Bonjour,
Voici le 4ème chapitre. Dean et Castiel finalisent leur accord et se lancent leur premier défi.
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A jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Knocking on heaven's door de Guns and roses
Chapitre 4 : Contrat et premier défi
« Ose rêver. Ose essayer. Ose te tromper. Ose avoir du succès. Vas-y. Je te lance un défi »
Kingsley Ward
Dean avait pris le temps de rédiger le contrat avec soin. Il savait que son initiative avait surpris Castiel mais il avait besoin de rendre les choses un peu plus concrètes. Il n'avait pas pour habitude de planifier quoi que ce soit dans sa vie. Il prenait les choses au jour le jour sans se poser de questions. Mais cette fois, il n'était plus le seul concerné. Il devait prendre en considération le fait qu'il avait volontairement lié son destin pour une année entière à un garçon qu'il connaissait à peine. Et cela lui semblait un peu surréaliste. Un peu trop irréel. Il avait donc pris le temps de tout mettre sur papier. Il avait même vérifié à plusieurs reprises qu'il n'avait pas fait de fautes d'orthographe. Il avait ensuite apposé sa signature en bas du document et rangé le tout dans une chemise pour le donner ensuite à Castiel.
Le soir de son entrevue avec son compagnon, il avait rejoint Jesse pour une réunion du groupe de soutien. Comme à son habitude, il n'avait pas pris la parole et s'était contenté d'écouter les autres parler. Il savait que Jesse avait envie de le voir participer plus activement mais c'était au dessus de ses forces. Il allait devoir se contenter de sa présence. C'était déjà beaucoup pour lui. Il avait souvent l'impression de perdre son temps dans ces réunions. Il ne buvait plus et n'en ressentait plus le besoin. Il ne comptait pas arrêter la drogue. Il n'avait rien de plus à tirer de ces gens qui luttaient encore contre leurs addictions.
Jesse lui avait maintes fois répété qu'on ne faisait pas disparaître l'envie éternellement. Qu'on ne guérissait jamais quand on avait été aussi dépendant. Dean le laissait dire toutes ces choses sans réellement le croire. Il n'avait plus touché une goutte d'alcool depuis un an maintenant. Il arrivait à rester en présence de gens qui buvaient. Il pouvait se rendre dans un bar sans être tenté. Il avait vaincu sa dépendance, que Jesse veuille le croire ou non. Peut être l'avait il simplement remplacée par une autre. Peut être la drogue et le tabac avaient ils pris la place de l'alcool dans son système. Il n'aurait pas su le dire mais il s'estimait guéri sur au moins un point.
Il continuait toutefois de venir pour ne pas inquiéter Jesse. Il aimait beaucoup son sponsor. Il voulait le rendre fier. Il voulait rester son ami. Il faisait donc ce qu'il lui demandait. Et il le faisait sans se plaindre. Peu importait que des heures entières de sa vie soient consacrées à quelque chose qu'il jugeait inutile. De toute façon, il avait déjà la sensation permanente que le temps lui filait entre les doigts sans qu'il en profite réellement. Un peu plus ou un peu moins, ça ne changeait finalement pas grand chose.
Après la réunion, Dean et Jesse mangèrent ensemble dans un fast food non loin de l'appartement du jeune tatoueur. Ils ne parlèrent pas de Castiel. Ils ne parlèrent pas non plus de leur dispute. Ils discutèrent simplement du travail de Dean, du futur tatouage de Jesse et de la cliente exécrable dont le jeune homme s'était occupée et qui avait pleuré quand il lui avait percé les deux tétons. Ils rirent de la stupidité des gens puis se séparèrent une fois leur repas terminé.
Dean s'endormit dès qu'il fut dans son lit. Il ne rouvrit les yeux que lorsque son réveil se mit à sonner. Le contrat dans sa poche, il rejoignit le salon. Il avait plusieurs rendez vous mais serait libre aux environs de quatre heures. Il avait prévu de rentrer chez lui prendre une douche et se changer avant de rejoindre Castiel.
Il n'était pas nerveux à l'idée de passer enfin à l'action. Il avait hâte de voir ce que cela allait donner. Il n'avait aucune idée de ce que son compagnon allait exiger de lui. Il espérait que ce serait quelque chose de complètement dingue. Comme de sauter en parachute. De se baigner nu dans une piscine privée. Ou d'entrer dans une fête guindée juste pour mettre un peu d'ambiance. Il avait envie de se lâcher complètement. Envie de prendre des risques. Il avait envie de se sentir vivant. Et pour une fois, il voulait le faire sans avoir recours à de la drogue.
Dean passa la journée à penser à ce qui l'attendait le soir même. Il ne parla pas avec ses clients. Mais puisqu'il ne discutait jamais réellement avec qui que ce soit, personne ne semble surpris. Benny vérifia son tatouage juste avant qu'il ne parte et sembla satisfait de la cicatrisation et du rendu. Dean avait envie de lui dire qu'il était inutile qu'il le fasse. Son corps avait l'habitude maintenant et il cicatrisait toujours parfaitement bien. Il le garda toutefois pour lui. Il n'avait pas envie d'entendre son patron lui faire une leçon de morale sur la nécessité des soins post tatouage. Dean ne les suivait jamais vraiment à la lettre. Mais Benny n'avait pas besoin de le savoir.
