J'ai cru comprendre que pas mal de monde pense à "Je suis une légende" en lisant cette fiction. Mais lorsque j'ai commencé cette histoire, je vous avoue n'avoir jamais vu le film. Je ne connaissais que l'affiche et encore. Du coup, ben, obligé, j'ai été le regarder. Dès que j'ai vu le chien, j'ai tout de suite compris la comparaison. Apocalypse et chien, ça s'y trompe, effectivement.
Quelques réponses review et je vous laisse lire tranquillement? Pas le choix de toute manière!
Deklan: D'accord, d'accord, j'avoue mon crime... J'ai déjà écrit 19 chapitres sans compter le prologue. Et je sème ça comme des miettes de pain pour me laisser un peu de temps pour avoir la marge. Normalement, je dis bien normalement, je devrais gérer cela correctement comme une ration de nourriture en époque apocalyptique. Mais vu que je suis une goinfre...
Rosaelle: Dans le film, la mort du chien m'a fait tellement mal au coeur. Je pleure toujours quand ce sont des pauvres et braves bêtes qui meurent. C'est toujours comme ça d'ailleurs... Donc, logiquement, je ne devrais pas toucher un poil de ce cher Bahamut. Ca veut dire que j'ai le droit de tuer Light et Fang? Ou les deux? :p
Op2line: Je crois que tu es la première personne que je rencontre qui soit contente d'arriver sur une fic non-terminée. Hahaha! Du mignon là-dedans? Ca dépend ce que tu entends par-là et à quel degrés. Je ne risque pas de ressusciter tout le monde en tout cas ^^" J'avoue que tu t'es magnifiquement accompli de ton rôle, merci. :D
mPulse: Contente que l'histoire de plaise jusqu'ici! Rencontre mouvementée entre Light et Fang, obligé!
Farfadet du Bois:
Seigneur! Un nouveau posteur! Voilà qui me mets de meilleure humeur!
Ma bonté n'a pas d'égalité, je ne suis point méchanceté même si on me croit sans pitié.
Ainsi arrive enfin la suite dont j'espère qu'elle te plaira de manière explicite!
Amalia: Ah bah, c'est la loi de la jungle, hein? Light s'en sort bien encore hahaha! Ravie de constater ta satisfaction! J'espère que ce qui suivra continuera sur le même voie ^^
Merci tout le monde pour vos commentaires et bonne lecture!
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« La vie est un jeu imprévisible, Attendez vous au pire... soyez prêt pour le meilleur »
Yves Michallet
Alors que le soleil se couchait derrière les hauts buildings de Nautilus, Fang étira ses bras comme un félin. Libérée de ses vêtements amples, elle se promenait librement en petite tenue dans sa maison. Pour la soirée, elle avait décidé de s'éclairer avec des bougies qu'elle avait trouvées un peu plus tôt dans la journée. Cela lui permettra d'économiser les batteries de ses lampes, et puis l'idée en soi lui plaisait bien. Les flammes dansantes donnaient un semblant de vie dans cette demeure un peu trop silencieuse à son goût. Si cela ne risquait pas de lui attirer des problèmes, la noiraude se serait permis un peu de musique. Mais le bruit aimanterait les curieux et l'empêcherait d'entendre arriver les intrus.
Afin de s'occuper un peu, la jeune rescapée avait décidé de faire un peu de bricolage. La table de la salle à manger portait plusieurs appareils électroniques. Certains étaient démontés tandis que d'autres attendaient sagement leur tour. Depuis toujours, Fang adorait bidouiller ces objets soit pour les réparer, soit pour récupérer des pièces qui serviront ailleurs. En ce moment, elle s'était mise en tête de restaurer une petite radio qui lui permettrait peut-être de prendre des nouvelles du monde. Si les nouvelles s'y diffusaient encore.
Personnellement, la mécanicienne n'y croyait pas vraiment. C'était plus par occupation et par défi qu'elle tentait de faire tourner à nouveau la petite radio. Si réellement, elle cherchait absolument à écouter une émission, elle serait simplement partie à la recherche d'un appareil fonctionnel. Derrière elle, Bahamut roupillait paisiblement sur un gros tas de draps qui faisait office de panier de fortune.
Tout d'un coup, un grésillement lui fit redresser les oreilles. Fang avait également tourné la tête vers la source de ce son. Elle fit lentement glisser sa chaise vers l'arrière avant de se lever et de se diriger au centre centre du salon. Elle se rendit compte que c'était le petit talkie-walkie qui émettait le bruit. Quelqu'un venait d'activer son jumeau.
