Chapitre 4 : Pleine lune

Le lendemain matin après avoir pris son petit-déjeuner dans la grande salle il remonta rapidement dans le dortoir pour récupérer son sac et ses manuels de cours mais il ne s'attendait vraisemblablement pas à ce que Ron l'approche aussi directement.

- Tu veux vraiment que je te pardonne?

Abasourdi il referma sa bouche grande ouverte et hocha vivement la tête.

- Oui.. oui je veux que tout redevienne comme avant.

- Très bien, alors retire ta chemise.

Harry écarquilla les yeux et l'interrogea du regard ne comprenant pas où il voulait en venir, il ne s'attendait pas à ce genre de demande.

- Tu as dit que tu ferais tout ce que je voudrai, remarqua Ron avec un air innocent.

Résigné et sentant le rouge lui monter aux joues il entreprit de déboutonner sa chemise sous le regard amusé de Ron.

- Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de drôle, grommela t-il.

Il finit par retirer sa chemise en dévoilant une peau claire sans être pâle et un maigre torse, il était loin d'avoir un corps intéressant. De taille moyenne sa silhouette avait toujours été frêle et disgracieuse. Ron était du même gabarit et sa grande taille accentuait son corps trop mince, ses longues jambes donnaient une impression de déséquilibre et expliquait pourquoi Ron semblait parfois maladroit.

Le coeur battant à tout rompre Harry appréhendait ce qui allait suivre, il n'allait quand même pas lui demander de retirer autre chose non? Affolé il cligna des yeux et planta ses yeux effrayés dans ceux de Ron.

- Donne la moi maintenant, ordonna t-il.

- Donner quoi? demanda bêtement Harry incapable de réfléchir correctement.

- Ta chemise, articula t-il en le fixant impassiblement.

Perplexe Harry se demanda ce qu'il pourrait bien faire avec, peut-être qu'il n'avait pas les moyens de s'en offrir une? Il faudrait qu'il songe à lui en offrir à Noël dans ce cas. En soupirant il lui tendit sa chemise que Ron récupéra avec un sourire et après un bref remerciement il quitta le dortoir en le laissant en plan.

- Hey! Attend tu vas où comme ça? le héla t-il en le poursuivant. C'est quoi la suite?

- Quelle suite? Je voulais juste que tu me donnes ta chemise, tu t'attendais à quoi?

Pris au dépourvu Harry n'émit aucun son mais il se ressaisit bien vite en se souvenant qu'il ne portait rien depuis que Ron lui avait dérobé sa chemise.

- Et moi alors? Tu vas me laisser dans cette tenue? s'indigna t-il.

Une idée folle surgit dans son esprit et il s'empressa d'ajouter:

- Faisons un échange d'accord ? Je veux ton t-shirt, celui que tu as retrouvé sous mon lit la dernière fois, précisa t-il.

Ron hésita, il ne s'attendait visiblement pas à ça.

- Mon t-shirt ? Qu'est ce que tu vas en faire? lui demanda t-il soupçonneux.

- Je ne cherche pas à savoir ce que toi tu vas faire de ma chemise, répliqua t-il.

Ron le jugea un instant du regard.

- D'accord tu peux le prendre, lâcha t-il finalement.

Ne croyant pas à sa chance Harry récupéra le précieux t-shirt et après avoir vérifié que Ron avait quitté le dortoir il le serra contre lui, son odeur était toujours présente et il ne put résister à l'envie de passer délicatement ses doigts sur le doux tissu.

Seule la chaleur caractéristique de Ron manquait et hormis ce détail il avait l'impression de toucher son ami. Avec précaution il le glissa sous oreiller conscient qu'il souriait comme un parfait imbécile et s'empressa de quitter le dortoir le coeur rempli de joie et en espérant que la journée passe très vite.


« Non... Non ne me dites pas que je l'ai égaré »

Le t-shirt de Ron était introuvable, il avait retourné tout le dortoir, fouillé chaque recoin sous tous les lits sans succès. Un grand vide se fit sentir dans son estomac et la panique commença rapidement à le submerger.

