Chapitre 3

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Bon, alors, on m'a presque menacé si je ne continuais pas, donc je vais m'y mettre. Et puis oui, désolée pour le retard, mais bon j'ai eu un nouvel ordi donc le temps de tout mettre en place c'était un peu long. Tout ceux qui ont posté une petite review (eux au moins, ils sont gentils, pas comme ceux qui agissent comme des fantômes et qui ne disent pas ce qu'ils ressentent ! allez, tu peux faire un petit effort et me laisser un petit message sur ce que tu as pensé en fin de chapitre !) ont tous soupçonné qu'Hermione allait voler avec Drago... MOUHAHAHAHA moi je sais ce qu'il va se passer ! Et pas vous !

Bon, on se retrouve en bas de page !

Je vous conseillerai d'écouter Love Out Of Lust, de Lykke Li,notamment parce que c'était mon bruit de fond (voir même tout l'album, c'est pas mal aussi !)... Je trouve que ça fait pas mal comme fond sonore ! Ou alors des albums comme ceux de Lorde, Imagine Dragons, ou tout ceux avec un petit côté sombre si vous voyez ce que je veux dire !(ouais je sais je m'improvise DJ aha ^^)

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C'était une très mauvaise idée. Très, très mauvaise. Une de celle, même avant de l'avoir fait, où on savait que ça allait mal se terminer.

- Bon, c'est quand tu veux, Granger, lança une voix lassée dans mon dos.

Je me retourna, bien que je savais qui se trouvait derrière moi. Mon pire ennemi, celui que je détestais depuis toujours, mais qui cependant avait accepté ma proposition. Ce qui m'étonnait, d'ailleurs. Malefoy, aider une pauvre petite aveugle comme moi ? Quand Voldemort aura des seins, oui. Et quand il ira chercher les oeufs de Pâques avec Dumbledore. Avant de les manger avec Harry sur une balançoire. Soit : jamais. Et pourtant, niant tout priori qu'on pouvait avoir sur lui, il était tout de même là. Qu'est-ce que j'avais fait pour le persuader de m'aider ?

Ah oui, c'est vrai. Les devoirs. Cette vieille méthode d'échanger un service contre des parchemins tout faits marchaient à tous les coups, surtout avec un Serpentard, et encore plus avec un feignard comme Malefoy et sa face de fouine. Je lui avait proposé de faire ses devoirs de métamorphose (ceux auquel il avait le plus de mal, je le savais bien, étant donné ses notes), contre une petite séance de vol au dessus du Lac Noir. Lui, au moins, il avait accepté tout de suite, pas comme Ginny, Harry, Ron et tous les autres, qui trouvaient cela trop dangereux, et bla bla bla.

Je savais même pas pourquoi j'avais pensé à lui, en fait. Peut-être parce que lui, au moins, ne se préoccupait pas de moi comme les autres devraient. Et puis, secrètement, j'espérait que cela allait faire rager les autres. Une façon bien à moi de leur dire, na, dans vos dents, j'ai pas besoin que de vous pour réaliser mes rêves. Tant qu'il y gagnait dans les affaires, cela lui convenait. Et puis, il m'avait assuré qu'il n'insulterais jamais une handicapée, maintenant il fallait qu'il tienne sa parole et qu'il me fasse voler.

La nuit était tombée, à ce qu'il paraît. Un petit vent me caressait le visage, pas trop désagréable au point qu'il fallait mettre une laine. L'odeur de l'eau douce venait chatouiller mes narines. On était pas loin du Lac, et j'étais excitée comme une petite fille de faire mon premier vol.

- C'est bon, je suis prête, dis-je simplement.

Malefoy passa juste à côté de moi, un peu trop près à mon goût, car il m'effleura le bras. Non mais, je lui avait simplement demandé de me faire voler, pas autre chose !

- Debout ! ordonna-t-il au balais allongé sur l'herbe verte.

Après un petit moment, il prit simplement ma main et m'aida à monter derrière lui. Je devais avoir un énorme sourire aux lèvres, vu que je l'entendis sourire (oui, ça peut s'entendre, un sourire) devant mon bonheur, alors qu'on avait rien fait pour l'instant. Je m'accrocha à lui. C'était étrange, car je n'avais jamais imaginé Malefoy musclé. Dans mon esprit, il ressemblait plus à une planche à pain toute molle...

- Tu es prête ? me demanda-t-il

Et s'en attendre la réponse, il donna un formidable coup de pied sur le sol. Le balais s'éleva un peu, et je ne sentis plus la terre sous mes talons. Mes pieds étaient dans le vide ! Je planais ! Oh, miracle, oh quel délice ! Je n'étais plus sur le sol ! Je sentais mon corps en suspension, qui s'interrogeait sûrement sur la question de la gravité. Au diable les lois de physique ! Je planais ! C'était comme flotter dans l'eau. On était porté par les courants, on vivait, on respirait, oh mon dieu que c'était bon ! Je n'avais pas de mots pour ça. Cela peut peut-être vous paraître futile et dérisoire, mais vous ne savez pas ce que cela fait !

Je rigolais comme une enfant, presque les larmes aux yeux... Que c'était si bon. Le vent chatouillait doucement mon visage, dessinant les contours de mes joues.

Je sentais Malefoy sourire. Serait-il attendrit par mon petit air d'enfant ? Sortez les annales, appelez les journalistes, prévenez les chaînes d'infos continu et les JT de tous les pays : Malefoy est attendrit par une petite aveugle ! Première mondiale ! On s'en souviendra encore dans un siècle, comme étant le moment où Mr Drago Malefoy premier du nom a sourit !