Une fois rentré chez lui, le jeune homme fila sous la douche. Il enfila ensuite des vêtements propres – jean, tee shirt et veste à capuche – avant de compléter son look par un bonnet qu'il enfonça sur sa tête pour se protéger du froid. Il attrapa ensuite ses clefs et son porte feuille et quitta son appartement.
Il ne prit pas sa voiture pour la courte distance qu'il avait à faire. Il aimait plus que tout au monde se retrouver derrière le volant et sentir les vibrations du moteur sous ses fesses. Mais comme toutes les voitures anciennes, l'Impala consommait une quantité excessive de carburant et Dean ne roulait pas forcément sur l'or. Il préférait donc marcher.
Il avait envoyé à un message à Castiel dans la matinée pour lui donner un lieu de rendez vous. Il avait finalement opté pour Central Park. Ils iraient peut être manger un morceau ensemble après. Mais pour le moment, le jeune homme n'avait pas envie de se retrouver enfermé entre quatre murs. Il voulait sentir le vent sur son visage. Il voulait pouvoir lever les yeux et voir le ciel s'obscurcir peu à peu. Il aimait nettement plus être à l'extérieur qu'enfermé. Il avait grandi à la campagne et avait pris goût aux grands espaces. Il était devenu plus ou moins claustrophobe en vivant à New York. Central Park était le seul endroit en ville où il se sentait vraiment libre. Où il se sentait un peu comme chez lui.
Dean rejoignit le parc rapidement et sans réellement prêter attention à la foule des gens qu'il croisait. Il se demandait encore parfois pourquoi il avait choisi de vivre dans la ville la plus peuplée des États Unis. Il avait vécu dans une ville peuplée de seulement quatre vingt dix mille personnes jusqu'à très récemment. Cela lui semblait déjà beaucoup trop. Mais à présent, il était un parmi huit millions d'inconnus. Son choix avait surpris tout le monde. Sam principalement. Quand Dean avait quitté Lawrence, il était monté dans sa voiture sans savoir où il allait se rendre. Il avait roulé sans but en direction de l'Est. Il avait fini par arriver à New York. Il n'avait pas l'intention d'y rester plus que quelques jours. Mais il avait trouvé le salon de Benny. Il avait obtenu le travail puis un appartement. Et il n'était plus jamais reparti. Il n'aimait pas vraiment la ville. Il ne lui trouvait rien d'exceptionnelle. La vie ici allait trop vite. Les gens étaient trop nombreux. Mais c'était devenu chez lui. Il ne pouvait blâmer personne pour son choix.
Dean assumait toujours ses responsabilités. Il avait commis énormément d'erreurs par le passé mais il n'avait jamais cherché à en fuir les conséquences. Il avait appris très jeune qu'elles finissaient toujours par le rattraper. Et le plus souvent, elles étaient pires encore quand on avait tenté de les ignorer. Il était préférable de les affronter tout de suite.
Il savait que tout ce qu'il vivait aujourd'hui – l'ennui, le néant au fond de lui, la déprime et la sensation de ne pas avoir le contrôle sur sa vie – était de sa faute. Parce qu'il avait à un moment ou à un autre pris une mauvaise décision, emprunter le mauvais chemin ou fait quelque chose de mal. Il ne cherchait pas à fuir qui il était et ce qu'il faisait. Il ne voulait pas que cela change. Il préférait de loin avoir parfaitement conscience de ses fautes et de ses défauts que d'être une des ces personnes qui se plaignaient continuellement. Qui pensaient être parfaites. Qui pensaient que tout leur était du. Que rien n'était jamais de leur faute.
Le parc était relativement désert à cette heure. Quelques personnes faisaient leur footing sans prêter attention à lui. Il n'avait jamais très accroc au sport. Il avait un métabolisme qui lui permettait de manger presque tout ce qu'il voulait sans jamais réellement prendre de poids. Il n'était pas particulièrement musclé. Il était même plutôt très mince. Mais cela lui allait parfaitement. Il savait que c'était en grande partie du à la drogue qui lui coupait parfois l'appétit. Toutefois, puisqu'il n'envisageait pas de changer quoi que ce soit sur ce plan là, il ne pouvait rien faire contre.
Il avait donné à Castiel comme point de rendez vous un banc bien précis, situé non loin de la statue de ce chien qui – Dean n'en était plus vraiment sûr – avait sauvé des gens en les transportant d'un point A à un point B quelque part en Alaska. Le jeune homme aimait la statue. Il aimait l'idée qu'elle ait été érigée en l'honneur d'un animal plutôt que d'un humain. Et il aimait les trois mots inscrits en dessous. Endurance. Fidélité. Intelligence. Dean n'aimait pas forcément les gens. Et il n'aimait pas non plus beaucoup les animaux. Mais il leur reconnaissait au moins un côté altruiste que bien peu d'humains possédaient. Ils se sacrifiaient pour leurs maîtres sans songer une seule seconde à leur propre bien être. Et si Dean trouvait cela un peu stupide, il pensait également que c'était admirable.