Fang s'assit sur le canapé, scrutant le communicateur avec curiosité. Elle se pencha en avant, appuyant ses coudes sur ses genoux, et elle attendit. Le talkie-walkie grésillait à intervalle irrégulier, comme si la personne de l'autre côté activait la commande vocale pour la désactiver ensuite. Sans pouvoir s'en empêcher, la noiraude esquissa un sourire moqueur. Son amusement fut la bienvenue, car elle commençait à être lasse de la monotonie solitaire de sa vie.
Prenant le talkie-walkie entre ses mains, Fang appuya sur le bouton et railla malicieusement :
- Au cas où tu ne serais pas au courant, après avoir appuyé, il faut parler.
Un instant de silence. Puis, la personne de l'autre côté répondit froidement :
- Pourquoi ne pas m'avoir tuée ?
- Pourquoi avoir tenté de me tuer ? rétorqua la noiraude d'une moquerie acérée.
Aucune réponse.
Inconsciemment, Fang passa la main sur sa gorge. Comme elle l'avait supposé, quelques marques étaient apparues sur sa peau. Mais son teint halé dissimulait presque les séquelles de l'agression.
Vis-à-vis de cette inconnue, la noiraude ne savait quoi penser. Premièrement, celle-ci avait essayé de mettre fin à sa vie. Deuxièmement, Fang ne saura jamais vraiment pourquoi elle avait sauvé cette dernière. Peut-être pour libérer sa conscience. Peut-être parce qu'il lui restait un semblant d'humanité.
La communication prit fin à cet instant. Aucune des deux femmes ne cherchait réellement à reprendre la parole. De toute manière, qu'auraient-elles à se dire ? Elles étaient de parfaites étrangères l'une pour l'autre. Sans parler, que leur première rencontre n'avait pas été des plus tendres.
Fang fixa un instant le talkie-walkie, songeuse. Puis, finalement, elle se leva et décida de retourner vers le montage de sa radio.
- Fang, téléphone ! cria mon patron à travers le bruyant garage.
Glissant avec ma planche à roulettes, je sortis de sous la petite voiture que je bricolai. Lâchant un soupir agacé parce que je n'aimais pas être interrompue en plein travail, je me redressai doucement en sentant les plaintes de mon dos fatigué. Tout en me dirigeant vers le local des employés, j'attrapai un chiffon au passage afin de nettoyer un minimum le cambouis de mes doigts. Autour de moi, tout le monde s'activait grandement afin de faire tourner la boutique. Notre petit garage avait su se faire une sacrée réputation depuis quelque temps. Nous nous devions de nous montrer à la hauteur des espérances.
J'entrai dans le local et dès que je refermai derrière moi, les bruits mécaniques cessèrent immédiatement. Mon regard croisa mon supérieur, Benjamin. Mais celui-ci préférait qu'on l'appelle Benji. Ce petit vieillard, malgré ses soixante-dix ans, tenait toujours la forme et était le meilleur mécanicien que je connaisse. Et également le meilleur patron au monde. Par pure passion, il avait ouvert sa propre affaire qui fleurissait jour après jour. Et j'étais heureuse et fière de faire partie de l'équipe.
Mon chef, assis à son bureau, leva les yeux dans ma direction. D'un signe de la tête, il me désigna le téléphone qui se trouvait devant lui. Je lui souris gentiment avant d'aller attraper le combiné. Benji pouvait paraître un peu odieux et sévère aux premiers abords, mais c'était un lion au cœur d'or. Il ne savait simplement pas comment s'exprimer autrement.
- Allô ? déclarai-je au téléphone.
- Fang ! Excuse-moi de te déranger durant ton travail, mais je ne pouvais plus attendre.
Je ris doucement en imaginant parfaitement dans quel état d'excitation devait se trouver mon interlocutrice. Elle devait littéralement sautiller sur place, comme une petite pile électrique. Ma colocataire et moi, nous nous connaissions depuis notre tendre enfance. Elle était plus qu'une meilleure amie pour moi, elle était une sœur.
- OK, tout doux, Vanille, ricanai-je en retenant avec peine mon amusement. Raconte-moi ce qu'il y a d'aussi important pour que tu ne puisses pas attendre mon retour ce soir.
- D'accord, d'accord...
J'entendis mon interlocutrice prendre une grande inspiration avant de reprendre :
- J'ai passé mon examen et je suis acceptée dans l'une des plus grandes universités de la ville !
