Bonjour !
Ce chapitre-ci est un peu plus long, mais il m'a vraiment plu de l'écrire. J'ai recu une review, ce qui m'a incroyablement encouragée. Comme quoi, ça a de l'importance. On s'en doute pas, comme ça.
Bref, je vous souhaite une bonne lecture. J'espère qu'il vous plaira autant qu'il m'a plu d'imaginer ces belles choses pour vous. Bien sûr, tout appartient à JKRowling. A part quelques petits ajouts, et cette histoire.
CHAPITRE 3
Emily se réveilla aux alentours de midi, le corps emprisonné dans un étau formé par les bras de son petit ami. Elle se tourna vers lui et couvrit son visage de baisers pour le réveiller doucement, et il réagit en souriant doucement.
-Bonjour, toi, dit il simplement, la voix enrouée.
-Bonjour, toi, répondit-elle sur le même ton.
Il la serra encore plus fort, et elle soupira de contentement.
Comme un samedi sur deux, elle était venue chez lui directement après le travail. Il lui avait fait réchauffer une part de rôti et des pommes de terre et ils avaient passés quelques heures sur le canapé, un verre de vin à la main, discutant de tout et de rien. Ils s'étaient ensuite couchés, et il lui avait fait l'amour tendrement. Cette relation était parfaite, vraiment. Il ne lui en demandait pas trop, ne parlait pas –encore- d'emménagement ensemble, et respectait son emploi du temps chargé.
Aujourd'hui, ils avaient décidé de passer la journée à l'appartement, ne faisant rien d'autre que traîner dans le lit et de faire des aller-retour entre celui-ci et la cuisine. Un planning qui lui allait parfaitement.
Elle n'était pas vraiment amoureuse de lui, mais il lui inspirait tellement de tendresse qu'elle ne s'attardait jamais sur son absence de passion. Bien sûr, Jane n'arrêtait pas de déplorer ce vide. Et Emily tentait tant bien que mal de lui faire comprendre que ça ne changeait rien : elle était bien avec Matthias ! Il était calme, cultivé, attentionné et prenait chacun de ses mots comme parole d'évangile. Alors pourquoi se plaindre ? Sa relation avec lui était certes bancale. Mais elle lui convenait. Et Jane n'avait pas son mot à dire.
Il l'embrassa, et elle se sentit à sa place. Non, vraiment, elle ne changerait ça pour rien au monde.
Pourquoi voudrait-elle changer, d'ailleurs ? L'absence de passion avait ses avantages elle s'énervait rarement contre Matthias, parce que ce qu'il faisait de mal ne la touchait que quand il touchait à son égo. Et elle pouvait savourer chacun des gestes qu'il faisait bien, puisqu'elle n'avait jamais peur qu'il parte.
-Tu as faim ? demanda-t-il.
Elle hocha la tête, affamée. Il se leva, enfila un caleçon propre et sortit la pièce, tandis qu'elle l'observait à la dérobée.
Matthias n'était pas vraiment beau. Il était particulièrement maigre, ce qui faisait grimacer Jane de dégout. Mais Emily s'en fichait, et elle adorait sa fragilité. Parfois, il lui donnait l'impression qu'elle pouvait le casser, étant elle-même un peu au dessus du poids idéal que lui dicterait son IMC. Mais le contraste entre eux ne faisait que la ravir. Quand elle passait à sa fac, parfois, elle adorait voir les regards des camarades de Matthias, ébahis, sur ses formes et son côté provocateur. Quand cela arrivait, elle leur lançait des clins d'œil aguicheurs et attrapait la main de Matthias, avec un air qui semblait signifier « Bavez, petits, mon cœur est déjà pris ». A ce genre de pensées, elle se trouvait avec désapprobation un peu allumeuse. Puis, toute cette culpabilité la quittait. Oui, elle était une allumeuse. Et alors ?
Son cœur n'était pas pris, mais ça n'avait aucune importance. Seule Jane le savait. Et ce n'était pas pour autant qu'elle se moquait de Matthias. Elle tenait vraiment à lui. Et savourait chacun des moments en sa présence. Alors qu'on ne vienne pas lui faire la morale elle avait la conscience parfaitement tranquille, devant son propre comportement irréprochable.
Quand Matthias revint, un plateau entre les mains, elle lui annonça :
-J'ai rencontré quelqu'un hier, pendant mon jogging.