Le jeune homme remonta lentement les allées du parc sans faire attention aux gens qu'il croisait. Il savait que certains le regardaient avec insistance. Ils pouvaient voir les tatouages dans son cou et sur ses mains. Ils devaient imaginer le pire en le voyant. Ils devaient penser à rebrousser chemin. Dean se fichait de ce qu'on pouvait penser de lui. Il ne cherchait pas à se faire accepter.
Castiel était là où le jeune homme lui avait donné rendez vous. Il était habillé plus chaudement que lui et avait opté pour un gros blouson d'hiver dont le col le couvrait jusqu'au nez. Dean, quant à lui, ne ressentait pas vraiment le froid. Il n'y avait jamais été réellement sensible.
Son compagnon leva la tête quand il approcha, presque comme s'il pouvait le sentir venir. Dean lui adressa un petit signe de la main avant de prendre place à côté de lui sur le banc. Castiel portait des gants et une écharpe en plus de son manteau et il semblait pourtant totalement frigorifié. Pendant une seconde, Dean hésita à lui proposer d'aller boire un café. Puis il se rappela qu'il n'était pas quelqu'un qui se souciait des autres, qu'il était égoïste et il y renonça. Après tout, il avait envie de rester dans ce parc et il ne laisserait pas Castiel le convaincre du contraire.
- Tout va comme tu veux ? Demanda t-il toutefois même s'il était évident que ce n'était pas le cas.
Son compagnon haussa les épaules avant de tourner le visage vers lui et de le dévisager longuement.
- Comment peux tu ne pas avoir froid ?
- Je n'ai jamais froid, répliqua Dean en guise d'explication.
Il soupira ensuite puis sortit son dossier de sa poche et le tendit à Castiel. Ce dernier dut retirer ses gants pour pouvoir l'ouvrir et Dean vit alors les nombreux pansements qui recouvraient ses doigts. De toute évidence, son chat était passé à l'attaque à nouveau. Dean ne comprenait pas pourquoi il ne l'avait pas déjà abandonné dans le refuge le plus proche. Ou empoisonné avec de la mort aux rats. Cet animal semblait réellement possédé par un démon.
- Tout ça est très … officiel, commenta finalement Castiel en observant le papier qu'il serrait entre ses doigts.
Dean avait effectivement fait les choses biens. Peu importait que ce document n'ait aucune valeur légale. Il avait une valeur morale et psychologique importante. Il signifiait leur engagement et leur détermination.
- Je suppose que tu veux que je signe, avança Castiel en regardant Dean à nouveau.
- Tu peux le montrer à un avocat avant si tu préfères, plaisanta t-il aussitôt.
Castiel ne répondit rien et sortit un stylo de la poche intérieure de son blouson. Il signa les deux exemplaires sans attendre puis en rendit un à Dean. Une fois les papiers rangés, le jeune homme étendit ses jambes devant lui et étira ses bras au dessus de sa tête. Il aimait particulièrement l'hiver. Il aimait que les jours soient plus courts. Il aimait qu'il fasse nuit tôt. Et il aimait vraiment le fait que le froid pousse les gens à ne pas traîner dans les rues. Mis à part quelques touristes, il n'y avait personne d'autre dehors passé une certaine heure. Plus encore quand la neige commençait à tomber. Dean adorait la neige.
- Bien alors … qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Demanda Castiel après un long silence.
Dean savait que son compagnon comptait sur lui pour prendre les devants. Pour mettre les choses en route. Castiel n'était pas un leader. Il n'en avait jamais été un. C'était évident dans sa façon de se comporter. Il faisait parti de la catégorie des suiveurs. Et si Dean n'était pas du genre à porter des jugements, il trouvait tout de même cela extrêmement stupide.
- Et bien maintenant, on passe aux choses sérieuses. On se lance un premier défi. Et on commence ce soir.
Dean savait que demander à Castiel de patienter encore quelques jours le ferait probablement douter quant à sa décision de suivre Dean dans cette folie. Il était préférable de se mettre en action immédiatement.
- Je n'ai pas vraiment réfléchi à ce que je pourrais te demander … j'étais trop angoissé à l'idée de savoir enfin ce que tu comptais me faire faire. Mais si tu me laisses une seconde, je suis sûr que je peux trouver quelque chose.
Dean hocha alors la tête mais ne dit rien. Il allait laisser à Castiel le temps de trouver une idée. Il n'était pas pressé. Il savait ce qu'il allait demander à son compagnon. Et il était presque qu'il allait devoir le convaincre d'accepter. Il avait pensé à lui proposer quelque chose de facile pour commencer. Mais il avait ensuite réalisé qu'il n'avait aucune raison de se montrer délicat avec lui. Ils n'étaient pas amis. Juste deux personnes cherchant à repousser l'inévitable. A se servir de l'autre pour aller un peu mieux. Dean ne faisait pas ça pour Castiel mais principalement pour lui même.
A côté de lui, Castiel avait remis ses gants et croisé ses bras sur son torse pour se réchauffer. Dean était amusé par son attitude. Il y avait quelque chose d'enfantin chez Castiel à cet instant précis. Quelque chose de foncièrement adorable. Et ce n'était pas quelque chose que le jeune homme pensait souvent quand il regardait un homme adulte. Il fut même surpris que l'idée lui traverse l'esprit. Il détourna le regard pour s'en débarrasser et observa à la place l'allée en face de lui.
