L'automne.

Puis est venu l'automne, donc. Je n'arrive plus vraiment à me rappeler si ça a commencé à son mariage, au départ d'Andromeda ou à ma Répartition. Ça a duré toute mon adolescence, et même après. Il lui restait encore quelque chose de joyeux, mais constamment assombri par de lourds nuages, et parfois elle éclatait. On se disputait souvent, et elle criait beaucoup. Pendant les vacances, je l'ai trouvé en train de pleurer une fois. J'en suis resté bouleversé. Bella, pleurer ? Ma Bella ? Elle était si forte. De temps en temps elle piquait des crises mémorables. Puis je suis parti chez James, je n'ai plus eu trop de nouvelles. Chaque Noël, je revenais, mon père n'arrivait pas à se pardonner de m'avoir jeté dehors et c'était le seul compromis qu'il avait pu trouver avec ma mère (Trop aimable !). Je passais donc les fêtes avec eux, ma tante Druella et son mari (jusqu'à sa mort peu après mes dix-sept ans : bon débarras.) et je retrouvais donc mes cousines (sauf Andromeda, ses parents n'avaient pas la générosité grandiose de mon père). J'aurais bien évité Lucius, mais bon. Au moins, je n'avais pas à me coltiner Lestrange, qui avait décrété ces soirées débiles et n'y venait jamais. J'étais plutôt de son avis, mais j'aimais bien voir Cissy et Bella. Un soir, pendant ma vingtième année sur cette Terre, où j'avais veillé tard, bien après que tout le monde soit allé se coucher, je descendis à la cuisine dans le but de partir via la Poudre de Cheminette. La soirée avait été particulièrement fatigante (Ne comptez pas sur des Black pour l'ambiance) et dès que j'ai placé le nom d'Andromeda pour avoir de ses nouvelles, le silence a été complet. J'ouvrais la porte sans bruit. Bella était assise sur une chaise et pleurait, la tête dans ses mains. Je lui ai demandé pourquoi, mais elle a secoué la tête et m'a tourné le dos. Je me suis placée devant elle, lui ai pris les mains. J'avais senti mon cœur battre plus vite que d'habitude, et elle m'avait regardé bizarrement à travers ses larmes. Je savais qu'elle était malheureuse, et je n'y ai pas réfléchis deux fois. C'est sans doute pour cette unique raison que ma cousine ne m'a pas avada sur le champ. Je l'avais prise dans mes bras, poussé par une impulsion. Elle a aussitôt cessé de pleurer. Elle m'a regardé avec hésitation, m'a repoussé, m'a balancé un vague « - Tire-toi, Sirius. Tu ne peux rien pour moi. » et est partie sans un mot de plus. Je suis aussitôt rentré chez moi, l'appartement voisin de celui de James et Lily. J'étais troublé. Je me rappelais ce que je pensais enfant, que Bella était merveilleuse et que j'aimerai trouver quelqu'un comme elle un jour. J'avais peur de trouver ça encore vrai aujourd'hui. Et que la seule personne qui puisse être comme elle, ce soit elle-même.