Ron et Drago

Hôpital St Mangouste, 24 décembre 2018

Une forte odeur de sang lui serrait la gorge. Des relents de chairs en décomposition, de sueur et d'urine se mêlaient aux râles des blessés, aux invectives des médicomages et aux injures impatientes des proches. Un air de fin du monde flottait dans les couloirs de l'hôpital comme un miasme nauséabond. Ron ne pensait plus voir un tel spectacle depuis les émeutes sorcières de Téhéran auxquelles il avait participé aux côtés des français dans le cadre de sa formation militaire, dix ans plus tôt. Il ne pensait surtout pas voir une telle horreur dans son propre pays.

Il avança difficilement entre les brancards. Complètement dépassé, les meds ont dû mettre de nombreux patients dans les couloirs, faute de mieux. En dépit du fait que tout le service des soins intensifs ait été évacué dans une aile sécurisé du Ministère (Ron avait sentit sa gorge se nouer lorsqu'il avait aperçu la silhouette moribonde de son ancienne prof de métamorphose parmi les comateux), St Mangouste étouffait. Les blessés arrivaient par dizaines des quatre coins de l'Angleterre ; victimes des enragés, soldats survivants de la Vague du 22 Décembre, déments catatoniques, ils étaient bien trop nombreux et les médicomages bien trop peu. Beaucoup d'entre eux craqueront avant le soir. A l'instar de Ron, ils avaient la mine chiffonnée de ceux qui ne tiennent debout que grâce au café ou à la clope.

Ron s'arrêta un instant contre le mur le temps que le vertige qu'il sentait monter en lui se dissipe. Il avait très peu dormi ces deux derniers jours et à part le contenu de trois, quatre carafes de café noir, il avait l'estomac vide. Il n'avait pas le temps pour ça. Trop de chose à faire et trop peu de temps. Gérer la foule dans les rues de Londres, coordonner l'évacuation des blessés, maintenir la liaison entre le Ministère et l'Hôpital, mettre en place des tours de garde, s'assurer que l'Hôpital est bien gardé, faire le compte de ses troupes.

Et s'occuper de sa famille.

Surtout s'occuper de sa famille.

Depuis l'effondrement du Secret Magique, les sorciers ne prenaient plus aucune précaution et c'est en masse qu'ils quittaient le pays pour la France. Ron ne saurait les blâmer. Après la Vague du 22 Décembre, il les comprenait même parfaitement. L'ennui, c'est la tension que cela générait chez les français. Les rares pauses qu'ils s'étaient accordé ces dernières quarante huit heures, Ron les avait passé à écouter les infos à la RITM et outre le discours sans intérêt que Wentkell avait balbutié quelques heures après les attaques, il avait entendu dire qu'une violente altercation opposait les deux présidents français. Celui qui dirigeait les moldus souhaitait fermer les frontières avant que la situation ne leur échappe tandis que le dirigeant sorcier, épaulé pour le coup par le Premier Ministre anglais, essayait de les maintenir ouvertes et d'instaurer de nouvelles mesures pour prendre en charge les réfugiés. Il ne savait pas ce qu'allait donner la cohabitation mais ça ne promettait rien de bon. Fasse que cette guerre se termine rapidement et qu'ils rétablissent le Secret. Au vu de ce qu'il entendait, cela valait mieux qu'une union basé sur la suspicion, la peur et la rancœur.

Ron avait agi vite. Il avait de la famille en France, faire partir les siens était donc beaucoup plus facile pour lui. Très tôt dans la mâtiné du 23 décembre, il s'était rendu à la Chaumière aux Coquillage et avait demandé à sa belle-sœur si sa famille pouvait héberger la sienne le temps que la crise prenne fin. Naturellement, Fleur avait accepté et dans l'heure qui suivit, elle fit un aller-retour express Angleterre-France et donna le feu vert à Ron, lequel partit aussitôt. L'inquiétude le rongeait. Pour avoir vu de très près les effets des Piliers Rouges, il n'arrêtait pas d'imaginer le pire. L'attaque fut si soudaine, si violente… Mon dieu… Ils ne pouvaient pas être morts, ils ne devaient pas être morts. La brutale disparition de Fred vingt ans plus tôt avait provoqué une douleur qu'il ne voulait plus jamais ressentir.

Fort heureusement, son père et sa mère furent épargné. Bien que relativement proches d'un Pilier, ils ont conservé toute leur tête. Molly faisait partie de ces quelques chanceux immunisés contre la magie ignoble des vampires et Arthur dormait à l'étage d'un sommeil de plomb. Ron adressa une prière silencieuse à tous les dieux qui pouvaient l'entendre pour avoir fait en sorte qu'aucun déments ne soient venu leur rendre une petite visite. Il ne prit même pas le temps de leur expliquer la situation (Fleur s'en chargera surement) et envoya ses parents directement au domaine des Delacour via un portoloin. Peu après, il envoya des patronus en Egypte et en Roumanie pour enjoindre Bill et Charlie à se rendre directement en France et ne surtout pas passer par l'Angleterre. Il se rendit ensuite au Ministère pour prévenir Percy. Il se servit de sa position de directeur pour le faire sortir sans crainte de répercutions pour sa carrière (désespérant, le grand frère) et sa femme et lui transplanèrent pour la France en fin de mâtiné. Il se rendit ensuite chez les parents d'Hermione. Les convaincre de partir ne fut pas trop difficile d'autant qu'ils avaient plusieurs connaissance en France et de très bon rapports avec les Delacour. En restait plus que deux. Et c'est là que les ennuis avaient commencé.

