Réponse aux reviews anonymes
Karine : Merci beaucoup, contente que tu apprécies, oui, j'essai d'amener l'histoire dans mon sens, et je suis heureuse que ça ne te choque pas ;)
Stéphanie : J'espère que la suite te plaira et c'est moi qui te remercie de me lire ;)
Chapitre 4
« Offrir l'amitié à qui veut de l'amour, c'est comme offrir du pain à qui meurt de soif. »
Hermione
Dans les jours qui suivirent, on ne vit pas beaucoup Harry en dehors des interviews et des rendez-vous que nous étions forcés d'avoir ensemble. Je savais très bien qu'il nous évitait, d'autant plus que je passais mon temps avec Ron qui n'allait pas bien du tout.
Mais Ron se demandait pourquoi Harry était aussi distant, après tout, nous avions partagés tellement de choses qu'il ne comprenait pas pourquoi un fossé semblait se creuser aujourd'hui, alors, je faisais comme si de rien était, mon seul autre choix aurait été de tout lui avouer et ainsi en rajouter à son malheur.
L'enterrement de Fred eut lieu trois jours après la fin de la bataille, c'était il y a maintenant 2 semaines, les Weasley tachaient d'avancer malgré la peine qu'ils éprouvaient, le plus dur était pour George Bien sûr, mais pour Percy aussi, lui ressentait en plus le regret d'avoir passé les dernières années de la vie de Fred brouillé avec lui, en dehors des quelques heures précédant sa mort.
Moi j'attendais que le monde magique reprenne forme, que ma présence soit moins nécessaire afin d'aller rendre leurs souvenirs à mes parents. Mais je devais avouer que je gardais ce voyage obligatoire sous le coude, pour partir, si jamais la situation devenait trop compliquée, un dernier recours en quelques sortes.
- Hermione, je viens de recevoir un hibou de Kingsley, il nous demande, me dit Ron en me rejoignant dans le jardin.
- Allons-y, dis-je en me tournant vers lui et en lui faisant un sourire forcé.
- Qu'est-ce que tu as ?
- Rien.
- Hermione, tu passes ton temps à t'isoler, je pourrais croire que tu veux simplement te retrouver seule mais j'ai bien remarqué que c'était ma présence que tu fuyais, celle de Ginny ou de ma famille ne te gêne pas, c'est quand je suis dans la même pièce que toi que tu as tendance à partir.
- Ne dis pas n'importe quoi, j'ai passé toute ma soirée d'hier avec toi !
- J'aurais dû être plus précis, c'est dès que je me montre un peu plus tendre avec toi, que tu fuis.
- Ne parlons pas de ça maintenant, Kingsley nous attend.
Il ne dit rien de plus et moi, je me sentais tellement mal, j'avais l'impression d'être une autre, j'avais l'impression d'être le genre de fille prête à tout, même à détruire une amitié pour avoir ce qu'elle voulait et ce que je voulais, c'était Harry, je le savais, le seul que j'aurais dû m'interdire d'avoir. Qu'est-ce qui m'avait pris de croire que ça n'aurait aucune importance, maintenant, je m'étais transformé en une autre et j'avais changé Harry par la même occasion.
Harry
Ils arrivèrent ensemble mais étrangement distant, je savais qu'elle n'avait rien fait avec lui en dehors du baiser échangé lors de la guerre, je le savais parce que Ron ne semblait pas heureux et je m'en voulais d'être heureux du malheur de mon meilleur ami.
Kingsley nous avait convoqués ensemble afin de donner une interview pour la Gazette du sorcier, moi qui n'aimais pas ce genre de mise en avant, en ce moment, j'étais servi !
Comme pour sorcière hebdo, les mêmes questions étaient posées, les mêmes réponses étaient données et je faillis m'étrangler lorsque la journaliste demanda à Hermione lequel de nous deux, Ron ou moi, faisait battre son cœur.
- C'est une question assez personnelle, répondit Hermione en devenant rouge.
