Une semaine passa où elle avait était totalement adopté été par Tony Stark, la cuisine l'ayant grandement aidé. Bien que la plupart du temps, elle ne mangeait pas avec lui, ni avec le docteur Banner d'ailleurs, il appréciait beaucoup de ne plus manger des plats commandés. En y pensant vraiment, elle avait passé la semaine à passer à côté de Tony et Bruce. Elle ne les rencontraient presque jamais directement, Bruce encore moins que l'autre. Mais le destin avait décidé de donner un grand coup de pied car ce qui se passa en rentrant ce mardi soir fut comme une claque dans le destin.
Axel était rentré plus tôt à la tour Stark, aux alentours de seize heures trente, car ses protections l'avaient lâchement abandonnés alors qu'elle se prenait le sol en pleine face. En voyant que ses mains, ses coudes, ses genoux et son nez cascadaient de sang, elle avait eu la remarquable idée de rentrer pour soigner tout ça. Elle n'avait pas pensé tomber sur quelqu'un en rentrant à cette heure là, si bien que c'est toujours sur sa planche qu'elle sortie de l'ascenseur. Et c'est la voix mécontente de monsieur Stark qui faillit la refaire tomber.
-Pas de skate sur mon carrelage !
Elle tourna une tête étonné vers la gauche en dérapant pour s'arrêter. Ses cheveux en bataille ainsi ses vêtements légèrement imbibés de sang et lacérés par endroit devait lui donner un air de voleuse prise sur le fait. Mais elle était trop préoccupée par le nombre de personnes qui la fixaient à présent et qui peuplaient la pièce. C'était bien plus que ce qu'elle avait pu voir en une semaine.
Tony était entouré d'un homme aux cheveux brun et au teint bronzé, muni d'une paire de lunettes. Elle crut deviner qu'il était sûrement le docteur Bruce Banner, sont voisin de palier. Ensuite il y avait un homme énormément baraqué, les cheveux blonds et les yeux bleus. Un beau gosse au goût étrangement... vintage, vu ses vêtements. À côté de ce dernier, une grande et sublime femme rousse, avec un regard glacé. Ensuite il y avait un homme avec lui aussi un regard de marbre, des cheveux châtains et des yeux bruns. Ils donnaient la chaire de poule ces deux là. Elle avait vraiment du mal à discerner s'ils allaient pas la bouffer sur place, réellement. Alors, à court d'hypothèse sur la démarche à suivre, elle dit simplement :
-Salut.
Ça c'est sûr, c'était de la grande entrée en matière. Mais ils ne semblaient pas avoir fait gaffe à sa présentation ils s'étaient tous regardés et avaient commencés à se disputer discrètement. Comme si elle pouvait comprendre l'anglais dit à cette vitesse et avec si peu d'articulation. Elle finit par descendre de son moyen de transport en appuyant sur un des bords recourbés pour le faire bondir sous son bras. C'est ce moment là que choisit Stark pour calmer d'une blague cinglante le groupe et se diriger vers elle.
Il allait parler mais avisa ses écorchures.
-Tu t'es mangé la rampe ? Demanda-t-il avec un sourire moqueur naissant.
-Ton second nom c'est finesse, non ? Rétorqua t-elle en fronçant les sourcils.
-T'as vraiment une sale tête, aussi.
-Tu vas aussi l'avoir quand je t'aurais mis mon poing dans la figure, Tony Stark.
Il rit, sous la mine à demi-boudeuse d'Axel. Cependant, il sentit le regard appuyé de ses confrères sur son dos et se rappela de son devoir de base.
-Il risque d'y avoir beaucoup de grabuges pendant un temps indéterminé. Et beaucoup de monde.
-Et alors ? C'est pas chez moi, tu veux que je dises quoi ?
-Ton père m'a bien fait comprendre que tu étais une fouineuse professionnelle, et il faudrait que tu arrives à te passer de cette passion durant ce temps.