Impossible de mettre la main sur Ginny et George.

Il craignait le pire. Il n'avait trouvé qu'Angelina, rongée par l'inquiétude, lorsqu'il s'était rendu chez son frère. Elle n'avait plus aucune nouvelle de son mari et étant donné la situation, « ne plus avoir de nouvelle » était souvent synonyme de « présumé mort », ce que ni Ron, ni Angelina ne pouvait tolérer. George était au Chemin de Traverse lorsque les attaques avaient commencé. Ron sentit son estomac se nouer lorsqu'il entendit ces mots. Il avait vu ce qui s'était passé au Chemin de Traverse durant les évènements du 22 Décembre. Les déments avaient dévasté cet endroit, ne laissant derrière eux que ruine et cadavre. Avec un frisson, il se rendit compte qu'il n'avait même pas pensé à vérifier la boutique de son frère ; après tout, il n'avait eu aucune raison de le faire. Le 22 décembre était un samedi, la boutique était fermé, il n'avait donc rien à faire là-bas. Il se rendit compte de sa terrible erreur et après avoir convaincu Angelina de partir (ce ne fut vraiment pas une mince affaire), il transplana pour Londres et plus particulièrement pour St Mangouste. Inutile de se rendre au Chemin de Traverse, les forces du Ministère ont déjà dû s'occuper des blessés et des morts. Autant se rendre directement à l'hôpital ; s'il s'était vraiment trouvé dans sa boutique aux moments des attaques, c'est là-bas qu'il avait le plus de chance de le retrouver.

En chemin, il songea à Ginny. Et une vague de colère enrobé de détresse le submergea. Qu'est-ce que cette folle pouvait bien fabriquer ?

Elle l'inquiétait bien plus que George. Profitant du chaos ambiant, il s'était servi d'un des précieux artefacts d'analyse du Département et avait enfin trouvé à qui appartenait le morceau d'étoffe qu'il avait déniché dans la ruelle derrière St Mangouste. Il ne fut presque pas surpris lorsqu'il vit le nom de Ginevra Weasley Potter s'inscrire sur le globe. Il n'avait donc pas rêvé. Ginny et Hermione se trouvaient bien à St Mangouste le 22 décembre. Pourquoi ? Il doutait que ce fut pour apporter leur aide aux médicomages, elles ne se seraient pas enfuies comme des voleuses. Un doute affreux l'avait traversé lorsqu'il s'était rendu compte que l'hôpital était le seul endroit de tout le pays à être relié directement au Ministère de la Magie. Il était alors allé au Département pour vérifier et il ne lui avait pas fallu longtemps pour se rendre compte que le bureau de Harry et le sien avaient été fouillé. Il en avait craché une bordée d'injure. Qu'est-ce que cette petite idiote avait derrière la tête ? Ginny n'écoutait jamais rien. En même temps, il la comprenait mais se lancer seule à la poursuite de Harry était du suicide vu les circonstances. Il avait lancé plus d'une douzaine de patronus lui intimant l'ordre de le contacter au plus vite et pour l'instant, il n'avait reçu aucune réponse. Il espérait que ce silence était dû à son caractère buté. Il ne pouvait se résoudre à l'autre option.

Et impossible de se renseigner auprès d'Hermione. Elle était rentrée à Poudlard probablement dans l'heure qui a suivi sa sortie du Ministère et toutes les communications entre l'école et l'extérieur étaient coupés. Il avait entendu dire que Wentkell avait instauré la loi martiale dans l'école et qu'en ce moment-même, des troupes françaises et espagnoles étaient en train d'investir le château. Plus personne ne pouvait sortir, ni entrer. Trop dangereux, d'après les portes paroles du cabinet du ministre. Trop dangereux… Se rendaient-ils compte que si les vampires décident d'attaquer l'école, ils mettront des enfants de onze ans à peine en première ligne ? Ils s'en rendaient compte de ça ?

Les enfants… La perspective de ne pas pouvoir les mettre à l'abri le taraudait. Poudlard lui faisait l'effet d'un piège mortel et il ne pouvait s'empêcher de penser à tout ce qu'il perdrait si la forteresse tombait. Hermione, ses enfants, les enfants de Harry, ceux de Percy et Audrey, de George et Angelina, de Bill et Fleur, et tout les autres, professeurs, étudiants, tant d'innocents dont le seule faute aurait été de se retrouver entre deux feux. Il rejetait violemment cette alternative. Il se remettait entièrement à son gouvernement que le bon sens ferait réagir à temps. Du moins, il l'espérait. Il l'espérait de toute son âme.

