CHAPITRE 3


2 semaines plus tard :

J'ai fuis exactement pendant 14 jours. 14 jours à me cacher, à essayer de me faire petit et de passer inaperçue. 14 jours à manger au compte goûte et à mourir de froid. 14 jours pour me retrouver finalement dans les locaux sales et étouffants de la Gestapo à Berlin. J'avais du parcourir une bonne centaine de kilomètres avant qu'il ne m'arrêtent. Lorsque je les ai vus arriver vers moi, une arme braquée sur mon crâne j'ai cru que c'était terminé. Peut-être que j'aurais préféré que cela se termine ainsi, plutôt que de passer je ne sais combien d'heures dans cet endroit minuscule. Je vois grâce à la minuscule trappe qu'il fait nuit dehors et je me dis que, au moins, j'ai encore survécu un jour de plus. Je ne sais pas ce qu'ils attendent. Ils m'ont frappé, traité comme du bétail et je suis toujours la. Ils attendent quoi ? Telle est la question que je me pose. Peut-être qu'un de leurs camions de juifs n'est pas revenu d'un de leurs foutu camps ? Je n'en sais foutre rien mais en réalité ça ne m'importe peu car, qu'ils me gardent ici ou qu'ils m'amènent ne changera rien au fait que j'ai au moins deux côtes cassées et que je suis à bout de forces. Je suis allongé à même le sol froid et humide et je ne sens plus mes jambes. Je meurs de froid et je sais que, si je reste un jour de plus ici, je vais finir par mourir. J'essaie de bouger, mais aussitôt que mon corps se déplace je gémis car mes cotes me font un mal de chien. J'ai du mal à respirer dans cet endroit reclus et j'abandonne. Je reste allongé au sol, les larmes ruisselant de mes yeux et je sens que je m'endors. Et même si j'ai mal, même si je suis exténué, même si j'ai l'impression que mon cœur va lâcher, la seule chose à laquelle je pense avant de sombrer dans le sommeil ce sont des yeux verts. Ses yeux verts.

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Je suis réveillé par le bruit d'une clef qui tourne dans la serrure, et lorsque je m'aperçois qu'il fait encore nuit dehors, je me dis que ce n'est pas normal. J'ai du mal à voir la silhouette de la personne qui s'approche de moi, mais j'y parviens quand même et m'aperçois que c'est un homme. Bien sur, qui d'autre ? Il n'y a pas de femmes ici, sauf peut-être dans un autre cachot. Ses pas lourds se rapprochent de mon corps allongé au sol et j'ai peur. Je vois qu'il se tient debout, au dessus de moi, mais lorsque je m'apprête à parler je m'arrête car je vois qu'il se met à genoux devant moi.

- Qu'est ce que vous me voulez ?, je demande la voix brisée.

Je n'obtiens aucune réponse, et je ne sais pas combien de temps je reste comme ça, à attendre qu'il parle mais je pense longtemps. Je sens sa main qui effleure ma jambe et je bouge. Je ne veux pas qu'il me touche, pas une personne que je ne connais pas et qui veut sûrement ma mort. Mais sans que, cette fois-ci, je puisse me défendre je le sens qu'il se penche au dessus de moi, et lorsque ses lèvres effleurent les miennes, je le reconnais.

- Je vous avais dit de fuir, pas de vous faire arrêter, Monsieur Stilinski.

Son murmure me donne des frissons et son haleine de tabac me dégoûte, même si ses lèvres brûlantes qui caressent mon cou me donnent chaud. Ses mains, grandes et rugueuses, se posent sur mon ventre, à même ma peau. Je me rends compte à ce moment la que ma chemise est ouverte, et que ses mains brûlantes sur la mienne si froide m'apaise. Ses mains touchent mon ventre et remontent sur mon torse. Les battements de mon cœur s'accélèrent lorsque ce sont ses lèvres qui remplacent ses mains. Ses baisers tendres sur mon torse et ma gorge sont un véritable supplice. Je me sens ailleurs, comme dans un autre monde ou il n'y aurait que cet homme et moi. Mais, comme la fois ou il est venu chez moi pour me demander de m'enfuir, je réalise que je ne sais pas qui il est, alors je le repousse.

