Titre : Owari Da (C'est la fin en japonais)
Chapitre : 4
Auteur : Megami
Fandom : Naruto
Genre : Drame, romance, deathfic ...
Couple : SasuNaru
Rating : K+
Disclaimer : Pas à moi :(
Note : Je prends du retard dans la publication de mes fics, je suis vraiment désolée :( mais en ce moment, je manque de temps. Il est facile de publier celle-ci (elle est déja toute écrite XD) mais pour mon autre, ça devient difficile ...
Enfin, j'espère que ce chapitre vous plaira.
Laissez vos comm's :D, ça fera plaisir à Megami-chan quand elle rentrera XD !
Je n'avais cessé de l'observer durant ces derniers jours qui me séparaient de mon départ. Sasuke avait invraisemblablement changé. Du fait qu'il allait mourir sûrement. Ça me faisait mal au cœur mais même en tentant de lui parler mainte fois, je n'obtenais aucune marque d'affection de sa part.
Il était devenu ainsi, comme si il était mort avant le temps et que seule sa carcasse se déplaçait pendant qu'il psalmodiait quelques sarcasmes de temps en temps, par habitude sûrement.
Dans la chambre qui avait été élue mienne depuis quelque temps, je m'étais assis au bureau en tapotant sur celui-ci de mes doigts. Je n'avais rien à faire et rien à espérer. J'allais partir de cet endroit pour la volonté d'un mourrant qui me déchirait le cœur.
Ma tête s'affaissa contre ledit bureau et je regardais mes doigts pianotant frénétiquement contre le bois. Mon oreille coller contre le bureau, j'entendais avec résonance le bruit sourd que faisait mes doigts.
Les souvenirs affluaient en moi depuis. Je pensais sans cesse à Sasuke, non pas la loque qu'il était à présent mais le vrai Sasuke, celui qui était déterminé, qui ne se laissait jamais abattre, celui qui était mon meilleur ami, mon vrai meilleur ami.
Des perles d'eau pure dévalèrent mes joues et s'engouffrèrent dans mon cou sans que je puisse les retenir. J'avais mal, tellement mal.
J'avais l'impression d'être devant une impasse. Sasuke allait mourir, il exigeait que je parte sans raison précise et ne m'aimait plus ni amicalement ni autrement.
Ce soir, je devais partir comme prévu même si mon cœur me faisait mal à en crever.
Je me levais dudit bureau et marchait, comme à moitié assommé, jusqu'à la sortie de ma chambre. Là dans le couloir, je me fis bousculé par Inari qui transportait un bol de soupe puis par Tsunami qui transportait une grande quantité de couverture.
Je ne pus poser une question qu'ils disparaissaient dans la chambre de Sasuke.
Ma curiosité piquée à vif, je les suivis jusqu'à la chambre du taciturne.
Je restais en retrait, regardant de loin la scène dramatique se déroulant devant mes yeux …
Tsunami passait une tonne de couverture sur le corps de Sasuke, Inari venait de poser un ligne mouillé contre le front du taciturne et un homme en blouse blanche, plus précisément un médecin du village, était à son chevet, à l'examiner comme un objet quelconque. Au coin de la pièce, Tazuna, tout comme moi, restait impuissant, l'air inquiet. Son regard croisa le mien puis il me fit un signe de main afin que j'entre à mon tour. Son regard se fit dur sur le mien et je compris que les paroles qu'il allait prononcer, seraient de même mesure. Je me présentais lentement vers lui comme si chaque pas me rapprochait d'une tristesse imminente. Il se racla la gorge et finalement m'annonça, son regard posé sur Sasuke pour me prouver que le sujet de sa phrase allait être le taciturne :
- Naruto, j'ai bien peur de devoir t'annoncer une mauvaise nouvelle …
Je retenais mon souffle tandis que mes poings se serraient à en faire blanchir mes phalanges et que mon cœur battait comme les ailes d'un papillon emprisonné.