Il n'y avait pas qu'elle que cette question gênait, elle me gênait aussi et elle peinait Ron, car il aurait certainement apprécié qu'elle réponde « Ron », instantanément, mais le fait qu'elle ne le fasse pas répondait à beaucoup de choses pour mon meilleur ami, je le lisais sur son visage.
- Elle devient personnelle seulement s'il y une autre réponse que non, objecta la journaliste en souriant.
Elle était peut-être plus diplomate et sympathique que cette harpie de Skeeter, mais bon sang, je me rendais compte que je détestais tous ces journalistes ! Enfin, quand ils s'occupaient de moi, le reste du temps, ils ne me posaient pas de problèmes.
Ron
Je ne comprenais pas pourquoi elle avait si honte de dire que nous étions ensemble, après des années à se tourner autour, après le baiser, pour moi les choses semblaient claire mais pourquoi pas pour elle ?
Quelque chose m'échappait, son comportement depuis la fin de la guerre puis maintenant ça, je ne pouvais pas faire semblant de ne pas m'en apercevoir. Mais je n'arrivais pas à trouver ce qui avait changé.
- Je n'ai aucune envie de répondre à cette question, dit Hermione en regardant ses pieds, presque aussi rouge qu'un étendard de Gryffondor.
Puis là, je compris, en un millième de seconde mon monde bascula. Juste un bref regard entre Harry et Hermione me parut plus explicite que n'importe quelle discussion. Voilà ce qui avait changé, elle ne voulait plus être avec moi, simplement parce qu'elle voulait être avec lui et lui, il en avait tout autant envie.
Comment un simple regard pouvait-il briser autant de choses à la fois ? Mes espoirs, mon amour pour Hermione, mon amitié pour les deux, tout ça c'était consumé pour laisser place au dégoût de ces deux personnes que j'avais tellement aimé et à la colère, la colère envers eux mais aussi la colère contre moi-même, pourquoi est-ce que je n'avais rien vu ? Depuis combien de temps se payaient-ils ma tête ?
A présent, les deux me regardaient, ils commençaient à se rendre compte que quelque chose clochait. Je ne supportais plus de respirer le même air que c'est deux faux-jetons, donc sans rien dire, je pris la direction de la sortie, sans me méfier du fait qu'ils me suivaient ou non.
Arrivé au terrier, je pris la direction de la chambre de Ginny, ma sœur me regarda entrer, prête à me reprocher d'entrer une fois de plus sans avoir tapé mais elle stoppa net sa réplique en voyant ma fureur, non pas parce qu'elle en avait peur mais parce qu'elle semblait intrigué mais je n'étais pas là pour discuter, d'un geste, je pris les affaires d'Hermione qui dormait avec ma sœur, d'ailleurs, rien que ça aurait du me paraître étrange avec le recul, enfin bref…
Je pris toutes ses affaires, les mis en vrac dans la valise puis après l'avoir fermé, je la pris pour la descendre sans faire attention aux protestations de ma sœur. Ma mère fut attirée par le vacarme que je faisais en traînant la valise et par ma sœur qui me criait dessus, mon père ne tarda pas à arriver, puis George et Percy. Ils me suivirent tous jusqu'à la porte d'entré, sans rien comprendre.
En ouvrant la porte, les deux traitres arrivaient, une fois assez près, je jetais la valise aux pieds d'Harry.
- Tiens, je pense que tu seras heureux de récupérer la valise et sa propriétaire !
- Ron… Dit Hermione des sanglots dans la voix.
- Toi, tu ne m'adresses plus jamais la parole, tu n'es qu'une salope !
- Ron ! S'exclama ma mère outrée par ma vulgarité.
Mais le pire fut quand Harry prit la défense d'Hermione en me disant que je n'avais pas à lui parler ainsi.
- Oh, mais j'en ai autant pour toi, mon… Ami ! Toi pour qui j'ai toujours été là, toi que j'ai toujours suivi... Tu n'es qu'un connard, jamais je n'aurais pensé que tu puisses me poignarder dans le dos.
- Ron ! S'exclama de nouveau ma mère.