Il posa le plateau sur elle et vint la rejoindre sous les couvertures.
-Tu ne devais pas courir très vite, si tu avais le temps de discuter, répliqua-t-il, ce qui la fit éclater de rire.
-Non, j'avais pris une pause.
Il ne répondit pas, occupé à tartiner une tranche de pain de beurre. Il la lui tendit et elle l'accepta, reconnaissante.
-En fait, il pleurait, expliqua-t-elle.
-Il ? releva-t-il, curieux.
-Ouais. Il pleurait sur un banc.. Je suis allée lui remonter le moral.
-Ca ne l'a pas dérangé ? demanda Matthias, un peu étonné de cette initiative.
Il savait que lui-même, ça l'aurait un peu perturbé. Qu'une inconnue ait assez pitié de lui pour briser les barrières qu'imposait la politesse.
-En fait, non, répondit Emily, suivant son chemin de pensée. Il était vraiment dans un sale état.
Il hocha la tête, et croqua dans la tartine qu'il venait de se faire.
-Je lui ai donné mon numéro, balança ensuite Emily, l'air de rien.
-Tu crois qu'il te rappellera ? dit Matthias, les sourcils froncés.
Emily sentit que l'idée ne lui plaisait pas trop.
-J'en doute, avoua-t-elle à contre cœur. Mais en fait.. Tu sais, j'ai une cliente au restaurant, Hermione. Et bien, elle a amené un collègue l'autre fois, et on a bien discuté, et je ne lui ai pas donné mon numéro. J'ai regretté, après coup. Je n'ai pas voulu faire deux fois la même erreur.
Matthias ne répondit pas. Deux hommes en si peu de temps ?
-Ca t'énerve ? demanda-t-elle, faussement soucieuse.
Non, en fait, elle était vraiment soucieuse. Elle voulait tout, sauf un conflit dès le réveil.
-Non, mentit-il. Mais tu sais..
Il hésita.
-Il y a des relations qui ne durent que quelques minutes.
Elle le regarda sans comprendre.
-Tu n'es pas obligée de garder contact avec tous les hommes avec qui tu discutes.
Agacée, elle répliqua, un peu trop sèchement :
-Ca te plairait, hein ?
-Oui ! s'écria-t-il, lui aussi agacé.
Elle soupira et posa le plateau sur lui, dans l'idée de se lever pour aller aux toilettes, le temps de se calmer. Il l'attrapa par le poignet.
-Tu restes ici, dit-il froidement.
-Tu me lâches ! cria-t-elle en tirant sur son bras d'un coup sec, ce qui renversa un des cafés sur le plateau. Elle se précipita dans la salle de bain, bouillonnant de rage. Elle se jeta sous la douche.
Quand elle en ressortit, elle était calmée. Matthias n'était plus dans la chambre, pas plus que le plateau il avait du aller dans la cuisine pour réparer les dégâts. Elle souffla, et décida de faire preuve de bonne foi. Elle allait se réconcilier avec lui. Hors de question que leur journée en amoureux tombe à l'eau à cause de Malfoy ou du ténébreux dépressif.
Elle pénétra dans la pièce, vêtue en tout et pour tout d'une petite culotte, et se colla contre le dos de Matthias.
-Excuse-moi, mon cœur.. chuchota-t-elle.
Matthias la repoussa fermement, et dit, d'une voix froide :
-Tu me lâches.
Excédée, elle retourna dans la chambre, où elle s'habilla en précipitation. Elle mit même son pull à l'envers, dans sa hâte. Aveuglée par la colère, elle ne s'en rendit même pas compte.
C'est le moment que choisit Matthias pour rentrer dans la pièce.
-Où crois-tu aller ? demanda-t-il, manifestant clairement son intention de ne pas la laisser partir.
-Je me casse ! lui répondit Emily, manifestant clairement qu'il n'avait pas son mot à dire. Tu me fais chier, putain ! Je reviens, je m'excuse, et toi, tu.. Je.. Merde !
Sous la colère, elle balbutiait. Elle passa devant lui, et lui adressa un regard noir quand il tenta de la retenir. Comme brûlé, il la lâcha. Elle ouvrit la porte et se rua dans les escaliers. Elle entendit la porte claquer derrière elle.