- Sasuke ne va pas bien du tout, continua t'il lentement, c'est arriver souvent mais … on ne sait jamais si il va s'en sortir oui ou non. Il ne fait preuve d'aucune volonté de vivre et chaque fois, ça relevait du miracle …
Ne pas pleurer, ne pas pleurer, ne pas pleurer …
- Le docteur Etsumi fait de son possible, crois moi mais Sasuke est vraiment dans un sal état …
Ne pas pleurer, ne pas pleurer, ne pas pleurer …
- Prépare toi mentalement, Naruto …
Ne pas pleurer, ne pas pleurer, ne pas pleurer … mince, je ne tiendrais jamais ! Et tous mes principes ? Où sont-ils ? Je ne peux pas, je ne veux pas, je ne dois pas … pas pleurer, ne surtout pas pleurer. Tous ses sanglots et ses larmes me restent en travers de la gorge. Je ne dois plus respirer sinon je vais pleurer … je ne veux pas pleurer, je ne dois pas pleurer …
J'ai mal si mal, trop mal … je voudrais crier, crier à plein poumon ma douleur … je ne dois pas, ne veux pas … pleurer …
J'hoche la tête vers le vieux Tazuna alors que mes traits se déforment de ma tristesse.
- Je … je veux … veux être … seul, oui … seul, murmurai-je en étouffant un sanglot.
Alors je m'enfuis, je fuis cette scène de ma vie si atroce, cette source de tristesse. Il se fouaitt de moi pourquoi devrai-je pleurer pour lui ? Pourquoi je me sens si mal pour lui ? Pourquoi mon cœur me serre si fort, pourquoi mon ventre est noué, mes membres tremblants et une citrouille énorme semble se mettre en travers de ma gorge ? Pourquoi devais-je ressentir tout ça pour lui ? Sasuke ne le mérite pas, pas du tout. Je ne veux pas pleurer …
Mes poings rencontrèrent le mur dans un geste violent alors que mes yeux s'emplissaient brusquement de larmes qui coulèrent sur mes joues en grande quantité. Pourquoi pleurai-je … pourquoi …
Mes jointures étaient ensanglantés et je laissais tomber mes bras le long de mon corps pendant que mon front d'appuyait au mur.
- 'Tain tu me fais chier, Sasuke !
Personne ne dut m'entendre mais je devais prononcer ses paroles pour les immortaliser à jamais dans le vent du son. J'aurais voulu hurler à la façon d'un chanteur de hardcore, toute la rage que mon corps contenait mais rien ne sortit de ma gorge si ce n'est que de répétitifs sanglots que j'étouffais quand je le pouvais.
- Naruto-san …
Je me tournais vivement vers Inari en tentant d'avoir l'air fort et d'effacer ma tristesse et ma colère à ses yeux mais c'était peine perdue. À travers mes larmes, je souhaitais qu'il parte, qu'il me laisse seul, ce qu'il ne fit pas.
- Ça va, murmurai-je sans réussir à sourire tellement mon menton tremblait.
- Oui, ça se voit, ironisa t'il sans méchanceté.
- …
- Naruto … je sais que Sasuke a l'air … méchant avec toi mais tu sais, il tient beaucoup à toi, peut-être même autant que tu tiens à lui.
- Qu'est-ce qui te … dis que je tiens à lui ?
- Tu ne pleurerais pas pour lui si tu ne tenais pas à lui.
- …
- Naruto, si tu ne veux pas qu'il meurt alors prouve lui que la vie vaut mieux que ça, donne lui le goût de vivre pour que ses chances de survivre deviennent plus grandes.
- … Il va mourir … d'une manière ou d'une autre … si ce n'est pas maintenant, ce sera plus tard et lui, si il ne tient plus du tout à la vie et si il veut mourir, je ne peux pas l'en empêcher, je n'ai pas ce pouvoir.
- Arrête, c'est n'importe quoi. Quand j'étais petit, tu m'as aidé à changer, à traverser une passe difficile !
- Ce n'est pas pareil !
- En quoi !?
- … Ce n'est pas pareil j'te dis !
- Comme tu voudras Naruto mais si t'es aussi borné que Sasuke l'est, il va crevé sans que vous ayez pu vous réconcilier et ça, tu pourrais le regretter toute ta vie !
- C'est pas vrai ça, tout le monde essaye de contrôler ma vie ou quoi !?
- Parce que ta vie, c'est Sasuke ?
Mes joues durent rougir fortement car je les sentais me picoter à travers mes filets de larme mais je ne laissais pas Inari sans réponse avant qu'il ne s'imagine n'importe quoi.
- Qu'est-ce que tu vas t'imaginer !?
- Rien de déplacer, m'assura t'il.