- OK, c'est plus difficile que ce que je pensais … je crois que mon cerveau a gelé à cause du froid et je n'arrive pas à réfléchir, déclara finalement Castiel.
Dean soupira longuement. Il avait su que ce ne serait pas facile pour son compagnon de trouver des idées. Il n'avait jamais rien fait d'un tant soit peu aventureux. Il ne faisait rien qui sortait de la norme. Il n'avait donc aucune idée de ce qui pourrait sembler dingue au jeune homme.
- Dis moi la première chose qui te passe par la tête, l'encouragea t-il.
Castiel remonta son écharpe jusqu'à son nez et enfonça sa tête dans ses épaules. Il faisait froid mais pas à ce point là. Dean était presque sûr qu'il exagérait.
- Et bien à cet instant précis, la seule chose qui me passe par l'esprit c'est qu'il fait trop froid pour être dehors. Et qu'il est ironique pour moi d'être assis devant la statue d'un chien ayant accompli des miracles alors que mon chat a très certainement tenté de me tuer cette après midi. Et je t'avoue que je suis surpris par ton choix de lieu de rendez vous. Tu aimes les chiens ?
Dean secoua la tête aussitôt avant de remonter ses jambes sur le banc et de les entourer de ses bras.
- Non je n'aime pas les animaux. Je ne leur veux pas de mal … mais je les trouve bruyants et encombrants et … ils salissent tout. Comme les enfants.
Castiel grimaça en entendant la comparaison. Il sembla réfléchir ensuite durant de longues secondes avant qu'un large sourire ne vienne étirer ses lèvres. Dean fronça les sourcils, surpris par son brusque changement d'attitude.
- Je viens d'avoir une idée brillante, lança t-il visiblement fier de lui.
Dean avait une vague idée de ce dont il s'agissait et il regrettait à présent d'avoir évoqué son aversion pour les animaux de compagnie. Il ne dirait toutefois pas non. Ils avaient été clairs sur ce point. Ils n'avaient pas le droit à un joker.
- Tu vas adopter un chien ! Peut être pas définitivement mais tu vas aller en chercher un dans un refuge et le ramener chez toi. Tu seras famille d'accueil pendant plusieurs semaines. Et tu feras les choses bien.
Dean ferma les yeux une seconde. Il l'avait vu venir. Il n'était donc pas réellement surpris par ce qu'il entendait. Mais il l'était par le ton enthousiaste de son compagnon. Castiel semblait totalement ravi de son idée. Dean devait reconnaître qu'il avait mis dans le mille. Adopter un animal était quelque chose qu'il n'avait effectivement jamais envisagé. C'était plus le truc de Sam. Mais puisqu'il n'avait pas d'autre choix, il hocha longuement la tête.
- Je vais le faire … rapidement sans faute. Mais je préfère te prévenir tout de suite. Tu fais courir un risque à cet animal. Je veux dire … il se peut parfaitement que j'oublie de le nourrir ou de lui donner de l'eau. Et sa mort sera sur ta conscience !
Castiel secoua la tête, amusé. Il ne semblait pas inquiet. Dean n'avait pas l'intention de prendre cette nouvelle responsabilité à la légère. Pas parce qu'il en avait quoi que ce soit à faire de son futur animal – car ce n'était pas le cas, non, non, non, pas du tout – mais parce qu'il ne voulait pas manquer à sa promesse. Il ressentait toutefois le besoin de signifier à Castiel qu'il n'était pas enthousiaste. Et qu'il n'allait pas brusquement se mettre à aimer les animaux simplement parce que son compagnon le lui demandait.
- Oh je suis sûr que vous allez vous entendre à merveille Dean, assura Castiel en souriant toujours.
La situation l'amusait beaucoup et le jeune homme commençait à regretter de ne pas avoir opté pour quelque chose de réellement gênant à exiger de lui. Comme de se balader à moitié nu dans Central Park. Parce qu'adopter un chien, même pour quelques semaines, était bien pire que ce que lui s'apprêtait à demander à Castiel. Cela allait le forcer à sortir le soir et le matin tôt. Il allait devoir rentrer chez lui à midi pour s'assurer que le chien vivait toujours. Il allait enfin devoir acheter tout un tas de choses dont il ne voulait absolument pas. Un panier. Des gamelles. De la nourriture pour chien. Un collier et une laisse. Des jouets. Dean n'était pas un monstre. Il n'allait pas laisser le pauvre animal seul chez lui sans au moins une balle pour s'occuper. Il refusait toutefois de le faire monter dans sa voiture. Il refusait d'avoir des poils de chien dans l'Impala. Et il allait forcer Castiel à l'accompagner. Il n'endurerait pas cette torture seul.
- Ok, je le ferais … inutile d'essayer de me convaincre. Je sais que ce sera un désastre. Je vais détester cette bête et il va probablement finir par me dévorer vivant pour me le faire payer, commenta Dean en grimaçant.
Castiel ricana une seconde à côté de lui et le jeune homme le foudroya aussitôt du regard. Oh, il allait rapidement déchanter en entendant ce que Dean avait prévu pour lui.
- Ne sois donc pas aussi joyeux … tu ne sais pas encore ce que je te réserve.
