Chapitre 3
Le temps d'atteindre la maison de Bard, qui avait magiquement survécus à l'attaque du dragon, le boitement de Kili s'intensifia et Tauriel dut l'aider à grimper les escaliers qui menaient à l'entrée. Ce n'est pas comme si ça la dérangeait - même si dans le même temps ils ont conclus dans un accord silencieux que leur petit moment de passion, bien que non regretté, ne se répétera pas, ou ne sera pas mentionné, ils semblaient tout de même graviter l'un vers l'autre.
Ce baiser. Tauriel a déjà embrassé et fut embrassée par le passé, mais jamais comme ça. Aucun autre baiser partagé avec un autre elfe dans son premier siècle de vie dans ce monde ne lui sembla plus chaleureux, plus vrai, plus... bon. Bien que cela reste une mauvaise idée.
Pour l'instant elle préféra ne pas penser trop longtemps à ses sentiments. Ce qui est fait est fait, et elle craignait que si elle y réfléchisse encore, elle ne serait pas capable de tenir sa résolution de retourner à la forêt de Grand'Peur et de servir son roi.
Et alors qu'ils montaient les escaliers elle ne pouvait pas s'empêcher de se demander si elle ne commettait pas une terrible erreur en se séparant du nain avec lequel elle avait formé un lien. Et s'ils ne se revoyaient jamais ? Si elle ne revoyait jamais cet éclat dans ses yeux marrons, ne sentirait plus jamais la chaleur de sa peau contre la sienne ? Les Elfes étaient des êtres immortels et alors qu'ils voyaient autant de temps défiler que de vies, ils étaient forgés pour endurer autant de douleur sans tomber dans le désespoir. Mais Tauriel a aussi put observer des Elfes qui avait perdu tout espoir à un moment de leur existence, des Elfes qui sont devenus amer avec les regrets et la colère. Et si elle n'était pas capable d'enfouir ces dernières heures - ces heures qui ont éveillés en elle une flamme dont elle n'avait même pas conscience - facilement au fond d'elle ? La vie sans espoir de revoir un jour le visage de Kili, en sachant qu'il était quelque part dans ce monde, marchant sous les mêmes étoiles qu'elle. Ce serait sans aucun doute plus... sombre. Peut-être trop sombre pour pouvoir être enduré.
Et sa blessure l'inquiétait tellement. Elle baissa les yeux, notant son expression tendue. Il essayait de dissimuler sa douleur, mais elle le sentait comme s'il s'agissait de sa propre blessure. Pourrait-elle vraiment juste le laisser partir pour Erebor ? Et s'il tombait malade encore une fois ? Et si sa jambe le ralentissait et qu'il se faisait blesser ou pire, tuer ?
La panique agrippa le cœur de Tauriel. Elle s'arrêta soudainement, regardant Kili avec une expression de douleur sur le visage. Il lui rendit son regard avec la plus grande confusion, se demandant pourquoi elle ne bougeait plus.
Elle ouvrit la bouche pour parler.
"Kili-"
N'y va pas. Viens avec moi. Prend moi avec toi. Reste avec moi. Partons ensemble, quelque part où personne ne se souciera que nous sommes Elfe et Nain.
Avant qu'elle ne puisse exprimer aucun de ses mots, une voix apparus au-dessus d'eux.
"Tauriel. Finalement."
Legolas se tenait en haut des escaliers, son visage vide de toute émotion.
Tauriel chancela, lâchant presque Kili dans son mouvement. Elle resserra sa prise sur lui, mais Kili sentis son relâchement et fronça les sourcils, son regard naviguant de l'expression choquée de Tauriel, à l'indifférence de Legolas.
"Legolas" Réussi t-elle finalement à expirer.
"Je vois que tu as usé du temps où nous étions séparés pour soigner le nain." Répondit-il, sa voix n'exprimant pas un grand enthousiasme à cette idée.
