Cœur Secret
Chapitre 4
Gohan regarda Videl, les yeux écarquillés. « …Quoi ? »
« Quand est-ce que tu me la présentes ? » répéta-t-elle.
« Mais… Pourquoi voudrais-tu rencontrer ma mère ? » demanda-t-il, incrédule.
« C'est l'une des femmes les plus fortes du monde ! Pourquoi je ne voudrais pas la rencontrer ? »
« Oh… Je vois… »
« Alors, quand est-ce que tu me la présente ? » demanda-t-elle encore.
Il se gratta les cheveux. « Et bien, tu peux venir ce week-end, si tu veux. » dit-il à contrecœur.
« Génial ! Je pourrais même passer la nuit chez toi, qu'en dis-tu ? Puisque mon père n'est pas là, je peux me le permettre ! »
Il soupira. « Si tu veux… Mais il faut que je prévienne ma mère avant. »
« Tu as toujours mon téléphone dans les mains ; appelle-la ! »
« Tout de suite ? »
« Mais oui ! Allez, appelle-la ! »
Il soupira encore, et composa le numéro de chez lui une fois de plus, puis porta le téléphone à son oreille.
« Allô ? » entendit-il à l'autre bout du fil. Il reconnut sans mal la voix de sa mère.
« Allô, Maman ? C'est encore moi. »
« Gohan ? Pourquoi appelles-tu de nouveau ? »
« Et bien… J'ai cette amie qui veut vraiment te rencontrer. Elle voudrait aussi passer la nuit à la maison, ce week-end. C'est d'accord ? »
« Une seconde, tu as dis 'elle' ? C'est ta petite amie ? » demanda Chichi, le taquinant.
Gohan rougit intensément. « Non, Maman, ce n'est pas ma petite amie ! C'est juste une amie ! » protesta-t-il furieusement.
« Voyons, Gohan, tu sais bien que je te taquine. Mais ça me plairait bien que tu aies une petite amie. Tu te marierais avec elle, et vous me ferais de magnifiques petits enfants… »
« Maman ! » cria Gohan, plus rouge que jamais.
« Je t'interdis de lever la voix avec moi, jeune homme ! » fit Chichi, la voix sévère.
« Excuse-moi, Maman. » Il soupira. « Alors, est-ce qu'elle peut venir à la maison ? »
« Mais pourquoi veut-elle tellement me rencontrer ? »
« Elle a entendu parler de toi comme étant l'une des seules femmes finalistes au Tenkachi Budokaï. »
« Oh, ça remonte à si longtemps… Il y a encore des gens qui s'en souviennent ? »
« Apparemment, oui. »
« Très bien, elle peut venir ! Elle peut même passer la nuit à la maison, si elle veut ! Au fait, comment elle s'appelle ? »
« Videl. »
« Quel joli nom ! Je suis sûre qu'elle serait parfaite pour toi ! »
Gohan rougit une fois de plus. « Maman ! »
« D'accord, d'accord, j'arrête. Alors à plus tard mon chéri, ne rentres pas trop tard ! »
« Oui, Maman. Bye. »
Il raccrocha, poussant un profond soupir. Il tourna son regard sur Videl, qui le regardait avec un air amusé. En fait, elle ne l'avouerait jamais, mais elle le trouvait très mignon quand il rougissait.
« Bon, maintenant que c'est réglé, on va pouvoir se battre. » dit-elle.
« Tu es sûre que c'est une bonne idée ? Tu es blessée à la main ; ça pourrait t'handicaper. »
« Mais non, ne t'inquiètes pas pour ça. Je ne sens plus rien du tout. » assura-t-elle.
Il soupira encore. « Si tu le dis… » dit-il. Puis il eut une idée. « Mais je n'ai pas exactement la tenue qu'il faut pour se battre. On devrait peut être reporter le combat. »
« Arrête d'essayer de trouver des excuses. Et en ce qui concerne ta tenue, je devrais pouvoir t'en trouver une à ta taille. »
« Ah… Ah bon ? » fit Gohan. Zut.
« Oui. Je n'aurais qu'à piocher dans les affaires des élèves de mon père. Attends-moi là, je reviens tout de suite. »
Pendant que Videl était partie lui chercher une tenue de combat, Gohan fit un petit tour dans la salle d'entraînement, observant les différents appareils de musculation qu'il y avait un peu partout dans la pièce.
