Salut !

Voici enfin le chapitre des revelations !

Comme tout les autres, il a été corrigé par Moira-chan ^^ Merci !

La fin de l'histoire approche...

Bonne lecture !


-Pa'.

-Oh... Taiga... Que veux-tu ?

Mon père semble stressé. Il doit se douter que j'écoutais à la porte, mais fait comme si de rien n'était.

-Je veux des réponses.

Il s'assied sur la chaise de son bureau.

-Je n'ai rien à te dire.

-Je crois que si.

-Tu n'as rien à savoir, Taiga.

-Alors c'était quoi, cette conversation bizarre avec maman ?

-Rien.

J'ai envie de l'étrangler. Il me cache une chose importante, trop importante. Son silence ne fera, de toute manière, qu'envenimer la situation. Il a tout à gagner à me dire ce qu'il dissimule avec maman. Il s'agit sûrement d'une partie de notre histoire familiale. Il faudra bien que le sache un jour ou l'autre. Là, maintenant, je suis prêt.

-Dis-moi la vérité !

-Non ! Il n'y a rien à savoir !

-Papa !

Il soupire. Je crois avoir gagné.

-Ce n'est pas une chose agréable à entendre ou à dire.

-Je t'écoute.

-Tu vas nous détester. C'est ce que tu veux ? Si je ne dis rien, alors tu ne souffriras pas.

J'ai besoin de savoir. Je sais que tout est lié au garçon du miroir. Son mystère me pèse depuis trop longtemps, maintenant, et il semble incapable de tout me dire par lui-même. Je dois me reposer sur mon père pour tout savoir, désormais.

-Dis-moi. Je suis prêt à tout entendre.

-Tu risques de le regretter.

-Je sais.

Il soupire, résigné.

-Très bien... Jusqu'où remontent tes plus lointains souvenirs ?

-Euh... Jusqu'à mes six ans, il me semble.

-Tu n'as rien de plus ancien ?

-Non.

Il se tourne vers la fenêtre et commence à parler d'une voix basse et morne.

-Il y a onze ans, ta mère et moi avons découvert que tu faisais des cauchemars. Tu rêvais chaque nuit que tu réconfortais un enfant, et jamais tu n'y parvenais. Il lui arrivait toujours quelque chose, tu ne réussissais jamais à le sauver. Cela te faisait beaucoup de mal, tu en étais malade. Alors... Nous avons commencé des thérapies pour te libérer de tes cauchemars, et... Rien ne fonctionnait, jusqu'à ce qu'un médecin nous propose d'effacer tes souvenirs. Nous avons essayé, et ça a marché. Tu ne souffrais plus, tes rêves redevenaient normaux.

-Pourquoi mes souvenirs ? Mes rêves avaient un rapport avec mes souvenirs ?

Comment le fait que je refasse des cauchemars pourrait-il briser notre famille ? Quelque chose m'échappe. Ces cauchemars auraient-ils une vraie signification qui leur fasse peur ?

Mon père se mure dans le silence.

-Papa ?

-Tu vas nous haïr...

-Je vous détesterai encore plus si tu refuses de tout me dire.

-Ne me force pas à te raconter.

Il se met à pleurer. Je sais que je ne devrais pas le forcer de la sorte, mais j'ai horriblement besoin de tout savoir.

-Je m'en veux tellement...

-Papa ! Il faut que je sache !

Il renifle et reprend son récit.

-Tu voyais toujours le même garçon dans tes rêves, un garçon aux cheveux rouges. Tu faisais toujours tout pour qu'il soit heureux... Tu nous parlais sans cesse de lui, tu nous demandais de le chercher... Tu nous disais qu'il souffrait. Tu nous détestais tellement.

-Pourquoi ?

-Nous t'avions égoïstement arraché à lui...

-Comment ça ?

J'ai peur de ce que je vais apprendre.

-Je ne peux pas... Je ne peux pas...

Et si tout s'arrêtait là ? Je vois mon père se briser. Je le brise avec mes questions.

-S'il te plaît...