Elle le fixa, tiquant bien sur l'adjectif utilisé à son égard, et lui tourna le dos sans lui répondre. Elle jeta son skate au sol et commença à rouler vers sa chambre.
-Axel ! L'appela t-il, réprobateur et fatigué.
-La fouine ne t'écoute pas, tête de nœuds! Lui jeta-t-elle sans un regard à la figure.
-Je sais pas ce que tu viens de dire, mais j'espère que c'était pas une insulte à mon égard !
Elle ne répondit pas et continua son avancé. Ses blessures commençaient à la picoter, et ce n'était pas des plus agréable. Elle ignorait ce qui se disait dans son dos et accéléra de plus belle pour se retrouver au plus vite en face de sa porte, qu'elle ouvrit à la volée en descendant de sa planche par la même occasion.
L'endroit manquait encore de décoration, voir aussi de personnalité. Elle n'avait pas prit le temps d'aller faire les courses, alors. Demain, en même temps que pour racheter des protections. Et pourquoi pas un nouveau skate en passant ?
Elle referma la porte et se dirigea vers la salle de bain pour s'enlever tout ce sang. Dix minutes plus tard, elle avait déjà terminé. Pour la première fois, elle avait les cheveux tirés en arrière, pour éviter de les mouiller sous la douche, dévoilant son œil gauche barré par une longue cicatrice mais toujours ouvert et en bon état. Cependant, elle ne le laissa pas longtemps à découvert, et lâcha ses cheveux encore une fois, cachant la blessure de sa mèche.
Habillée d'un short lâche blanc et d'un débardeur noir, elle sortit de sa chambre à la quête d'une trousse de soin quelconque. Mais JARVIS du lire dans ses pensées car il dit :
-Ce que vous cherchez se trouve dans le premier placard de la cuisine.
-Normal, conclut-elle ironiquement. Merci JARVIS. Hey, attends, tu m'espionnes depuis quand ?
-Je ne fais que mon travail Mademoiselle Axel, dit-il en ignorant royalement sa question.
Elle prit la route de la salle désignée, traversant pieds nus les couloirs ainsi que le salon. Elle trouva son bonheur. Maintenant, la partie la plus délicate du processus commençait : appliquer le désinfectant. Elle prit un coton et commença à presser les égratignures de son genoux droit. Elle l'enleva directement en insultant toute sa famille cotonneuse en français. Quand une voix lui répondit dans la même langue :
-Quels doux mots tu dictes là.
-Olivia ? T'as encore hacké mon portable ?
Axel se saisit de son téléphone qui se trouvait dans sa poche et le mit face à elle. Une image de chiot faisant du hou-la-houp sur un fond multicolore se trouvait sur l'écran.
-Comment ça « encore » ? Je l'ai déjà hacké il y a un bail, ma vieille !
-Comment se fait-il que je ne t'ai toujours pas claqué le beignet ?
-Parce que sans moi tu t'ennuierais vraiment, hein, miss...
-Stop ! Ne le dis pas ici et maintenant, même si la discussion est en français.
-Oh ça va ! C'est pas le plus grand secret de l'univers quand même... mais attend, tu t'es encore mangé la rampe en skate ? Tes protections ce sont encore détériorées ? Faut freiner un peu les figures, jeune fille !
-Un gamin m'a poussé en voulant griller la priorité. J'ai échappé de peu à la casse.
-Veinarde. Bon, tu l'applique ce mercurochrome ou faut pleurer ?
-Tu cherche juste à t'amuser avoue-le.
-Bien sûr. Et aussi parce que l'Auvergne, c'est chiant.
-J'imagine.
Elle posa le téléphone sur la table et reprit le produit antiseptique. Elle l'appliqua mais le retira deux secondes après, comme si un ressort alimentait son bras. Elle jura et son amie rit derrière l'écran. Soudain, une voix fit son apparition derrière elle.
-Vous voulez de l'aide ?