Tous ces appareils ne servent qu'à augmenter la masse musculaire, pensa Gohan. Mais tous ces gros muscles ne font que nous ralentir ; c'est plutôt handicapant dans un combat.
« Je crois que celle-ci devrait t'aller. » dit Videl, venant d'arriver.
Gohan prit la tenue des mains de Videl, et supprima une grimace en voyant qu'elle n'allait pas cacher grand-chose de ses muscles.
« Euh… Tu n'aurais pas plutôt une tenue à manches longues ? » demanda Gohan.
« Tu veux te battre avec une tenue à manches longues ? Dans cette chaleur ? Tu vas crever de chaud ! Non, tu ferais mieux de porter celle que je t'ai apportée. »
Gohan soupira, résigné. « Très bien. Je me change où ? »
« Suis-moi, je vais te conduire aux vestiaires. » répondit Videl, commençant à marcher vers les vestiaires. Gohan la suivit sans discuter.
Elle ouvrit une porte. « C'est là. Ne tarde pas trop. »
Gohan hocha la tête, puis entra dans les vestiaires, alors que Videl attendait derrière la porte. Après dix minutes, elle commença à s'impatienter, et frappa à la porte.
« Combien de temps il te faut pour te changer ? Dépêche-toi ! » dit-elle.
De l'autre côté de la porte, Gohan était prêt depuis un moment déjà, mais il n'arrivait à se décider de sortir dans sa tenue actuelle, qui ne faisait rien pour cacher ses muscles.
« Gohan ! Qu'est-ce que tu fabriques là dedans ? Sors de là, déjà ! » cria Videl.
Gohan soupira, et se résigna à sortir. Il tourna la poignée de la porte, et, lentement, l'ouvrit.
« Enfin ! Tu en as mis… du… » Sa voix s'estompa, et elle sentit une chaleur envahir ses joues alors qu'elle le voyait sans manches, ainsi qu'une bonne partie de son torse musclé.
Oh mon Dieu… pensa-t-elle. C'est ça qu'il cachait sous ses manches longues ??
Gohan détourna les yeux, une légère teinte rouge sur les joues, se frottant la nuque, gêné par la façon qu'avait Videl de le regarder. C'était pour cette raison qu'il préférait porter des vêtements larges, à manches longues ; il n'aimait pas l'attention. Quoique… Avec Videl…
Il secoua la tête, puis soupira. « Bon, on va le faire, ce combat ? »
Sa voix sembla sortir Videl de sa torpeur, et elle rougit encore plus, se rendant compte de ce qu'elle était en train de faire.
« Euh… Oui. Allons-y. »
Ils retournèrent à la salle d'entraînement, Videl jetant de temps en temps des regards vers Gohan, rougissante. Elle ne l'aurait jamais imaginé si musclé, quoique c'était plutôt logique pour quelqu'un qui pratiquait les arts martiaux depuis ses quatre ans.
Ils montèrent sur le ring, et se firent face.
« Je te préviens, Gohan, si tu fais exprès de perdre sous prétexte que je suis une fille, je ne te le pardonnerais jamais ! » avertit Videl.
Et zut ! Je n'avais pas l'intention de gagner ce combat, mais maintenant j'y suis obligé ! pensa Gohan.
« Très bien. » fit-il. « Mais tu ne m'en voudras pas si je gagne ? »
Videl eut un petit rire. « Tu peux toujours essayer. »
Ils se mirent en position de combat, chacun observant et évaluant la forme de l'autre.
Sa forme est parfaite, pensa Videl. Elle sourit. Je sens que je vais bien m'amuser.
Sans plus attendre, elle fonça sur son adversaire, tentant de lui donner un coup de poing, mais Gohan l'évita sans problème. Elle enchaîna avec un coup de pied, mais il fut évité également avec facilité. S'en suivit une série de coups de la part de Videl, mais Gohan continuait de tous les éviter, ne semblant pas y mettre beaucoup d'efforts. Après un moment, Videl fit un bond en arrière, essoufflée, alors que Gohan se remettait en position de combat, toujours aussi frais.
Elle se débrouille pas mal du tout, pensa Gohan. Bien mieux que son père, en fait.
« Pourquoi tu ne m'attaques pas ? » demanda Videl, les sourcils froncés. « C'est un combat ! Tu es censé attaquer, pas seulement éviter mes attaques ! »
« Mais… Je ne veux pas te blesser… »
Gohan se rendit compte de son erreur quand il vit Videl serrer les poings, une veine battant sur sa tempe. Il recula d'un pas.