Il avait intérêt à trouver un moyen de se faire pardonner.
Drago Malfoy était en train de passer un week-end de merde. La veille, son rendez-vous avec sa mère s'était soldé par des tensions dans son dos, ce à quoi il était habitué et il n'était jamais vraiment détendu, les rendez-vous étant trop proches les uns des autres. Il était rentré chez lui, avec écrit un hibou à Pansy Parkinson, sa meilleure amie d'enfance, lui priant de venir chez lui le lendemain, ce qu'elle avait accepté aussitôt. Il savait que ses sentiments à son égard étaient plus qu'amicaux, mais il agissait la plupart du temps comme s'il n'y faisait pas attention. Pourquoi donc devrait-il s'en préoccuper ? Il avait été clair, et ce, à plusieurs reprises. Il ne s'était jamais foutu de sa gueule à ce sujet.
-Pansy, Pansy, tu m'aimes non ? lui avait-il demandé, un soir, après plusieurs verres. Ce à quoi elle avait répondu, le regard torve et la voix éraillée par l'alcool qu'elle savait que lui, non. Il l'avait embrassée, cette nuit-là. Et le lendemain, coupable comme jamais, il lui avait dit qu'il regrettait. Elle avait baissé la tête comme s'il lui avait donné un coup.
-Je sais, Draco.. Je sais.
Ces petits mots murmurés trahissaient sa peine, et Draco l'avait attrapée par la main.
-Mais tu es ma meilleure amie, lui avait-il chuchoté en embrassant sa paume, espérant qu'elle comprendrait. Ma meilleure amie.
-Je sais, avait-elle répété.
Depuis cette fois, ils s'étaient tous les deux évertués à agir avec naturel. Ils faisaient l'autruche, mais c'était la seule chose qui marchait. Draco n'aurait jamais pu lui rendre ses sentiments. Il n'était même pas sûr de pouvoir tomber amoureux un jour.
Bref, elle n'allait pas tarder. Et elle avait intérêt à lui remonter le moral.
Il soupira et alla ouvrir à Pansy, un sourire aux lèvres. Elle se jeta dans ses bras, heureuse de le voir. Elle jeta son manteau sur le canapé, comme chez elle, et se dirigea vers la cuisine, parlant sans s'arrêter de sa semaine de travail. Pansy travail comme Médicomage à Sainte-Mangouste, et elle s'était prise d'affection pour un petit garçon du service.
-Et là, il m'a regardée avec ses grands yeux larmoyants et il m'a dit, s'il te plait, Pansy, je peux avoir du chocolat chaud ? Et je savais que j'aurais du dire non, le pauvre faisait une intoxication alimentaire, mais il savait tellement s'y prendre, et…
Draco perdit le fil. A la place, il regarda Pansy mettre à cuire deux escalopes, et ajouter de la crème fraîche dans le plat, tout en continuant à déblatérer. Quand elle eut fini, elle s'interrompit pour lancer un sort de rangement dans la cuisine, qui s'activa comme d'elle-même pour se rendre luisante de propreté. Elle reprit sa préparation.
-Et donc, je leur ai dit, vous savez, Gabriel a besoin qu'on surveille ce qu'il mange, ce n'est pas mon travail de refuser à cette tête d'ange un chocolat chaud, moi je dois juste m'assurer que sa magie n'est pas perturbée, et ils me regardaient avec des yeux ronds, et tu sais quoi ? Là, ils m'ont balancé que..
Draco était appuyé contre le chambranle de la porte, les bras croisés sur son torse, un sourire doux aux lèvres. Il adorait Pansy et sa joie de vivre. Il adorait sa manière de parler à toute allure, de ne pas avoir besoin qu'on lui réponde, il adorait ses éclats de rire en plein milieu d'une phrase, comme si ce souvenir là était particulièrement drôle.
-Et donc, finalement, je suis sortie de la chambre et ce petit démon s'est mis à pleurer ! Alors j'ai lancé un accio pour qu'il ait son foutu chocolat chaud, et.. Eh, pourquoi tu me regardes comme ça ?
Elle s'était finalement rendu compte qu'il ne l'écoutait pas du tout, mais elle avait l'habitude.
-Tu me fais rire, c'est tout, répondit Draco sobrement, amusé.