- Sérieux ? hoquetai-je avec ravissement, presque aussi heureuse que mon amie désormais. Mais c'est merveilleux ! Il faut qu'on fête ça après mon travail.
Nous rîmes ensemble au téléphone, l'euphorie étant à son comble. Les semaines de stress et d'angoisse étaient derrière elle désormais. Et ma torture prenait finalement fin, car je n'allais pu devoir subir les humeurs changeantes de ma colocataire. Je l'adorais plus que tout, mais encore quelques jours de plus et j'aurais certainement fait un meurtre.
- Qu'est-ce que tu fiches, Vanille ? demandai-je en fronçant des sourcils. Tu te grattes encore ?
- Cela ne fait qu'empirer depuis hier. Je dois faire une allergie à quelque chose. Certainement à la poussière que tu ne veux jamais nettoyer, Fang.
- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles.
- Bien sûr que si, ne fais pas comme si...
- Mince, un tunnel ! Ça va couper !
- Garce !
Ce dernier mot, Vanille l'avait dit en tentant en vain d'étouffer ses éclats de rire. Je raccrochai doucement avant de toiser mon patron. Celui-ci arqua un sourcil, se moquant certainement du sourire bête qui devait se dessiner sur mes lèvres. Comme unique réponse, je haussai des épaules avec arrogance et m'empressai de repartir me mettre au travail avant que Benji ne m'y envoie à coup de clé à molette.
S'affalant sur le banc d'un arrêt de bus, Fang se permit de souffler un peu. Elle pencha sa tête en arrière, encore un peu chamboulée. Une quarantaine de minutes plus tôt, le sol s'était mis à trembler frénétiquement. Le séisme avait duré une bonne centaine de secondes au moins. Heureusement, grâce ses instincts, Bahamut l'avait prévenu que quelque chose allait se tramer. Juste à temps, ils purent aller se mettre en sécurité. Mais où allait le monde ? s'exclama intérieurement la noiraude, dépassée. Tout d'abord un virus qui décime la race humaine et maintenant la Terre qui décide de raser les vestiges de leur civilisation. Voulait-on réellement effacer l'Homme de la carte ?
- Il ne manquerait plus qu'une tornade et un tsunami, marmonna la jeune femme en secouant la tête, ne voulant pas tenter le Diable.
Son regard se posa sur le paysage désolé de Nautilus qui était désormais défiguré. Les lieux paraissaient déjà mornes, mais maintenant que le sol était craquelé de partout, que des bâtiments s'étaient effondrés et que des crevasses s'étaient formés... La désolation gagnait du territoire. Tout comme la nature qui continuait de germer ci et là, à une vitesse presque anormale. On croirait voir une vengeance. Comme si l'Homme était en train de payer pour ses crimes.
Mais Fang n'avait pas le temps de se prélasser dans cette contemplation navrante. Son inquiétude se tournait surtout vers sa demeure, son refuge. Pourvu que sa maison ait tenu le coup ! Immédiatement, elle se redressa. Faisant signe à son chien, elle reprit sa course effrénée vers sa destination. La noiraude n'était pas obligée de courir, car cela ne changerait rien à ce qu'elle découvrirait à son arrivée. Mais au fond d'elle, elle tenait à son petit chez soi. C'était plus fort qu'elle.
Les bâtisses, devenues fragiles, étaient instables. Certaines s'étaient écroulées durant le tremblement de terre, d'autres tentaient en vain de rester debout, mais le temps les aura à l'usure. De ce fait, Fang faisait bien attention à ne pas se déplacer trop près des bâtiments. Même le béton sous ses pieds gémissait dans des craquements plaintifs. Puis, un grésillement résonna.
- À ta place, je n'irais pas plus loin.
Faisant encore quelques pas en avant, la noiraude s'arrêta dans sa course. Le souffle rapide, elle cligna plusieurs fois des paupières avant de réaliser que la voix froide et sans émotion provenait du talkie-walkie qu'elle avait accroché à sa taille.
Voilà que deux jours s'étaient écoulés depuis qu'elle avait discuté avec la blonde – si on pouvait réellement appeler cela une discussion. Et sans vraiment savoir pourquoi, à partir de cet instant, Fang emportait toujours le petit communicateur avec elle. Peut-être un besoin de savoir une personne de l'autre côté, un vivant, un humain. Même si au fond, l'étrangère aurait très bien pu abandonner et oublier l'appareil. Mais apparemment, ce ne fut pas le cas.
