Bonjour, bonsoir! Deux chapitres qui arrivent. Assez courts eux aussi, hélas.

Thème: Masturbation

Rating: M

Bonne lecture à vous!


Respiration haletante, poitrine battant la chamade, poings serrant les draps éparpillés. Yeux fermés, bouche entrouverte qui laissait passer des gémissements de plaisir, peau frissonnante à chaque contact. Et au milieu, des doigts qui courraient le long de ses cuisses féminines, allant et venant sans jamais la satisfaire. Catherine aurait pu en perdre l'esprit, mais elle savait se contenir, et cette frustration la remplissait tout autant de désir pour l'homme qui la tourmentait.

- A quoi tu penses ? lui demanda justement celui-ci, la ramenant à la réalité.

Elle aurait bien ouvert les yeux pour lui lancer un regard enflammé ou empli de reproches, mais Miller avait insisté pour qu'elle laisse ses sens la guider. Il avait donc sorti un bandeau noir pour bander ses yeux.

- Actuellement, j'hésite entre te dire à quel point c'est inhumain de me faire ça ou ne rien dire du tout, souffla-t-elle, perdue entre diverses émotions.

Les doigts baladeurs ne l'aidaient pas à se concentrer, en particulier quand Miller, dans sa cruauté bien connue, les passa à seulement quelques millimètres de son intimité. Catherine faillit laisser passer une plainte de sa bouche. Inhumain, oui, le mot était bien choisi pour son amant qui la torturait. Ledit amant eut un sourire qu'elle ne vit pas. Il s'amusa à refaire ce geste, deux ou trois fois, entrainant ensuite ses doigts sur les cuisses de la femme pour les caresser. Du bout de ses doigts, il repartait pour mieux s'arrêter.

- Qu'est-ce que tu ressens ? continua-t-il alors que sa main se posait finalement sur l'endroit de ses désirs, ce sexe qui n'attendait que ses attentions.

Sursaut fatal, gémissement non retenu, bassin tendu vers l'homme. Catherine crut que c'était sa fin. Elle mit un petit moment à reprendre ses esprits.

- Tu le sais déjà..., murmura-t-elle, perdue entre plaisir et frustration, ces deux sentiments qui se mélangeaient décidément trop bien.

- Je veux que tu le dises.

Tout en parlant, Miller avait entamé l'exploration de ce nouveau territoire, ses doigts s'insinuant sur chaque repli. Il revint à la charge quand Catherine accepta enfin de parler, s'attirant quelques plaintes au passage quand, de sa paume, il passa furtivement sur son clitoris.

- Frustration, plénitude...c'est tellement dur de choisir. Ne t'arrête pas...

- Non, Catherine, je ne m'arrête plus. Je ne sais pas si le paradis de l'extase existe, et j'en doute fortement, mais tu es sur le point de rejoindre ce qui s'en rapproche le plus, lança-t-il d'une voix si basse et si sensuelle, fait rare chez lui, qu'elle en fit frissonner son amante.

Cette dernière ne répliqua rien, heureuse que cette torture prenne bientôt fin. Sa tête retomba sur les oreillers tandis qu'elle repartait vers le monde des sens. Son bandeau devait bien servir, après tout. Miller observa son visage un instant. Elle se détendait à nouveau, parfait. Sa poitrine reprenait un rythme paisible et sa peau n'en finissait pas de trembler. Un sourire passa sur ses lèvres.

Ses mouvements reprirent, enfin. Plus appuyés, plus sûrs, plus longs. Tandis que son pouce s'entêtait à taquiner cette petite boule de chaire, ses doigts restants s'appliquaient à visiter chaque coin de l'intimité bouillonnante de désir. Tête brièvement levée vers le visage de Catherine, Miller put constater son plaisir quand il commença son exploration interne, poussant un doigt puis deux en elle. Il crut entendre son amante murmurer son nom, et déposa un baiser à l'intérieur de ses cuisses. Oh, ils ne feraient rien de plus cette heure, lui se contenterait de la faire jouir du mieux qu'il pouvait et du mieux qu'elle le méritait. Ils auraient bien l'occasion d'aller plus loin un autre jour.

Une main hésitante vint se poser sur la sienne, doucement, l'enjoignant à continuer. Nouveau sourire. Il avait compris, bougea ses doigts plus rapidement, n'hésitant pas à maltraiter le clitoris dressé de sa belle tout en augmentant la vitesse de ses doigts à l'intérieur d'elle.

Les sens décuplés par sa cécité temporaire, Catherine se sentit partir, encore. Cette fois, elle laissa passer tous bruits de plaisir, se cambrant volontiers pour accueillir davantage les doigts les plus joueurs du monde. Peut-être pas les plus joueurs du monde. En fait, ce n'était pas important. Ce qui comptait, c'était qu'ils la frustraient tout autant qu'ils la comblaient. La jouissance lui tendait les bras, elle n'allait pas les refuser et les rejeter à cause d'une pensée sur le monde ! Miller sembla d'accord avec elle sans même entendre son débat intérieur, et redoubla de mouvements jusqu'à sa délivrance. Tantôt ne bougeant que ses doigts en elle pour sentir son excitation et sa moiteur, tantôt jouant avec son clitoris en gardant cette fois une certaine délicatesse. Cette petite boule de chaire méritait de la douceur. Cette femme qui tendait son bassin vers lui en méritait tout autant, même s'il ne lui avouerait jamais. Ou peut-être un jour, quand il quitterait les Indépendants. Ca n'arriverait donc jamais.

Catherine, loin de se douter de ses réflexions, se sentit enfin partir et se laissa entrainer dans ce tourbillon de plaisir, les yeux toujours bandés.

Corps à présent totalement vidé et avachi sur les draps qui soudain ressemblaient à des petits nuages et yeux à nouveau clos par le plaisir. Le paradis ou le Nirvana de l'extase prenait tout son sens désormais. Il existait vraiment. Catherine sentit à peine la main bienfaitrice se retirer de son sexe à présent rassasié, autant que les baisers qui parcouraient sa peau, de son ventre jusqu'à son cou. Le seul baiser qu'elle sentit fut celui auquel elle répondit. La règle du « pas de baiser sur la bouche » ne valait même pas la peine d'exister encore, et elle se demanda même si ça avait été une close si nécessaire. Miller embrassait très bien, après tout. Pourquoi se priver de ses baisers et de ses mains qui savaient aussi bien la frustrer que l'animer d'un feu ardent ? Non, à partir de maintenant, les baisers sur la bouche méritaient leur place dans ces entrevues.