Chapitre 4 :
Les souvenirs qui le torturent.
Le vendredi de la semaine suivante, j'avais les yeux mi-clos et j'attendais le bus avec tous les autres. On devait se rendre à Tokyo pour s'entraîner avec les équipes de là-bas qui n'avait pas été encore éliminé. À mes côtés se tenait vendredi de la semaine suivante, j'avais les yeux mi-clos et j'attendais le bus avec tous les autres. Si bien qu'à cet instant, je me serais bien assoupi sur le sol du parking pour finir ma nuit, mais les membres de l'équipe ne cessait de me réveiller à cause de leurs questions auxquelles Neil refusait tout simplement de répondre. Il a toujours été doué pour ignorer les gens, moi pas.
« C'est ton grand-frère ?
- Oui.
- Vous vous ne ressemblez pas du tout.
- Normal, c'est mon frère adoptif. Son père est français. C'est pour ça qu'il ne fait pas très japonais. »
Neil fixa chacun des joueurs de l'équipe un à un en se contentant d'être silencieux. Je n'aimais pas ça. Il attendait quelque chose, mais je ne savais pas quoi.
« Il fait aussi du Volley ? Parce qu'il est vachement grand !
- Non, il fait du basket-ball. Ses énormes mains l'aident beaucoup pour jouer avec le ballon de basket. »
Le bus finit par arriver avec à son bord le prof et le Coach. Je vis alors les yeux de mon frère s'éclairer. Il était venu voir Ukai ? Pourquoi ? Est-ce que Papa avait dit quelque chose ? J'espère vraiment qu'il n'est pas venu pour faire son grand-frère hyper protecteur au moins ... Je soupire. Le bus s'arrête alors et les deux adultes en sortent pour se mettre face à nous. Ils nous expliquent alors comment va se dérouler le voyage. Neil semble presque écouter ce qu'ils disent, mais je le connais bien trop pour y croire. Il se contente de fixer l'entraineur avec un regard glacial. Je l'ai rarement vu comme ça.
« Tu ne vas pas t'en prendre à lui hein ?
- Je ne suis pas un voyou, je ne me bats pas.
- Alors pourquoi es-tu venu ? »
Il ignora tout simplement ma question et une fois le discours terminé s'avança en direction d'Ukai qui ne l'avait pas quitté des yeux non plus depuis qu'il était arrivé. Que se passe-t-il entre eux ? Est-ce qu'il serait venu pour faire la paix ? Intérieurement, je le souhaite du plus profond de mon cœur, même si j'ai un doute à cause de l'attitude de Neil.
« On se revoit dimanche Liam. D'ici là fait attention à toi.
- Merci Neil. »
Une fois en face du Coach, ils se serrent la main et commencent à parler. Ukai lève les yeux vers moi durant un court instant avant de les tourner de nouveau vers mon frère. Parlent-ils de moi ? Surement. Mais de quoi ? Intérieurement, je le souhaite du plus profond de mon cœur, même si j'ai un doute à cause de l'attitude de Neil. Ça ne me regarde pas après tout. Enfin, je crois. Je me prends alors une place au fond et je m'allonge pour tenter de m'endormir le plus rapidement possible. Je n'ai jamais bien supporté les voyages en bus alors il vaut mieux que je m'endorme le plus rapidement possible pour ne pas en sentir les effets. Étrangement malgré la fatigue, il m'est impossible de trouver le sommeil. Je me tourne vers la fenêtre. Ils sont encore là tous les deux à parler. Que peuvent-ils se dire ? Ukai n'a pas l'air très content et Neil a la même expression froide que d'habitude. Je tente maladroitement de lire sur leurs lèvres, mais je ne comprends qu'un "au revoir". Neil s'éloigne alors laissant Ukai qui ne bouge pas encore. Ce que lui a dit Neil ne lui à pas plut. J'espère seulement qu'il ne lui a pas dit des conneries ...
