Il s'est mis à faire noir...
– Scott, sérieusement ? Tu devais aller faire quelques courses, ce n'était pas la Lune, non plus ! S'exclama Stiles en levant les yeux au ciel, agacé.
Son meilleur ami, face à lui, se frotta l'arrière de la tête, avec une moue gênée, son casque de moto dans l'autre.
– Désolée, mais... J'étais avec Deaton...
– Est-ce qu'il a dit quelque chose ? Est-ce qu'il a trouvé une solution ? S'emballa immédiatement une voix derrière eux.
C'était Derek qui s'était subitement levé du canapé, se dirigeant vers eux. Stiles n'eut pas le temps de le prévenir qu'il allait se prendre le coin de la commode dans la hanche, et les deux jeunes invités grimacèrent en même temps, alors que Derek essayait de faire comme si de rien n'était.
– Euh, non.. Il a continué ses recherches, et contacté quelqu'un dans l'Ohama. Il ne m'en a pas dit plus. On a surtout... Surtout évoqué... Deucalion.
Stiles fit un demi-tour théâtral en levant les bras, alors que Derek grognait :
– Nous n'avons pas besoin de lui, lâcha-t-il catégorique.
– Bien, coupa soudainement l'hyperactif ayant retrouvé son sérieux. Je vais aller acheter de quoi remplir le frigo, dans ces cas-ci. Je vous laisse tous les deux...
– Uhm..., commença Scott avec un regard qui fut parfaitement clair pour Stiles.
– Tu as quelque chose de prévu, c'est ça ?
Le véritable Alpha fit un petit sourire, et s'éclipsa avec un sourire d'excuse. Est-ce qu'il venait juste de prendre la fuite ?!
– Il est sérieux ? S'exclama Stiles, les yeux écarquillés.
– Tu peux y aller, je vais me débrouiller.
L'hyperactif se tourna vers Derek, les sourcils froncés, avant de se mettre à considérer la proposition. Pouvait-il laisser Derek tout seul ? Sans risques ? Non forcément, il y avait toujours un danger quelque part... Mais il fallait qu'il apprenne à lui faire confiance, même si dans ce cas-là, Stiles n'était pas certain qu'il s'agisse de confiance.
– D'accord... Je me dépêche...
Et il était déjà dans la voiture, déjà sur la route, quand Derek lâchait enfin un soupir.
Chancelant, il essaya de se rattraper à la commode qui lui avait enfoncé la hanche toute à l'heure, mais il devait être plus loin que prévu car il tomba sur le sol dans un bruit mat. Immédiatement, Derek sentit sa gorge se serrer face à l'humiliation personnelle que cette nouvelle situation lui offrait. Comment avait-il pu ainsi se faire avoir ? Le destin se moquait-il à ce point de lui ? Il grogna en se relevant, mais sa tempe rencontra la commode, qui enfin était là. Il jura, frappa le meuble, sentant le bois craquer sous son poing.
Sérieusement... La nuit lui avait semblé éternelle, et le jour semblait aussi pire, alors qu'il l'avait attendu avec tant d'impatience... Il avait essayé de dormir, en se focalisant sur la respiration de Stiles, bien qu'elle soit un peu trop rapide pour ne pas trahir son inquiétude, mais cela lui avait fait un point d'ancrage... M'enfin, cela n'avait eu lieu qu'à ce qu'il pensait être le petit matin, quand ses tympans avaient enfin retrouvé leurs capacités originelles... Ce qu'il avait vécu les heures précédentes, il essayait juste d'oublier... D'enfouir la peur qu'il avait ressenti dans un coin de son esprit, et de l'enfermer... Mais la cage semblait vouloir s'ouvrir encore et encore, ne lui laissant que peu de répit. Oui, il était paralysé par la peur. Il était affolé, et son loup était incontrôlable. Le moindre sursaut réveillait la bête qui grattait pour sortir, qui essayait elle aussi de comprendre ce qu'il se passait. Et Derek ne savait pas comment continuer à gérer cela.
Non... Il étouffait. C'était comme si quelqu'un avait placé une corde autour de son cou, et qu'il ne pouvait plus rien faire. Il se sentait piégé dans une cage invisible.
