Et voici la suite, je n'en suis pas spécialement satisfaite o.O
J'attends vos avis, merci ! :p
Alors, Thranduil sourit, d'un sourire authentique heureux et soulagé, et toujours sans prononcer un mot il leva une main et caressa doucement la joue de son fils et finalement Legolas se précipita dans les bras que son père avait écarté pour pouvoir attraper et serrer son fils contre lui. Le Prince Elfe enfouit son visage dans les épaules de Thranduil, tandis que ce dernier le tenait serré contre lui, caressant doucement sa tête blonde et fermant légèrement les yeux pour mieux profiter des retrouvailles avec son fils. Ils demeurèrent un petit moment de cette façon, enlacés et heureux.
Et les compagnons de Legolas purent remarquer que les épaules de ce dernier tressautaient légèrement le jeune elfe pleurait dans les bras de son père. Tous restèrent silencieux et se détournèrent pour laisser un peu d'intimité au père et au fils qui profitaient pleinement de ce moment de retrouvailles. Et certains avaient l'air surpris, d'après certaines rumeurs qui circulaient Thranduil n'était pas réputé pour être un père prodiguant des marques d'affection, visiblement le nombre de rumeurs calomnieuses qui existaient sur le Roi Elfe ne cessait de croitre… Cependant Aragorn était un peu inquiet, il n'avait pas pu s'empêcher de constater la légère grimace qu'avait esquissée Thranduil lorsque Legolas l'avait serré au niveau de la poitrine. Le Roi du Gondor se promit de vérifier si le père de son ami, qu'il connaissait fort bien pour l'avoir souvent fréquenté lorsqu'il rendait visite à Legolas en Forêt Noire ou que le père et le fils venaient à Imladris de temps en temps, souffrait d'une blessure quelconque, qu'il cacherait sans nul doute à cause de sa maudite fierté. Fierté dont Legolas avait malheureusement hérité, et qui le rendait très difficile à soigner puisqu'il cachait systématiquement la gravité de ses blessures. Bien souvent Aragorn, Elrohir et Elladan avait dû endormir le jeune elfe pour pouvoir le soigner en paix. .. Chose que faisait également Elrond avec Thranduil, d'après ce qu'Erestor et Glorfindel racontaient, ces deniers étant souvent enrôlés par le Semi-Elfe pour l'aider à maintenir Thranduil en place quand il était blessé…
Legolas finit par se détacher de l'étreinte de son père et recula d'un pas observant avec attention Thranduil… tandis que ce dernier faisait de même et murmurait doucement à l'attention de son fils :
- « Bienvenu à la maison, Legolas, ion-nin. »
Puis il se tourna pour faire face aux amis de son fils et leur dit, d'une voix mélodieuse :
- « Bienvenus à Eryn Lasgalen, Roi Eomer, Seigneur Faramir, Maître Meriadoc, Maître Peregrin et Maître Nain. » Il inclina légèrement la tête à leur attention puis se tournant vers Aragorn il le regarda un court moment avant de déclarer, amusé :
- « Estel, ce n'est pas souvent que je vous voie indemne… C'est un plaisir. »
Aragorn rit puis s'avançant vers Thranduil ils se serrèrent le bras à la façon des guerriers avant que l'homme ne répondit :
- « C'est un changement agréable, mon roi. »
L'intéressé réprima un rire et se tournant de nouveau vers ses invités il avisa les verres d'eau disposés sur la table que Legolas avait servie à ses amis et il ouvrit de grands yeux abasourdis et demanda à son fils :
- « Tu leur a donné de l'eau pour se désaltérer… ? »
Legolas haussa une épaule désabusée et Thranduil se détourna ouvrit une armoire, attrapa une carafe de vin, pour le plus grand plaisir de Gimli qui préférait de loin l'alcool, et en servit les invités tout en jetant à son fils un regard amusé. Il leur donna leur verre, ils le remercièrent et apprécièrent la boisson puis il les invita à s'asseoir tandis que lui-même se débarrassait de son arc et de son carquois et ôtait ses dagues avant de les déposer sur la haute table. De la même façon il se dévêtit de sa cape argentée et vint les rejoindre. Il s'assit alors dans un fauteuil et croisant les jambes il resta dans cette position, perdu dans ses pensées. Chacun savoura en silence sa boisson, réfléchissant à des projets ou bien observant Thranduil, comme le faisait Aragorn en essayant d'être discret. Selon lui Legolas ressemblait fortement à son père, excepté les yeux que Thranduil avait verts tandis que son fils les avait bleus, malgré cela la ressemblance était frappante. Si l'homme ne les connaissait pas il aurait sans nul doute pu les prendre pour des frères. Comme tous les elfes, Thranduil ne subissait aucune marque du temps ce qui lui conférait un visage éternellement juvénile, et induisait donc quiconque ne serait pas au courant, en erreur. Cependant, chose peu commune pour un elfe immortel, il semblait las. Son visage restait marqué par la fatigue et les charges liées à sa position. Il portait un lourd fardeau, le destin de tout un peuple qu'il avait dû gérer depuis le décès de son père, le Roi Oropher, et qu'il gérerait jusqu'à ce qu'il meurt ou parte pour les Terres Immortelles avec ce qui restait de ceux de sa race. Aragorn l'avait rarement vu aussi fatigué… Bien que fatigué soit un doux euphémisme pour en réalité signifier que Thranduil était exténué.