Castiel perdit aussitôt son sourire et fronça les sourcils en regardant Dean dans les yeux. Le jeune homme hocha lentement la tête. Il aurait pu exiger quelque chose de plus difficile. Il aurait pu demander à son compagnon de se lâcher complètement mais il avait opté pour quelque chose d'un peu moins extrême. Quelque chose qui le mettrait probablement très mal à l'aise. Mais qui n'était pas aussi dingue que ce qu'il avait encore en réserve le concernant. Il pensait même que ce serait plus cathartique pour Castiel. Cela lui permettrait de se libérer de la tension qu'il avait accumulée durant plusieurs années. Il pourrait ensuite aller plus facilement de l'avant.
- D'accord, je n'en peux plus d'attendre. Dis moi ce que tu veux que je fasse. Je t'ai donné mon accord et je ne vais pas reculer maintenant … pas tant que tu n'exiges pas de moi que je fasse quoi que ce soit d'illégal.
Dean retira ses pieds du banc et se leva ensuite en un bond. Il fit un pas en avant puis se tourna pour pouvoir regarder Castiel. Il était impatient de voir sa réaction mais il aimait également faire durer le suspense. De surcroît, son compagnon le méritait après avoir exigé de lui qu'il adopte un chien. Dean avait toujours du mal à croire qu'il aurait bientôt un animal qui compterait sur lui. Il n'aimait pas l'idée d'avoir des responsabilités.
- Et bien, je ne dirais pas que c'est illégal … du moins pas criminel mais … ce n'est pas totalement légal non plus.
- Dean, lança Castiel en guise d'avertissement.
Il était évident qu'il avait réussi à le mettre en colère. Pourtant, il était persuadé que son idée était la bonne. Il avait envie de voir Castiel prendre sa revanche. Il voulait le voir évacuer la tension accumulée en raison de son travail. Et il ne voyait qu'un moyen de l'aider à réussir.
- On va se rendre chez ton patron, déclara t-il finalement pour mettre fin au suspens.
Castiel se tendit aussitôt et Dean posa ses mains sur ses épaules. Il savait bien que l'idée effrayait son compagnon. Qu'il n'avait jamais envisagé d'entendre une telle requête. Mais Dean continuait de penser que c'était ce dont Castiel avait besoin. Il irait bien mieux ensuite. Il se sentirait libéré et serait plus à même d'aborder les autres défis avec enthousiasme.
- Oh non, on ne va pas faire ça, assura finalement Castiel d'une voix forte.
Dean s'était rapidement renseigné sur l'endroit où son compagnon travaillait. Il avait consulté le site de l'entreprise et récolté quelques informations sur son PDG. Charlie avait réussi à pirater son compte mail et avait trouvé son adresse personnelle. Zachariah Adler était un homme extrêmement riche et visiblement très influent. Il vivait dans les beaux quartiers de la ville, dans une maison magnifique et immense. Dean était passé devant rapidement pour voir si son plan était réalisable. Et il l'était. Il n'y avait aucun garde à l'entrée et aucun système de sécurité. Adler était soit stupide soit trop confiant. Peu importait la raison qui l'avait poussé à ne pas se protéger. C'était une aubaine pour eux.
- Si, on va le faire. On va aller chez lui et on va taguer les murs de sa maison.
- Non, hors de question. Non. Je ne vais pas … je ne vais pas recouvrir sa maison de peinture. Je n'en vois pas l'intérêt et … honnêtement, je trouve tout ça stupide. Et puis tu avais promis de ne rien me faire faire d'illégal.
Dean savait bien que sa proposition était un peu limite après tout ce qu'ils avaient mis sur papier ensemble mais il ne voyait pas cela comme un acte criminel. Il voyait cela comme une vengeance légitime. Cet homme exploitait très clairement ses employés et se faisait des millions au passage. Il méritait bien que quelqu'un le lui fasse payer.
- D'accord, j'admets que le commun des mortels considérerait probablement cela comme illégal … et peut être même que ça l'est un peu mais réfléchis. Ce type t'utilise toi et tous tes collègues pour bâtir et consolider sa richesse. Il vous paye le minimum légal et pendant ce temps, il engendre des millions. Il mérite que quelqu'un le lui dise. Le lui fasse comprendre. Et puisqu'on ne peut pas vraiment frapper à sa porte et lui dire d'aller se faire voir … on va l'écrire sur les murs de sa maison.
Castiel continuait de secouer la tête. Mais il semblait un peu moins sûr de lui à présent. Il commençait à envisager de le faire. Dean pouvait sentir qu'il était tenté. Il avait vécu trop d'années sous le joug d'Adler. Il avait envie de se venger. La seule chose qui le retenait pour le moment était son incapacité à envisager de commettre le moindre acte illégal. Mais il ne lui en faudrait pas beaucoup plus pour le convaincre. Dean choisit donc d'insister.
- Ce type est un monstre Cas. Personne ne va le punir. Il a la loi de son côté mais la morale … la morale est du tien. Du côté de tous ceux qui ont été utilisés par lui. Ce que je te propose de faire n'est peut être pas légal mais c'est juste. C'est juste et c'est mérité. Et tu te sentiras tellement mieux après. Tu seras libéré. C'est là tout le but de notre contrat Cas. Faire quelque chose que tu n'aurais jamais imaginé faire en temps normal.