Attendant de reprendre correctement sa respiration, Fang prit le talkie-walkie dans sa main et le rapprocha de ses lèvres. Après quelques secondes pour stabiliser son souffle, elle répondit :
- Et pourquoi ne devrais-je pas continuer ? Tu m'attends en embuscade un peu plus loin ?
Le ton était à la fois sérieux et à la fois amusé. La noiraude était d'une nature très taquine, comme si cela avait été inscrit dans ses gènes. Mais elle n'oubliait toutefois pas que son interlocutrice était dangereuse et cela la poussait systématiquement vers la prudence.
- De là où je me trouve, j'ai une meilleure vision de la situation.
- Est-ce que tu m'aurais suivie ? questionna Fang qui tourna sur elle-même, cherchant en vain l'endroit où son interlocutrice pouvait l'observer. Tu ne peux plus te passer de moi ?
Ce devait être en hauteur, pensa-t-elle sans réussir à dénicher la soldate.
- Ne te fais pas d'idée, ce n'est qu'une pure coïncidence si je t'ai vue traverser la rue.
- Nautilus est assez grand pour que ce genre de coïncidences reste exceptionnel, rétorqua la noiraude, peu convaincue ou peut-être légèrement paranoïaque sur les bords.
- Crois ce que tu veux. Mais à ta place, si je tenais à la vie, je me reculerais rapidement.
Fang fronça les sourcils à cette annonce. Au même moment, un puissant craquement se fit entendre, faisant vibrer le sol sous ses pieds. Bahamut se mit à aboyer face à une menace à venir. En une fraction de seconde, sa maîtresse percuta finalement. Lorsqu'elle fit volte-face et se mit à courir, la route quelques mètres derrière elle s'effondra littéralement. Le fossé s'allongeait comme un vicieux serpent qui courrait derrière sa proie, derrière la jeune femme et son compagnon. Petit à petit, il gagnait du terrain sur les fuyards.
- Au prochain carrefour, tourne sur ta droite.
Le ton de la blonde était parfaitement calme, comme si son interlocutrice était en train de faire une promenade de santé au lieu de fuir pour sa survie. Mais n'ayant pas d'autres choix que de faire confiance à l'inconnue, Fang attrapa le collier en chaînes de Bahamut avant de l'obliger à bifurquer avec elle sur la droite. Elle fit encore quelques mètres avant de se rendre compte que l'écroulement avait tracé une route droite. Elle comprit qu'il suivait la ligne du métro souterrain.
.
Laissant ses fesses tomber sur le dur sol en béton, la noiraude s'appuya sur ses mains avant de rejeter la tête en arrière. Complètement essoufflée, le cœur fou, elle tenta de se calmer. Bahamut s'affala à ses côtés, la langue pendante et la respiration rauque de fatigue. Afin de le réconforter, sa maîtresse lui ébouriffa le haut du crâne.
- Pourquoi... m'avoir... aidée ? demanda faiblement Fang qui ne pouvait faire patienter sa question jusqu'à ce que sa respiration revienne à la normale.
- Une vie pour une vie. Je viens de m'acquitter de ma dette.
- Et pour le fait que tu as tenté de me tuer ?
- Cela s'est résulté par un échec.
- Encore heureux !
La noiraude lâcha un petit râle d'incompréhension. Elle était épuisée et plus que lasse de sa vie. Et maintenant, elle communiquait avec une femme certainement aussi froide et impassible qu'un bloc de glace. Tout d'abord, cette dernière attente à sa vie, puis la lui sauve. Quelque chose ne devait pas tourner rond chez elle.
Redressant son dos, Fang approcha à nouveau le talkie-walkie de sa bouche et intima sévèrement :
- Bon, maintenant, montre-toi !
- Négatif.
- Donne-moi au moins ta position parce que je n'ai aucune envie que tu découvres l'endroit où je crèche, OK ?
- Rassure-toi, cela n'est pas dans mon programme. Fin de la communication.
- Hé !
La maîtresse de Bahamut n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit, car elle vit que le voyant rouge – qui s'allumait pour avertir que l'interlocuteur était en contact – venait de s'éteindre. Frustrée, Fang leva le bras pour jeter l'appareil de communication, mais à la dernière minute, elle se retint. Lâchant de nouveau un soupir, elle l'accrocha à sa taille avant de passer une main dans ses cheveux. Discrètement, elle scruta autour d'elle, particulièrement en hauteur. Mais c'était futile, elle le savait. La soldate restait introuvable.
