Le réveil sonna bien trop tôt pour un samedi matin.
- Huuuum, on est vraiment obligé d'aller bosser ? demanda Mike d'une voix endormie, resserrant son étreinte autour de Connie, allongée contre lui.
- Plus vite ce cas sera réglé, plus vite on sera débarrassé de Marcus…
- Mais on est samedi !
- Allez Mike, toi et moi sur une affaire, comme au bon vieux temps !
Mike soupira et embrassa Connie dans le cou. Elle se retourna pour lui faire face et lui murmura :
- Je me disais que puisque c'est samedi justement, que nous n'avons aucune obligation professionnelle et qu'il est encore affreusement tôt pour aller bosser un jour de congé, on pourrait prendre notre temps…
Elle se mit à califourchon sur lui, se penchant pour l'embrasser. Mike posa ses mains sur ses cuisses et les remonta lentement jusqu'à ses hanches avant de lui retirer sa nuisette. Il poursuivit son chemin jusqu'à sa poitrine, se redressant pour embrasser tour à tour ces deux parties de l'anatomie de sa compagne qu'il trouvait parfaites.
- Finalement je commence à l'apprécier ce réveil… Tu es tellement belle…
Connie rougit alors qu'elle aidait Mike à retirer ses propres vêtements pour ensuite déposer de doux baisers le long de son cou, le faisant frissonner de plaisir.
Et ils répétèrent encore une fois leur plus belle gamme…
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Une fois arrivés sur leur lieu de travail, ils s'installèrent dans l'ancien bureau de Mike - et désormais celui de Connie - où ils avaient leurs habitudes, un grand café en guise de motivation, avant de débuter leurs recherches. Dès qu'un élément leur semblait pertinent, ils le notaient sur le tableau blanc accolé à la porte donnant sur le bureau de Jack. Les heures défilaient et le tableau était noirci de noms, lieux et dates.
- C'est quand même étonnant que Marcus ait en sa possession toutes ces informations alors que sa réputation est complètement détruite après qu'il a voulu trahir son client.
- Je suis d'accord avec toi mais la force de Marcus a toujours été de savoir se placer, de savoir se relever après un échec. Il est charismatique, obstiné et… manipulateur. Il sait ce qu'il veut et sait comment l'obtenir. En commençant à travailler ici, je le trouvais assez impressionnant à vrai dire et il s'est montré charmant. Il ne m'en a pas fallu plus pour tomber dans le piège…
Ni Mike ni Connie n'aimaient évoquer ce cas qui avait valu à Connie de se porter complice des agissements de l'ancien EADA. Mais le procès de Woll avait au moins permis à Connie d'affronter ses démons et de tirer définitivement un trait sur ce passé dont elle n'était pas fière. Mike lui sourit.
- C'était une erreur de jugement, tu étais jeune et influençable. On en a tous fait… Aujourd'hui, c'est un passé révolu et la suite de ta carrière prouve que tu es brillante, passionnée et douée dans ton travail.
- Je me souviendrai toujours de ta réaction quand tu m'as dit que tu n'aurais jamais pensé ça possible, lire la déception dans tes yeux, c'était…
- Oh Connie… la voix de Mike se brisa à ces mots. J'étais tellement blessé et jaloux de voir que tu avais pu avoir une relation avec un collègue de travail – supérieur qui plus est – alors que je pensais que c'était impossible. Je t'aimais déjà mais je me devais de cacher mes sentiments. Il vérifia autour de lui qu'il n'y avait aucune autre trace de présence humaine avant de se rapprocher de Connie et de prendre ses mains dans les siennes. Aujourd'hui, renoncer à ces principes idiots est la meilleure chose qui me soit arrivée. Tu me rends meilleur et surtout heureux. Et tu es coincée avec moi pour le reste de ta vie !
Connie sourit franchement à cette dernière remarque et porta l'une de ses mains à sa bouche pour y déposer un léger baiser.
- Merci…
Alors que leurs estomacs commençaient à se faire entendre, ils sortirent déjeuner et en profitèrent pour aller avertir les détectives Lupo et Bernard, heureux de pouvoir retravailler tous ensemble, des nouvelles pistes de recherche. L'après-midi reprit sur le même rythme, chacun essayant d'établir des connexions entre Jacob Lee et différents trafics. Mais ils savaient également qu'il leur faudrait attendre des éléments plus matériels et concrets comme des relevés téléphoniques ou bancaires pour étayer leurs suspicions. Aucun juge ne leur délivrerait de mandat, et encore moins un samedi après-midi, sur les simples allégations d'un avocat déchu, condamné pour complicité de meurtre. Il fallait qu'ils présentent de sérieuses preuves.