- Tu permets ! Mon meilleur ami se tape la femme que j'aime dans mon dos, j'ai bien le droit d'être un peu vulgaire non ? Je crie à ma mère.
- Quoi ? Mais non, Harry ne ferait jamais ça.
- Tiens, alors toi aussi tu es surprise ? Je lui demande.
- Harry, tu n'as pas fais ça, pas vrai mon chéri ? Demanda ma mère en le regardant.
- Non, il n'a pas fait ça, intervint ma sœur.
- Si, je l'ai fais, répondit Harry en regardant ses pieds.
- Non, tu ne l'as pas fais ! Ron, ils n'ont couché qu'une fois ensemble, dit Ginny.
- Parce que tu savais ? Je m'écrie.
- Oui.
- Je n'en reviens pas que vous deux, ses meilleurs amis vous ayez pu faire une chose pareil ! S'exclama ma mère.
- Ron les a abandonnés, il est partit de son plein gré en laissant ses deux meilleurs amis seuls face à un danger immense, donc Harry et Hermione ne lui devait plus rien à partir de ce moment, alors oui, ils ont couchés ensemble, un soir, après avoir faillit mourir, je ne vois pas d'où on peut les blâmer ! S'énerva Ginny en se rapprochant d'Harry.
- On devrait parler de tout ça au calme, suggéra mon père.
- Non, je ne discuterais de rien avec eux ! Je m'énerve.
- Je suis désolé Ron, je n'ai jamais voulu te faire de mal… Commença Hermione.
- Ah, ça c'est la meilleure !
- C'est vrai et Harry non plus d'ailleurs…
- Ne te donnes pas cette peine, je ne croirais pas un mot de ce qui sortira de ta bouche. Je n'ai qu'une question, combien de temps tu comptais me faire espérer quelque chose que tu ne m'aurais jamais donné ?
- Je n'avais pas le courage de…
- Ne me parle pas de courage, je te connais, si tu n'avais pas eu honte de ce que tu avais fait, tu n'aurais eu aucun problème à assumer.
- Non, tu te trompes, si je n'ai rien dis, c'est parce que je ne voulais pas te faire encore plus souffrir, tu as déjà tellement perdu pendant la guerre que je ne voulais t'infliger ça, me répondit-elle.
- De la pitié ? Tu m'as caché la vérité par pitié ! Si tu savais comme j'aurais préféré que tu me répondes autre chose… Mais ça, c'est encore pire que tout. Je n'ai pas besoin de ta pitié, ni de celle de l'autre là, dis-je avec un signe de tête vers Harry.
- Moi ce n'est pas par pitié, j'ai juste respecté sa décision, dit Harry.
- Parce qu'il t'arrive de respecter autre chose que toi-même ? Je demande.
- Stop, la tu pousses un peu, ok, je comprends, tu viens de l'apprendre et ils auraient tout te dire dès le début mais Harry ne mérite pas ça, il a failli mourir pour que nous tous nous vivions ! Dit George.
- Parfait Harry, tu vois, malgré tout, tu gardes ton fan club ! Je m'exclame avec mauvaise humeur.
- Non mais tu t'entends, tu te places en victime mais si tu l'avais voulu, Hermione serait ta copine depuis votre sixième année, mais tu as préféré jouer les idiots avec cette idiote de Lavande, s'écria Ginny.
Ce fut trop, je fis un pas vers elle mais Harry la prit par le bras pour la reculer, sans savoir pourquoi maintenant et pas dès le début, car l'envie n'était pas ce qui me manquait, mon poing s'abattit sur la figure d'Harry, ignorant les cris d'angoisses de ma famille et ceux d'Hermione, je commençais à préparer à nouveau mon poing mais Harry l'arrêta avant qu'il ne l'atteigne.
- Le premier, je l'avais mérité, mais si tu continues, je ne me laisserais pas faire !
Mais déjà, mon père et Percy m'entrainait loin de mon ancien meilleur ami. Ils ne me lâchèrent qu'à l'intérieur de la maison en m'empêchant d'en ressortir.