Je les connais tous les deux depuis presque 8ans, j'ai rencontré Neil à l'école, il était mon meilleur ami nous étions véritablement inséparable. Ukai quand à lui, il a été mon prof particulier pour le sport. Avant de l'avoir rencontré je haïssais le sport. J'étais petit, fin, j'avais la peau sur les os et je ne pétais pas vraiment la forme. En voyant mes notes en sport, mes parents m'avaient alors forcé à prendre des cours particuliers avec le jeune sportif du quartier. Le petit-fils d'un entraineur célèbre. Il s'est alors rapidement rendu compte que quelque chose clochait avec moi.
« Liam dis moi, c'est quoi tous ses bleus que tu as tout le temps ?
- Oh ça ... je suis juste maladroit.
- Et puis tu es bien trop maigre, ce n'est pas normal.
- Je ne mange pas énormément. Certains ont juste des petits estomacs de moineaux.
- Liam ... Je me demande depuis un moment déjà, mais ... Tes parents est-ce qu'il ...
- Non ! ... Non ... C'est de ma faute. Tout est de ma faute. »
Était-ce lui ou moi que j'essayais de convaincre ? Mes yeux se remplirent de larmes malgré moi et je me laissais tomber au sol. Tout était de ma faute. C'est ce qu'ils ne cessaient de me répéter, mais je ne comprenais pas, je n'avais jamais compris pourquoi. Pourquoi est-ce qu'ils ne m'aimaient pas ? Un sanglot boucha ma gorge et pendant un instant il me fut incapable de respirer sans laisser éclater ma douleur. Ça faisait mal, si mal de se retenir de fondre en larme.
« Ne t'inquiète pas ... Tu peux pleurer si tu veux, je ne dirais rien. »
Il s'était assis à côté de moi avec nonchalance, levant les yeux vers le ciel, comme si tout était normal, comme si je ne gémissais pas à ses côtés à cause des mes pleurs qui me secouaient en rythme avec mes reniflements très peu ragoûtants. Il m'avait fallut une vingtaine de minutes pour me calmer et encore 5 autres pour que mes larmes ne cessent totalement. Et il était toujours là, à mes côtés et silencieux.
« Ca va mieux ? avait-il dit en me tendant un mouchoir.
- Oui. Merci. »
Je me mouchais alors bruyamment tout en essuyant les larmes qui gisaient toujours sur mes joues.
« Tu veux venir dormir chez moi ce soir ? »
Je tournais mon visage vers lui surpris voir choqué par sa proposition. Il n'était que mon professeur particulier, mais il me proposait ça si spontanément que cela me perturba. J'hésitais un instant et je finis par faire oui de la tête avant de me recroqueviller sur moi-même. Je me remis alors à pleurer, moi qui pensais avoir vidé le stock, je continuais pourtant. Ukai sursauta en voyant ça et s'inquiéta et ne sachant pas quoi faire, il posa ma tête contre son torse pour me serrer contre lui.
« Ça n'arrivera plus. Promis. »
Mes pleurs se firent encore plus abondants à ces mots. Quelqu'un allait prendre soin de moi. C'était bien la première fois de ma vie que ça m'arrivait.
« Qu'est ce qu'il y a ? Je te fais mal ? J'ai dit un truc qui n'allait pas ? »
Sa panique pour mon état me fit sourire malgré mes larmes. J'étais heureux. Extrêmement heureux de l'entendre prononcer ses mots. Il me ramena alors chez lui et plus jamais je ne revis mes parents, plus jamais je n'eus à faire semblant d'être heureux. Parce que je l'étais réellement.
« Liam ... Liam !
- Ukai ...
- Réveille-toi abruti ! On est arrivé. »
La voix du Coach me tira de mon sommeil mouvementé et lorsque mes yeux tombèrent sur les siens, je redevins alors l'enfant que j'étais il y a 8ans. L'enfant qu'il avait sauvé. Le temps resta suspendu durant un court instant, mes yeux se fondirent dans les siens et un frisson parcouru l'intégralité de mon corps. Je levais une main vers son visage, était-il toujours là ? Pour moi ? Pour tenir cette promesse qu'il m'avait faite il y a si longtemps ? Avant que je ne puisse poser ma main sur son visage, je sentis sa main sur ma joue. Est-ce que je rêvais encore ?