Abandonnant toute idée de pouvoir retrouver celle qu'elle ne savait même pas si elle devait nommer de sauveuse ou de tueuse, Fang se leva lentement. Ses jambes protestèrent face à l'effort qu'elle leur quémandait encore de fournir. Elle était si épuisée de tout ceci qu'elle en vint à se demander s'il n'aurait pas été préférable que... Secouant la tête, la noiraude évinça ces sombres idées de sa pensée. Elle ne pouvait pas se permettre de raisonner ainsi, pas si elle voulait encore se sentir capable d'affronter cette vie qui n'en était plus vraiment une à ses yeux.
Puis, son regard se posa sur son fidèle compagnon qui l'observait, assis. Bahamut remua de la queue comme pour l'encourager, comme pour lui dire de ne pas baisser les bras. À quoi bon? se disait la noiraude en haussant des épaules. Un jour ou l'autre, la lassitude allait la gagner. Le peu d'espoir qui régnait encore dans son cœur allait s'éteindre, la laissant sombrer dans un néant aussi noir que les ténèbres.
Prenant une grande inspiration, Fang se donna mentalement une gifle. Elle était une battante et de ce fait, elle n'allait pas se laisser aller aussi facilement. Le monde tentait de lui rendre la vie dure et bien, elle prouvera qu'elle peut y faire face. Sa détermination était l'un de ses atouts par le passé. Une carte maîtresse qu'elle tenait à conserver dans son jeu contre le destin.
- On y va, mon gros, déclara-t-elle fermement avant de reprendre la marche.
Il y avait plus important que ses états d'âme. Il fallait déjà qu'elle aille vérifier la situation de sa maison. Et peut-être qu'après, elle pourrait songer à broyer du noir si Bahamut et elle se retrouvaient à nouveau dans la rue. D'ici là, elle devra garder la tête haute.
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Le cœur de Fang se détendit, soulagé de constater que le refuge était intact. Dans le quartier, les petites villas semblaient avoir résisté au tremblement de terre. Elles faisaient pitié à voir pour certaines, mais toutes avaient été assez robustes pour rester fièrement debout après le séisme. La nature n'avait pas encore complètement gagné.
Sans plus attendre, la maîtresse et son chien s'élancèrent vers l'arrière de leur refuge. Une fois dans la sécurité de leur chez soi, la jeune femme verrouilla consciencieusement derrière elle. Elle avait la ferme conviction que la soldate ne tenterait pas de s'y introduire pour commettre d'autres méfaits. Mais on n'était jamais assez prudent. Puis, elle monta au rez-de-chaussée d'un pas lent qui fit grincer les marches en bois de l'escalier.
Une fois en haut, Fang constata que quelques meubles et affaires étaient tombés au sol, mais rien de bien conséquent. Elle n'avait pas la tête à faire le ménage, elle décida donc d'ignorer momentanément le chaos de la maison. Sa main glissa sur le talkie-walkie qui était encore accroché à sa ceinture. Son doigt caressa un instant sur la texture plastique de l'objet.
Un faible sourire sur les lèvres, la noiraude secoua la tête avant de toiser affectueusement Bahamut:
- Je ne suis qu'une idiote. Ta compagnie seule me suffit amplement.
Le chien émit un petit couinement en penchant la tête sur le côté, comme ne comprenant pas la déclaration de sa coéquipière. Mais il pouvait sentir sa peine, sa solitude. Il savait parfaitement que sa maîtresse n'était plus vraiment celle qu'elle fut par le passé, lorsque dans la rue, il y avait encore plein d'humains qui se promenaient. Lorsque Vanille, une gentille petite rouquine, habitait encore avec eux.
Comme ressentant un besoin, Bahamut se rapprocha en douceur de la noiraude qui était assise sur le canapé. Délicatement, il déposa sa gueule sur les genoux de cette dernière avant de lever les yeux vers elle. Un faible rictus fut la réponse qu'il reçut. Il aimait quand elle souriait. Il aimait quand elle riait. Et il aimait quand elle lui caressait ainsi le haut de sa tête. Fang n'était plus la même qu'autrefois et pourtant, il subsistait une part de cette personne. Il allait tout faire pour que cette chaleur continue de luire dans le cœur de sa maîtresse. Il le fallait...
Nooon ~ Fang n'a pas besoin de Lightning... Non... Si? Elle en a besoin à votre avis? :p
