Aujourd'hui c'était le dernier jour avant les premières vacances de l'année. Tout le monde se réjouissait à cette idée. Sansa toutefois ne partageait pas cette euphorie ambiante. Elle aurait aimé continuer les cours sur Nord et Sud, ils avaient presque fini, malheureusement les deux heures d'aujourd'hui ne suffiraient pas. Elle soupira et entra dans la salle, sentant aussitôt le regard de monsieur Baelish glisser sur elle. La jeune fille rougit et se plaça à son bureau. Une fois le dernier entré et la porte fermée, monsieur Baelish commença le cours:

«-Nous n'avons pas de temps à perdre. Comme vous le savez tous ce soir ce sont les vacances. Alors je vous demande de rester quand même concentrés pour vos deux heures de cours avec moi, j'aimerai que nous avancions le plus possible.»

Il leur indiqua la partie qu'ils étudiaient et demanda à Sansa de commencer la lecture. C'était la scène de la demande en mariage de monsieur Thornton mais que Margaret refusait sans ménagement. Sansa lisait d'une voix claire et forte pour que tout le monde puisse suivre.


Petyr regardait cette beauté aux cheveux roux. Pourquoi ressentait-il autant de désir pour une adolescente? Pour son élève? Il risquait d'avoir de graves ennuis si ça s'apprenait et pourtant ça ne l'empêchait pas de regarder ces magnifiques lèvres roses, ces yeux d'un bleu unique, cette chevelure flamboyante, cette poitrine qui commençait à prendre forme sous le chemisier de l'uniforme, ces longues jambes fines qui dépassaient de la jupette écossaise verte du lycée. Il laissa son regard errer le long de ce corps gracile et innocent, car il était évident que Sansa était encore vierge.

Il imaginait parfaitement ses lèvres se rougir sous les baisers, sa peau frissonner sous les caresses, ses petits tétons roses durcir à cause de l'excitation. Il eut un petit sourire:

«-Parfait, Margaery continue.»

Il détourna à regret les yeux de sa magnifique œuvre d'art. Margaery était une jeune fille magnifique, pourtant il trouvait qu'elle n'arrivait pas à la cheville de Sansa. Si Petyr ne se connaissait pas il penserait qu'il était amoureux de la jeune Stark.


Sansa regarda son professeur, elle avait sentit son regard brûlant sur elle tout le long de sa lecture. C'était étrange comme elle avait eu chaud tout à coup. La chaleur était d'abord arrivée sur ses joues, puis elle était descendue dans sa poitrine, dans son ventre et avait terminée sa route dans sa féminité. Sansa n'avait jamais ressentit une telle sensation de… chatouille dans son vagin avant aujourd'hui. Elle comprit alors de quoi parlaient ses amies quand elles décrivaient cette sensation en face d'un garçon, elle comprenait aussi cette impression d'avoir une nuée de papillons dans le ventre. La jeune fille se rendit même compte que sa culotte était légèrement humide à présent, c'était vraiment très embarrassant.

Discrètement, Sansa décroisa ses jambes et les recroisa en changeant leur place. Elle eut alors la confirmation que sa culotte était un peu mouillée, car elle avait eu cette sensation désagréable de froid et d'humidité quand elle s'était repositionnée. Elle prit son stylo et le mordilla en regardant par la fenêtre. Elle avait cru que ses copines mentaient quand elles disaient que les filles «mouillaient» devant un gars qui leur plaisait, mais là Sansa en avait la preuve. Elle trouvait monsieur Baelish très bel homme et son corps avait réagit pile comme Osha, Shae et Margaery lui avait déjà décrit.


Petyr vit l'attitude de Sansa, il devinait qu'elle était embarrassée, mais pourquoi? Il la vit tirer nerveusement sur l'ourlet de sa courte jupe comme pour cacher ce qui se trouvait dessous. Il attendit que Margaery termine et il commença l'explication de texte. Il nota quelques éléments au tableau et leur sourit:

«-Alors, des questions?»

Personne ne leva la main et la fin de la première heure sonna. Tous les élèves sortirent en pause sauf Sansa qui restait clouée à sa chaise. Petyr s'approcha:

«-Tout va bien Sansa?

-Oui, merci.

-Tu m'as l'air d'avoir un problème…

-Non non ça va… je suis juste… indisposée alors je préfère rester assise, car j'ai vite mal au ventre quand je suis debout.

-Ma pauvre, j'admire les femmes qui arrivent à endurer ça sans broncher.»

Il repoussa une mèche rousse derrière l'oreille de la jeune fille. Sansa ferma les yeux sans s'en rendre compte pour profiter de ce contact furtif. Elle rougit en ouvrant à nouveau les yeux:

«-Euh… d'accord oui.»