« Tu as pleuré durant ton sommeil. »
À son contact je rougis tout en détournant les yeux. Il comprit lui aussi que son geste pouvait être mal interpréter et me relâcha aussitôt le visage.
« Je ... euh ...
- Allez ce n'est pas le moment de dormir, l'entrainement va commencer à peine sortit de ce bus. Les autres équipes nous attendent. »
Avec la manche de sa veste de jogging il essuya le reste de larmes qui restait sur mon visage assez brutalement et il se leva pour sortir du bus.
« Allez dépêches toi tu es le dernier. »
Après un moment, je me relevais pour prendre mon sac de voyage et suivre le reste de l'équipe. Le week end d'entrainement au Japon peut enfin commencer ! Une fois à l'intérieur, je remarquais seulement deux équipes. Nekoma et Fukurodani. Les autres avaient été éliminés durant les matchs de qualifications. La finale se ferait donc entre ces deux équipes. À mon entrée tout le monde se tourna vers moi. J'étais le petit nouveau après tout. Ils se connaissaient déjà tous. Un bâillement bruyant passa mes lèvres à peine entré. Les capitaines des deux autres équipes s'approchèrent alors.
« Alors le nouveau déjà fatigué ? Va te falloir encore de l'énergie pour survivre aux pénalités infligées aux perdants.
- Hein ?
- C'est son premier camp d'entrainement ! Il ne sait pas comment ça se passe.
- Oh mais on va t'aider à bien t'intégrer mon petit, un sourire sadique prit alors les lèvres de Kuroo. »
J'aurais alors pu prendre peur, mais je lui lançais alors un regard mauvais.
« Petit ? ... J'AI 17ANS ! Comme vous quoi ...
- 17ans ? Mais tu n'es pas en seconde ?
- Tu as 17ans Liam ? »
Même ceux de mon équipe semblèrent perturbés par cette information. C'est vrai que ce n'est pas une chose que je dis quand je rencontre quelqu'un en général.
« Tu es allé en prison c'est ça ?
- Quoi ? ... Mais non ! J'ai simplement redoublé deux ans ...
- Tu n'es pas censé être un génie ou quelque chose comme ça ?
- Oh ça va Kageyama pas besoin d'en rajouter !
- Tu devrais donc être en dernière année, comme Asahi et Daichi ...
- Ça ne se voit pas. »
Un grognement passe mes lèvres et je fais un geste très peu poli en direction de Tsukishima, celui qui vient de faire la dernière remarque.
« Allez les enfants on se calme et on se met en place pour l'entrainement. »
Je reconnais facilement l'entraineur de Nekoma, le rival d'Ukai senior.
« Keishin, ça ne serait pas le petit anglais que vous aviez recueilli ?
- Si si, c'est lui.
- Ce camp d'entrainement va s'avérer intéressant ... »
Je laissais l'eau de la douche couler sur mes cheveux. Cette journée avait été véritablement épuisante. Nous n'avions fait que perdre et je sentais déjà quelques courbatures prendre forme sur absolument chaque partie de mon corps. J'allais en baver demain. Une fois rincé je restais un instant à regarder mon corps. 12. C'est le nombre de cicatrice visible sur mon corps. Seule deux était visible lorsque j'étais encore habillé dont une sur mon visage sur ma pommette gauche. 12 Cicatrices qui résument mon passé et mes douleurs. Je m'étais promis après avoir été sauvé de cet enfer de trouver le bonheur, de partir à sa recherche et rien d'autre. D'ignorer ce qui pouvait me faire du mal et continuer à avancer quoi qu'il arrive. Je n'ai pas pu tenir cette promesse à moi-même. Et pourtant je n'en suis pas plus malheureux. J'ai souffert évidemment, mais j'ai aussi connu de bons moments qui surpassent tout ça et de loin. Je finis par couper l'eau pour me sécher et m'habiller. Mes cheveux longs me tombent légèrement sur le visage. Je ressemble vraiment à une fille comme ça, même si mon taux de séduction est bien bas avec cette expression triste sur le visage. Je soupire avant d'installer un sourire sur mes lèvres et je rejoins la chambre réservé à notre équipe.