Doucement, il tira sur le manche du balais et nous voilà en train d'avancer, à petite vitesse. Nous étions en train de voler. Nous étions en train de voler ! NOUS ETIONS EN TRAIN DE VOLER ! Non, non, attendez, je ne suis pas sûre que vous ayez bien compris. Nous étions - j'étais - en train de voler! Moi, la petite et innocente aveugle, celle qui ne pouvais jamais rien avoir, parce qu'on m'avais interdit depuis toute petite que tout ce qu'il comptait c'était que je sois en sécurité et que je n'avais pas à avoir des écarts de comportements.

- Nous sommes au dessus du Lac Noir, me dit-il à titre d'information.

Oui, je le sentais. Je sentais l'air humide sur mon visage, que j'associais aux embruns marins. Le vent soufflait un peu plus fort dans mes cheveux. Je n'avais pas de mots pour décrire ce que cela faisait.

J'étais...libre.

Jamais je ne m'étais sentie aussi bien. On m'avait toujours considérée comme une pauvre incapable, dépendante de tout. Mais moi qui aimait me sentir rebelle, j'étais contrainte, durant toutes ces années. Attention, il y a une marche, attention, c'est le coin... J'avais catégoriquement refusé une canne blanche, ou un chien pour aveugle. Histoire de crier encore plus sur les toits que j'étais aveugle.

Mais ce moment là était tout simplement...magique. Je savais que cela ne durait pas toute la nuit, mais c'était tout simplement délicieux. Mais vous ne pouvez pas comprendre. Vous ne savez pas ce que c'est, vous êtes habitué aux choses du quotidien, qui m'apparaissent comme des obstacles insurmontables.

Fermez les yeux. Très fort. Relaxez-vous. Mettez vous dans cette petite bulle confortable, sans bruit, juste la douce musique du vent caressant les feuilles des grands arbres. Vous vous sentez planer, doucement, comme dans un rêve. Parfois, dans notre semi-sommeil, on a l'impression que l'on tombe, ou que l'on flotte dans l'air. Et bien là, c'est exactement la même chose.

Délicatement, comme si je ne voulais pas casser la communion entre moi et les éléments, je décolla mes mains du torse de Malefoy. Tout doucement, sans prendre le risque de tomber. J'agrippa ses épaules pour me lever, et avec une infinie douceur, je me mis debout sur le manche à balais. Quand on est aveugle, on a appris à avoir un sens de l'équilibre beaucoup plus fin et pointilleux. J'étais debout sur le balais ! Idée folle, certes, mais mon conducteur ne m'obligea pas à redescendre de mon petit perchoir. C'était une idée absolument débile, dangereuse, risquée... mais incroyablement brillante.

Avec une lenteur exagérée, je décollais petit à petit mes mains des épaules robustes de Malefoy. Comme un oiseau prenant son envol, je levais les bras. Drago ne ralentit pas, mais je sentis qu'il fut plus aux aguets. J'étais debout sur un balais qui survolait le Lac Noir, les bras en l'air comme un petit oisillon inoffensif. Plus près du ciel, plus près des éléments, plus près du monde, plus près de l'air, du vent, des rêves, des espoirs, de l'euphorie, du bonheur, d'un échappatoire à l'enfer que je pouvais vivre aujourd'hui. Plus près de la liberté.

Prise par les émotions qui me submergeaient, j'éclata de rire. Il se répercuta sur les montagnes, résonnant avec mélodies, et les oiseaux se turent pour écouter l'intrus qui venait crier son bonheur sur les toits du monde. Je criai ma détermination, ma délivrance. Que c'était bon. Le vent vint caresser mon visage pour venir m'arracher quelques larmes. A moins que ce soit des vraies larmes, qui sait.

Cette expérience était comme un fruit. A l'apparence empoisonnée, il était tout simplement délicieux. Je goûtais à ce moment de grâce, comme si, là haut, on m'avait accordé un instant de répit dans ma vie brutale et infiniment plus dangereuse.

Drago aussi riait. Moins devant cette expérience inoubliable, mais plus face à mon air ravi, comblée, reposée.

Soudain, signant la fin de ce petit interlude, un formidable coup de vent vint m'ébranler. J'avais beau avoir développé mon sens de l'équilibre, vous auriez fait de même. Debout sur un bout de bâton d'à peine 6 centimètres de diamètre, on ne pouvait tenir très longtemps face à l'air déchaîné.

Je chuta. Tomba pendant ce qui me paraissait une éternité, avec comme seul son dans mes oreilles le cri effrayé de Drago mêlé au vent destructeur et rageur. Je ne ressentais aucune émotion, rien, seulement de la stupéfaction. Comment avais-je pu tomber de ce balais ?

Et quand enfin je toucha l'eau, glaciale, je ne put m'empêcher de penser, dans une dernière idée futile, que face à l'étendue plus que froide, que le quelconque Dieu qui se trouvait dans le ciel m'en voulait à mort pour m'infliger ceci.

Puis, à mon habitude, tout devint noir et froid, alors que je m'enfonçais de plus en plus dans les profondeurs du Lac Noir, qui devais bien porter son nom.

Voilà, fin en suspens pour un chapitre, qui, je l'admet, est plutôt court.

Néanmoins, est-ce que vous avez aimé ce petit chapitre ? Une petite review ne ferais pas de mal !

Des idées pour le ou les prochain(s) chapitre(s) ? Des défis ou quelque chose que vous voulez absolument voir ? Review !

P.L.P