« C'est pas possible je l'ai pourtant caché sous mon oreiller j'en suis certain »

La sensation de perte était terrible un peu comme s'il perdait un morceau de Ron. Des tremblements convulsifs le secouèrent sans qu'il en soit conscient et il ferma les yeux pour essayer de réfléchir.

« Non non non... »

En levant sa baguette il lança désespérément un sort d'attraction sans grand succès.

Harry sursauta violemment et faillit lâcher sa baguette quand la porte s'ouvrit à la volée pour laisser entrer ses camarades qui discutaient bruyamment, Ron était parmi eux et semblait d'humeur joyeuse. Ils retrouvèrent chacun leur lit et s'apprêtaient à se coucher tout en continuant leur discussion animée. Ron s'approcha de son lit pour lui souhaiter une bonne nuit.

Harry hocha faiblement la tête et resta assis immobile les yeux fixant le vide. A l'évidence Ron devait s'apercevoir qu'il n'avait pas l'intention de dormir, c'est pourquoi il s'installa dans son lit.

- Il y a un problème Harry? Qu'est ce que tu fais assis à regarder dans le vide ?

En levant les yeux vers lui Harry se sentit pitoyable, il nota avec surprise que Ron portait sa propre chemise, celui qu'il venait de lui dérober ce matin.

- Je suis tellement désolé je... j'ai perdu ton t-shirt, annonça t-il d'une voix basse.

Les yeux de Ron s'écarquillèrent sous la surprise et il hésita un instant avant de répondre, il avait l'expression de quelqu'un qui se demandait si son ami n'avait pas de grave soucis mentaux.

- Sérieusement? C'est juste ça ? C'est rien du tout tu sais, je peux t'en donner un autre, le rassura t-il un peu confus.

- J'aurai du faire plus attention je..

Il fut à nouveau surpris par des soubresauts incontrôlables et tenta vainement de dissimuler son trouble.

Ron se rapprocha et sa chaleur se répandit comme un brasier dans son corps, Harry n'osait imaginer ce qui se passerait s'il s'approchait encore plus.

- Calme toi, fit doucement Ron en glissant ses doigts dans ses cheveux tout en les caressant lentement.

Les paupières lourdes Harry profita pleinement de cette sensation agréable qui le rendait somnolent et incapable d'aligner une seule pensée cohérente. Avant même qu'il ne s'en rende compte le souffle de Ron dans son cou et il sentit ses bras autour de ses épaules. L'atmosphère autour de lui était brumeuse et brûlante.

- Ne t'éloigne pas de moi, lui souffla t-il à l'oreille.

Quelque chose lui sembla étrange et il fit un effort pour émerger de sa torpeur et mettre le doigt dessus, il avait une désagréable impression de déjà-vu.

- Tu es toujours sous l'emprise du philtre d'amour? s'écria t-il éberlué. C'est... c'est impossible tu as pris l'antidote, je t'ai vu.

Dans sa tête une voix lui souffla que c'était le moment idéal de profiter de Ron, il n'avait même pas besoin de l'aide de Malfoy la chance tournait enfin en sa faveur.

Ron le fixait amoureusement et ne semblait pas l'entendre, il s'approcha lentement et goûta doucement à ses lèvres comme on goûte à une nouvelle friandise. Stupéfait Harry ne réagit pas et le laissa caresser ses lèvres. Il n'arrivait pas à croire que ce moment arrivait enfin, après ces longs mois de frustration. C'était bien meilleur que tout ce qu'il avait pu imaginer.

Il poussa un faible son étranglé et entrouvrit ses lèvres pour laisser la langue baladeuse de Ron s'enrouler sur la sienne. Elle était humide, incroyablement chaude et semblait décidément très douée. L'odeur de Ron lui fit tourner la tête et il le respira encore et encore sans pouvoir s'en lasser.