Ce dernier reprit d'ailleurs la parole, les yeux encore tournés vers la fenêtre et observant le doux balancement des feuilles au gré du vent en cette fin de journée.
- « Alors cette… expédition ? Comment était-ce ? »
- « Passionnant. » Répliqua Legolas sur le même ton, un sourire aux lèvres.
Thranduil leva les yeux au ciel… enfin au plafond et persifla :
- « Venant de toi, je n'en doute pas. »
- « Eh bien, vous posez une question je vous réponds Ada ! »
Le Roi Elfe le regarda en plissant les yeux et s'affalant avec élégance dans son fauteuil il marmonna dans la barbe qu'il n'avait pas :
- « Eru qu'ai-je fait ? »
- « Comment pourrais-je le savoir ? « Demanda narquoisement son fils.
Thranduil poussa un soupir suffisamment audible et exaspéré pour qu'il soit remarqué par chaque personne dans la pièce avant de continuer sur le même ton :
- « J'osais espérer que cette petite aventure t'aurait rendu un peu plus… réfléchi, mais visiblement je me suis trompé… »
Legolas faillit rétorquer à son père mais levant les yeux sur ce dernier et croisant son regard il préféra s'en abstenir. Thranduil fixa alors son fils et se levant il s'approcha d'une fenêtre et s'accouda à celle-ci avant de déclarer :
- « Tu as agi comme un imbécile, Legolas. »
Le Prince Elfe garda le silence se contentant d'observer Thranduil qui lui tournait toujours le dos. Les autres suivirent avec grand intérêt la discussion qui avait lieu sous leurs yeux ébahis, se demandant ce qui allait se passer et surtout ce que reprochait le Roi à son fils.
- « Tu n'aurais pas dû prendre cette décision. Et encore moins la prendre seul, sans en référer à personne. » Dit Thranduil.
- « Si je vous en avez parlé, vous auriez refusé. »
- « Et avec raison. Ce n'était pas ta place. Tu avais des responsabilités à assumer ici et des fonctions à remplir, au lieu de ça tu es parti vadrouiller et combattre en Terre du Milieu. Tu ne peux pas te le permettre Legolas, tu es le prince héritier de ce royaume. »
- « Ce n'était pas une décision prise à la légère. J'ai agi en fonction de ce que je pensais être juste et de ce que j'ai jugé utile de faire. »
- « Utile ? Etait-ce utile de prendre le risque d'aller te faire tuer ? »
- « En restant ici j'aurais participé à des patrouilles et pris part à des batailles, j'aurais tout aussi bien pu mourir à l'intérieur du royaume. »
- « Peut-être, mais dans ce cas-là tu serais mort en défendant ton royaume et ton peuple. » Thranduil se retourna et fit face à son fils, le visage du Roi était de marbre mais ses yeux trahissaient clairement sa colère. « Que crois-tu qu'il se soit passé quand les nôtres ont appris que leur Prince était parti se battre à l'autre bout de la Terre du Milieu ? Comment crois-tu qu'ils ont réagi en apprenant que tu te battais pour une autre cause que la leur ? Que tu ne combattrais pas à leurs côtés ? Avais-tu réellement réfléchi aux conséquences de tes actes ? Tu es le prince héritier d'un royaume elfique, qui plus est qui est en guerre, tu as également sous tes ordres plusieurs compagnies de guerriers. Tu n'as pas à prendre tes décisions seul. »
Thranduil tourna de nouveau le dos à Legolas, qui restait debout sans rien dire, comprenant que la colère de son père n'était pas injustifiée, et aussi qu'il ne lui en voulait pas réellement mais qu'il parlait au nom de son peuple. Cependant si Legolas comprit bien cette subtilité, d'autres ne la comprirent pas du tout. Aussi Merry se leva en trombe du siège dans lequel il s'était enfoncé avant de s'écrier, pour prendre la défense de son ami :
- « Mais Legolas a participé à la défense de la Terre du Milieu ! Il a contribué à vaincre le Mordor ! Et en vainquant le Mordor tous nous sommes libérés d'une grande menace, qui concernait aussi votre royaume ! Votre royaume sera désormais en paix ! »
Thranduil pivota sur lui-même et fit face au jeune hobbit, ses yeux étincelaient de fureur, en effet Merry avait prononcé le mot de trop. Celui qui fit perdre toute patience au Roi des Elfes et le plongea dans une rage profonde. Cependant quand il s'exprima ce fut d'une voix calme, bien trop calme au goût de son fils et d'Aragorn. S'il avait hurlé sur le hobbit imprudent cela aurait peut-être mieux valu.