- Laissez-vous faire Stiles..., il murmure contre mon torse.
- Non. Lâchez-moi. Je ne vous connais pas !

J'ai hurlé, et il s'est éloigné. Lorsque je sens ses bras musclés qui m'entourent et que je me sens quitter le sol, je réalise que je suis dans ses bras et qu'il me porte, tout en marchant vers la sortie. Pourquoi ? Que-va-t-il me faire ? Mais même si j'ai peur, j'ai l'impression que je peux lui faire confiance. Je serre mes bras autour de son cou et le serre contre moi. Son odeur et la chaleur de son corps me font me sentir mieux et lorsqu'il m'allonge à l'arrière d'une voiture, alors qu'il fait nuit noire dehors, je me dis que c'est bientôt la fin. Pendant toutes les longues minutes passées à rouler, je me dis qu'il est en train de m'amener dans ces camps dont il parlait avec son collègue la fois dernière. De longues minutes passées à rouler, j'ai même l'impression que ça fait des heures. Au bout de plusieurs kilomètres, on s'arrête et je sens ses bras me porter à nouveau. Je somnole. J'ai mal aux cotes, aux jambes, partout. J'entends le bruit d'une porte qui se ferme une fois que nous nous engouffrons à l'intérieur de ce qui semble être une maison. Une douce lumière règne dans la pièce ou nous sommes, mais mes yeux se ferment tout seuls. Ma main glisse le long de son cou et tombe contre son torse. Je sens les boutons d'un costume ou d'une chemise sous mes doigts et son corps se penche sur moi alors qu'il me dépose sur quelque chose de moelleux et de chaud. Je réalise vite que je suis dans un lit. Je n'ai pas le courage d'ouvrir les yeux, même si je ne sais pas ou ni chez qui je suis. Je me sens trop bien à ce moment la, même si j'ai une côte cassée. J'entends des bruits. Une porte qui se ferme et je ne sais trop quoi d'autre. J'ouvre les yeux et lorsque je vois qui se trouve en face de moi, en train d'ôter son uniforme, je hurle et j'essaie de sortir du lit. Il ne dit rien, continue d'enlever son uniforme noir comme le charbon et lorsqu'il est seulement vêtu d'un caleçon devant moi, je ne peux m'empêcher de me mordre la lèvre. J'avais bien raison, son corps est magnifique. Je devrais avoir peur, mais tout se mélange dans ma tête. Moi. Juif. Chambre. Derek. Nazi. Pourquoi ? Mais avant que j'ai le temps de me répondre mentalement, il s'approche de moi après avoir enfilé une chemise qui le rend encore plus beau qu'il ne l'est déjà. Ses grandes mains se posent sur ma taille et lorsque je le regarde dans les yeux, c'est comme si plus rien n'existait autour de moi.

- Je...
- Je ne vous ferai aucun mal Stiles. N'ayez pas peur.
- J'ai peur.
- S'il vous plaît...
- Vous êtes censé me tuer, je souffle.
- Je n'ai jamais voulu ça...

Et ses lèvres me dévorent le cou et je me sens fondre. Mon cœur bat comme jamais, j'ai chaud. Ses soupirs lorsqu'il m'embrasse le torse me font frissonner, et lorsqu'il pose délicatement son front contre le mien, je crois qu'il va vraiment le faire, qu'il va m'embrasser. M'embrasser sur la bouche. Mais il ne le fait pas et ses lèvres déposent un léger baiser sur ma joue avant de murmurer :

« Je vous protégerai Stiles, toujours. »

Mes doigts tirent légèrement sur ses cheveux et il me regarde. Et finalement c'est moi. Ouais. Finalement, c'est moi qui l'embrasse.