Une voix très désagréable cette fois gronda dans sa tête et lui ordonna de le repousser, il n'avait pas le droit d'abuser de Ron. Harry choisit de l'ignorer et ne réfléchit plus, il se contenta de laisser Ron poser ses grandes mains sous son t-shirt et savoura le goût de ses lèvres sur les siennes. L'autre voix lui susurra qu'il ne faisait rien de mal et que c'était Ron qui à ce instant abusait de lui, pas le contraire.

Les doigts de Ron se promenaient délicatement sur son corps et effleuraient son torse. Ses grandes mains étaient chaudes et dures mais ses mouvements étaient lents et légers. Harry ne put s'empêcher de frémir et hoqueta lorsqu'il s'éloigna de sa bouche. Le souffle court il plongea ses yeux dans ceux de Ron. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il était en train de vivre, c'était trop beau pour être vrai il était sûrement en plein rêve.

Les mains de Ron poursuivirent leur exploration et s'égarèrent plus bas pour se poser sur ses cuisses, Harry sentit à travers le tissu de son pantalon le feu qui se répandait le long de ses jambes et en particulier à l'endroit où les doigts de Ron étaient négligemment posées. Il ferma les yeux et haleta quand il songea à l'effet que ça lui ferait si Ron décidait de glisser ses mains fermes et chaudes un peu plus haut afin de se saisir délicatement de...

- Rrrr..ron, parvint-il à émettre inconscient qu'il venait de ronronner comme un chat heureux.

Harry saisit le cou de Ron et l'approcha de lui pour reprendre possession de ses lèvres, plus rien n'existait autour de lui hormis cette langue humide qui le consumait de l'intérieur. Il poussa Ron et l'allongea sur le lit. Son corps au dessus de lui il pouvait le sentir se tortiller en dessous mais ça ne lui suffisait pas il en voulait encore, beaucoup plus. Ron lâcha un grognement de satisfaction contre sa bouche ce qui accentua son excitation.

Sans s'en rendre compte son corps se colla contre celui de Ron et celui-ci haleta en posant ses mains sur le bas de son dos pour sentir davantage son corps contre lui. Bientôt leurs deux membres entrèrent en contact et Harry étouffa un cri dans le cou de Ron, c'était bien au delà de tout ce qu'il pouvait imaginer, la sensation était tellement intense qu'il n'osait imaginer ce qu'il ressentirait si les tissus qui séparaient leurs deux corps venaient à disparaître.

Les cris de Ron mêlés à ses halètements étaient indécents mais Harry se délectait de ces sons délicieux, ses oreilles en réclamaient davantage.

Harry le dévora du regard le coeur tambourinant dans sa poitrine. Voir Ron dans un état semblable était à la limite de la décence, ses yeux brillaient allumé d'une lueur de désir, ses mèches rousses retombaient follement dans tous les sens, sa bouche était entrouverte et ses lèvres étaient humides après avoir goûté aux siennes. Sa poitrine se soulevait irrégulièrement en quête d'air et laissait entrevoir à travers le tissu de sa chemise deux tétons durcis. Il déglutit.

Curieux Harry glissa maladroitement ses doigts sous le tissu le long de la poitrine et effleura les tétons de Ron. Celui-ci surpris ne tarda pas à se cambrer et à pousser un son proche du grognement, il raffermit sa prise sur Harry avec ses longues jambes. Le souffle court Harry sentit un brasier s'emparer de ses hanches là où les jambes de Ron s'accrochaient désespérément pour que leur corps se rapprochent encore plus.

Bientôt il se laissa lentement glisser dans une douce torpeur lorsque le nez de Ron s'enfouit dans son cou. Peu à peu son souffle se fit régulier en synchronisation avec celui de Ron. C'est ainsi que le sommeil vint les prendre par surprise.

Dans un état de béatitude Harry sombra rapidement dans les bras de Morphée bercé par l'odeur rassurante de Ron, ses longues jambes enroulées autour des siennes et son souffle chaud dans son cou.