En attendant, il parcourait les couloirs suffocants de St Mangouste, craignant à chaque pas de tomber sur la chevelure rousse caractéristique de son grand frère, révulsé à la seule vision de ces silhouettes immobiles et sanguinolente recouvert de draps sales, terriblement inquiet par ce que lui réserve l'avenir. Vérifier que son frère ne se trouvait pas ici était l'une des raisons de sa présence à St Mangouste. L'autre commençait déjà à se faire entendre au détour d'un couloir.

« Mais puisque je vous dis que je peux me débrouiller tout seul, bordel ! »

Toujours aussi poli, à ce que je vois…

Essayant d'afficher un vague sourire, Ron entra dans la chambre. Cette dernière n'était conçue que pour trois personnes ; huit s'y trouvaient alité. Sur l'un d'eux, un homme proche de la quarantaine recouvert de bandage se débattait avec plusieurs médicomages, arguant qu'il n'avait rien à faire là, qu'il se sentait parfaitement bien (ce que Ron voulait bien croire, vu son énergie) et qu'il avait mieux à faire ailleurs, putain de bordel de merde. Sur l'un des autres lits, un autre homme, un poil plus jeune, le regardait avec un air sombre et demandait au med qui prenait sa température s'il pouvait changer de chambre. Le calme olympien du français n'étonna même plus le dernier des Weasley, il commençait à avoir l'habitude.

« Seamus ! cria-t-il à la surprise de ce dernier qui cessa aussitôt de se débattre. C'est pas bientôt fini, tes gamineries ? Je te rappelle que tu respirais à peine quand je suis venu te relever dans les rues de Londres. »

Finnigan le regarda d'un œil noir.

« Et je t'en remercie, Weasley. Seulement, comme tu vois, je vais bien. Mes brulures se sont résorbés, mes os sont ressoudés et mes organes remis en place. Alors, par les glandes de Merlin, peux-tu expliquer à ces andouilles qu'il est inutile de me garder là, que j'ai mieux à faire dehors et que mon lit serait plus utile à d'autre. »

Ron se frotta les yeux.

« Qu'en pense les médicomages ? demanda-t-il en se tournant vers les concernés.
- Dans son état, il est fortement déconseillé qu'il bouge, répondit un homme d'âge mur en s'essuyant la bouche. Ses blessures les plus graves sont en effet traitées mais il faut un peu de temps aux emplâtres magiques pour qu'ils prennent. S'il fait de trop brusques mouvements, il risque de rouvrir ses plaies.
- Et ça prendrait combien de temps ?
- Un jour ou deux tous au plus. »

Ron se tourna vers Seamus et fit un signe de tête en directions des meds.

« T'as entendu ? Alors tu vas être bien sage et attendre un jour ou deux avant de reprendre le boulot, pigé ?
- Quoi ? Pas question ? Je ne vais quand…
- Tu vas attendre, c'est un ordre, répliqua le rouquin en usant de son pouvoir de directeur. On a perdu suffisamment d'homme il y a deux jours ; hors de question que tu nous claque entre les pattes parce que tu n'as pas voulu attendre que tes plaies cicatrisent. » Et comme Seamus ne semblait pas totalement convaincu, il ajouta : « Regarde Sauvray. Il est dans un état pitoyable mais il ne se plaint pas, lui. »

Seamus maugréa quelque chose au sujet de la prétendue couardise des français, ce qui expliquerait qu'il ne dise rien pour rester bien au chaud à l'intérieur d'un l'hôpital, ce à quoi, Lucas rétorqua que dans le domaine, les anglais n'avait rien à leur envier. Plusieurs heures plus tard, Ron aura une longue conversation avec lui, notamment au sujet de ses nouvelles affectations au sein de la cellule d'enquête. C'est là entre autre qu'il apprendra la perte totale du camp qu'il dirigeait et la gravité de ses blessures, bien supérieurs à celle de Seamus. Dislocation de la colonne vertébrale, brûlure magique sur presque la moitié du corps, bras fracturé, hémorragies multiples… Il avait de la chance d'être un sorcier ; il serait né moldu, il serait devenu, au mieux, un légume. Son état ne lui permettait pas de reprendre le combat, ses supérieurs le lui ont interdit, une nouvelle qu'il semblait prendre avec sérénité, presque avec soulagement. Ron se demanda une nouvelle fois de quoi ils avaient parlé, Vogel et lui, une semaine auparavant et pourquoi les nouvelles consignes de l'Egyptien ne le surprenaient pas. Mais comme à chaque fois, Ron ne chercha pas à savoir. Ils vivaient dans un monde de secret et il valait mieux avoir toutes les cartes en main lorsque l'envie d'en dévoiler un se faisait présente.