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Je suis réveillé grâce à une caresse sur mon bras, et je vois Derek qui me regarde, vêtu de son uniforme noir. Il est vraiment magnifique. Alors que je le regarde, je me rappelle du baiser que je lui ai donné hier et je me sens rougir. Je n'aurais pas du, car s'il avait vraiment voulu m'embrasser, il l'aurait fait avant. D'ailleurs il ne m'a pas rendu mon baiser et m'a repoussé. Je ne comprends pas, car ensuite j'ai passé la nuit dans ses bras alors qu'il me caressait le cou à l'aide de son nez. Je m'étais endormi comme une masse, épuisé et je me sentais bien.
Je me relève difficilement dans le lit alors qu'il me regarde. Le jour est déjà bien levé dehors et il ne doit pas être moins de 12 heures.

Je veux qu'il m'embrasse, maintenant, mais je sais qu'il ne le fera pas. Ses lèvres m'attirent, c'est inexplicable. J'ai envie d'essayer encore, voir si cette fois il va se laisser faire ou non. Doucement, je pose ma main sur sa joue et il ferme les yeux, comme si le contact de ma peau lui faisait du bien. Je me penche et pose mes lèvres sur les siennes. Il recule un peu, mais ne me repousse pas alors mes lèvres se posent à nouveau sur les siennes et cette fois il se laisse faire et me rend mon baiser. Ses lèvres douces s'ouvrent et se referment avec les miennes et il pose sa main sur ma joue. Seul le bruit de nos bouches qui se cherchent est présent dans la pièce et je sais que c'est le plus beau baisé qu'il m'ait été donné de recevoir. On s'embrasse encore, pendant quelques secondes qui semblent durer une éternité pour moi. Sa grande main quitte mon cou pour se poser sur mon torse, par dessous ma chemise. Il la pose sur mon cœur et continue de m'embrasser, plus durement cette fois, alors que ses doigts se replient sur mon torse et ses ongles me griffent un peu la peau. C'est merveilleux. Je saisis son cou et l'attire vers moi mais je crois qu'il réalise ce qu'il est en train de faire car il me repousse encore, et je vois qu'il cherche ses mots.

- Stiles, nous... nous ne pouvons pas...
- Pourquoi ? , je demande déçu.
- Vous le savez très bien.

Oui, je le sais. Je baisse la tête, et pose la question que je voulais lui poser depuis plusieurs jours.

- Derek... pourquoi vous m'avez sauvé, dans le magasin la fois dernière ? Et... pourquoi vous faites ça pour moi ? Pourquoi moi ?
- Je ne peux pas vous le dire, vous me prendriez pour un fou...
- Parlez moi, je vous en prie...
- Non ! Je ne peux pas ! N'insistez pas Stiles!

Je sursaute à cause de son ton agressif et autoritaire et je comprends que son caractère habituel prend le dessus. Je le regarde alors qu'il se lève et fait les cents pas dans la chambre. Soudain j'ai honte. J'ai honte d'être aussi sale dans un endroit aussi propre, bien entretenu. Je suis pas à ma place ici. J'ai aussi honte d'avoir cru qu'il pourrait se passer quelque chose entre lui et moi. C'est un officier, qui est censé être homophobe et xénophobe. Je ne comprends pas ce qu'il m'a dit hier : " Je n'ai jamais voulu ça... " Peut-être fait-il cela pour se protéger ? Je ne sais pas, et je pense que je ne veux pas vraiment savoir. Qu'il fasse ceci parce qu'il le veut ou non... peu importe car il est ce qu'il est. Son uniforme le prouve et rien ne changera. Je comprends qu'il ne veuille pas de moi. C'est un homme, j'en suis un. Un juif qui plus est.

- Pourquoi me faites-vous espérer alors ?! Pourquoi vous m'embrassez pour me repousser ensuite, pourquoi vous m'avez récupéré ?! Vous auriez du me laisser dans ce cachot, et me laisser mourir !
- Ça suffit !
- Vous ne me faites pas peur, Derek. Vous n'êtes pas méchant, je le sais. Si vous ne voulez pas de moi, alors laissez moi. Ne me protégez pas et faites votre boulot. Arrêtez-moi, votre collègue le veut.
- Jamais je ne vous arrêterai Stiles.
- Pourquoi ? C'est votre boulot non ?!