Castiel baissa les yeux sur ses pieds et les observa durant de longues secondes. Comme si la réponse se trouvait là. Comme s'il avait besoin d'un signe justifiant l'accord qu'il s'apprêtait probablement à donner. Dean attendit quelques secondes avant de reprendre la parole.
- Qu'est-ce qu'on fait Cas ? Parce que je peux trouver quelque chose d'autre à te faire faire … si vraiment tu n'es pas prêt, on peut attendre … ou même oublier l'idée.
- Tu avais dit « pas de joker », répliqua Castiel d'une toute petite voix.
Dean s'en souvenait très bien. Il savait qu'en accordant un joker à son compagnon, il l'utiliserait sans hésiter. Et il le ferait même si l'idée de Dean était bonne. Même si ce qu'il lui proposait était exactement ce dont il avait besoin. Toutefois, il ne voulait pas non plus le brusquer. Il ne voulait pas le forcer à faire quelque chose et risquer de le voir prendre la fuite avant même qu'ils n'aient pu commencer. Il savait que Castiel finirait par accepter. Mais c'était peut être un peu tôt pour lui faire une telle proposition.
- Je sais ce que j'ai dit mais je ne veux pas non plus te faire peur et te pousser à renoncer à notre contrat simplement parce que je t'aurais forcé à faire quelque chose que tu n'es pas prêt à faire. On a toute une année Cas. Trois cent soixante cinq jours pour accomplir des centaines de choses dingues. On n'est pas obligé de se précipiter non plus.
Castiel releva doucement la tête et quand ses yeux se posèrent sur le visage de Dean, il semblait totalement perdu et indécis. Le jeune homme ne put s'empêcher d'avoir de la peine pour lui. Il était évident que tout ceci était nouveau pour lui. Il avait vécu sans jamais prendre le moindre risque. Et Dean lui demandait de tout changer. De bouleverser toute son existence seulement quelques jours après l'avoir rencontré. Seulement quelques jours après avoir songé à sauter du haut d'un immeuble pour en finir. C'était forcément un peu perturbant pour lui. Il avait besoin de quelques secondes. De quelques minutes. De quelques jours peut être même. Et Dean les lui accorderait si toutefois il le lui demandait. Peu importait que cela ne lui ressemble pas du tout. Peu importait que cela aille à l'encontre de ce qu'il était. C'était la première fois qu'il se souciait de quelqu'un d'autre que lui depuis qu'il avait vu Sam partir pour Stanford et qu'il avait compris que son petit frère n'avait plus vraiment besoin de lui. Il était un peu rouillé et il n'était pas tout à fait sûr de la façon dont il devait réagir. Mais il ne pouvait pas nier que c'était pourtant ce qu'il ressentait.
- Je n'ai pas encore totalement abandonné l'idée de t'obliger à courir à demi nu dans Central Park. On peut commencer par ça si tu préfères, plaisanta alors Dean parce qu'il était sûr que détendre l'atmosphère était une bonne idée.
Il n'avait jamais imaginé ce contrat entre Castiel et lui comme quelque chose de difficile. Quelque chose de pesant. Il avait pensé au contraire que ce serait un bon moyen de s'amuser. Mais de toute évidence, rien dans sa proposition n'amusait son compagnon. Il ne voulait pas que cela devienne un corvée. Il ne voulait surtout pas être celui qui pousserait Castiel à passer à l'acte.
- Courir à demi nu dans Central Park est illégal aussi, souligna alors ce dernier le plus sérieusement du monde.
Dean se souvenait pourtant d'avoir vu un homme en slip dans les allées du parc peu de temps après son arrivée en ville. Personne ne semblait faire attention à lui. Personne sauf Dean. Mais c'était en grande partie parce qu'il avait de très jolies fesses. Et que son slip était vraiment tout petit.
- Toutes les bonnes choses le sont non ?
- Comment ça toutes les bonnes choses ? Le sexe n'est pas illégal … le nourriture non plus … le chocolat … il y a beaucoup de choses très agréables qui ne sont heureusement pas condamnables.
Dean haussa les épaules et retira ses mains de celles de Castiel au passage. Il croisa ses bras sur son torse et dévisagea son compagnon durant quelques secondes en silence.
- Tu places le sexe en premier dans cette liste ? C'est bon à savoir. Et quant au reste … Cas, je te l'ai dit … tu as le droit de me dire « non » ou « plus tard » … juste pour cette fois bien sûr.
Castiel se passa une main sur le visage puis dans les cheveux, les ébouriffant un peu plus encore au passage. Ils avaient les joues et le bout du nez rouges en raison du froid. Dean le trouvait séduisant. Il s'était fait la réflexion à la minute même où il lui avait face sur le toit de l'immeuble. Et même s'il n'aurait pas été contre l'idée de coucher avec lui dans d'autres circonstances, il savait que ce n'était plus à l'ordre du jour. Ca ne le serait probablement jamais. Mais à cet instant précis, Dean le regrettait presque. Il pourrait tenter de proposer quelque chose de ce genre à son compagnon dans le cadre de leur contrat. Même s'il savait au plus profond de lui qu'il s'agissait d'une très mauvaise idée. Dean était probablement en manque. Il n'avait plus couché avec un homme depuis des semaines. Il était parfaitement normal que cela l'obsède un peu.