Tauriel ne répondit pas immédiatement, choisissant soigneusement ses mots. Soudain Kili se dégagea de son bras et grimpa seul les dernières marches, essayant visiblement de retenir un quelconque signe de douleur ou de faiblesse dut à ses mouvements.
"Kili" dit-il à travers sa machoir serrée "le nain s'appelle Kili."
Avec un dernier regard pour Tauriel - colère, tristesse, incompréhension - il poussa la porte de la maison de Bard et disparus à l'intérieur.
Tauriel déplaça son regard de l'entrée dont Kili venait de disparaître, à Legolas, essayant de jauger son humeur.
"Ma" répondit-elle dans leur sindarin natal, gardant sa voix basse exprès. Puis continua en Sindarin "Comme tu l'as vu, je l'ai bien soigné. J'ai aussi participé à la destruction d'un gigantesque dragon."
Avec un grand soulagement elle nota un léger tique d'humour dans le regard de Legolas. Peut-être que ses actions n'ont finalement pas menés à la destruction totale de son amitié avec l'elfe comme elle avait put le penser avant.
"Tu apprendras, mon amie" répondit-il, son visage s'assombrissant un peu "que j'ai quitté cette maison il y a de cela des heures, te pensant derrière moi à me couvrir, tu le savais ? Si oui, tu peux facilement imaginer ma surprise quand j'ai enfin réalisé que tu n'avais apparemment pas l'intention de me suivre."
"Ma, mellon" confirma t-elle dans un souffle à son ami.
"Comment expliquer tes actions ?" Legolas continua sur le même ton autoritaire.
Tauriel l'observa, se tenant en haut des escaliers, elle vu en lui, et non pas pour la première fois ces derniers années, l'exact image de son père. Un prince, un futur roi - plus vraiment son compagnon de jeu lorsqu'ils étaient enfants. Mais toujours son ami.
Elle se tint droite, rencontra son regard. "Je crains ne pas pouvoir." dit-elle, sentant son visage rougir, mais gardant tout de même contenance. Si elle lui mentait, inventait une quelconque explication rationnelle pour être restée auprès des nains au lieu de le suivre loyalement, il saurait qu'elle ment de toute façon.
Legolas fut le premier des deux à briser le contact visuel, fermant ses yeux le temps d'une seconde. Il espérait vraisemblablement une autre réponse. Lorsqu'il parla de nouveau, il prit un ton relativement tendu. Il ne prenait visiblement aucun plaisir aux mots qu'il s'apprêtait à prononcer.
"Mon père ne sera pas juste énervé en entendant parler de ton comportement."
Les épaules de Tauriel s'affaissèrent. Mais Legolas n'avait pas encore fini. "Je te fais une offre. En tant que ton ami. Ton roi n'entendra pas parler de tes actions, à une seule condition."
Tauriel resta sur la défensive, pas vraiment sure de si elle voulait entendre ce qui allait arriver.
Legolas repris. "Tu retourneras à la forêt de Grand'Peur avec moi sans aucune autre forme de délai. Puis tu reprendras ta place de garde avec un changement. Je m'arrangerais pour que tu sois assignée en tant que garde personnel de mon père. Ce qui veut dire, que tu ne quittera jamais le palais du roi à moins qu'il ne le fasse lui-même. Et tu ne chevaucheras plus en dehors de nos frontières sous aucun prétexte. La défense de nos frontières sera reléguée à un de tes gardes."
Cette fois, ce fut Tauriel qui ferma les yeux un moment. Elle comprenait ce que cela signifiait derrière les mots. Tu reviendras là où je peux toujours te surveiller. Tu n'auras aucune chance de faire de nouvelles folies. Et plus important que tout, tu ne reverras plus jamais ce nain et son peuple.
Ouvrant de nouveau ses yeux, elle tenta de rester aussi impassible que possible. A sa plus grande surprise, elle n'aperçus pas que de la colère sur son visage face à ses actions, mais également un brin de compassion. Je suis désolé d'être celui qui le fait, mon amie, ses yeux semblaient dire.