Il baisse la tête et s'approche de moi. J'ai du mal à me tenir debout car j'ai mal aux cotes. Il est terriblement attirant dans cet uniforme. J'aimerais bien en défaire les boutons afin de caresser son torse. Je me retrouve piégé entre lui et le mur, comme la fois ou il s'était introduit chez moi. Maintenant que j'y pense, comment-a-t-il pu être chez moi et être dans sa voiture de service avec son collègue deux minutes plus tard. Je n'en sais rien, il faudra que j'y réfléchisse.

- Je n'ai jamais voulu ça Stiles.
- Si vous n'avez jamais voulu ça, alors... pourquoi ?
- Vous n'avez pas à savoir !
- D'accord, très bien. Je m'en vais.
- Vous allez ou ?
- Chez moi.
- Avec une cote cassée ?
Trancha-t-il
- Oui. C'est toujours mieux que rester ici.
- Vous devez voir...
- Non.

Je lui passe à coté, en essayant de marcher vite malgré la douleur mais il me rattrape par le bras. Son corps musclé est maintenant contre le mien et je m'efforce de ne pas le regarder dans les yeux. Ses mains, grandes, descendent le long de mes bras avant de se poser sur mes reins. Je craque et le regarde, et je vois à ses yeux qu'il est gêné. Mes yeux se posent sur ses lèvres fines et si douces mais je résiste. Son bras qui passe maintenant autour de ma taille me maintient debout et la chaleur de son corps me fait un peu oublier la douleur de mes cotes.

- Stiles.
- Hum ?
- Embrassez-moi.

Je suis pris au dépourvu. Mais je me dis que si je fais ce qu'il me dit, je passerai pour un faible. Alors je l'embrasse, mais au bord des lèvres avant de me libérer lentement de ses bras alors qu'il ferme les yeux.
Il soupire et je le regarde. Ses yeux sont toujours fermés et sa tête est penchée en arrière. Il est tellement beau, je n'ai jamais vu un homme comme ça. Il est charismatique, attirant et sensuel. Je retire lentement mes doigts de sa main et me dirige vers la porte, sans rien dire, mais sa voix m'interpelle.

- Stiles
restez-ici. C'est dangereux de sortir maintenant.
- Pourquoi ?
- Quelqu'un pourrait vous voir. Attendez au moins la tombée de la nuit.
- Et rester ici avec vous, seuls ?! Certainement.
- Cessez vos enfantillages Stiles !

Il s'énerve encore et j'ai peur, surtout lorsqu'il me prend par l'épaule et me plaque contre le mur. Ses yeux semblent me transpercer et je n'ose plus bouger. Non, il ne m'a pas plaqué contre le mur, il m'a jeté contre le mur. J'ai peur la, dieu sait de quoi il serait capable... étant donné son travail. Il me parle mais je ne l'écoute pas vraiment car lorsqu'il hurle de cette façon, c'est horrible, terrifiant. Il fait un pas en avant vers moi alors que je suis assis par terre.

- Ne vous approchez pas de moi.
- Heu... je... d'accord. De toute façon je dois aller... travailler. Je vous ramènerai chez vous ce soir.

Et sans un dernier regard pour moi, il quitte la pièce et ferme la porte derrière lui. J'entends le cliquetis de la clef dans la serrure, ce qui signifie qu'il m'a enfermé dans sa chambre. Je regarde autour de moi et m'aperçois qu'il y a une porte marron cachée derrière une chaise en bois. Je l'ouvre et découvre une salle de bain. Et bien que ce ne soit pas chez moi ici, bien au contraire, je me déshabille en moins de temps qu'il ne faudrait pour le dire et allume l'eau de la baignoire. Lorsque cette dernière est pleine à moitié, je me laisse aller dans l'eau chaude et parfumée au savon, et je ferme les yeux. La chaleur me détend et je ne ressens presque plus la douleur. Je me met à penser finalement aux derniers événements. Derek qui me récupère et qui prend soin de moi, alors qu'il devrait normalement me faire tuer, nos embrassades. Je repense à tout ça mais je me rends compte que mon cerveau est bien trop embrouillé. Je me sens simplement bien dans cette eau chaude et propre, et je sens que je suis en train de m'endormir, bercé par le clapotis de l'eau et la douce odeur du savon.