- Non, déclara finalement Castiel en se redressant sur le banc et en regardant Dean droit dans les yeux.
Le jeune homme hocha alors la tête. Il ne devait pas être déçu. Il avait tout de suite su que son compagnon risquait de refuser de franchir une étape aussi importante dès sa première tentative. Il avait d'autres idées tout aussi géniales. Il lui suffisait juste d'en choisir une. Castiel ne pourrait pas dire « non » deux fois et ils s'amuseraient quand même beaucoup. C'était le but de leur année ensemble après tout. S'amuser. Rire et oublier leurs problèmes. Certainement pas se prendre la tête pour un simple refus logique.
- Ok, je comprends … c'était peut être trop pour une première. On peut faire autre chose. Laisse moi juste une seconde pour trouver une idée.
Castiel se leva alors du banc et pendant une très courte seconde, Dean craignit de le voir prendre la fuite. Il eut peur que ce « non » soit définitif et ne concerne pas uniquement l'idée de taguer la maison de son patron.
- Non Dean, tu ne comprends pas, assura Castiel en inclinant la tête sur le côté.
Le jeune homme devait avouer qu'il avait un peu de mal à comprendre la réaction de son compagnon. Il estimait ne pas mériter qu'il lui en veuille. Il avait eu une seule mauvaise idée. Castiel devait lui laisser une seconde chance. Parce que s'il s'offusquait pour une simple erreur, il risquait vraiment d'avoir des difficultés à supporter Dean durant cette année. Il ne savait pas prendre de bonne décision.
- Ce que je veux te dire c'est que non, je ne vais pas te dire « non ». Je vais le faire. Zachariah ne mérite pas ma pitié et honnêtement, je rêve de lui faire payer son attitude depuis des années maintenant. Sans toi, je ne l'aurais probablement jamais fait. Mais c'est aussi pour ça que je t'ai donné mon accord pour passer cette année en ta compagnie. Je veux changer mes habitudes. Je veux vivre pleinement. Pour être sûr de ne rien regretter si toutefois je …
Il ne termina pas sa phrase mais la suite était évidente pour Dean. « Si toutefois je décide d'en finir dans un an ». N'importe qui à la place du jeune homme aurait probablement protesté. Aurait tenté de le dissuader d'en parler ou même de l'envisager. Aurait dit des banalités du genre « la vie vaut la peine d'être vécue même si tu ne le réalises pas encore ». Mais Dean n'était pas comme les autres. Il ne dit donc rien de tout ça et se contenta de sourire largement, soulagé de voir que son compagnon était prêt à faire ce qu'il lui demandait.
- Mais si on se fait attraper, je leur dirais que tout est de ta faute et que tu m'as forcé, lança Castiel.
Il fallut quelques secondes à Dean pour comprendre que son compagnon plaisantait. C'était difficile à voir quand il était aussi sérieux. Mais il était évident qu'il n'avait pas l'intention de dénoncer le jeune homme. Il cherchait juste à détendre un peu l'atmosphère.
- Oh non Monsieur … si on entend la sirène de la police, c'est chacun pour soit. Et je tiens tout de suite à te prévenir, je cours très vite. Ils t'auront avant moi et je nierais te connaître si tu leur donnes mon nom. Je suis égoïste comme ça.
Castiel ricana alors une seconde en secouant la tête. Dean enfonça ensuite ses mains dans les poches de son jean pour en sortir son paquet de cigarettes et son briquet. Il en alluma une et en tira quelques longues bouffées avant de la tendre à Castiel. Ce dernier refusa aussitôt et Dean remit sa cigarette entre ses lèvres.
- Tu ne sais pas ce que tu manques, marmonna t-il alors.
- Oh si je le sais très bien … un cancer du poumon. Ce n'est pas une expérience qui me tente vraiment, répliqua Castiel.
Dean trouvait cela ironique qu'un homme suicidaire puisse s'inquiéter d'une maladie mortelle. Mais Castiel était un paradoxe dans son ensemble. Il était un mystère que Dean avait envie de percer.
- C'est un moyen de mourir comme un autre, souleva t-il en retirant sa cigarette de sa bouche.
Castiel fronça les sourcils en croisant ses bras sur son torse.
- Peut être mais c'est un moyen extrêmement douloureux et long. Je préfère nettement partir plus rapidement.
- Parce que tu crois que t'écraser sur le sol après une chute d'une centaine de mètres n'est pas douloureux ?
A chaque fois qu'il avait envisagé sa propre mort, Dean imaginait opter pour quelque chose de bien moins douloureux. Il avait pensé à avaler des tubes entiers de cachets puis à s'allonger dans son lit jusqu'à ce qu'il meurt. Il avait entendu dire que ce n'était pas douloureux. Il n'aurait jamais sauté du toit de l'immeuble pour en finir. Parce qu'il était presque sûr que s'écraser sur le sol et sentir tous ses os se briser, ses organes imploser était atroce.
- Tu marques un point, concéda alors Castiel.
Il ne tendit toutefois pas la main pour que Dean lui donne sa cigarette et le jeune homme n'insista pas. Il la termina rapidement puis jeta le mégot par terre. Il se frotta ensuite les mains puis fit signe à Castiel de le suivre. Ils prirent ensemble le chemin de la sortie du parc.