A son réveil Harry était seul dans son lit, il sentit son coeur sombrer douloureusement dans la poitrine quand il songea un instant que ce n'était qu'un rêve. Heureusement après avoir plongé son nez dans son oreiller et dans sa couverture il redécouvrit le parfum familier de Ron. Un grand sourire se dessina sur son visage et son coeur semblait prêt à déborder de bonheur.

Cependant son instant de joie ne dura pas longtemps, une voix lui souffla que Ron n'était pas dans son état normal et que seul le philtre d'amour lui avait permis d'assouvir ses désirs.


- J'ai changé d'avis, au sujet de notre accord, précisa t-il.

Malfoy haussa les sourcils et lui fit signe de poursuivre.

- Je n'ai plus besoin d'un philtre d'amour, il... la personne qui m'intéresse est toujours sous l'emprise d'un philtre donc tout ce que j'avais prévu de faire est inutile.

- Tu veux dire que l'heureuse élue a déjà bu un philtre d'amour ? Potter es-tu à ce point si désespéré que tu la gardes sous l'emprise d'une potion ?

- Non pas du tout, s'empressa t-il de corriger. Laisse moi t'expliquer.

Il réfléchit un instant hésitant sur les mots à utiliser:

- C'était un accident et si cette personne ne m'avait pas montré son affection je n'aurai probablement jamais éprouvé ces... sentiments envers elle. Mais même après avoir pris un antidote elle est toujours sous l'emprise de la potion.

Les sourcils haussés Malfoy le toisa et lui répondit sur un ton qui laissait clairement sous-entendre qu'il était complètement débile.

- Ça n'a aucun sens Potter si elle a vraiment pris un antidote alors il n'y a aucune raison pour que la potion refasse effet, c'est le principe même d'un antidote. Il t'arrive d'écouter en cours parfois ?

Décidément Harry ne comprenait plus rien, ses pensées tournoyaient de s'entremêlaient dans sa tête sans qu'il puisse y mettre un terme.

- Quoi ? Tu es certain de ça ? interrogea t-il en fronçant les sourcils.

- Sur et certain demande donc à Granger et elle te confirmera ce que j'ai dit. Franchement Potter je ne te pensais pas capable d'abuser de philtre d'amour pour ton propre plaisir.

Harry tressaillit sous l'accusation mais ne chercha pas à se justifier, cette histoire devenait beaucoup trop compliqué pour lui. Malfoy continua d'un air déçu :

- Si j'ai bien compris notre accord est rompu, quel dommage j'aurai bien aimé voir Weasley...

- Ne t'approche pas de lui, l'interrompit-il un peu trop sèchement.

Malfoy le fixa curieusement et lui fit un sourire qui ne laissait rien présager de bon.

- Tu me sembles bien nerveux Potter, est-ce un hasard ou bien ça n'arrive que lorsqu'on mentionne le nom de Weasley ?

Un sentiment nouveau venait de le submerger d'un coup, un mélange d'angoisse et de colère.

- Je vais voir Hermione, désolé de t'avoir importuner inutilement avec mon histoire de philtre d'amour, rétorqua t-il en serrant les poings de frustration.

- Comme tu voudras, répondit Malfoy en haussant les épaules.


- Hermione j'ai perdu quelque chose hier dans le dortoir, c'est possible qu'il se soit...euh volatilisé?

- Rien ne disparaît comme ça Harry, tu l'as sûrement égaré cherche un peu mieux.

- Tu es bien sûre qu'il n'y a aucune autre explication? tenta t-il.

- Dis moi d'abord ce que tu cherches, je ne suis pas très avancée tu sais.

- C'est juste un t-shirt... rien de très important, s'empressa t-il de répondre. Mais je ne comprend pas comment il a pu disparaître.

- Ça doit être les elfes de maisons alors, tu n'as pas oublié que ce sont eux qui s'occupent de ranger et nettoyer les dortoirs. Ton t-shirt a probablement été lavé.

- Lavé... Lavé?!