-Et bien, moi, ça ne me fait pas rire, répliqua Pansy un peu sèchement, ce qui étira le sourire de Draco. Qu'est-ce que je disais, déjà ? Ah oui, donc, …
Et c'était reparti. Draco était persuadé qu'il pourrait partir, elle mettrait au moins trois phrases avant de s'en rendre compte. Et quand on savait la longueur de ses phrases, c'était vraiment significatif. Finalement, il se perdit dans ses pensées, quand il la trouva plantée devant lui, l'air inquiet.
-Et toi, ta semaine ? demanda Pansy.
-J'ai travaillé avec Granger, j'ai vu Blaise..
-Oh ! Et comment va-t-il, ce crétin ? fit Pansy avec un prétendu air détaché.
-Bien, bien.. Egal à lui-même, dit Draco, amusé par le conflit qu'il y avait toujours eu entre les deux. Et sinon, j'ai fait ami-ami avec une moldue et Granger m'a fait une crise cardiaque, ajouta-t-il en levant les yeux au ciel.
Pansy fronça les sourcils.
-Qui ça ?
-Une serveuse, dans un restaurant où Granger m'a trainé.
-Oh, d'accord, répondit Pansy, même si elle avait un peu de mal à imaginer Draco dans un décor moldu, payant une boisson avec.. un billet. Tu.. hésita-t-elle. Tu parles souvent d'Hermione Granger, en ce moment, non ?
Draco haussa les épaules.
-Oui, sûrement, répondit-il. Je n'y fais pas attention. Ma patronne s'évertue à me faire travailler avec elle. Sûrement pour l'alliance entre l'héroïne de guerre et le Mangemort, ajouta-t-il après un temps, sarcastique.
-Mais.. tu l'aimes bien, non ? demanda Pansy, appréhendant sa réaction.
-Si je l'ai.. Attends, quoi ? fit Draco en éclatant de rire. Je t'arrête tout de suite. Granger est.. une collègue. Et elle est, parfois, dit-il en insistant sur ce mot, agréable. Mais ça s'arrête là.
-Ta bonne humeur fait plaisir, lui dit Pansy en lui souriant, l'air songeuse. Elle retourna aux fourneaux et s'écria : C'est prêt !
Elle agita sa baguette et deux assiettes sortirent d'un placard. Les escalopes se précipitent dedans en éclaboussant de la crème sur le sol. Les assiettes se dirigèrent ensuite vers le salon et manquèrent de décapiter Draco qui s'était baissé juste à temps. Deux verres prirent le même chemin, ainsi que deux fourchettes, deux couteaux, une bouteille d'eau et du pain. Ils les suivirent, Draco marmonnant contre Pansy qui essayait de l'assassiner discrètement, tandis qu'elle gloussait. Ils se mirent à table.
-Comment va ta mère ? demande Pansy du bout des lèvres, l'air de rien, ce qui gâcha un peu l'ambiance festive de leurs retrouvailles.
-Comment va la tienne ? rétorqua Draco, l'air ennuyé.
Pansy baissa les yeux, lui faisant comprendre qu'il était allé un peu trop loin. Sa mère était à Sainte-Mangouste, en Psychomagie. Folle.
-Pansy, je.. commença-t-il.
-Non, asséna-t-elle en le regardant froidement.
Elle prit quelques inspirations, avant de sourire –un sourire crispé qui donnait envie à Draco de se cacher sous la table. Ce qu'il ne fit pas, bien sûr.
-Tu me parlais d'une moldue ? demanda Pansy, pour changer de sujet.
Et même si ce sujet l'agaçait, il le préférait à sa mère. Il décida donc de permettre à Pansy de s'y attarder un peu avant de lui faire comprendre que ça ne la regardait pas.
-Oui, Emily Dunkham. Mal élevée, mais intéressante.
Pansy hocha la tête pour l'inciter à poursuivre, ce qu'il ne fit pas.
-Et bien ? s'écria-t-elle. Raconte !
-Mais il n'y a rien à raconter, s'agaça Draco. On a discuté politique pendant une heure, une heure et demi, et je me suis amusé. C'est tout, par Merlin !
-Et.. ? insista Pansy.
-Et rien ! répliqua Draco. A onze heures, elle a enlevé ses talons et on s'est séparés sur le trottoir avec une poignée de main.
Les épaules de Pansy s'affaissèrent.