J'essuyais mes larmes d'un revers de main puis tentait une nouvelle fois de calmer mon corps prit de soubresauts, mes sanglots provoquant ceux-ci. C'était l'enseignement même des ninjas que je ne respectais pas et que j'omettais volontairement de mon esprit, ce que je n'avais jamais pensé faire auparavant. Je fermais les yeux, me concentrait comme me l'avait précisément mon senseï lors des enseignements de ma préadolescence. Je me les rappelais parfaitement …
Nous venions de rentrer d'une mission dans les alentours de Suna no kuni. Sasuke s'était ramassé un kunai dans l'épaule et Sakura avait perdu tous ses moyens, s'était agité comme une flamme au contact de l'essence et s'était mise à pleurer et à rager sans s'occuper du danger imminent, me laissant seul face au danger. Kakashi-senseï commençait à se tanner du comportement trop émotif de son élève et avait un jour préparé quelques exercices pour contrer les émotions et se comporter en ninja digne de ce nom …
- Bon … on dirait que vous avez presque tous oublié les enseignements pour contenir vos émotions …
- C'est vrai ça ! Sasuke-teme devrait vraiment se reprendre, avais-je grogné contre mon rival pour le rabaisser
- Ce n'est pas Sasuke qui a pleurniché comme un gosse en partant du pays des vagues, s'était tout de suite écriée Sakura.
- C'est pas vrai, j'avais une poussière dans l'œil !
Kakashi-senseï eut un sourire en coin à travers son masque mais je ne compris pas pourquoi. Sasuke n'avait pas sourcillé, fidèle à lui-même, il devait se contenter de trouver cet entraînement idiot et de se croire supérieur à nous.
- Bon, ça suffit vous deux.
Aussitôt, Sakura et moi, nous nous étions calmés puis Kakashi-senseï avait continué son enseignement.
- Aujourd'hui, nous allons apprendre à contenir nos émotions, reprit-il. Quand vous ressentez des émotions vraiment fortes, comment les contrôlez-vous ?
Le regard de Kakashi-senseï était tombé sur Sasuke. qui de son attitude de glaçon habituel, donnait une réponse digne de lui :
- Quelles émotions ?
Le senseï n'insista pas. À côté de moi, Sakura avait un sourire gigantesque tout en regardant Sasuke et en murmurant doucement ''Sasuke-kun est trop classe !''. Le regard de Kakashi était tombé sur moi et il m'avait posé la même question.
- Ben … j'en sais rien …
Là, il n'insista pas non plus et se tourna finalement vers Sakura qui était toujours en grande admiration devant sa majesté Sasuke. Je me demandais ce qu'elle pouvait bien lui trouver …
Kakashi-senseï claqua des doigts pour capter son attention et elle fit rapidement volte-face vers le senseï.
- Euh … je … euh … me concentre, ferme les yeux, inspire, expire et pense à de belles choses et …
- Et tu as le temps de faire ça en combat ? Questionna le senseï en fronçant un sourcil.
- Bah … euh … c'est-à-dire que…
- Non, justement, il faut apprendre une autre technique.
C'est alors que j'appris cette fameuse technique qui malgré les apparences, s'avéra très utile. Il s'agissait de concentrer une toute petite quantité de chakra au niveau de notre cœur d'où émanaient toutes les émotions et d'un moyen qui m'était inconnu, cela marchait bien, même trop bien. Ce n'est que plusieurs années plus tard que je découvris le pot aux roses. Le chakra ne pouvait pas se rendre jusqu'à mon cœur, tout ce passait dans mon esprit.
Au moment présent, je m'étais remis de mes émotions. Inari me fixait de ses grands yeux tristes et je faisais de même. Je le regardais puis doucement lui adressait un soupir.
- Alors qu'est-ce que tu me conseilles ? Demandai-je en me passant une main dans les cheveux.
- Je n'en sais rien … de parler à Sasuke … de … peut-être que tu redeviennes comme tu étais avant …
- Peut-être oui …
J'entendis la voix de Tsunami réclamer la présence d'Inari et aussitôt, il s'excusa furtivement avant de disparaître à la course. Je me dirigeais vers ma chambre après courte réflexion et me plantait devant le miroir en cherchant à savoir ce qui clochait chez moi. Les réponses me vinrent facilement. Je ne me ressemblais plus, autant physiquement que mentalement. J'avais été témoins et acteur d'une des scènes les plus horribles dans la vie d'un ninja et depuis, je n'étais plus ce que j'étais. Je portais des couleurs ternes, j'avais un visage sans expression. Regardant mon reflet dans le miroir, je tentais un sourire mais il ne m'apparut que comme l'ombre d'un sourire.