« Qu'est-ce que tu fiche ici, Weasley, grogna Seamus en se rallongeant dans son lit après dix bonnes minutes de négociation. J'imagine que ce n'est pas uniquement pour prendre de nos nouvelles.
- Et pourtant, si, mentit-il avec conviction (il refusait de leur parler de George). J'avais une minute entre deux corvées, je suis venu voir si vous n'étiez pas mort.
- Et t'as rien de mieux à faire, railla Seamus.
- Si, justement, et il a déjà perdu trop de temps. »

Ron se retourna vivement au son de la voix et vit un véritable revenant. Vogel se tenait dans l'encadrement de la porte, le teint pâle, le regard cerné. Si Ron avait une mine de déterré, Vogel semblait mort depuis plusieurs décennies. Ces yeux durs comme la pierre lui firent même un peu peur.

« Tu as une seconde, j'ai à te parler. »

Son ton n'autorisait aucune réplique. Ron le suivit dans le couloir, sous les regards neutres et estomaqués de Sauvray et Finnigan, avec l'impression d'être un jeune garçon sur le point de se faire méchamment engueuler.

Ils s'arrêtèrent en plein milieu du couloir, dans un vacarme assourdissant. Vogel fit un geste vague de la main et le boucan baissa un chouia. Sortilège Assurdiato, probablement. Il se tourna alors vers lui. Sa voix vibrait d'impatience.

« Où on en est ? »

Ron plissa légèrement les yeux.

« Tu pourrais préciser ?
- Ne joue pas à ça, fit-il d'une voix tremblante. On en est où ?
- Tu parle de la cellule d'enquête, j'imagine ? »

Vogel ne prit même pas la peine de répondre. Ron se mordilla la lèvre.

Il n'osait pas avouer à l'Egyptien qu'il avait totalement oublié. Vogel lui avait donné un objectif simple (enfin… simple, question de point de vu) : reformer la cellule d'enquête, c'est-à-dire convaincre Morgane, Alister Craws, Harvey Stone, Joanna Galys, Bridget Bell, Casius Ogden, Samantha McKinnon et Jerry Bones de les rejoindre de nouveau, en dépit du fait que celui qui les avait sollicité la première fois était un traitre. Contrairement à ce qu'il avait cru, il n'a pas eu de grosse difficulté à convaincre les trois agents de la Sécurité Intérieur. Stone, Galys et Bell ont même accepté un peu vite à son gout. Mais l'important, c'est qu'ils soient revenus parmi eux. Les autres, par contre… Avec les évènements du 22 Décembre, il avait totalement oublié de s'en occuper.

« Alors ? »

Ron le regarda dans les yeux. Autant répondre franchement.

« Navré, Vogel, je n'ai pas eu le temps de m'en occuper. J'ai été un peu… débordé ces derniers jours et essayer de rameuter des fantômes est une corvée que j'ai préféré mettre de côté. Car oui, au cas où tu ne le saurais pas, les derniers sont plus que galères à retrouver. Morgane a quasiment disparu de la surface du globe depuis que Dawlish l'a mise à pied après son petit scandale. Craws ne veut plus entendre parler de nous. Ogden et McKinnon sont portée disparus depuis le 22 Décembre et présumés morts sous les décombres de Gringotts. Quant à Bones, fidèle à la réputation des Langues de Plombs, il n'est pas facile à approcher. Alors, oui, je suis désolé, mais au risque de me répéter, je n'avais pas le temps. »

Vogel se frotta les yeux. Il avait réellement du mal à calmer son impatience, Ron ne l'avait jamais vu comme ça. Il était si calme d'ordinaire.

« Pas le temps… Oui, je dois avouer que c'est bien jouer, vraiment bien jouer… »

Ron n'était pas sûr qu'il s'adressait à lui.

« Euh… Vogel ? »

Il se redressa brusquement, comme s'il venait de se réveiller. De nouveau, son regard lui fit froid dans le dos.

« Oui, oui… désolé, j'étais perdu dans mes pensées. » Il se passa la main sur le visage. « Le temps… Comprend bien une chose, Weasley : on ne peut plus se permettre de le perdre. Plus maintenant. Il faut que tu termine le travail dans les plus brefs délais. Je veux que la cellule d'enquête soit réunie avant la prochaine attaque.
- Il y aura donc une autre attaque ?
- Evidemment. Et tu le sais. »

Naturellement qu'il le savait.

« Il y a une chose que j'ai du mal à comprendre. Pourquoi eux ? Je veux dire, pourquoi est-ils indispensable de les réunir eux et pas d'autres ? Les services de Bones, McKinnon, Ogden ou Craws regorgent d'éléments au moins aussi précieux. Pourquoi se fatiguer à rassembler ces gaillards-là. »

Vogel poussa un soupir.