-Et tu n'as pas pris son adresse ? demanda-t-elle, déçue. J'en sais rien, pour garder contact !
-Oui, il est très habituel de demander son adresse à une inconnue, dans le monde moldu, ricana Draco, moqueur.
-Mais tu l'aimes bien, elle, non ? poursuivit Pansy, sans lâcher le morceau.
-Oui, je l'aime bien ! s'énerva Draco, avant de se rendre compte de ce qu'il venait de dire. Un peu, tempéra-t-il.
Pansy eut un sourire en coin, satisfaite.
-Et bien, Drago, on dirait que tu vas retourner manger à ce restaurant.
Il était vingt heure trente quand Hermione inséra enfin sa clé dans la serrure de sa maison, les bras chargés de sacs en carton contenant plus de dossiers qu'elle ne pouvait en porter. Elle posa le tout dans l'entrée, où elle accrocha son manteau trempé : il avait plu tout le week-end.
-C'est moi ! cria-t-elle à la cantonade, et deux voix lui répondirent en cœur :
-On est dans le salon !
Elle retira ses chaussures et s'y rendit, pour se jeter sur le canapé, entre ses deux meilleurs amis, Ron Weasley et Harry Potter.
Après la guerre, Ron et Hermione s'étaient rendu compte que l'affection qu'ils avaient l'un pour l'autre était enfantine. D'un commun accord, et après plusieurs mois de cohabitation forcée, ils avaient décidés de se séparer pour rester amis. Ca n'allait pas, c'est tout. Rien de plus, à part qu'ils avaient évolués, mais par leurs sentiments l'un pour l'autre. Harry s'était un peu inquiété des conséquences de cette décision. Il avait beaucoup craint de devoir choisir entre les deux. Mais finalement, ils étaient redevenus de simples amis avec une facilité déconcertante. Ils en riaient même, la plupart du temps.
Ils avaient alors décidés d'emménager tous les trois, Harry ayant décidé de ne pas se remettre avec Ginny avec la Victoire. Elle avait accueilli la rupture avec difficulté, mais l'avait acceptée. Aujourd'hui, elle fréquentait à nouveau Dean, même s'il avait toujours « cette insupportable manie de vouloir m'aider à passer les portes ! Comme si je ne pouvais le faire toute seule ! ». Ils avaient trouvés cet appartement sur un coup de chance, et c'est Harry qui avait payé les dépots de départ. Ron et Hermione le remboursait un peu chaque mois, et la cohabitation se passait sans anicroche.
En fait, ils ne se voyaient pas très souvent. Harry et Ron, qui étaient devenus Aurors, partaient souvent en mission, et Hermione passait beaucoup de temps au bureau. Quand elle ne le faisait pas au bureau, elle s'enfermait dans sa chambre pour travailler.
Une fois, Ron et Harry avaient failli être sérieusement atteints par un sort que Hermione leur avait lancé quand ils avaient voulu lui proposer de manger en ouvrant la porte à l'improviste. Surprise, elle n'avait pas réfléchi, et le « Stupefix ! » avait jailli de sa bouche avant même qu'elle ne se rende compte qu'ils n'étaient pas des ennemis. Tous les trois secoués, ils s'étaient serrés dans les bras les uns des autres pour se réconforter.
La guerre les avait changés.
-Tu as passé une bonne journée ? demanda Ron.
-Epuisante, répondit Hermione. Je dois sans arrêt faire des rapports, pour expliquer chacune de mes démarches. C'est passablement agaçant.
-Les joies de la bureaucratie ! souligna Harry, un sourire aux lèvres.
Et c'est ainsi que la conversation commença. Tout en discutant, ils préparèrent le dîner, entrecoupés d'éclats de rire. Ils avaient mangé, Ron avait fait une blague vaseuse au sujet de Malfoy qui leur pourrissaient encore la vie en venant s'immiscer dans la conversation quand Hermione avait évoqué son contrat récemment acquis, Harry avait renchéri en appuyant sur sa tête de fouine, et Hermione les avait réprimandés, juste avant de se lancer dans une mauvaise imitation qui fit pleurer Ron de rire. Puis ils étaient allés se coucher.
La dernière pensée d'Hermione fut, avant de s'endormir, que certes, la guerre les avait changés mais qu'ils guérissaient. Et elle en fut incroyablement fière.
