Chapitre 2
'T'as mangé trop de choux ? Allez raconte !'
Paragraphe 1
Les chasseurs ne pleurent pas, c'est de l'humidité
Les winchester mère et fils rendirent tant bien que mal le sourire radieux à Jo, tous trois se tenant maintenant dans l'encadrement de la porte du salon. Entre temps, Ellen s'était levé et avait rejoint sa fille, Ash et Pam, debout aussi, restant dans le salon, ne sachant que faire.
En d'autres temps, autres lieux, la touche du Dean avec son manteau 'doudoune-aubergine', (la silhouette), et ses deux valises les aurait fait tous rire, (et pour cause). C'était le 'et pour cause' qui coinçait le processus du rire, présentement.
Dans le salon, c'était plutôt, tête confite d'ados attendant leur tour devant la porte de la dirlo Mary. Fallait être 'aware', mais pas à la 'Jean-claude', Mary pouvant foutre la branlée aux 'Van Damme' qu'il ne fallait pas être en ce moment. Les deux mères se faisaient face, un mètre les séparant. 'le no-woman's land' à ne pas franchir. D'un côté, une mère avec sa fille morte qui n'aurait jamais d'enfants et de l'autre, une mère avec son 'fils/mère'. Ellen posant sa main sur le ventre de Dean,
-« Alors, c'est une fille et un garçon ! Ils ont déjà un prénom ?
Dean regardant sa mère du coin de l'oeil,
- « Mary-Jo pour la fille », à ses mots les trois femmes commencèrent à pleurer, enfin, les pleurs étaient déjà là, chez Jo, et le masque de Mary craqua, et se fut une vague 'd'eau salée' qui les saisirent,
- « et John-Gabriel pour le garçon. » dit Dean
Ash, toujours dans le salon, saisissant l'allusion faite à l'archange, lançât à Dean un
- « Eh, on dirait que tes relations se sont améliorées avec le troupeau d'plumes ».
Se rendant immédiatement compte des sous entendus que cette phrase pouvait évoquer, en se mordant la lèvre, sorti dans un juron
- « Moi, et ma grande gueule, désolé Dean », puis un «Salut mon pote !», et il s'avançât pour une accolade, osant ainsi briser la glace entre eux, de retrouvailles... euh, intéressantes ? Définitivement pas ordinaires, et on était au paradis !
Pam suivant le mouvement s'approchant de Dean lui dit.
- « Si j'avais été encore sur terre, même si j'avais 'vu', j'y aurai pas cru », mais là, eh mec, c'est l'paradis, »
Et avec cette dernière apostrophe, à double de sens, (nouvelle, et lieu), Jo, Ellen Ash Mary et Dean s'étreignirent dans une accolade collective mouillée. Non, Ash ne pleurait pas, si il avait les yeux humides, c'était du aux femmes qui faisait de 'l'humidité', les chasseurs, ça pleure pas. (Dean avait tiqué à l'évocation du 'si j'avais vu' de Pam, cela lui rappelant 'l'incident', mais Pam avait pardonné, il l'avait senti).
Paragraphe 2
Vous n'avez pas demandé les renseignements, alors camembert, et écoute John !
(Le corbeau et le renard, ''Paradis' Remix')
Dans le jardin, John, avait tous les stigmates de l'homme et surtout du père blessé dans son honneur, les épaules voutées, entre deux lampées, assis sur le banc deux places qu'ils affectionnaient avec Mary pour regarder les couchers de soleils, (un des avantages du paradis), il restait dans la rage, l'incompréhension, maugréant et sortant des invectives dans une voie sourde, il 'sortait' son aversion à cette 'nouvelle', comment appeler ça une nouvelle, c'est aberration, cette monstruosité, pire que le sang de démon en Sam, Dean portait des ABOMINATIONS, SA PROPRE ABOMINATION, sa déchéance en tant que fils, homme de la famille Winchester, et digne héritier de son père, il n'était plus qu'aux yeux de John, que 'cette chose immonde'.
- et dire que l'on peut même pas arriver à être bourré comme un trou dans ce BIP...BIP de paradis de mes BIP….. à plumes !
s'écriât-il, redressant son torse pour boire encore une goulée de cette bouteille, pratiquement vide maintenant. ('L'alcool' au paradis, sur les âmes est infiniment moins efficace, donc moins 'anesthésiant' pour 'oublier les soucis' que pour les humains sur terre.)
Perdu dans son énumération de qualificatifs pour le paradis et ses 'propriétaires', soudain, il entendit une voie au ton faussement neutre puis menaçant derrière lui
- « Mais si les conditions du bail ne plaisent pas à MONSIEUR, je peux lui offrir une 'délocalisation', un charmant coin à la cave au 'local chaudière' ».