Axel se tourna et rencontra le visage de Bruce Banner. Elle accepta d'un signe de la tête timide et il vint s'asseoir à ses côtés. De son côté, Olivia tirait une tête des plus hilarante.
-Bruce Banner ! Hurla-t-elle. Espèce de veinarde, j'adorerais être à ta place !
-Qui est-ce ? Demanda le scientifique qui ne comprenait pas un mot de français.
-Olivia, une amie, répondit la blonde. Elle dit qu'elle adore vos travaux sur les rayons gamma et que vous êtes un exemple à suivre. A quelques mots près.
Il lui lança un remerciement en regardant le téléphone, ce que la pirate prit magnifiquement bien.
-Je ne pensais pas que ce genre de chose pouvait intéresser les filles de votre âge.
-Moi, pour être honnête, j'aurais même pas compris le titre. Par contre, elle, c'est quasiment le journal du matin.
-Tu parles trop vite je comprend rien ! J'espère que tu lui racontes pas n'importe quoi à mon sujet
-Prend des cours du soir, ma grande, tu es vraiment très inculte en matière de langue.
-Attend, je vais essayer. Mon nom est Olivia. J'adore les chiens.
-J'aime les chiens aussi, dit le scientifique en souriant un peu devant l'accent à couper au couteau de l'inconnue.
La blondinette se mit à rire face à la situation, oubliant un peu les picotement de ses blessures.
Ce soir se tenait une « fête d'adulte » d'après Tony, où, lié au terme employé, elle n'était pas invitée. Apparemment ça allait durer tard, il y aura plein d'inconnu, d'alcool et de discussion pas très intéressante pour les « petite-fille ». Elle s'était bien sûr énervée en prétextant qu'elle n'était pas petite, ce qui avait bien fait rire un certain balourd qui s'appelait Thor. Il en avait profité pour en rajouter une couche avec une remarque sur le mariage des jeunes filles à Asgard, qui avaient toutes à peu près son âge. Étrangement, cela l'avait calmé direct, bien qu'elle ait quand même réussit à caler un « Qu'est-ce que j'en ai à faire de ta cambrousse de dépravée, Rumbo ? » du plus bel effet. Ce qui ne fit que raviver le rire tonitruant de cet exaspérant étranger, qui la trouvait apparemment très mignonne. Vous savez, comme on trouve un bébé chiot très mignon.
Malgré tout, elle avait accepté de rester dans sa chambre ce soir, sans faire de folie. D'ailleurs, cette dernière s'était un peu plus égayée au fil du temps. Il y avait à présent plein de posters et d'autocollants collés sur les murs, des objets et décorations toujours plus inutiles les unes que les autres (telle des lampes à lave ou des figurines de Kinder) et un grand tapis moelleux pour pouvoir se rouler dessus quand elle piquait des caprices, comme actuellement.
Elle était dans un pyjama bleu, un haut et un short simple, avec une grosse tête de Garfield sur son t-shirt, et avait plus de mal que quiconque à paraître crédible dans son énervement momentanée. Sa propre musique sortait à fond de sa petite enceinte posée sur son bureau, à côté de son ordinateur portable. Même Olivia l'avait abandonnée à sa solitude pour un dîner en famille. Bon, c'était peut être égoïste de vouloir qu'elle soit avec elle plutôt qu'avec ses parents, mais elle n'avait pas à être raisonnable alors qu'on la forçait à rester dans sa chambre ! Elle se traîna comme un ver de terre jusqu'à son bureau pour regarder l'heure.
-1H00. Ils devraient avoir terminée maintenant.
Son ventre criant famine (surtout de gourmandise en réalité), elle n'hésita pas une seconde à l'idée d'aller dévaliser le garde-manger. Des chips, voir des gâteaux, et peut-être même un soda qui sait. Et puis, Tony n'avait jamais précisé de couvre-feu chez lui.