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C'est le bruit d'une porte qui claque qui me réveille et lorsque je me rends compte que je suis à moitié allongé dans la baignoire, je me sens bête de m'être endormi ici pendant des heures. J'ai la peau toute fripée et je suis tout endormi. Mon cerveau met du temps à réagir, et à comprendre que Derek est debout au niveau de la cloison et me regarde. Son regard n'exprime aucune émotion, et sa bouche et durement fermée. Les bras croisés devant son torse, il émane de lui un charisme et une prestance qui vous effraie. Il est grand, bien bâti et extrêmement musclé. Sans rien dire, il décroise les bras et marche dans la salle d'eau sans poser à nouveau le regard sur moi et, quelques secondes plus tard, je vois qu'il me tend un drap de bain. Je le saisis, gêné mais heureux qu'il ne me regarde pas, et j'attends qu'il quitte la salle d'eau afin de sortir de la baignoire avant de m'enrouler le corps avec le long drap de bain blanc. Je me regarde dans le miroir et je me dis que je ne ressemble vraiment plus à rien. Je suis trop maigre, mes cernes font peur à voir et mes cheveux sont ternes malgré le fait que je viens de les laver. Je regarde mes mains posées sur le rebord du lavabo blanc et froid. Mes doigts sont fins, si bien qu'ils pourraient se briser au moindre coup violent et ma peau est abîmée. Je me sens affreux, plus moi même et inutile. Lorsque je me regarde à nouveau dans le miroir, je vois également le reflet de Derek derrière moi. Il est torse nu et son pantalon de service qui tombe sur ses hanches larges le rend on ne peut plus attirant. Je ne peux m'empêcher de regarder ses muscles pectoraux dans le miroir et, lorsqu'il s'aperçoit que je l'observe, il se déplace et me tend une chemise blanche un peu abîmée et un pantalon gris. J'hésite à les prendre, mais je vois à son regard qu'il veut me les donner. Je les saisis donc et il sort à nouveau de la pièce, me laissant donc seul afin que je puisse m'habiller. Lentement, pour ne pas me faire mal aux cotes, j'enfile les vêtements qu'il m'a remis et je replace mes cheveux. Lorsque je sors de la pièce, je le vois assis sur le lit, de nouveau habillé entièrement et il me regarde. La pièce est sombre et la lumière n'est pas allumée, ce qui m'indique que la nuit commence à tomber. Je m'assoies à ses cotés et me tortille sur moi même.

- Ça va Stiles ?, il me demande simplement.
- Non. J'ai mal aux côtes.
- Allongez-vous.
- Derek je...
- Allongez-vous, et ôtez votre chemise.

J'ai envie de lui dire que ça me gêne qu'il me vouvoie, mais je ne fais aucune remarque et retire les boutons de la chemise avant de l'ôter et de m'allonger sur le lit, les jambes pendantes au bord du lit. Je le regarde alors qu'il entre dans la salle de bain. Je regarde le plafond blanc au dessus de moi comme si c'était la chose la plus intéressante que je n'ai jamais vue de ma vie, jusqu'au moment ou il revient à mes cotés, une grande boite entre les mains. Je le regarde faire alors qu'il ne me parle pas. Il sort de la boite une seringue ainsi qu'une aiguille et la désinfecte avec ce qu'il semble être de l'alcool. Il prend ensuite un petit flacon en verre et remplit la seringue du produit qu'il contient, avant de s'approcher de moi et de saisir mon bras. Je le retire, mort de peur et je crois qu'il comprend.