À ses mots, John se retourna et vit ? Euh ! Euh, une apparition, une vraie. C'était la caricature que l'on pourrait se faire du vendeur de voitures d'occas à watts Los Angeles, (ben tiens !), qui venait de réussir une vente et s'offrait une pause, (cette chemise hawaïenne !), que patron concessionnaire de voitures de luxe à Bel-Air, en pleine session de travail avec ses collaborateurs.
Accompagnant cette apparition 'angélique, version 'cheap L.A.', une odeur de 'Maï taï' parfumant l'air maintenant, finissait de compléter le tableau. Allez savoir pourquoi, est-ce ? Le verre a cocktail ouvragé, façon ' baroque ibérique', l'ombrelle en papier, la 'touillette' finissant avec un surfeur sur sa planche, ou l'ensemble, bonhomme compris, qui 'irrita' John. Bref, La 'venue' d'un bip.. .. .. bip de bip était bien la dernière chose que John Winchester, le père détruit qui venait de renier son 'truc de fils', se faisant …. par un emplumé, désirait. Ce banc, c'était pas la grotte de l'ours blessé léchant ses plaies avec le whisky pour 'désinfecter ', (comme dans 'Les hommes viennent de mars et les femmes de Venus'), c'était le lit de douleur d'un brulé 3ième degré à Fort Knox, sans morphine. Fallait pas le faire chier le John, en plus, là, c'était son territoire, chez lui.
- « Casse-toi, tas de merde à plumes, ou j'te fous une broche dans l'cul et j'te fais rôtir comme une volaille ! ».
- « Avec ou sans les plumes, pour la cuisson ? » répondit Gabriel amusé, car il s'agissait de notre Gabi, (il avait 'cohabité' avec Tito, après avoir 'laissé' Dean), et n'avait pas raté un instant de l'accueil de Dean, par 'ce père'.
Cette pensée amenant un sourire à Gabriel, car il venait de penser à son propre Père, et tous les coups pendables qu'il avait pu faire au cours des millénaires, et l'amour infini de Dieu.
'CE' sourire 'angélique'+ la chemise hawaïenne + 'le verre' = John en mode attaque lâchant sa bouteille, bondissant sur Gabriel et 'expulsant' de toutes ses forces, sa rage, sa douleur, par un coup de poing magistral en plein visage de cet intrus. Le poing de John s'écrasa sur cette face humaine, et un cri de douleur se fit entendre. (Si son enveloppe charnelle ne pétait pas de mine face à John, il était l'archange Gabriel, donc ne bougeât pas d'un millimètre.)
C'était John qui avait bobo à la mimine, l'équivalent sur terre, d'une bonne fracture multiple des tarses et du poignet. Au paradis, aucuns dommages corporels, 'juste' la douleur qui s'estompait déjà.
Reculant, d'un pas, John vit l'autre continuer à sourire, puis, il ressenti, une présence, il pensât qu'un nouvel 'invité' allé paraître, mais une lumière commençant à irradier de l'individu, faisait apparaître des ailes, la voie de Gabriel s'éleva.
- « Je suis l'Archange Gabriel, seconde création de Dieu le Père, insignifiante chose»,
(histoire de rappeler à John, que… ils étaient 'les proprios' et qu'il pourrait se retrouver en bail précaire fissa, avec expulsion à la clef, à la fin de la trêve de l'hiver quant il aurait rendu les siennes, (de clefs).
Gabi était colère, ce grand con avait fait du mal à Dean, parce que, gna gna gna, mon fils … ange/homme ou homme/ange, gnagna gna bébés. Faire ça à Dean, à ce fils exemplaire, si il savait le quart des souffrances physiques, morales, émotionnelles, psychologiques, métaphysiques, qu'il avait subi ses dernières années, l'abnégation, la foi de son fils, car Dean avait la foi assurément, même si, celui-ci par bravade, continuait d'invectiver Dieu, et ses serviteurs.
Gabriel, repliant ses ailes, en effet, même au paradis un archange qui déploie ses ailes, cela peut faire un peu de vent, surtout si il y a de l'irritabilité dans l'air, s'adressant, maintenant, si ce n'est à un John calmé, du moins à un John en état plus ou moins d'écouter, (entendre, il y avait encore du boulot, même pour un archange). Donc Gabi, se maintint sur la ligne 'dure'.
- « Insignifiante chose, comment oses-tu ? » Et dans un geste rapide posa son index sur le front de John qui resta tétanisé.
-« Ressent en ton corps et âme, ce qu'a du affronter ton fils, sur terre, depuis ton arrivée au paradis ». (Bien sur, les passages cochons étant censurés).
Paragraphe 3
Amours, 'coquilles' de 'l'âge', et Ligustrum japonicum.
(Ligustrum est un genre de plantes, communément appelé troène, de la famille des Oleaceae. Le troène, sempervirent et supportant bien les tailles répétées, est souvent utilisé pour faire des haies).