« FILLE !
- Non c'est moi ...
- Comment est-ce que tu peux autant ressembler à une fille, Liam ?
- C'est un de mes plus précieux talents. »
Je balance alors ma tignasse sur le côté de manière théâtrale tout en humidifiant mes lèvres d'un coup de langue pour les rendre plus brillante.
« Je suis irrésistible pas vrai ? »
Je me mets soudain à rire avant d'ébouriffer mes cheveux pour ne pas les laisser sur mon visage et ainsi effacé un petit peu de ma féminité. Je finis alors par m'allonger sur mon futon en soupirant. Je suis crevé et mon corps est douloureux. Je ferais mieux de m'endormir là maintenant, mais je ne trouve pas le sommeil. Les autres discutent autour de moi et je ne fais que penser. Qu'est-ce que Neil a pu dire à Ukai ? Je me tourne et me retourne encore alors que cette question envahit mon esprit. Il n'y a qu'en lui demandant que je saurais, pourtant j'ai peur de le faire. Finalement incapable de trouver le sommeil, je me relève pour aller faire un tour dans les couloirs. Je glisse la capuche de ma veste sur ma tête pour ne pas attraper froid avec mes cheveux mouillés et j'avance jusqu'à l'extérieur. Je m'arrête pourtant à son seuil lorsqu'une voix retentit dans le noir.
« Hinata !
- Tu vas encore dire que je suis nul parce que je n'ai pas réussi grand-chose ?
- Quoi ... mais non. Je ...
- Alors qu'est ce qu'il y a ?
- LA FERME ! Laisses-moi parler ! »
Hinata et Kageyama. Un sourire prend mes lèvres alors que je l'entends soupirer. Il va finalement prendre son courage à deux mains et se lancer.
« Je ... Je ... »
Je l'entends grogner. Peut-être n'est-il pas assez courageux au final.
« Et puis merde, tu es un idiot. »
Je ne vois pas la scène et pourtant je sais ce qu'il se passe. Kageyama vient d'embrasser Hinata. Je sais que ses pommettes ont rougies et qu'Hinata est devenu entièrement rouge. Je sais aussi que le passeur aurait voulu glisser sa langue entre les lèvres du rouquin, mais que celui-ci bien trop surpris n'a même pas été capable de répondre à son baiser, alors entrouvrir les lèvres et les mâchoires ...
« Kageyama ... Qu'est ce que ... Je ... Tu ... Nous ... AAAAH !
- Calme-toi Abruti ! Je ne comprends rien !
- Tu m'as embrassé ... Mais ... Nous sommes deux ...
- Deux hommes je sais ... et alors ? »
J'imagine très bien Hinata le visage vers le sol, rouge et ne sachant pas quoi choisir entre fuir ou l'affronter. Kageyama lui aussi rougit, mais discrètement et il se lance, serrant les poings et plantant son regard dans celui d'Hinata, le forçant ainsi à relever la tête pour le regarder en face à face.
« Je t'aime Hinata. »
Il soutient le regard d'Hinata un moment avant que son courage ne disparaisse totalement.
« Enfin ... je ... euh ... Tu vois quoi ... »
Il détourne alors les yeux à son tour vers le sol. Quel couple de timide, franchement.
« ABRUTI ! »
J'entends un coup résonner. Hinata l'a surement frappé sur le haut du crâne d'un coup de main bien placé. J'aurais ris si je n'avais pas peur de briser ce moment.
« Qu'est ce que tu fous Hinata ?
- On prévient les gens avant de les embrasser abruti ! »
Kageyama a surement relevé des yeux bien rond vers le visage d'Hinata toujours aussi rouge et se dandinant sur place mal à l'aise par ce qu'il vient d'accepter. Une fois la surprise de sa réponse passée il prononcera même surement :
« Je peux ? »
Je souris. Si prévisible. Hinata dira oui d'un mouvement de la tête et ils s'embrasseraient surement comme de véritables amoureux. Hinata novice et timide laissera Kageyama le guider dans cette danse de langues si gênante et pourtant si excitante. Je soupire dans un sourire avant de retourner dans les couloirs. On dirait que j'ai bien fait mon travail. Je finis par retourner sur mon futon, bien moins torturé par toutes mes histoires. Voir un couple si adorable se former fait disparaitre tous mes problèmes. Je souris toujours allongés.