- Kushou, murmurai-je en soupirant. (Kushou Sourire forcé, amer)
Je ne savais pas exactement comment redevenir ce petit blond exaspérant qualifié comme ninja le plus imprévisible mais je savais qu'il dormait encore quelque part au fond de mon être. Je voyais l'adolescent de 15 ans à côté de mon reflet et cherchait les différences. Primo, il ne pleurait pas, peu importe la situation. Du moins, il aurait pleuré de savoir que son meilleur ami allait mourir mais peut-être aurait-il su contenir ce tas d'émotion mieux que moi.
Secundo, il avait les cheveux plus courts. J'avais adopté la coupe du Yondaime Hokage sous les conseils de Jiraya qui m'avait juré que je lui ressemblais comme deux gouttes d'eau et moi qui rêvait de devenir Hokage, je m'étais extasié de ressembler à l'un d'eux et avait sauté sur l'occasion pour accentuer la ressemblance.
Tertio, j'avais l'air morose et triste, ce qui ne m'allait pas du tout. La vérité était que Naruto Uzumaki était mort et que je n'étais que la coquille sans vie qui avait pris sa place sur Terre. Moi qui me plaignais sans relâche de Sasuke qui avait trop changé, je n'étais guère mieux. Mes doigts qui pianotaient encore sans relâche sur le bureau sous le miroir, rencontrèrent une paire de ciseaux en argent qui stoppa mon geste. Mes yeux tombèrent sur l'objet métallique puis je l'empoignais et l'approchais vivement de la première mèche de cheveux qui barrait mon visage, puis la deuxième, la troisième … et bref.
Une fois ma coupe improvisée terminée, j'ébouriffais mes cheveux d'une main afin de leur donner leur aspect d'antan.
C'était déjà mieux, pensai-je. Le reflet de l'adolescent de 15 ans se forma dans mon esprit pour me rappeler que le fait de changer de coupe ne changeait en rien la personne de l'intérieur. Je soupirais et j'abandonnais encore une fois en me rappelant que même si je pouvais faire changer les gens, je ne possédais pas le pouvoir de me faire changer moi-même en un claquement de doigt.
Quelques mèches blondes comme le blé étaient encore épars autour de moi. Je ramassais d'un vif coup de main lesdites mèches restées regroupées ensemble et les balançait habilement dans la poubelle alors que je regagnais le couloir. Je refermais doucement la porte derrière moi et allait prendre des nouvelles du malade. En chemin je croisais toute la petite famille. Tsunami prit le rôle du porte-parole du groupe et avança d'un pas vers moi.
- Nous devons nous absenter, murmura t'elle doucement comme pour préserver le calme qui emplissait la maison, un parent vient de mourir et nous devons nous rendre dans une ville voisine pour son enterrement. Cela ne te dérange pas de … de t'occuper de Sasuke en attendant notre retour ? Oh … il ne risque pas d'arriver grand-chose, rassure-toi. Si vraiment la situation devient grave, tu pourras appeler le docteur Etsumi, son numéro est à côté du téléphone du salon. Il suffit … juste de lui apporter quelque chose à manger de temps en temps et de vérifier son état le plus souvent possible. Tu pourras le faire ou … ?
- Oui, je pourrais le faire, ne vous en faites pas, l'assurais-je en prenant le même ton qu'elle avait prit précédemment.
- Très bien, merci beaucoup Naruto, murmura t'elle en échappant un soupir de soulagement.
Elle m'adressa un faible sourire triste et me donna une petite tape sur l'épaule avant de passer son chemin. Ce fût le tour d'Inari de m'adresser un faible sourire, le même que sa mère. Il s'approcha de moi et murmura ''Il est encore temps'' avant de partie et de m'adresser un clin d'œil complice. Le vieux Tazuna se contenta de me dire qu'ils seraient de retour très rapidement et de suivre sa petite famille. La mort de ce proche semblait l'avoir affecté si je considérais ses pupilles dilatés et son air assombri. Je restais immobile dans ce couloir sans oser bouger jusqu'à entendre le claquement de la porte principale. La maison était vide d'un seul coup, je me sentais terriblement seul et redoutais le moment où je devrais affronter Sasuke. Mes mains commençaient à trembler d'elles-mêmes et de longs frissons commençaient à parcourir mon échine. Quelques pas me séparaient de la chambre de Sasuke. Je regardais la porte entrouverte de ladite chambre tout en imaginant la mine maladive de mon rival. J'avais peur de son état, peur de le retrouver mort. De ce fait, l'inquiétude me gagna et j'avançais d'un pas rapide vers la pièce où se trouvait Sasuke. J'entrais sans faire de bruit et m'approchais de sa silhouette emmitouflée sous une bonne dizaine de couvertures. En m'agenouillant près de lui, je remarquais qu'il dormait. Ses paupières tremblaient vivement et douloureusement sûrement. Je déposais ma main contre son front pour remarquer avec un pincement au cœur qu'il était brûlant. J'allais rapidement chercher un linge mouillé et je le posai contre son front. À ce contact froid, ses paupières s'ouvrirent en tremblant et ses pupilles onyx me fixèrent avec toute la douleur du monde.