Dans la tête de John et surtout son corps, il ressentit, la solitude, la douleur, la honte, la joie, la fatigue, la lassitude, le plaisir, et à nouveau le sentiment de profonde solitude de Dean, que John avait 'ignoré' tant d'années, puis ….une, des douleurs atroces, déchirant, lacérant chaque parcelles de chair de son 'corps' son 'squelette' brisé façon puzzle, et cette sensation qu'il reconnaissait, celle de la mort imminente, un silence des sens, puis une 'résurrection ' douloureuse plus douloureuse que la sienne.
Un sentiment de paix, de plénitude. Et puis, et puis un amour infini, l'amour de Dean pour Castiel, celui pour qui, il avait accepté (pas évident), puis, espéré aimer. Enfin aimer et être aimé. L'amour de son fils pour Castiel faisait mal à John par sa pureté et sa force. Castiel était dorénavant pour Dean, celui qui était sa vie, son combat, son tout, maintenant et pour l'éternité.
John émergeant de ce clip 'émotionnel' en accéléré, finissant sur ce sentiment d'amour hors temps, dimension, espace, eu pour effet de déstabiliser John dans certains de ses sentiments envers son fils. Mais une psyché de macho a de la ressource, donc John déclara sur un ton de défi
–« La fin guimauve, c'est pour m'faire pleurer ? Raté ! ».
Gabriel, toujours tout sourire angélique, fit la version dents blanches ... carnassières et propulsa plus que téléporta, le John à l'autre bout du jardin en un geste de la main, afin que les convives et surtout Mary qui était venue dans la cuisine faire un jus de fruit à son fils, ne les voit pas. (Dean avait amené des provisions pour lui, pour trois jours, il était vivant après tout !)
Dans le salon, Dean, qui maintenant assit dans le canapé, Ellen à sa gauche, la place actuellement vide de sa mère à sa droite, 'conversait', enfin la 'conversation' des convives était plus des silences, et autres regards en coin qu'autre chose, Pam et Ash, chacun dans un des fauteuils en face et Jo sur une chaise, (tiens ! un ange passe, enfin, plus, des troupeaux d'anges qui passent, on est au paradis y'a pas pénurie).
Ils avaient aussi ressenti la présence de l'archange, quant celui-ci avait fait un 'écarté plié' dans le jardin. Dean arrivait enfin à se détendre, les jumeaux n'en étant que plus détendus eux-mêmes, lui amenant enfin un peu de repos intestinal. Jo profita de la place vide, et s'installant à côté de Dean lui dit
- « Alors ! Raconte ! J'veux tout savoir ! » Et pour détendre un peu l'atmosphère, (mais l'humour ce soir, il fallait faire gaffe), elle rajouta en se rapprochant de l'oreille de Dean avec une voie de conspiratrice, avec un ton coquin
-« les épisodes cochons, rien que pour moi ! », avec un clin d'œil complice, ce qui fit sourire Dean.
Ash en profita pour lâcher, un
- « Eh ben, si on n'avait dit,.. . Dean Winchester », (il su instantanément avant même qu'Ellen le fusille du regard qu'il était en terrain miné pour finir sa phrase)
- « qu'tu serais Père de famille un jour !», (en insistant sur 'Père'),
- « si j'm'attendais, à ça », -« Ça, c'est du cadeau de Noël ! Pas mieux, mec ! »
Et il tendit le bras en sa direction, pour un 'tape en cinq mon pote', fraternel. Cela réchauffait le cœur de Dean de voir ses amis tenter 'd'accepter', comprendre, cette situation, sa situation, mais évidemment Rome ne s'étant pas fait en un jour, et en ce qui concernait son père, ils étaient au paradis où le temps est infini.
- « Dans tes rêves ? » interrogeât Pam, qui avait remarqué une 'ombre ' sur le visage de Dean,
- « J'pensais à …, Mais dit moi toi, alors ! Pas lasse de tes concerts non-stop ? Les oreilles ça va ? », Pam, un peu vexée, du tac au tac
- « Pourquoi ? C'n'est pas, parce que sur terre j'suis devenue aveugle, que j'vais finir sourde comme un pot ici? Hein ? Comment ? »
Mimant avec sa main celle qui n'entend pas. Ce qu'elle avait 'entendu' par contre, c'était encore sa bourde, c'était en voulant communiquer avec Castiel qu'elle était devenue aveugle, et Dean était seul, sans lui, et cela semblait être un sujet à aborder avec tout le tact nécessaire. Celui des chasseurs suffirait-il ? Si on considérait la réaction de John, pas vraiment, mais c'était la réaction surtout du père. Un père 'sur les roses', ici présentement, la tronche dans le massif de troènes.