Non pas ça ! L'odeur de Ron... disparue...

Hermione lui jeta un regard interrogateur et il fut obligé de se ressaisir très vite :

- Non je m'attendais pas à ça je pensais simplement qu'il avait disparu. Et euh... j'ai une autre question aussi.

Elle haussa un sourcil et lui fit signe de continuer.

- C'est au sujet des philtres d'amour.

- Encore ? Dans quel genre de pétrin vous vous êtes encore fourrés tous les deux ? demanda t-elle excédé.

- Je voulais savoir pour les antidotes... ça fonctionne comment exactement ? hésita t-il.

- Les antidotes ? fit-elle en fronçant les sourcils. En théorie si un antidote est correctement préparé il permet de soigner la victime mais je vois pas où est-ce que tu veux en venir.

- Très bien et la guérison peut être temporaire ? poursuivit t-il. Enfin je veux dire est-ce qu'on peut retomber sous l'effet de la potion même après avoir pris l'antidote ?

- Bien sur que non, un antidote est efficace ou il ne l'est pas. Il ne peut en aucun cas fonctionner à moitié si c'est ce que tu essaies de me faire comprendre, ça me semble évident, assura t-elle en le dévisageant perplexe.

Il grogna intérieurement, malgré lui il fut obligé de constater que Malfoy avait effectivement raison. Dans sa tête tout se mélangeait, son rêve, Ron, le t-shirt, le comportement de Ron... Alors tout n'était que mensonge depuis le début. Ron n'avait fait que jouer la comédie, il n'avait jamais touché aux chocolats. Mais alors pourquoi lui avoir fait croire le contraire? Quel était le sens de toute cette manigance?

- Je dois parler à Ron au plus vite, merci d'avoir répondu à mes questions ça m'a beaucoup aidé Hermione, lança t-il en s'éloignant rapidement.

Après avoir parcouru la distance qui le séparait du dortoir des Gryffondor en courant aussi vite que ses jambes lui permettaient il déambula brusquement dans le dortoir essoufflé.

- Ron, commença t-il à bout de souffle.

Le dortoir était désert à l'exception de son ami qui était bien là installé dans son lit, il était visiblement très surpris de le voir.

- Qu'est ce qu'il t'arrive t'as vu le Sinistros?

Harry secoua la tête en signe de négation et après avoir difficilement reprit son souffle il articula:

- Je sais tout Ron.

- Euh... oui mais encore? interrogea Ron perdu.

- Pourquoi t'as fait ça? Je veux des explications, exigea t-il.

- Et bien si tu prenais la peine de m'expliquer de quoi il s'agit ce serait déjà un bon début tu ne crois pas? proposa t-il.

Furieux de s'être fait aussi stupidement piégé depuis le début il sentit sa colère le submerger, d'autant plus que le calme apparent de Ron n'arrangeait pas les choses.

- Arrête Ron j'ai compris ton petit jeu, maintenant je veux savoir pourquoi tu m'as fait ça, siffla t-il les mains tremblantes de rage qu'il avait du mal à contenir.

Ron cligna des yeux et lorsqu'il sembla comprendre la gravité de la situation son visage se décomposa et il perdit très vite contenance.

- C'est... c'est pas du tout ce que tu crois j'ai jamais... enfin...

- Tu n'as jamais été sous l'influence d'un philtre ou quoi que ce soit tu as joué la comédie depuis le début. Tu as fait semblant de... d'être amoureux de moi, l'accusa t-il.

- C'était la seule solution! Tu ne m'aurais jamais cru sinon, tenta de s'expliquer Ron.

Harry secoua la tête, décidément il ne comprenait pas.

- Mais de quoi tu parles?

- Je... je n'ai jamais joué la comédie tout ça j'y croyais réellement, lâcha Ron d'une toute petite voix. Mais il fallait que tu saches à quel point tu comptes pour moi alors j'ai profité du philtre d'amour pour te le montrer, poursuivit-il.