-Ce garçon... Tu as vécu toute ton enfance avec lui... Dans cet orphelinat... Nous voulions un enfant... Nous sommes allés les voir, et deux enfants correspondaient aux critères qui nous plaisaient... Deux frères... Toi... et Seijuro. Nous t'avons choisi pour devenir notre fils et nous avons laissé Seijuro derrière nous. Cela t'a détruit... Tu pleurais tout le temps, tu nous détestais pour t'avoir arraché à ton frère. Dans tes rêves... Tu le revoyais pleurer... Mais comme tu n'étais plus à ses côtés, tu ne parvenais pas à le réconforter. Même éloigné de lui, tu le voyais souffrir. Votre lien était si fort.

Je m'effondre. J'ai été adopté... Seijuro est mon frère, et...

Les larmes coulent toutes seules sur mes joues. Je me sens tellement trahi. Je n'en ai aucun souvenir, mais...

Le garçon du miroir... mon frère...

Alors... Quand il me demande de l'aide… Pourquoi ? Est-ce qu'il souffre ? Pourquoi je ne le vois que depuis six ans alors que notre lien est censé être si fort ?

Ces révélations m'ont encore plus embrumé l'esprit.

Je sors du bureau en courant et entends mon père hurler de rage. Plein de culpabilité, je ferme la porte de ma chambre et me dirige vers le miroir.

-Seijuro !

Il me regarde, surpris, puis me sourit et pleure de joie.

-Seijuro...

« Taiga »

-Dis-moi où tu es ! Je veux te voir !

Son regard s'assombrit soudain. Je le regarde et j'ai l'impression de revoir son visage lorsqu'il était enfant. Le doute n'est plus permis, je l'ai déjà vu, je le connais. Mais mes souvenirs sont bloqués quelque part en moi. Je dois les délivrer.

« … Je ne sais plus.. »

-Tu ne sais plus où tu es ?

« Non »

-La dernière fois, où étais-tu ?

« Dans une salle blanche »

-Quoi d'autre ?

Ma tête commence à me faire mal, comme à chaque fois que Seijuro me parle. Je ne dois pas céder maintenant.

« J'ai mal... partout... Je me sens vide »

-Comment fais-tu pour venir dans les miroirs ?

« Mon esprit se balade »

-Comment-ça ?

Il m'est de plus en plus dur de parler. Ma tête tourne, devient lourde. Mes jambes vont lâcher, mais je dois savoir.

« Je suis entre la vie et la mort »

Je sombre dans l'inconscience après ses dernières paroles.


La porte s'ouvrit. Trois adultes entrèrent dans la petite chambre. Je tenais Seijuro fermement contre moi. Il tremblait.

-Alors ? Nous avons dit Taiga, n'est-ce pas ? dit l'un des hommes, en blouse blanche.

Il m'attrapa le bras.

-Taiga ! Ne pars pas ! cria Seijuro.

-Lâchez-moi !

Je me débattis et tins Seijuro par les mains. Je ne le lâcherais pas. Ses pleurs redoublèrent.

L'homme en blouse blanche me tenait trop fort, je sentais ma cage thoracique comprimée dans ses bras. Seijuro criait, ses grands yeux adorables noyés de larmes. Je ne devais pas le lâcher. Mais il était trop faible pour s'avancer vers moi. Son corps était bien trop maigre. Je reculais de plus en plus loin de lui dans les bras du médecin. Je me débattais. Soudain, Seijuro lâcha une de mes mains.

Il hurla. Je criai son nom, mais nos mains se séparèrent.

-Non ! Non ! Seijuro !

-TAIGA !

La porte se referma sur ses pleurs et ses larmes.

-TAIGA ! cria sa petite voix d'enfant.

Je l'entendis hurler de derrière la porte.

-Sales monstres, comment pouvez-vous faire ça ?! hurlai-je.

Je frappai l'homme en blouse blanche et maudis ces gens qui m'arrachaient à mon frère malade pour faire de moi leur enfant.

Il risquait de se laisser mourir si je n'étais pas avec lui. Son corps était faible.

-Seijuro !

Qu'est-ce qu'il allait devenir sans moi pour le protéger ? Quelqu'un allait-il venir le chercher, comme pour moi ? Et si la famille qui l'adoptait lui faisait du mal ? Qui le protégerait ? Il serait seul.

Seul.

Alors que je lui avais promis d'être toujours avec lui.


Un petit review ?