièce en silence et l'observe. Je sens mon pouls s'accélérer au fur et à mesure que je le détaille. Les muscles sous sa chemise se contractant au rythme de ses mouvements. Il ouvre les yeux et plonge son hypnotisant regard doré dans le mien. Il ne s'arrête pas de jouer pour autant. Je déglutis mais ne peux détourner les yeux de son regard envoûtant.
Il achève la mélodie et abaisse son violon le long de sa jambe. Je reprends mon souffle que je n'avais pas conscience d'avoir retenu. Je détourne le regard, mal à l'aise.
- Ce… c'était très beau….
- Merci.
Je ne vois pas le petit sourire qui s'étend sur ses lèvres mais je l'entends poser le violon et se rapprocher.
- Je… je ne savais pas… que tu jouais….
- J'ai appris que tu savais jouer aussi.
Je relève les yeux et suis surpris qu'il soit si proche.
- De quoi tu parles ?
- Izzi me l'a dit ce matin.
- À propos de quoi ?
Il fronce les sourcils devant ma réponse :
- Même un simple instrument tu ne peux en parler ?
- Je…
Il soupire et retourne s'asseoir avec son violon. Je ne sais pas de quoi il me parle. Je baisse la tête et envoie un message à Izzi pour savoir de quoi il retourne. J'attends sa réponse.
À Izzi: 18h12 Il m'a avoué que c'était toi qui lui avais dit ce matin.
À Alec: 18h13 À quel sujet ? À Izzi: 18h13 À propos de la musique. À Alec: 18h 14 Je lui ai parlé de tes cours de musique.
Je vois. C'est donc de cela qu'il parlait. Je le regarde alors qu'il commence une mélodie que je connais bien. Je jette un oeil au piano à côté de lui, vais m'assoir sur le banc et m'installe face au clavier. J'attends qu'il arrive à un bon moment de la mélodie et commence à jouer avec lui. Promenant mes doigts sur les touches.
Ça fait longtemps que je n'ai pas joué. Depuis l'entrée au lycée en fait. Je ferme les yeux et laisse la musique m'emporter, suivant le rythme de Magnus dans la mélodie. Je souris doucement et finis la mélodie en douceur. Je rouvre mes yeux sur les touches et les caresse doucement.
Je sens le regard de Magnus chauffer ma joue. Je tourne la tête vers lui.
- Je suis désolé.
Il hausse les sourcils interrogateurs et je repose mes mains sur mes jambes. Regardant à nouveau devant moi.
- J'avais …pas …. Réalisé que…. Que tu parler du piano…. Et aussi…pour tout à l'heure. … quand… enfin c'était …. Pas contre toi….
Je l'entends rigoler et tourne mon regard vers lui. Il a les yeux fermés la tête rejeté en arrière. Au moins je l'amuse.
- Alexander. Tu es vraiment adorable.
Je rougis tandis qu'il se lève d'un mouvement souple et pose un baiser sur ma joue.
- Excuses acceptées.
Je rougis un peu plus au baiser et souris, bêtement heureux qu'on ne reste pas fâchés.