« Qu'est-ce qui te fait sourire comme ça, Liam ? me demande le libéro intrigué.
- Oh rien ... rien de spécial. »
Je dis ça, mais lorsque Kageyama passe la porte de la chambre je lui fais un large sourire tout en levant un pouce dans sa direction. Il rougit alors et claque de la langue avant de s'éloigner le plus possible de moi. Finalement cette journée n'aura pas connu que des échecs. Je ferme alors doucement les yeux et petit à petit et je finis par m'endormir.
Je ne sais pas vraiment quoi faire. Ukai à l'air triste, mais je ne sais pas quoi dire. Je n'ai jamais connu l'amour et encore moins une rupture, comment est-ce que je pourrais lui venir en aide ? Je me contente alors de l'observer, face à lui, assis sur le sol de sa chambre. Lui est encore allongé dans son lit ne me montrant que son dos. Depuis que cette fille l'a largué, il n'a pas quitté son lit. Je ne l'ai jamais beaucoup aimé, elle était bien trop stupide, mais il semblait tenir à elle, bien que je ne le comprenne pas là dessus. À cet instant j'ai 15ans et lui 24, comment pourrais-je le réconforter avec mon manque total d'expérience. Je pose alors mes yeux sur les bouteilles qui trainent au sol. Aurait-il bu toute la journée ? Soudain inquiet de son état de santé, je m'avance avant de m'asseoir sur son lit prêt de lui.
« Ukai ? ... Tout va bien ? »
Il empeste l'alcool et la cigarette. Il ne va vraiment pas bien ... Je me sens impuissant face à sa détresse. Il m'est pourtant venu en aide lorsque j'en ai eu besoin, c'est à mon tour de le faire non ? Je dépose ma main sur son avant-bras comme si ce geste pouvait l'aider en quoi que se soit.
« Si tu as besoin de quoi que se soit, dis le moi, je le ferais. »
Il ne bouge toujours pas. Je me penche alors un peu plus sur le lit pour tenter d'apercevoir son visage, savoir s'il va vraiment bien, mais au moment où je pose mon regard sur ses yeux, je vois qu'ils sont ouverts. Une seconde plus tard il m'a attrapé le bras pour m'allonger sur le lit. Il le tient alors au dessus de ma tête et se tient à genoux face à moi. Je me sens soudain mal à l'aise.
« Ukai ... qu'est-ce que ...
- Tu as bien dit quoi que se soit ? »
Incapable de prononcer un mot je remue la tête de haut en bas pour lui dire oui. J'ai soudain chaud, très chaud et je suis surement tout rouge. Des choses me viennent alors en tête, mais ça ne peut pas être ça, hein ? Ukai aime les filles après tout, sinon il ne serait pas triste parce que l'une d'elles vient de l'abandonner.
« Alors laisse-toi faire et fais tout ce que je te dis. »
Son expression est si sérieuse à cet instant que je ne sais pas vraiment quoi faire. Je veux vraiment qu'il aille mieux. Je ne veux pas qu'il soit triste. Je dois le rendre heureux comme il l'a fait pour moi. Je bouge de nouveau la tête et je le vois approcher son visage du mien. Par réflexe je ferme les yeux et je me crispe. L'odeur de la cigarette et du saké envahit mon nez et je sens alors ses lèvres contre les miennes. Est-ce qu'il m'embrasse vraiment là ? Je sens sa langue caresser ma lèvre supérieure quand soudain il s'éloigne de moi. Je me demande durant un instant si j'ai fait quelque chose de mal, mais je reste immobile, sous lui.