Elle sortit de sa chambre à petit pas et traversa le couloir en sautillant, ses pieds nus silencieux sur le carrelage blanc. Tout semblait calme, la musique ne retentissait plus dans l'étage, preuve que les invités étaient partis. Seulement, en arrivant au bout du couloir, elle remarqua que la lumière était toujours allumé. En tendant un peu l'oreille, elle entendit des rires au niveau du salon. Ils devaient restait encore un peu de monde finalement. Néanmoins, loin d'avoir terminée sa quête de sucre, elle continua sa route en direction de la cuisine. Personne ne sembla faire attention à elle, jusqu'à ce que brusquement, une silhouette désarticulée entra dans la pièce, à sa droite. Elle se paralysa, regardant d'un œil très surpris le tas de ferrailles qui s'avançait vers elle.
C'était une armure très maigre et tremblante. Un androïde qui marchait tout seul et qui marmonnait des choses intelligible dans sa barbe. Un son crissant retentit dans l'appartement, venant des hauts-parleurs dissimulé un peu partout. Elle mit ses mains sur ses oreilles par réflexe, se protégeant de cette insupportable attaque auditive.
-Tony…, dit une voix emplit d'avertissements derrière elle.
-JARVIS, tenta d'appeler le génie, reboot, une armure doit-être défectueuse. Gamine, recule, ordonna-t-il.
La jeune fille fit demi-tour, n'étant pas d'humeur à jouer sur « qui est le chef » dans cette situation, et se précipita derrière le premier homme qui fut sur sa route. Steve Rogers la laissa sans aucune réaction se cacher derrière lui, passant même un bras dans son dos en signe de protection. Un fillette de treize ans n'avait rien à faire ici, dans un endroit qui respirait l'hostilité.
Le robot s'était mis à déblatérer tout un tas d'information tiré d'internet, comme quoi les Avengers étaient des tueurs et qu'il avait tué quelqu'un il y a peu. Axel ne comprenait pas trop, elle détestait les choses compliquées. Et puis elle était fatiguée, il était tard. Elle voulait juste des gâteaux, elle !
Elle bailla, peu intéressée par ce que désirait cette machine. Brusquement, un détachement d'armure volante envahit les lieux en se dirigeant droit sur eux. Elle n'eut le temps de rien faire que le Captain l'avait balancé sur un des canapés du salon, à plusieurs mètres, grâce à sa super force, avant d'aller s'attaquer aux agresseurs.
Le souffle coupée par le geste brutale du vengeur, elle dû prendre quelques secondes pour reprendre son souffle. Elle se redressa, sonnée, regardant anarchiquement dans tous les sens, perdue. Tout allait tellement vite, elle ne comprenait plus rien de ce qu'il se passait autour d'elle. Le temps que ses idées se remettent en place, une armure se plaça devant elle, tournant son poing devant lui.
-Attention ! Hurla une femme accroupie près du piano, à quelques mètres.
Axel, surprise, remonta ses yeux verts bouteille vers le plafond. Elle se paralysa, sentant le viseur du robot se tendre vers sa personne. Quand les balles fusèrent, elle hurla. Son cri se perdit dans les sons du combat. Les balles vinrent à traverser la grande baie vitrée qui servait de mur à la tour Stark, formant de petits cercles de verre. Aucun sang ne coula et pour cause ! Axel venait de descendre littéralement d'un étage. Elle avait traversé brusquement le sol, tombant violemment sur le bureau empli d'outils appartenant à son hôte l'ingénieur.
Elle se laissa tomber sur le côté, massant la marque de tournevis ancrée dans son dos, pensant au combat qui devait se dérouler au dessus d'elle. Elle l'avait échappée de peu ! Elle s'était faite sacrément mal, mais c'était mieux que de se prendre une rafale de balle après tout.
Cependant, elle allait maintenant devoir expliquer comment elle avait pu passer à travers le sol, ce qui est logiquement physiquement impossible. Et mince.
-Au secours, je veux retourner en France ! Chouina-t-elle, fatiguée de ses vacances d'été.