- Na … Naru …
Sa voix s'éteignit dans un flot de toussotements. Je posais ma main contre le linge humide sur son front en lui adressant un regard inquiet.
- Ça va aller ? Demandais-je inutilement.
C'était bien la dernière question à poser à un mourant pourtant, je ne savais pas quoi d'autre demander. Sasuke ne sembla pas se soucier de ma question. Il frissonnait malgré toutes les couvertures qui l'emmitouflaient. Son regard se perdu dans le mien jusqu'à ce que ses paupières se referment violemment et qu'un mince filet de larme coule le long de sa joue.
- Sasuke !?
Je posais précipitamment mes mains contre ses deux épaules et répétais son prénom avec insistance. Je ne savais pas ce qui lui arrivait. Ses larmes coulaient sans sanglots sous ses yeux obstinément clos qui tremblaient toujours aussi vigoureusement. Mon cœur battait à la chamade et mes bras tremblaient. J'avais peur de ses réactions comme si chacune d'elles pouvaient causer sa mort. Souffrait-il à ce point ? Avais-je fait quelque chose de mal ? Ma propre respiration devint saccadée à la vue de la souffrance de Sasuke.
- Parle moi s'il te plaît, dis quelque chose …
Le silence se fit long et pesant jusqu'à ce qu'il trouve la force de me révéler le sujet de sa souffrance dans une voix souffrante :
- J' … avais … tel …. tellement … es … espéré … qu … que … t … tu … ne … me … vois …. ja … jamais … co … comme … ça … Na … Naru … Naruto …
Les larmes coulaient en silence le long de ses joues et prenaient lentement la route de son cou. J'ignorais encore combien le fait de pleurer devant moi était douloureux pour Sasuke, encore plus que la maladie dont il souffrait. Je devinais ensuite sans peine qu'il tentait d'étouffer sa faiblesse et sa maladie par la même occasion mais rien n'y faisait. Sa main droite était appuyée contre le linge mouillé disposé sur son front et ses yeux restaient obstinément clos. Je ne savais pas comment le rassurer ou le consoler. J'aurais tant aimé apaiser ses souffrances mais je ne pouvais pas grand-chose. Devant sa détresse, je ne pus que laisser mes mains glisser jusqu'à son dos et l'amener vers moi pour le serrer contre mon cœur. Son corps était maigre et frêle, il se laissait faire tel une poupée de chiffon. Sa tête prit appui de mon épaule.
- Ça ne me fait rien, Sasuke … ça ne me fait rien …
- Je … je … ne … veux … pas … que … tu … aies … pitié … de … moi …
Sa voix étouffée termina encore une fois dans un toussotement rauque. Je caressais doucement son dos pour calmer ceux-ci et serrais plus fortement le taciturne contre moi. Son cœur battait aussi à la chamade et son souffle inhabituellement saccadé, caressait mon cou. Ma main caressait toujours son échine à travers son chandail de coton bleu nuit portant toujours l'emblème de son défunt clan.
- Je n'ai pas pitié de toi, mentis-je habilement, je veux être là et m'occuper de toi, c'est tout.
- … Na …
- Reste calme, Sasuke … reprends le contrôle, je veux encore que tu vives longtemps.
Le corps de l'Uchiwa s'était affaissé contre le mien et je sentais toute la chaleur qu'émanait son corps à travers ses vêtements amples. Tout tournait autour de moi, la lumière diffusé par le soleil ne m'apparaissait plus que comme des myriades d'infimes étoiles. Putain combien de fois allai-je pleurer encore ? J'étais pitoyable, vraiment pitoyable. Et pourtant … je le savais … inconsciemment je le savais … même l'ancien Naruto aurait pleuré en serrant contre lui une personne qu'il aimait tellement et qui allait mourir dans un avenir proche.