« Aah les puceaux faut vraiment tout leur apprendre ... »
Il glisse alors un de ses doigts entre mes dents pour me forcer à ouvrir la bouche et il se penche de nouveau, cette fois-ci sa langue se glisse dans ma bouche et se mêle à la mienne. Il retire alors son doigt pour glisser sa main dans ma nuque. C'est étrangement agréable. Je sens une douce chaleur se répandre dans mon corps et je prends soudain conscience d'une chose qui me met réellement mal à l'aise. Je suis dur ! Je mets fin au baiser. Ukai me regarde alors en se demandant très certainement pourquoi je l'ai stoppé dans son élan. Je place alors une main sur mon visage rougit et l'autre sur mon membre dressé en espérant pouvoir le faire redescendre assez rapidement.
« Je ... euh ... Désolé, ce n'est pas volontaire ...
- Calme toi, c'n'est pas grave, laisse moi faire. »
Je sens ses grandes mains agripper mon bas de pyjama, une sur chaque hanche et il le baisse alors dans un geste brusque. Mon anatomie ainsi dévoilé j'ai soudain honte véritablement honte J'attrape alors un oreiller pour me couvrir le visage. Une main se glisse alors le long de l'intérieur de ma cuisse et je frissonne face à cette sensation désagréable et en même temps si douce.
« Qu'est ce que tu fais ?
- Je ... Je suis tout ... et ... »
Il retire alors de force l'oreiller de sur mon visage pour l'envoyer sur le sol.
« Ne te cache pas, moi aussi je suis excité. »
Un sourire prend forme sur ses lèvres et je suis finalement rassuré. Il est vraiment plus heureux si je fais tout ce qu'il me dit de faire ? Est-ce que je peux lui faire oublier cette femme et ce qu'elle lui a fait ? Je peux vraiment faire en sorte qu'il redevienne comme avant si je fais tout ce qu'il me dit de faire ? Sa main caresse alors doucement ma verge et je suis incapable de retenir un gémissement. Il commence de léger vas et viens avec sa grande main et il me fixe, comme s'il pouvait lire sur mon visage le plaisir qu'il me donne avec ce geste. Et alors que je ne pensais pas pouvoir en supporter plus, je sens une chose humide se glisser sur mon gland. Est-ce qu'il ... ? Non ... J'ouvre les yeux et je le vois, il glisse mon membre entre ses lèvres et sa langue le caresse doucement. Un nouveau gémissement passe mes lèvres suivit de nombreux autres. Qu'est-ce qu'il me fait là ? J'ai l'impression qu'à tout instant je peux exploser. Je n'avais jamais ressentit ça jusqu'à maintenant.
« Tu ne devrais pas gémir comme ça ... Je vais avoir du mal à me retenir ... et je ne veux pas te faire mal. »
Je ne comprends pas vraiment ce qu'il insinue, alors je me contente d'obéir. Je sers les dents pour tenter de retenir mes gémissements, mais cela ne suffit pas alors lorsque l'un d'eux parvient à passer ma gorge, je glisse ma main dans ma bouche pour la mordre et ainsi contenir ce désir qui a besoin de s'exprimer. Mon corps se cambre face aux plaisirs et Ukai dépose sa main sur la mienne pour me faire signe d'arrêter de la mordre. Il glisse alors deux de ses doigts dans ma bouche sans que je ne puisse rien dire.
« Suces-les. »
J'obéis alors, ce n'est pas bien compliqué. C'est comme les sucettes. J'humidifie correctement les doigts jusqu'à ce qu'il les retire de ma bouche. Mon corps à alors le droit à une pause, une très courte pause, car rapidement il dépose de nouveau ses lèvres sur les miennes. Je n'oublie pas de ne pas fermer la bouche et je le laisse m'embrasser, suivant sa langue dans ce baiser humide. Et alors que je tente de me détacher de ses lèvres, je les ai sentis, ses doigts qui caressent doucement le tour de mon anus. Le cri de surprise que je pousse face à ce geste fut étouffé par le baiser d'Ukai.
« Qu'est ce que tu ... puis-je dire lorsqu'il me relâcha enfin.