Petyr sourit et se releva. Il savait quel était son mal, elle n'avait pas ses règles, elle ressentait du désir et ça lui faisait peur. Il avait été heureux de cette réaction involontaire. Une idée germa dans sa tête. À la rentrée ils partaient en voyage scolaire, dans ces cas-là les règles changeaient un peu. Petyr en profiterait donc pour commencer un petit jeu de séduction avec sa beauté rousse. Il lui fit un clin d'œil et retourna à son bureau alors que la sonnerie résonnait.


Sansa était morte de honte, elle aurait aimé se cacher dans un trou de souris. Elle avait senti sa culotte se mouiller un peu plus quand monsieur Baelish l'avait touché. Ça n'avait pas été un geste très excitant à proprement parler, mais le cœur de Sansa avait fait un bond dans sa poitrine et son sang n'avait fait qu'un tour. Elle attendait avec impatience que l'heure se termine et qu'elle puisse partir de cette sale où il faisait bien trop chaud à son goût.

La libération arriva enfin, une heure avait semblé durer une éternité pour la pauvre adolescente. Elle rassembla ses affaires à la hâte et partit vite de la salle, lançant un «au revoir» rapide en s'éclipsant. Ses copines comprirent aussitôt qu'il y avait anguille sous roches car Sansa ne réagissait JAMAIS comme ça. Elles la rattrapèrent dans les toilettes:

«-Alors, qu'est-ce qui ne va pas, demanda Shae.

-Rien tout va bien.

-Menteuse, tu n'es jamais aussi agitée. Qu'est-ce qu'il y a? Tu sais que tu peux nous parler, et personne n'entendra ce que tu va nous dire.»

En effet les cabines des toilettes étaient vides et Osha bloquait la porte. Sansa rougit et baissa la tête:

«-C'est trop embarrassant!»

Ses trois amies échangèrent un regard amusé et curieux:

«-Là tu en a trop dit ou pas assez! Aller, raconte nous!

-Je… j'ai… non rien.»

Osha souffla et s'emporta:

«-Accouche putain on a pas toute la journée!»

Sansa sursauta et regarda son amie:

«-J'ai mouillé.»

Les mots étaient sortit tous seuls, elle n'avait pas pu les retenir et elle s'en voulait. Les trois filles en face d'elle restèrent d'abord surprises, comment Sansa Stark pouvait dire une chose aussi triviale? Puis, un sourire s'esquissa sur chaque paire de lèvres des trois amies:

«-Vraiment, demanda Margaery.

-Tu deviens enfin une femme, sourit Shae.

-Il était temps, s'exclama Osha. Par contre t'aurais pu éviter de mouiller en cours c'est pas classe, surtout pour le prof!»

Sansa rougit encore plus:

«-C'est déjà assez gênant comme ça!

-Ce que notre chère Osha veut dire, continua gentiment Margaery, c'est qu'il ne faut jamais que notre désir soit trop flagrant quand il est provoqué par un prof. Parce que même si c'est réciproque, vous pouvez tous les deux avoir des ennuis si ça s'apprend.

-Je ne pense pas que quelqu'un ira toucher ma chaise pour voir si elle est humide!

-Non je sais, par chance nous étions le dernier cours dans cette salle donc personne n'aura la mauvaise surprise en s'asseyant. Non ce que je veux dire c'est que même sans cette réaction qui est l'extrême, rien qu'un regard trop appuyé, une parole entendue par des mauvaises oreilles ou un geste équivoque… il faut se méfier de tout si on s'engage dans une relation avec un prof!

-Ce n'est pas parce que je le désire que j'envisage d'avoir une relation avec lui. C'est mon professeur, c'est interdit point final, et je n'aurais jamais dû vous raconter ça!»

Sansa soupira, elle se sentait encore plus humiliée qu'après sa «fuite» en plein cours. La seule chose dont elle était sûre, c'est que ses amies n'iraient raconter ça à personne, c'était déjà ça.


Le soir, les Tyrell organisaient une grande fête chez eux pour célébrer les vacances. Sansa s'était rapidement changée avant d'aller chez Margaery. Elle portait désormais une petite robe bleue très sage et elle avait mit un soupçon de maquillage. La jeune fille avait décidé qu'elle ne rentrerait pas trop tard chez elle, elle était fatiguée. Elle ferait une petite apparition par politesse et rentrerait chez elle.

Quand elle pénétra dans l'immense demeure des Tyrell, elle fut accueillit par Loras plus beau que jamais. Il sourit et lui fit la bise:

«-Bonsoir beauté, j'espère que tu t'amusera bien ce soir.