- Stiles, c'est de la morphine.
- Qu'est ce qu'il me le prouve ? Ça pourrait bien être autre chose... de mortel.
- Bon sang, quand est-ce-que vous comprendrez que je ne vous veut aucun mal, Stiles ?!
- Peut-être quand vous m'aurez expliqué pourquoi, justement, vous ne me voulez aucun mal.
- C'est impossible.

Et sans un mot ni regard de plus, je sens l'aiguille entrer dans ma peau et je retiens un gémissement. Je le regarde faire et je me rends compte qu'il a l'air de savoir ce qu'il fait. Lorsqu'il retire l'aiguille de ma peau, je crois qu'il va s'éloigner mais il me regarde et, tout en me regardant encore et encore, il dépose un baiser sur mon bras à l'endroit de la piqûre. Son regard vert intense me foudroie et je baisse la tête afin de ne plus le voir.
Ses mains glacées effleurent ma peau alors qu'il enroule un bandage autour de mes côtes cassées. A chaque contact de sa peau sur la mienne, mon corps se retrouve de frissons et je sens mon cœur battre de plus en plus vite. Jamais quelqu'un n'a été aussi attentionné envers moi, mis à part mes parents peut-être. Lorsqu'il a enfin fini, il me regarde et me caresse la joue. Il détourne un instant le regard vers la fenêtre avant de me regarder à nouveau.

- Il fait nuit. Remettez votre chemise, je vous ramène chez vous.

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Une vingtaine de minutes plus tard, je suis chez moi. Il fait étrangement chaud et je vois du bois qui brûle dans la cheminée. Je regarde la bûche, intrigué, et je crois que Derek s'en aperçoit car il me dit :

Je... je suis venu allumer un feu avant de rentrer à la maison.
- Oh... je... merci Derek.

Un sourire illumine son visage à l'entente de son prénom et je me mords la lèvre. Il est tellement beau, tellement... innocent à cet instant la, même si je sais qu'il est bien loin d'être innocent. Je ne comprends vraiment pas sa gentillesse, son caractère changeant et ses sautes d'humeur. Je ne comprends pas, je ne le comprends pas, et je n'aime pas ça. Il me regarde et pose sa grande main sur ma joue avant de se rapprocher de moi, si bien que son corps effleure le mien. Mon cœur bat anormalement vite et il fait un pas en avant, si bien que je me retrouve piégé entre le mur et son corps musclé. La lumière tamisée de la pièce seulement produite par la flamme dans la cheminée donne à l'endroit une atmosphère calme et douce. Mes yeux parcourent son visage et je vois à la lueur du feu que ses yeux brillent. Sa main glisse lentement de ma joue et ses doigts caressent mon cou alors que je penche la tête sur la droite. Son souffle caresse ma peau sensible vers ma mâchoire et je frémis lorsque ses lèvres remplacent ses doigts. Il n'y a plus un bruit dans la pièce, si bien que j'ai l'impression que le temps s'est arrêté. Ses lèvres douces me caressent tendrement et sensuellement et je m'agrippe à ses épaules musclées. Je souris malgré moi, comme un enfant, parce que je me sens bien et que j'aime qu'il m'embrasse de cette façon.

« Derek. »

Il s'éloigne lorsque je le repousse un peu et plaque son front contre le mien. On reste plusieurs minutes comme ça, à nous regarder dans les yeux, sans rien dire et le souffle court. Il dépose un baiser sur ma joue et, finalement, il brise le silence.

« Au revoir Stiles. »


Chapitre terminé ! :3

Je vous remercie pour toutes vos reviews et de me lire. Je tiens a signalée que le prochain chapitre sera vendredi et qu'il en aura deux au lieu d'un. (Un avec le PDV de Derek et un normal :))

Merci encore pour tout.

Merci particulièrement a Shiki, Sanga36 qui lisent mes deux fictions et qui a chaque fois me laisse des reviews d'enfer :* :D

En tout cas je suis vraiment contente que cette fanfiction vous plaise et donc... A Vendredi pour la suite :p