- Si ça te fait mal, dis le moi. »
Il déposa une nouvelle fois ses lèvres sur les miennes. Le goût de tabac et d'alcool avait finalement imprégné ma bouche. Un doigt se glissa alors à l'intérieur de moi. Ce doigt que j'avais humidifié quelques minutes auparavant. Cette sensation étrange d'intrusion me fit gémir une nouvelle fois, gémissement qui se perdit dans notre baiser passionné. Il gigota alors en moi et même si je trouvais ça très étrange, mon corps frémit et en demandait plus. Je le sentais, mon corps voulait quelque chose, je ne savais pas vraiment quoi, mais il le voulait. Ukai redescendit de nouveau son visage au niveau de mon membre et il le glissa de nouveau dans sa bouche. Cette fellation et cette pénétration synchronisée me rendirent totalement fou. Je fus bien incapable de stopper mes gémissements qui pour moi ressemblaient bien plus à des cris qu'à de petits murmures sexy. Il glissa son deuxième doigt en moi et après à peine quelques mouvements en moi se fut bien trop.
« Je ... je ... »
Trop tard, Ukai eut à peine le temps de relever le visage qu'il se retrouva avec de ma semence sur le visage et dans les cheveux alors que je fermais les yeux dans un dernier gémissement. Mon corps entier vibra alors que je sentais ce liquide chaud se répandre sur mes cuisses et sur mon pubis. J'ouvris alors les yeux pour voir le visage de mon partenaire recouvert de mon propre fluide corporel. Son expression plus que surprise me confirma qu'il n'avait pas compris mon "Je ... je ...".
« Désolé ... je n'ai pas pu le contrôler ...
- C'est rien soupira-t-il Va bien falloir que je m'habitue maintenant. »
Il se releva alors du lit pour attraper la boite de mouchoir et s'essuyer le visage. À cet instant je pensais que tout était finit, que j'allais pouvoir me rhabiller et retourner dans ma chambre, mais il retira son tee-shirt face à moi puis se mit totalement nu. Par réflexe je détournais les yeux, mais le bruit d'un tiroir qu'on ouvre me fit le regarder de nouveau. Il était vraiment musclé, son corps me fit durcir encore un peu, malgré mon éjaculation. Il était vraiment beau. Mes yeux se posèrent une seconde sur son membre et je rougis. Elle est bien plus grosse que la mienne, voilà ce qui traversa mon esprit à cet instant. Je ne savais pas ce qu'il allait se passer, je ne savais pas ce qu'il me ferait après ça. Ukai revint alors sur le lit avec moi et me retira mon tee-shirt, me laissant totalement nu et à sa merci.
« Qu'est ce que tu vas me faire maintenant ... ?
- Je vais te faire l'amour, alors retourne-toi, ça sera plus simple. »
Obéissant une nouvelle fois, je me tournais sur le ventre et il me releva l'arrière train pour me le mettre en l'air face à lui. Il glissa alors son membre entre mes deux fesses et ce contact me réchauffa de nouveau. Je l'entendis pousser un râle, cela veut-il dire qu'il aime ça autant que moi ? Un léger sourire prend alors mes lèvres. Il attrapa alors la bouteille qu'il avait sortit de son tiroir et prit un peu du produit qu'elle contenait dans le creux de la main. Il en recouvra alors son pénis ainsi que mon entrée. C'était froid ...
« Ça devrait atténuer la douleur, mais comme c'est ta première fois, tu dois être très étroit ... Ça va faire mal ... désolé. Tu es prêt ? »
Après un court moment d'hésitation, je prononçais un oui d'une voix brisé par l'inquiétude. C'était la première fois que quelqu'un me faisait l'amour, je ne savais pas à quoi m'attendre. C'est à cet instant précis que je compris ce que ça voulait dire faire l'amour quand on est deux hommes. Et que c'était bien plus douloureux que ce que je m'étais imaginé. Je le sentis forcé l'entrée, le liquide qu'il avait utilisé facilitait les frottements, mais c'était trop gros ... bien trop gros.
« Ukai ... trop ... trop gros ...