- « En paix ? Parce que le Mordor est tombé vous pensez sincèrement qu'Eryn Lasgalen sera un jour en paix ? Cela fait maintenant quelques mois que Sauron n'est plus, mais ce n'est pas pour autant que nous ne combattons plus. Alors peut être que par chez vous tout n'est que quiétude, mais ici ce n'est pas le cas. Les elfes continuent de mourir sous les coups des orcs ou des araignées, exactement comme si le Mordor existait toujours. Depuis des centaines d'années nous sommes en guerre, et cela bien avant que l'Anneau Unique n'ait été retrouvé. Chaque jour qui passe des elfes partent les armes à la main pour défendre ce royaume, certains ne reviendront jamais mais jour après jour d'autres les remplacent. C'est un cycle infini, jamais ce royaume n'a connu la paix qui vous semble si chère. Nos enfants ne connaissent même pas les joies de l'insouciance, ils ne savent pas ce que le mot paix signifie. Beaucoup ont vu leur père ou leur frère partir se battre et ne jamais revenir, nombreux sont les orphelins d'elfes morts pour que vous puissiez vivre en paix. Selon vous comment se fait-il que l'ombre n'ait jamais dépassé les limites de ce royaume ? Je vais vous le dire moi, parce que des centaines d'elfes sont tombés en combattant les forces de l'ennemi pour empêcher des créatures immondes de continuer leur avancée vers vos pays. Si nous avions laissé faire, si les elfes de ce royaume n'étaient pas partis au combat pour s'interposer et faire face aux forces de l'ennemi aujourd'hui vous ne seriez pas ici en train de me dire que mon royaume est en paix, vous seriez en train de vous battre contre les forces du Mordor et de Dol Guldur… peut être même que vous ne seriez pas là qui sait ?
Alors oui Legolas a contribué à faire tomber le Mordor mais ne venez pas me dire que nous sommes en paix, vous peut être que vous l'êtes, peut-être que pouvez désormais fonder une famille sans la peur de perdre vos fils ou vos filles et que vous pouvez retourner heureux et sans crainte chez vous, mais ce n'est pas notre cas. A Eryn Lasgalen plusieurs époux, pères, frères partent chaque jour combattre en sachant qu'ils risquent de ne jamais contempler de nouveau le visage de personne qu'ils aiment, et tout cela pour empêcher les orcs de passer et d'aller troubler votre paix. »
Abasourdi, Merry regarda en silence Thranduil qui s'était appuyé contre la fenêtre, scrutant l'extérieur avec ses yeux émeraude et leur tournant de nouveau le dos. Ses poings étaient serrés et ses muscles contractés, il était profondément énervé mais si sa voix n'avait pas une seule fois flanchée quand il avait parlé, elle avait tout de même eu des accents de douleur qu'il n'avait pas réussi à masquer. Le silence se refit dans la pièce, personne n'osant prendre la parole. Merry, honteux contemplait ses pieds, Faramir, Eomer et Gimli sirotaient leur vin en échangeant des coups d'œil et paroles silencieuses tandis que Pippin se tenait au côté de son cousin et qu'Aragorn et Legolas étaient debout côté à côté, leurs visages sans expression. Pendant ce temps Thranduil s'était perdu dans ses pensées et dans les souvenirs que cette discussion avait ravivés. Il revit alors les visages de tous les proches qu'il avait perdu, Oropher son père mort au combat, Llanys son fils aîné décédé dans ses bras, Faëlia son épouse bien aimée emportée par son chagrin, et tant d'autres, amis d'enfance, frères d'armes… Tous disparus. D'eux ne subsistent désormais que des souvenirs. Une goutte d'eau salée vint alors rouler le long de la joue du Roi des Elfes et mourut sur ses lèvres. Tant de souffrance… Pourquoi restait-il ? Tout serait tellement plus simple s'il se laissait tomber, s'il rendait les armes et s'abandonnait à sa douleur, ne se souciant plus de rien, ne plus avoir à se lever chaque matin et vivre une nouvelle journée sans eux, ne plus avoir à rouvrir les yeux. Mais comme à chaque fois qu'il songeait à cette possibilité, lui vint en tête le visage de son deuxième fils, Legolas. Alors pour lui, Thranduil continuait jour après jour. Il montait au combat pour que les enfants de son fils puissent connaître la joie et la paix et pour que Legolas règne sur un royaume en paix sans avoir à se soucier de la meilleure manière possible pour annoncer à une elfe que son époux ne reviendrait pas.