Doucement, il leva ses mains pour trouver le bord du meuble et essayer de se relever en douceur. Certes, il connaissait bien le loft, mais il était tellement anxieux qu'il perdait sans arrêt le contrôle comme dans la cuisine lorsqu'il avait voulu faire quelque chose à manger pour Stiles afin de le remercier... Cela s'était finit... Par une crise de panique. De quoi encore heurter sa fierté de plein fouet… Maintenant, il fallait qu'il apprenne à gérer, surtout qu'il ne savait pas pour combien de temps il en avait avant que ses yeux ne se rétablissent… S'ils se rétablissaient un jour…
Enfin debout, Derek, soupira. Doucement, le bout de ses doigts glissa sur la surface en chêne du meuble, ressentant les moindres rainures que le temps avait creusé. Son soupir ne devint qu'un sanglot étouffé. Si sa famille le voyait, devenu tellement incapable de s'en sortir dès qu'il était déstabilisé, à la merci de la bienveillance d'un humain, sans savoir si la situation serait meilleure le lendemain ou si elle serait pire.
Et si Stiles ne revenait pas ? Après tout, cela serait compréhensible. Il n'était qu'un fardeau. Sans la vue, il était incapable de venir en aide en cas d'attaques, ou de problème même banal ! Pourquoi Stiles reviendrait encore ? Certes, peut-être avait-il encore un peu pitié de Sourwolf, mais Derek ne voulait pas de sa pitié. Non. Et si c'était vraiment cela, l'hyperactif ne supporterait pas longtemps de veiller sur l'aîné. Il finirait par s'en aller, par trouver une excuse. Scott avait déjà commencé, même si le véritable Alpha et l'ancien-alpha avaient été pendant plusieurs temps dans un rapport conflictuel, Derek sentait qu'aujourd'hui encore, le jeune homme peinait à lui faire confiance.
C'est avec peine et patience qu'il finit enfin par atteindre son lit, dans lequel il se glissa lourdement, épuisé physiquement et mentalement.
- Attrape ma main, Derek ! hurla une voix dans le noir.
Et l'interpelé tourna sur lui-même, cherchant d'où cela pouvait venir, essayant de calmer les battements effrénés de son cœur pour pouvoir percevoir cette présence.
- Derek ! hurla encore la voix, mais cette fois-ci l'intonation était bien différente…
Il pouvait sentir la peur et l'inquiétude envahir l'atmosphère, s'ajoutant à la sienne. Seigneur, pourquoi ne pouvait-il rien percevoir ? Ce n'était pas normal, il aurait dû pouvoir voir dans le noir, quelque chose clochait. Et soudain, une douleur fulgurante traversa ses yeux : il cria, portant ses mains à son visage. Il avait le sentiment de prendre feu, que son visage se mettait à fondre comme une bougie face aux flammes.
- Derek !
Et il reconnut la voix de Stiles. Mais il faisait toujours noir autour de lui, et la douleur était présente, fulgurante…
- Derek ! Derek, réveille-toi ! hurla de nouveau Stiles, mais il réalisa soudainement qu'il était juste à côté de lui.
Il bondit en avant, grognant, sentant son visage se métamorphoser. Il emporta avec lui le corps qui était près de lui. Il entendit le hoquet de surprise, mais ne réussit pas à penser correctement, chacun de ses membres tremblants.
- Derek.. Tu… Tu es chez toi, on est au loft… !
Le loup-garou sentit la chaleur que dégageait le plus jeune sous lui, il sentit le parquet lisse sous ses paumes, et l'air lui indiqua qu'il était bien chez lui, il pouvait sentir sa propre odeur partout autour… Son esprit fut de nouveau accaparé par la douleur à ses yeux, et il tira brutalement le bandage de fortune.
- Derek, non ! cria Stiles en se redressant sous lui, pour attraper les mains du plus vieux.
Celui-ci réagit enfin à sa présence, et glissa ses doigts sur les poignets du plus jeune, les yeux écarquillés, l'air hagard. Il glissa jusqu'à son visage, où il passa ses doigts sur chacun des traits qui dessinaient le portait. Stiles resta immobile, le souffle court. Derek était juste à califourchon sur lui, touchant son visage… Rien n'était anormal… Non… Pas du tout... Un peu quand même…
Puis, le loup-garou lâcha un profond soupir, et baissa la tête, les épaules voutées. Toucher le visage de Stiles, c'était comme ancrer la situation dans la réalité. Tout allait bien, il était chez lui, c'était bien Stiles en face de lui…
Mais pour combien de temps?
TO BE CONTINUED
Celui-ci était relativement plus court, mais plus intense, non?
Sinon, merci à tous pour vos commentaires. Pour les questions concernant le Sterek, le couple n'est pas établit ici, et je n'en dirais pas pluuuuuus !