« Il est encore trop tôt pour te le dire. Sache seulement que c'est primordial. Il est indispensable que ce soit eux et personne d'autre, c'est clair ?
- Pourquoi ? insista-t-il malgré tout.
- Ne cherche pas à savoir. »

Ron serra les dents. Il comprenait la nécessité du secret dans ce qu'ils étaient en train de faire mais il était l'un des cerveaux de l'opération, bon sang, et il avait la désagréable impression que Vogel lui cachait des éléments très important. Pire que tout, il avait la sensation que Vogel se servait de lui. Et cela le révulsait, d'autant qu'avec ses disparitions à répétitions, il lui faisait de moins en moins confiance.

« Inutile d'insister à ce que je vois, dit-il d'un ton acerbe. J'imagine que Harry avait de bonnes raisons de les vouloir dans son équipe. »

Vogel ne répondit pas.

« En parlant de Harry, on fait quoi ? Cela fait presque une semaine qu'il a disparu.
- Je me charge de Harry. Ne pense qu'à ton objectif.
- Plus facile à dire qu'à faire. Il s'agit qu'en même de mon meilleur ami et j'aimerai bien savoir où tu en es. »

Vogel tergiversa un long moment avant de se décider à lui répondre.

« Pour le moment, nulle part. J'attends un objet qu'un très vieil ami est censé me remettre. Mais le 22 Décembre a largement changé la donne et il a prit énormément de retard. J'espère l'avoir avant la seconde vague d'attaque de la Confrérie. J'espère également que l'objet est toujours intact.
- Et c'est quoi, cette objet ?
- Il est préférable que tu n'en sache rien. Le nom ne te dirait rien mais ce ne serait peut-être pas le cas de notre ennemi et je préfère éviter une fuite malencontreuse.
- Je vois. Difficile de parler de confiance dans ce cas.
- La confiance est un luxe bien trop cher aujourd'hui… »

Brusquement, Vogel lâcha un cri de douleur. Son bras gauche fut pris de contraction douloureuse, les larmes montèrent aux yeux de l'Egyptien, ses traits se tordirent en un cri silencieux. Lorsqu'il parla, sa voix était chevrotante.

« Je dois partir. Ecoute-moi bien, Weasley, je ne me répèterai pas. Il faut que tu termine le travail le plus vite possible. Lorsque ce sera fait, envoie-moi un patronus, peu importe l'endroit, peu importe le moment, c'est clair ? Bon, une fois que je serais parti, retourne dans la chambre et transmet un message à Sauvray de ma part. Dis-lui… Dis-lui que celui qu'il attend sera à l'endroit prévu avec une heure d'avance. Et qu'il n'a pas intérêt à rater le rendez-vous. Dis-lui également que maintenant qu'il a le temps, il a intérêt à se mettre au travail au plus vite. Qu'il m'envoie des patronus régulièrement pour m'informer de la situation, il comprendra. Parle également à Finnigan. Dis-lui tout ce que tu sais au sujet de la cellule d'enquête et qu'il fait désormais équipe avec Sauvray. Quant à Sauvray, dis-lui de lui faire confiance autant que possible. Ah, et dis-lui aussi de se tenir prêt. Un jour ou l'autre, je vous enverrai un message, à tout les deux ; vous devrez rappliquer dans les dix minutes qui suivront. Je ne plaisante pas, c'est très important.
- Vogel, est-ce que… »

Mais une nouvelle douleur le jeta presque à terre. Une foule de question se bousculait dans la tête de Ron mais il n'eut pas le temps d'en formuler une seule. Dans un souffle, Vogel se releva et commença à s'éloigner.

« Fais ce que je te dis comme je te le dis et ne pose pas de question. Dis-toi seulement que c'est important. »

Il s'éloigna. Ron s'apprêtait à le rattraper lorsqu'il se retourna subitement.

« Dernière chose : lorsque tu auras un moment, va dans la chambre 16, au deuxième étage.
- Et pourquoi ?
- Ce qui s'y trouve devrait te libérer d'un poids. »

Ron n'eu pas le temps de demander des explications. La seconde d'après, en un souffle, Vogel disparu dans la foule. Immobile, le bras tendu, le cadet des Weasley était de plus en plus perdu.

Mais c'est quoi, ce délire ?

Manoir Malefoy, 29 décembre 2018

« Je refuse de continuer ! »

La voix métallique de Sockworth lui traversa la tête comme une lame chauffée à blanc. Drago avala son verre de whisky pur feu d'un trait. Il nourrissait l'espoir fou que cette nouvelle rasade d'alcool ferait taire la douleur sourde qui le laminait depuis plusieurs jours. Mal lui en prit. Son bureau tangua fortement lorsqu'il essaya de se retourner. Il vit à peine le meuble croulant sous les débris, les morceaux de journal vantant sa grandeur d'âme et les multiples rapports de son espion. Par contre, ce qu'il vit parfaitement, c'est les éclats de colère dans le regard sombre de Dashel.