- On tourne en rond ! Sans preuves on ne peut pas demander de mandat pour avoir des éléments plus probants mais sans ces éléments plus probants on ne peut avoir de preuves… C'est le serpent qui se mord la queue ! s'énerva Mike.
- Il faut reprendre toutes les affaires sur lesquelles nous avons travaillées avec Jack, on passe forcément à côté d'un élément. Et Marcus obtient bien ses informations de quelqu'un, il faut retrouver son informateur. Je dois aller à Rikers la semaine prochaine pour rencontrer un accusé dans une autre affaire. J'en profiterai pour demander la liste des détenus avec lesquels il est en contact, le registre des visites qu'il reçoit…
Soudainement le visage de Connie s'illumina.
- Quoi ?
- Je viens d'avoir une idée… que tu vas détester…
- Dis toujours, au point où on en est, je suis ouvert à tout.
- Je connais assez bien un surveillant de Rikers, un ami de Doug, mon voisin. On a déjà eu l'occasion de sortir ensemble, puis voyant la mine défaite de Mike, elle leva les mains pour l'apaiser et préciser ses propos, en amis… Doug m'avait invité à quelques-unes de ses soirées privées et il était là. Bref, il ne s'est jamais rien passé mais je pense qu'il a le béguin pour moi…
- Comment pourrait-il en être autrement ?
- Donc je me disais que je pourrais peut-être utiliser cet avantage…
- Tu veux dire utiliser tes charmes pour arriver à tes fins ? Mademoiselle Rubirosa, dois-je vous rappeler…
- Mike ! C'est différent cette fois ! Premièrement je suis consentante, deuxièmement c'est pour coincer une véritable ordure…
- Bien… Comment comptes-tu t'y prendre ?
- Je pense que si je passais une soirée avec lui, à boire quelques verres, rien de plus, et en évoquant cette affaire avec Woll, il pourrait m'obtenir quelques informations ou du moins le garder à l'œil…
Connie se saisit de son téléphone et proposa un rencart pour le soir même à cet homme, au grand dam de Mike…
- Oh mon dieu, mais tu es jaloux !
- Non, non, pas du tout, se défendit Mike.
- Mike… Connie se leva pour faire face à son amant, passa ses mains autour de son cou et le rapprocha d'elle. C'est juste un rendez-vous avec un ami, je ne joue pas avec ses sentiments, ce serait cruel. Elle effleura ses lèvres des siennes avant de continuer, il n'y a qu'un seul homme qui occupe toutes mes pensées et il est là, juste devant moi.
Mike approfondit leur baiser mais ils furent bientôt interrompus par la vibration du téléphone de Connie. Elle regarda la réponse s'afficher sur son écran et sourit.
- Eh bien on dirait qu'il ne me reste plus qu'à changer mes plans pour la soirée… Voyons voir… Mike sortit son téléphone et fit défiler son répertoire, s'arrêtant sur… Carly !
Connie le fusilla du regard.
- Nous avons définitivement un problème de jalousie ! Mike partit dans un grand éclat de rire avant de de nouveau attirer Connie dans un baiser. A quelle heure as-tu rendez-vous avec… ?
- Paul… 20h au bar de Doug.
- Donc on ferait mieux de rentrer j'imagine…
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Pendant que Connie se préparait pour son rendez-vous avec Paul, Mike en avait profité pour organiser sa soirée et devait ainsi rejoindre Lupo et Bernard pour regarder il ne savait quel match de basket. Finalement cette soirée s'annonçait bien, il était ravi de passer du temps avec ses amis. Depuis qu'il collaborait avec l'Unité spéciale, leurs habitudes du vendredi soir s'étaient espacées et ils avaient beaucoup de temps à rattraper.
- Alors finalement, tu as prévu quoi pour ce soir ? lui demanda Connie depuis la salle de bain.
- Avec Lupo et Bernard, nous allons assister à la retransmission d'un match des Knicks contre les Cavaliers…
- Je ne te savais pas fan de basket !
- Je ne le suis pas… C'est plus pour passer du temps entre hommes, autour de quelques bières, tu sais...
Connie sortit de la salle de bain, habillée d'un jean moulant, d'un top blanc et d'une veste de blazer marine. Un long collier accessoirisait sa tenue. Elle choisit en plus une paire d'escarpins à talons hauts, parfaits pour allonger sa silhouette, déjà pourtant longiligne.