« Imbécile ! C'est un combat, on va forcément se blesser ! Maintenant tu vas te battre comme il faut sinon je te tue ! J'en ai toujours envie, tu sais ; je t'en veux toujours de m'avoir embrassé juste pour pouvoir t'échapper ! »
Gohan rougit, repensant inconsciemment au baiser. « Je t'ai dis que j'étais désolé, Videl. Et puis, tu m'en aurais moins voulu si je t'avais embrassé pour une autre raison que de vouloir m'échapper ? »
« Pourquoi, il y a une autre raison ? »
« Non ! » dit précipitamment Gohan, les joues brûlantes.
Videl fronça les sourcils. Pourquoi était-elle déçue par cette réponse ? Voulait-elle qu'il y ait une autre raison ? Elle secoua la tête, chassant ces idées de son esprit.
« Bon, reprenons le combat. » dit-elle.
« On ne pourrait pas reporter ce combat à une autre fois ? Il commence à se faire tard et j'ai promis à ma mère de ne pas rentrer trop tard. »
« Hors de question. Tu pourras partir seulement après le combat. »
« Mais Videl… »
« Pas de mais ! On reprend le combat, et t'as intérêt à m'attaquer, cette fois ! »
Elle fonça de nouveau sur lui, lui envoyant une série de coups qu'il évita. Puis, décidant de passer à l'offensive, Gohan lui donna un léger coup de poing à la mâchoire. Enfin, léger pour lui. Son coup était bien puissant qu'il ne l'aurait voulu, et il vit avec horreur du sang couler de la bouche de la jeune combattante, qui avait reculé de quelques pas par la force du coup.
Elle essuya le sang sur son menton, ignorant la douleur. « Et ben tu vois, quand tu veux. »
« J'arrête. » déclara Gohan.
« Pas question ! Ça commence juste à devenir intéressant ! » protesta Videl.
« J'ai dis j'arrête. Je refuse de te blesser d'avantage. » dit-il, descendant du ring.
Videl le suivit hors du ring. « Tu ne peux pas arrêter ! Le combat n'est pas encore terminé ! »
« Ça m'est égale. Je ne veux plus me battre contre toi. Plus jamais. »
Il allait sortir de la salle d'entraînement vers le couloir qui menait aux vestiaires, mais Videl se mit devant lui, lui barrant la route.
« Je t'interdis de t'en aller ! On a un combat à terminer ! » insista-t-elle.
« Non. Le combat est terminé. Maintenant laisse-moi passer. »
« Non ! »
Il soupira. « Videl, s'il te plait… Ne m'oblige pas à utiliser les grands moyens. »
« Quoi, tu vas encore m'embrasser pour pouvoir t'enfuir ? »
Il rougit. « Non ! C'est pas ce que je voulais dire ! » Il soupira encore. « Je savais que je n'aurais jamais dû accepter… »
« C'est trop tard, maintenant. Et je veux qu'on termine notre combat. »
« Videl, pour la dernière fois, je ne me battrais plus contre toi. »
« Pourquoi, parce que je suis une fille ? »
« Entre autre, oui. »
Elle serra les poings. « T'es vraiment qu'un sale macho ! »
Il cligna des yeux. « Moi ? Un macho ? » Il n'en croyait pas ses oreilles.
« Tu m'as entendu ! T'es qu'un macho ! Et un lâche ! Je te déteste ! »
Ces paroles faisaient toujours aussi mal à Gohan. Elle le détestait. Alors que lui l'aimait tellement…
Il baissa la tête. « Je suis désolé que c'est ce que tu ressens pour moi. Tout ce que je voulais c'est qu'on soit amis. »
« Je pourrais être ton amie, si tu acceptais de reprendre le combat. »
Il hésita quelques instants, puis secoua la tête. « Non. Je ne me battrais plus contre toi. »
« Très bien, comme tu veux. De toute façon, je ne veux plus me battre contre un lâche comme toi. »
Elle s'écarta de son chemin, le laissant passer. Il alla se changer dans les vestiaires, et en sortit quelques minutes plus tard. Videl était dans le couloir, les bras croisés, le regard noir.
« Au revoir, Videl. »
Pour toute réponse, elle fit un « Hmph ! » et tourna les talons, retournant à la salle d'entraînement.
C'est encore pire qu'avant, pensa-t-il, sortant du Manoir. Je n'aurais jamais dû accepter.
A suivre…