« Je me fout royalement de ton avis, dit-il d'une voix pâteuse. Contente-toi de faire ce qu'on dit, et c'est tout. »

Il se versa un autre verre. Le cliquetis du goulot sur le bord du petit récipient en cristal l'empêcha d'entendre les pas de Sockworth derrière lui. Il ne se rendit compte de sa présence qu'une fois que sa main eut projeté l'objet sur le sol. Drago se tourna vivement. Il était à moins de trente centimètre de Dash et l'espion dût prendre sur lui pour ne pas faire un pas en arrière tellement l'haleine de son patron puait l'alcool frelaté.

« Non mais pour qui tu te prend ? cracha Drago. Aurais-tu oublié qui je suis ? Dois-je te rafraichir la mémoire, misérable pantin ?
- Je n'ai pas oublié qui vous étiez, répondit Dash d'un ton égal. Mais je ne reconnais pas ce que vous êtes devenu. »

Drago le regarda les yeux brillants, comme s'il cherchait à donner un sens aux mots qu'il entendait. Puis un sourire moqueur le défigura.

« J'avais oublié pourquoi mon paternel t'avais engagé… » D'un pas titubant, il alla sortir un autre verre du placard. « Dis-moi, ça fait combien de temps que tu travaille pour l'Ordre ?
- Presque seize ans, répondit Dash les dents serrés.
- Treize ans… 2002, alors. Tu fais donc partie des tous premiers. Les vieux briscards, comme on les appelle…
- Où voulez-vous en venir ?
- Nulle part précisément. Je tenais seulement à connaitre la valeur de l'homme dont je risque d'ordonner l'exécution pour insubordination. » Le ton était d'une indifférence ahurissante. « En tant que briscard, ce serait une erreur de te tuer ou non ? C'est vrai que dans un sens, étant donné que vous êtes si peu nombreux aujourd'hui…
- Vous ne pouvez pas. Seul Père peut ordonner une exécution. »

Drago eu un grand sourire. « Ah, si tu savais… »

Dash sonda le regard de son maitre avant de pousser un long soupir las.

« Et bien, soit. Allez-y, faites-moi disparaitre. Après tout, j'imagine que vous n'aurez aucun mal ensuite à expliquer à votre oncle pourquoi je ne peux plus lui fournir d'information et vous n'aurez bien évidemment aucun mal à trouver le sbire idéal pour terminer le plan aberrant que vous m'avez fait commencer. C'est vrai que l'Ordre regorge d'espion compétent ces derniers temps… »

Drago éclata de rire. Un rire franc qui déstabilisa légèrement Sockworth.

« Direct, froid et cynique… Pas de doute, je sais pourquoi tu es là. »

Il avala son verre cul sec et tituba légèrement vers Dash.

« Dis-moi, en seize ans de temps, t'ai-je donné une seule fois l'occasion de douter de moi ?
- Non, monsieur, répondit-il après un moment. Faut dire aussi que je n'avais jamais eu l'occasion non plus de vous voir ivre.
- Faudra t'y faire. Mais n'oublie pas une chose, je sais très bien ce que je fais.
- Permettez-moi d'en douter. »

Drago le fixa d'un air mauvais. Sans se démonter, Dash pointa un index rageur sur les journaux et les rapports de mission qu'il avait lui-même rédigé.

« Que je vous fasse des copies des informations que je donne à votre oncle, ça, encore, je peux comprendre. Je vous les aurais fournis même si vous ne me l'aviez pas demandé. Ce que je ne comprends pas, c'est la mascarade que vous êtes en train de jouer aux larbins du Ministère. Je comprends l'intérêt de se faire bien voir. Si les principaux membres de l'Ordre n'étaient pas aussi populaires, cela ferait longtemps que nous ne serions plus là. Je comprends ça mais pas le reste. Dix milles gallions ! Vous avez ponctionné dix milles gallions à l'Ordre pour apporter votre contribution à la nouvelle coalition militaire Sorciers/Moldus. Dix milles gallions pour secourir les malheureuses victimes du 22 Décembre. Dix milles gallions donnés de bon cœur aux ennemis de votre oncle ! Et puis, il y a ce que vous m'avez demandé. La mise en place d'un réseau d'informateur au Département des Aurors, les chantages, les fausses preuves… Ca ne me pose pas problème, je le fais depuis des années. Non, ce qui m'inquiète, c'est le but de tout ça et je me demande si vous avez encore toute votre tête, monsieur. C'est pour ça que je préfère prendre mes précautions. Je refuse d'être plus longtemps dans le collimateur de votre oncle. Si vous voulez vous détruire, allez-y mais faites-le seul. »

Drago ne répondit pas tout de suite. Il prit le temps de bien analyser ce que son meilleur élément venait de lui cracher à la figure, de bien se remémorer la semaine qui venait de s'écouler, la semaine la plus étrange de sa vie.