- Alors qu'est-ce que tu en penses ? Je ne veux pas en faire trop, de peur qu'il s'imagine des choses mais je ne veux pas paraître négligée non plus…
- Tu es parfaite… sexy et élégante. Le paquet total ! Mike se leva du canapé pour la rejoindre. Ne passe pas une trop bonne soirée sans moi, lui dit-il avec un air de chien battu. Elle l'embrassa tendrement.
- On se retrouve ici après ? Tu as le double des clés dans l'entrée.
Peu après le départ de Connie, Mike alla lui-même retrouver ses amis, déjà assis autour d'une bière.
- Alors vous êtes célibataire ce soir Mike ?
- On peut dire ça. Connie a un rencard avec Paul, gardien à Rikers.
- Je me doutais qu'elle reviendrait à la raison, elle est trop bien pour vous ! Alors que Mike roulait des yeux, Lupo partit dans un fou rire, bientôt rejoint par les deux autres amis.
La soirée continua dans cette bonne humeur, les trois hommes étaient manifestement heureux de rattraper le temps perdu et d'échanger à propos de leur vie personnelle. Mike leur annonça que Connie et lui allaient désormais vivre ensemble.
- Eh bien félicitation mon vieux ! Vous voilà un homme casé maintenant.
- Je suis un homme chanceux, Connie est merveilleuse.
Ils levèrent leur verre pour porter un toast à cette heureuse nouvelle. Mike laissa dériver ses pensées vers sa belle quelques instants.
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Connie passait également une excellente soirée en compagnie de Paul, il était vraiment attentionné et charmant et elle s'en voulait presque de devoir lui demander une faveur. Elle ne savait comment aborder le sujet…
- Connie, je ne suis pas dupe. Si tu m'as donné rendez-vous ici ce n'est pas parce que tu as envie de sortir avec moi. Toi et moi c'est impossible, je l'ai très vite compris quand tu n'as pas arrêté de parler d'un certain Mike la 2nde fois que l'on est sorti ensemble. Mais ce n'est pas grave, je ne t'en veux pas. Je suis passé à autre chose aujourd'hui. D'ailleurs je suis avec quelqu'un, Iris, elle est infirmière et bosse ce soir, d'où ma présence ici avec toi.
Connie soupira de soulagement.
- Je suis désolée Paul, je ne voulais pas te donner de faux espoirs. Je suis heureuse d'être là avec toi ce soir, je t'assure. Mais effectivement, j'ai une faveur à te demander. Voilà, je suis sur un dossier important et un de tes détenus est censé m'aider sauf que je n'ai aucune confiance en lui…
- Et tu veux que je le surveille j'imagine…
- Si tu peux juste faire attention à ses fréquentations, à ses visites, je t'en serai infiniment reconnaissante…
Il lui fit un clin d'œil en souriant, signe de sa compréhension.
- Allez parle-moi d'Iris, comment vous êtes-vous rencontrés ? Je veux tout savoir !
Et Connie put enfin se détendre et profiter de cette soirée, finalement très agréable. Lorsque Paul s'absenta pour aller commander deux autres verres, Connie en profita pour envoyer un message à Mike.
Je pense à toi, embrasse Lupo et Bernard pour moi. Je t'aime.
A peine quelques minutes plus tard, elle reçut un selfie des trois hommes, qui passaient visiblement un excellent moment…
Connie et Paul se quittèrent aux alentours de 1 heure du matin, Paul lui promettant de lui faire des comptes rendus réguliers des agissements de Marcus. Lorsqu'elle arriva chez elle, Mike l'attendait déjà.
- Hey vous ! Alors cette soirée ?
- Eh bien finalement je suis heureux d'avoir passé du temps avec les gars, sortir du contexte du boulot, boire des bières, regarder un bon match de basket que les Knicks ont d'ailleurs largement perdu par plusieurs buts d'écart…
- Sérieusement Mike ? Des buts en basketball ? Connie déposa un rapide baiser sur les lèvres de Mike.
- Et toi alors ? Tu es parvenue à tes fins avec Paul ?
- Il m'a promis de garder un œil sur Marcus et de me rendre compte régulièrement de ses faits et gestes…
Même si chacun de leur côté ils avaient passé une bonne soirée, ils n'aspiraient désormais qu'à s'endormir dans les bras l'un de l'autre…