Cependant, la compassion de son ami ne réduisait pas l'impact de ses paroles. Rester aussi proche du roi aussi longtemps était une assez grande punition - le fait qu'elle soit interdite de sortir à sa guise, était pire que tout. Tauriel n'avait jamais très bien vécu de devoir rester en place. Elle manquait de ce stoïcisme propre aux Elfes, qui semblaient capable de cette gracieuse inactivité.
Mais Tauriel savait également qu'elle n'avait aucun autre choix que d'accepter la condition émise par Legolas. Le choix de rentrer chez elle pris bien avant qu'il ne lui ait offert. La seule chose qui pourrait maintenant lui rendre ses prochains siècles supportables était de réparer son amitié avec Legolas. Tauriel n'avait pas énormément d'amis auprès des autres Elfes et après ça, ça ne changerait sûrement pas.
"Le hanna, mellon" remercia t-elle, tentant de retenir la peur et la tristesse dans sa voix. "Si je t'ai offensé je m'en excuse sincèrement. J'espère que tu admettras le tumulte de ces dernières heures ?"
Elle réalisa à ce moment que durant l'attaque du dragon l'idée que Legolas puisse être en danger ne lui avait même pas traversé l'esprit.
Il souris, visiblement soulagé face à son apparente acceptation de ses conditions. "Je ne dirais pas avoir aidé à tuer le dragon, mais j'ai libéré ce monde d'un certains nombres d'autres fléaux."
Tauriel acquiesça. "Je vois." Elle était soulagée de ce commun accord silencieux de ne plus parler de son insubordination jusqu'à ce que cela soit vraiment nécessaire.
Sans plus rien ajouter, Legolas rangea son arc sur son épaule et se prépara à descendre les escaliers.
Alors, Tauriel paniqua. Elle ne pouvait pas juste partir sans dire au revoir. Sa punition, une vie d'isolation et -possiblement- de regret, qu'elle devait endurer étaient bien suffisant, mais elle devait au moins faire ses adieux à Kili.
Legolas sentis son hésitation et la regarda fixement. Finalement il fronça les sourcils. Si sa dignité l'autorisait à lever les yeux au ciel il l'aurait probablement fait à ce moment là. "Nous devrions présenter nos respects à Bard avant de partir - il a rendu un grand service, non seulement à son village mais aussi à notre peuple lorsqu'il a abattu Smaug."
Tauriel grimpa les dernières marches, essayant de ne pas paraître trop enthousiaste. Elle était reconnaissante envers Legolas de lui donner l'opportunité de dire au revoir, même si elle lisait parfaitement entre les lignes : Ceci est la dernière fois que je tolérais ton amitié avec ces nains. Dit tes adieux, et fait en sorte que ce soit tes derniers.
Note de l'auteure: Plus de "Kiliel" à venir dans le prochain chapitre, l'amitié entre Tauriel et Legolas sera également un thème central dans les chapitres suivants, mais il n'y aura jamais aucune once de romance entre ces deux là. Au cas où vous vous demanderiez.
Note de la traductrice: Pfiou ! J'ai finis cette traduction à la suite des autres, il est actuellement 7:00 du matin. J'ai mérité mon petit-déjeuner. N'hésitez pas à laisser des commentaires, afin d'améliorer de quelconques coquilles de ma part. Ou bien si cela vous a plut, je les traduirais encore une fois à son auteure original.
Le sindarin que j'utilise ici est de ma propre volonté, l'auteure originale ne l'utilisant pas, et soulignant juste le fait qu'ils changeaient de langue. En revanche je n'ai pas voulu m'aventurer plus loin dans cette langue, ne la maîtrisant pas encore parfaitement.
Disclaimer: Le Hobbit appartient à J.R.R Tolkien et ses descendants, l'histoire originale à Amber815.