Les sept derniers jours de sa vie se sont écoulés comme dans un rêve. Drago n'aimait pas ce qu'il était en train de devenir mais il ne se sentait pas capable d'arrêter. Après l'horreur du 22 Décembre, après les abominations que son oncle s'était fait un devoir de partager avec lui, il ne parvenait plus à réfléchir sans sa dose. Il se sentait dériver, il se sentait devenir une loque mais aussi paradoxal que cela puisse paraitre, il devait garder l'esprit clair, net de toute terreur, pour mener son plan à terme. Après, advienne que pourra. Que ce soit dans les effluves de l'alcool ou sous les coups de boutoir de Lestrange, il se moquait bien de mourir. L'important était d'en finir.

Il avait commencé par prendre ses précautions. Miraculeusement épargné par le sortilège inhumain des vampires, Megalyn était partie. Elle refusait de rester dans cet enfer, de voir sa famille mourir à petit feu, et Drago la comprenait. Au fil des mois, elle lui faisait l'effet d'une étrangère. Il ne se souvenait plus de la dernière fois où ils avaient couché ensemble, où ils s'étaient embrassé, où ils s'étaient parlé. Par Salazar, il ne se souvenait même plus de la dernière fois où il l'avait touché. La Confrérie de Minuit l'avait littéralement avalé. Megalyn l'avait vu disparaitre, cet homme qu'elle avait haïe avant d'apprendre à l'aimer, et elle ne supportait plus de vivre sous le même toit qu'un déchet humain incapable de dormir sans un gramme huit d'alcool dans le sang. Drago n'essayait même pas de remonter la pente. Il ne la voyait plus, ne la considérait plus. Autant s'éloigner. Pour le moment. Drago s'est conforté dans cette idée. Plus elle sera loin, mieux ce sera. Elle n'avait pas à s'inquiéter pour Scorpius. Il se trouvait à Poudlard, derrière l'incroyable défense que le Ministère avait érigée tout autour de l'école. Et puis, même en cas d'échec, il ne lui arriverait rien. Drago avait presque vendu son âme à Lestrange pour qu'il ne lui arrive rien, il avait quasiment sacrifié l'Ordre, pour préserver son unique enfant de la folie de sa famille. Et s'il y a bien une chose qu'il comptait conserver, c'était cet accord. Quitte à en souffrir.

Le départ de Megalyn pour les Amériques, sa terre natale, l'avait soulagé, à vrai dire. S'il devait disparaitre, la savoir loin de cette horreur serait plus facile pour lui. Quant à Scorpius, il savait que des gens biens s'occuperaient de lui. Non, il s'était libéré d'un poids. Maintenant, il allait enfin pouvoir agir à sa guise.

Après s'être assuré que tous ses biens reviendraient à Megalyn et à Scorpius, il avait mis son plan en exécution. Il ne pouvait plus attendre. Plus après avoir vécu le 22 Décembre. Il avait vu les batailles, ils avaient assisté de loin à ses immondes boucheries, Lestrange s'était servi sans vergogne de son pouvoir sur lui, ils l'avaient placé dans la peau des soldats vampires et par leur biais, il a connu l'enfer. Un cadeau, c'était ce terme qu'avait employé son oncle pour qualifier ce qui lui faisait subir. Drago ne voyait là qu'une énième preuve de sa cruauté. Il n'aurait jamais cru que la rancœur de Rodolphus envers sa famille était aussi grande ; l'ancien mangemort prenait un réel plaisir à faire souffrir les derniers membres de sa fratrie, comme s'il avait quelque chose à venger. Drago essayait de tenir, vaille que vaille. Il devait tenir, c'était tout ce qui lui restait. Ca et son plan. C'était bien le seul avantage de ce traitement, il ne faisait que le conforter dans son idée.

Il ne serait le pantin de personne. Il avait baissé la tête depuis trop longtemps. Il avait suivit les traces de son cher père et voyez où ça l'a mené. Cela ne peut plus durer. Il ne peut s'en sortir, il le sait. On n'échappe pas à la Confrérie de Minuit. Mais à défaut de s'en sortir, il peut les entrainer dans sa chute.

Quitte à mourir, autant le faire dignement.

Autant le faire libre.

Ce ne sera pas facile. Il n'était pas Sockworth et la Confrérie de Minuit n'était pas le Ministère. Comment vaincre ces monstres ? Seul, il n'y arriverait pas. Il avait besoin du Ministère. En tant que membre influent de l'Ordre, il avait accès à certaines informations qui devrait faire le bonheur des Aurors. Mais comment le leur remettre sans détruire sa couverture ? Les vampires de la Confrérie le terrifiait ; à chaque fois qu'il était en présence de son oncle, il avait l'impression d'être violé dans son intimité, comme si la plus infime de ses pensées étaient connu de ces monstres. Il espérait de tout cœur que ce n'était qu'une impression car sinon ses jours étaient comptés. Les efforts de Dashel Sockworth pour préparer le terrain ne serviraient à rien et les multiples dons qu'il avait faits au Ministère afin de donner le change et d'avoir accès à certains cercles du Ministère seront récompensés à titre posthume. Pour être honnête, il s'attendait à mourir à chaque seconde. Il était persuadé que d'une façon ou d'une autre, la Confrérie savait ce qu'il préparait et qu'elle prenait un plaisir sadique à lui donner de l'espoir avant de le faire taire. En attendant, Drago continuait. Il ne lâchait rien. Patiemment, il préparait le terrain, il sélectionnait soigneusement ceux qui pourrait lui servir, il élaborait des plans, attendait le bon moment. Il faisait tout pour rester invisible. Il faisait tout pour avoir la peau de la Confrérie. Une entreprise qui avançait à tâtons mais qui avançais néanmoins.