-Merci Loras, tu es très élégant toi aussi.

-Oui, Renly vient ce soir, je voulais être à mon avantage.»

Il lui fit un clin d'œil et partit alors que sa grand-mère arrivait. Sansa sourit:

«-Bonjour madame Tyrell.

-Par pitié Sansa, je t'ai déjà dit de m'appeler Olenna!

-Désolée… votre robe est magnifique.

-Balivernes! Cette robe est affreuse, de plus je suis vieille, ma peau est flasque et pleine de tâches brunes! Toi en revanche tu es splendide! Cette robe te met tout à fait en valeur, on dirait moi au même age!»

Sansa rougit:

«-Merci madame… Olenna.

-Margaery ne devrait plus tarder.»

Olenna donna une tape amicale sur l'épaule de Sansa et partit. La jeune fille attendit son amie qui finit enfin par arriver:

«-Ah tu es là, Loras et grand-mère m'avaient dit que tu attendais, désolée. Je t'en prie fais comme chez toi.»

On sonna à la porte. Margaery ouvrit et presque tous les élèves du lycée arrivèrent, à croire qu'ils s'étaient mit d'accord pour tous arriver à la même heure. La maison se retrouva envahie de jeunes qui braillaient, qui buvaient, qui fumaient, qui dansaient et qui s'embrassaient. Sansa était toujours mal à l'aise dans les soirées trop bondées. Elle vit même un couple en train de conclure sur le canapé, c'était répugnant. Elle partit vers le bar, elle prendrait un jus de fruit et rentrerait chez elle.


Petyr avait reçu un mail d'Olenna Tyrell lui demandant de venir la voir. Il s'y rendit et ne fut pas vraiment surpris que la fête batte son plein. Olenna aimait savoir si ses petits-enfants étaient de bons élèves, et elle demandait donc à voir le professeur principal de chacun. Petyr vit alors Sansa près du bar, il se dit qu'il irait la voir après, pour l'instant il devait se concentrer sur sa raison d'être ici.

Il trouva Olenna assise dans son bureau. Il lui fit un résumé du travail de Margaery ce qui enchanta la vieille femme, car la jeune Tyrell était une excellente élève. Olenna donna congé à Petyr qui lui serra la main avant de partir. Il alla vers le bar et soupira de soulagement en apercevant la chevelure cuivrée de Sansa. Il s'arrêta à côté d'elle:

«-Bonsoir.»

Sansa se retourna avec surprise et rougit, elle bredouilla:

«-B-bonsoir monsieur Baelish. Je ne savais pas que vous étiez invité.

-Ce ne sont pas tes amis qui m'ont invité, c'est leur grand-mère qui voulait que je lui parle de la scolarité de Margaery. Je m'apprêtais à repartir et je t'ai vu toute seule. Tu n'as pas l'air de t'amuser beaucoup.

-Je… non en effet, je n'aime pas beaucoup ces fêtes pleines de gens très… survoltés.»

Petyr sourit et ils regardèrent un sportif avec la tête en bas qui essayait de boire un fût de bière. Petyr leva les yeux au ciel:

«-Consternant... veux-tu que je te raccompagne?

-Euh… je ne sais pas si c'est autorisé.

-Nous ne sommes plus au lycée, ce sont les vacances. Mais c'est comme tu veux.»

Sansa réfléchit un instant et regarda Loras qui passait en tenant Renly par la main, ils se dirigeaient vers les chambres. Elle hocha la tête:

«-D'accord.»

Elle posa son verre et ils partirent. Par chance personne ne les remarqua et ils purent passer tranquillement.


Le voyage se fit en silence mis à part les indications de Sansa pour accéder à chez elle. Petyr se gara enfin devant la bâtisse Stark:

«-Et voilà jeune fille, rentrée saine et sauve avant d'être transformée en citrouille.»

Sansa se mit à rire:

«-Merci monsieur Baelish. Bonne fin de soirée et bonnes vacances.»

Elle déposa un baiser furtif sur la joue de son professeur et partit en courant devant l'audace dont elle venait de faire preuve. Car ce n'était vraiment pas grand-chose pour les gens normaux, mais pour elle, Sansa Stark, la jeune fille d'une timidité maladive c'était un exploit. Elle rentra chez elle et monta aussitôt dans sa chambre, sentant son cœur battre à tout rompre.


Petyr sourit en redémarrant, elle était à point. Pendant le voyage scolaire il n'aurait plus qu'à la cueillir. Il rentra chez lui en méditant cela. Sa nuit fut peuplée de différents scénarios avec toujours sa belle Sansa.