- Décontracte-toi un peu ... ça ira mieux. »
Il se pencha alors entièrement sur moi et je pus sentir son torse contre mon dos. Il était là, tout entier au dessus de moi. J'étais rassuré par sa présence, par la chaleur que dégageait son corps contre le mien. Il attrapa un de mes tétons entre deux de ses doigts et il commença à jouer avec. Le plaisir remonta en moi jusqu'à faire disparaitre l'inquiétude que m'inspirait cette expérience. Je le sentis alors avancer, doucement en moi. Il se frayait un chemin tout en me déchirant. La douleur fut intense et des larmes coulèrent sur le matelas. Un gémissement de douleur passa mes lèvres.
« Maaal ...
- Désolé Liam ... »
Soudain je le sentis se retirer, j'en étais presque heureux, mais il s'enfonça encore et plus loin en moi. Et il continua ainsi alors que je ne faisais que pleurer et gémir. Mais peu à peu la douleur se mêla à un autre sentiment. Du plaisir. Je la sentais cette boule de plaisir gonfler dans mon corps entier. Mes gémissements de douleur se transformèrent en gémissement de plaisir et je pus entendre la respiration d'Ukai qui se faisait plus forte et plus longue, se transformant parfois en des grognements bestiaux qui ne faisaient que trembler un peu plus mon corps de désirs. Il était en moi, tout entier, je le sentais. C'est donc ça que les adultes appellent faire l'amour ? C'est agréable au final. Je m'entendais gémir, je l'entendais grogner et je sentais nos corps se crisper, plus je me cambrais et plus il s'enfonçait en moi.
« Dis ... Dis mon prénom. »
Je réussi à reprendre mon souffle entre deux gémissements.
« Kei ... Keishin ! »
Je l'avais pratiquement crié et je ne fis que le répéter à chaque fois qu'il se glissait en moi et soudain il se stoppa dans un dernier coup de reins et je me sentis soudain étrange. Il venait juste de ... À l'intérieur de moi. Il resta encore un instant en moi, il se pencha une nouvelle fois et me prit doucement dans ses bras.
« Désolé, je n'ai pas réussi à me retirer à temps.
- Ce ... c'est rien.
- Merci Liam, vraiment merci ... »
Finalement il se retira de moi pour se coucher à mes côtés, je me tournais alors vers lui, affichant un large sourire. Il allait vraiment mieux alors ? D'abord surpris, il me rendit alors mon sourire et mon coeur se gonfla. Je me glissais alors hors du lit.
« Où est-ce que tu vas ?
- Je vais me doucher ... Je ne voudrais pas ... euh ... salir ton lit ...
- Reviens ici après alors. Promis.
- Promis. »
J'avais alors prit une douche rapide, sous laquelle j'avais tenté de toucher mon anus, comme si je tentais de comprendre ce qu'il venait de se passer. Une vive douleur me fit comprendre que c'était une mauvaise idée. Je venais de coucher avec Ukai. Je venais de faire ma première fois ... avec un homme. Au départ je fus quelque peu perturbé en sachant cela puis finalement je me mis à sourire tout en rougissant. Je me séchais très rapidement avant de venir me glisser dans le lit de celui à qui je venais d'offrir ma virginité et je le senti m'attraper pour me glisser entre ses bras. Je me sentais bien là, maintenant, dans les bras nu d'Ukai, son souffle chaud caressant ma nuque humide. Je n'avais jamais rien connu de mieux.
Le lendemain lorsqu'il m'expliqua qu'en réalité il n'était pas triste parce qu'il s'était fait plaqué par sa copine, mais parce qu'il s'était découvert gay lorsqu'il s'était rendu compte qu'en faisant l'amour à celle-ci, il ne faisait que penser à son meilleur ami. Et lorsqu'il avait voulu montrer ces sentiments à celui-ci en l'embrassant, il l'avait tout simplement rejeté. Même en sachant que je n'étais pas réellement celui qu'il voulait, je n'en étais pas moins heureux. Il avait retrouvé le sourire et à cet instant c'était tout ce qui comptait pour moi. J'étais bien naïf à cette époque.
Et voilà mon chapitre 4 !
J'espère qu'il vous plaira ;)
Il y a pas mal de flash back
pour en apprendre un peu plus
sur le passé qui lie Liam et Ukai !
Bonne lecture.
Nyxiel