- J'espère au moins que tu as un plan, avança son compagnon en marchant à côté de lui.
Dean aimait sentir le vent lui fouetter le visage. Il inspira profondément avant d'hocher la tête.
- Crois le ou non, je me suis renseigné avant de te le proposer. Sa maison n'est pas surveillée et elle est suffisamment à l'écart du reste du voisinage pour qu'on puisse agir sans être vus. J'ai tout ce qu'il faut dans ma voiture donc on va faire un détour pour tout récupérer. Ensuite, on ira à pieds. Je refuse qu'on puisse reconnaître ma voiture et je peux te garantir qu'elle sort de l'ordinaire et nous trahirait dans la seconde.
Castiel ne semblait pas totalement convaincu qu'il s'agissait là d'une bonne idée mais il ne protesta pas. C'était une bonne chose. Dean était impatient de le voir enfin lâcher prise. De le voir faire enfin quelque chose d'un peu dingue. Il était presque sûr qu'il allait s'amuser. Mais une nouvelle fois, la façon que Dean avait de s'amuser n'était pas faite pour tout le monde.
- Il ne risque pas d'être chez lui ? Demanda alors Castiel.
Dean savait qu'il s'agirait de la première fois que son compagnon fera quoi que ce soit d'illégal. Il avait toujours suivi les règles jusque là. Mais pour le jeune homme, ce n'était définitivement pas une première. Et si ce n'était pas quelque chose dont il pouvait réellement se vanter, c'était toutefois une bonne chose ce soir.
- Il a une réunion importante ce soir et à Washington. Il vit seul donc la maison sera vide. Ne t'en fais pas Cas … j'ai pensé à tout.
- Ca devrait me rassurer je suppose … sauf que ça ne me rassure pas. J'ai l'impression que ce n'est pas la première fois que tu es sur le point de dégrader le bien d'autrui.
Dean haussa les épaules. Il avait effectivement un passé un peu compliqué avec les forces de l'ordre. Il avait été arrêté plus d'une fois. Il s'en était toujours sorti sans que son casier en soit affecté. Mais il avait eu de la chance.
- Il m'est arrivé de faire des choses qui m'ont valu une arrestation mais … et aussi surprenant que cela puisse te paraître … mon casier est vierge. C'est d'ailleurs la seule chose chez moi qui le soit, plaisanta Dean en adressant un clin d'œil à Castiel.
Ce dernier rougit aussitôt devant l'allusion claire de son compagnon. Oh. Dean allait beaucoup s'amuser avec lui. Le fait qu'il soit aussi mal à l'aise devant une réflexion à caractère sexuel lui donnait des idées. Il se voyait déjà traîner Castiel dans un club de strip-tease. Il était presque sûr que son compagnon n'avait même pas songé à y entrer un jour.
- Ok, c'est … euh … bon à savoir je suppose, répliqua finalement Castiel avec difficultés.
- Quoi ? Que mon casier soit vierge ou que je ne le sois pas ?
Dean adorait pousser les gens dans leurs derniers retranchements. Il aimait voir jusqu'où il pouvait aller avant que cela ne lui revienne en pleine figure. C'était probablement pour ça qu'il n'avait aucun véritable ami. Mis à part Jesse bien sûr. Mais c'était différent. Il était presque sûr qu'une fois leur année ensemble écoulée – et si Castiel ne se suicidait pas à son issue – ils ne resteraient pas amis. Ils étaient trop différents.
- Ton casier, répondit finalement Castiel.
Dean hocha la tête mais choisit de ne pas insister. Il ne voulait pas faire fuir son compagnon maintenant qu'il avait obtenu son accord.
- Parfait, conclut il en reportant son attention sur l'allée devant lui.
Ils sortirent finalement du parc en silence puis Dean guida Castiel dans la direction de son appartement. Le jeune homme pouvait sentir l'angoisse s'emparer de son compagnon. Il devinait combien la situation le déstabilisait. Il devait reconnaître qu'il était fier de lui. Il semblait déterminé à franchir des limites qu'il s'était imposé durant les trente premières années de sa vie. Ce n'était probablement pas simple. Dean ne savait pas bien ce qu'on pouvait ressentir dans sa situation. Il n'avait jamais été du genre à s'imposer des limites. Il trouvait ridicule de chercher à entrer dans des cases. A suivre la norme. C'était quelque chose d'ennuyeux et de monotone. Il préférait nettement suivre sa route sans se soucier du reste. Il se fichait d'obtenir l'approbation des autres. Il n'en avait pas besoin.
Bien sûr cela lui avait valu quelques ennuis. Quelques problèmes dont il avait ensuite du affronter les conséquences. Mais cela donnait une toute autre saveur à sa vie. Si Dean n'avait pas eu ce drôle de vide immense au plus profond de lui, il aurait vraiment pu être heureux. Il en était convaincu. Et peut être finirait il par l'être à la fin de l'année. Il se surprenait parfois à l'espérer.
Il n'était pas le seul à jouer gros avec ce contrat. Et s'il préférait ne pas se faire d'idées pour le moment et espérer quoi que ce soit au risque d'être déçu, il ne pouvait pas s'empêcher d'être impatient. Et c'était définitivement une grande première pour lui.