Il comprenait le désarroi de Dash. Sockworth était l'un des plus vieux membres de l'Ordre et du point de vue de Drago, son seul espion valable. Un soldat dévoué, diablement intelligent dont l'intégrité à plus d'une fois été mise à rude épreuve mais qui n'a jamais baissé les bras, jamais. Drago espérait qu'il serait un allié de poids, un allié fidèle et inflexible mais il ne pensait pas qu'il éprouvait une telle terreur à l'encontre de Lestrange. Il pensait se servir de lui encore un peu puis, une fois qu'il serait sûr de mettre la machine en branle, il se débarrasserait de lui. De toute façon, l'Ordre étant mort, il ne lui serait plus d'aucune utilité.

« J'ai encore besoin de toi, Dashel, murmura Drago. Il reste encore deux ou trois points importants à régler.
- Ce que vous faites est dangereux, cracha-t-il. Ca va nous péter à la figure avant même que l'on ai compris ce qui nous arrive. Et sans vouloir vous vexer, je n'ai pas envie de suivre les traces de Reeve.
- Ne t'inquiète pas, tu ne les suivras pas. Ton rôle dans cette histoire est bientôt achevé.
- A quoi ça vous sert de faire ça ? La Confrérie va l'emporter, vous le savez aussi bien que moi. A quoi bon vous en faire un ennemi ?
- Tu ne comprendrais pas.
- Serais-ce à cause de la Salle Close ? Auriez-vous peur de ce qu'ils risquent d'y trouver ? »

Drago ne répondit pas tout de suite. Il ne savait pas trop quoi penser de cette histoire.

La Confrérie de Minuit ne s'intéressait au Ministère que pour une chose : la Salle Close. Cela faisait des semaines que Sockworth faisait son possible pour ramener le plus d'information possible à son sujet. Ce que Drago n'avait pas totalement comprit. Il n'avait pas peur de ce que la Confrérie pouvait trouver là-dedans étant donné que personne ne sait ce qui s'y trouve. La Salle Close porte ce nom du fait qu'elle est impossible à ouvrir. La force magique qui la scelle est telle que personne encore n'est arrivé à la contourner. Les Langues de Plombs travaillaient d'arrache-pied à la déverrouiller mais pour l'instant, la Salle Close n'était qu'une porte dans le grand hall du Département des Mystères et rien d'autre. Non, Drago n'avait pas peur de ça. Pas pour l'instant.

« Ne cherche pas à savoir. Contente-toi de faire ce que je te dis. »

Sockworth le regarda en secouant la tête, une moue méprisante sur le visage. Il s'apprêtait à répliquer lorsqu'un courant d'air froid le pétrifia sur place. Il se retourna vivement et ouvrit des yeux ronds lorsqu'il vit la haute silhouette de Rodolphus Lestrange dans l'encadrement de la porte. Il souriait comme à son habitude. De son petit sourire de requin.

« Je dérange peut-être ? »

La question n'impliquait aucune réponse affirmative.

« Bien sur que non, répondit Drago avec une emphase aviné détestable. Entrez donc, mon oncle. J'en avais fini avec lui de toute façon. »

Dash lui jeta un dernier regard dégoulinant de pitié et transplana.

« Alors, que me vaut votre visite ? »

Aucune peur, aucune retenue. Drago avait le temps de s'y faire, à la présence glaçante de son oncle. Rodolphus ne semblait pas s'en formaliser, par ailleurs.

« J'ai peu de temps devant moi, je passe juste te prévenir. Histoire que tu préviennes tes larbins. On en a perdu beaucoup trop lors de la dernière vague.
- Les prévenir de quoi ?
- Mais de la prochaine attaque, voyons, répondit Lestrange en souriant de toutes ses dents. Dans trois jours, aux premières lueurs de l'aube. Le spectacle promet d'être intéressant, ne sois pas en retard.
- Ah, mais je ne manquerais ça pour rien au monde, rétorqua Malefoy avec morgue.
- Bien, je viendrais donc te chercher à l'heure prévue, ne me fait pas attendre. Je suis sûr que tu as hâte de voir ce que va donner tes dix milles gallions, non ? »

Drago ne répondit pas.

« A dans trois jours, mon neveu. »

Il transplana, ne laissant derrière lui qu'un souffle nauséabond.

Drago vida son verre. Sa main tremblait. Il allait lui falloir bien plus qu'un verre pour supporter cette nuit. Il se tourna vers la fenêtre.

Trois jours…