- Tu délires je vois pas comment c'est possible, regarde moi je ne suis pas une fille et au cas où tu l'aurais oublié je suis ton meilleur ami.

Malgré toute la force de sa volonté il savait qu'il manquait de conviction et que son discours n'était pas crédible.

Le regard de Ron s'éclaira subitement sans qu'il sache pourquoi et bizarrement il se sentit mal à l'aise.

- Tu le sais aussi bien que moi que c'est possible, ne me dis pas que tu as oublié ce qu'il s'est passé la nuit dernière ? souffla t-il.

Les souvenirs resurgirent dans son esprit et il en fut troublé, il pensait que Ron n'était pas dans son état normal mais les explications de Malfoy et d'Hermione avaient tout chamboulé.

Ron se rapprocha doucement de lui sans le toucher. Sa proximité le fit frémir. Pris au dépourvu Harry ne bougea pas et retint sa respiration. Lorsqu'il sentit le souffle de Ron dans son cou et son délicieux parfum il sut à cet instant qu'il était à sa merci, le peu de bon sens qui lui restait s'évanouit aussitôt et il se maudit d'être aussi faible.

- Je sais que tu ressens exactement la même chose que moi, n'essaie pas de nier la vérité Harry.

- Non je... protesta t-il faiblement en sentant qu'il était sur le point de défaillir tellement son coeur battait vite.

- En fait j'ai besoin de ton aide.

Sur ces mots il se saisit de sa main et la guida vers son pantalon jusqu'à l'introduire lentement à l'intérieur.

- Oh mon dieu, lâcha Harry.

Sous ses doigts il pouvait sentir à travers le tissu de ses sous-vêtements le membre de Ron, c'était doux et dur et surtout incroyablement chaud, jamais il n'aurait imaginé que ça puisse être aussi brûlant. Il n'arrivait pas à croire qu'il touchait son meilleur ami à cet endroit.

- Tu la sens ? susurra t-il contre son oreille. Tu sens comme elle est chaude et dure ? Tu veux bien m'aider à la calmer ?

- Bordel Ron...

Les yeux écarquillés il sentit son coeur s'arrêter dans sa poitrine et ses joues rougir violemment. A son plus grand désarroi Ron ne s'arrêta pas à là et poursuivit tout bas :

- Je suis sur que ton petit cul est suffisamment confortable pour l'accueillir... n'est-ce pas ?

Ron planta son regard dans le sien avec un air innocent sur le visage tout en faisant bouger langoureusement sa main dans son pantalon.

- Là tu vois... elle est en feu, ma queue est en feu Harry.

Profondément choqué il se figea tout en laissant Ron contrôler sa main en la faisant glisser à l'intérieur de ses sous-vêtements. Sa main était maladroitement posée sur le membre complètement réveillé de Ron et il ne put s'empêcher de lâcher un son étouffé à ce contact. Sous ses doigts la peau était douce et humide, surtout humide.

- Elle est toute frétillante Harry elle n'attend que toi pour se frayer un passage dans ton antre étroit et délicieusement chaud.

Ron ne le touchait même pas, seule sa main était en contact avec une partie du corps de Ron, il ne faisait que lui murmurer des paroles indécentes mais cela suffisait à le rendre fou. Harry ne se rendait pas compte qu'il tremblait de façon incontrôlable et que son propre membre était complètement dressé.

- Rr...Rrron... Bon sang...

Harry ouvrit brusquement les yeux encore étourdi par ce qu'il venait de vivre, il tenta de calmer sa respiration saccadée et laborieuse en faisant le vide dans sa tête. En se redressant il constata avec horreur que son pantalon était humide... Il se trouvait aussi qu'il n'était pas seul dans son lit et en baissant les yeux il aperçut un Ron profondément endormi avec ses jambes toujours solidement accrochées aux siennes.

Dehors la nuit était bien avancée, les étoiles brillaient d'un éclat vif et faisaient pâle figure à côté de la lune qui éclairait faiblement le dortoir. Elle était ronde et pleine.