Titre : Pour lui...
Auteur : Dana-chan
Genre : romance yaoï
Couple : 1 x 2, 3 x 4, 5 x ? (je vous laisse enfin le découvrir^^)
Disclaimer : 10 ans ont passé depuis ma première fic et ils ne sont toujours pas à moi *snif*. Excepté le Lieutenant Marks.
Note : oui je sais, j'avais dit une semaine... mais comme mes idées font le yoyo, j'ai du réécrire quasiment les ¾ de ce chapitre... Perfectionnisme, quand tu nous tiens...^^ J'espère qu'il vous plaira autant que les précédents.
RAR :
Sortilège : toujours heureuse de te retrouver à chaque update... merci ! Il y a des jours où je me demande aussi où je m'emmène^^ (oui, je sais, ce n'est pas très rassurant pour la suite lol).
Katana 00 : encore merci gentil chaton ;-) ! J'espère que la suite te plaira tout autant !
Bonne lecture et très bonne année 2014 !
Chapitre 3 Le Manque
AC 201
Loft des G. Boys
Royaume de Sank
22 h 00
Duo était seul au salon, ses amis étaient tous partis se coucher il y a déjà un bon moment, ou plutôt il les avait tous fait fuir et chacun avait trouvé refuge dans sa chambre. Il était donc seul comme presque tout cette journée d'ailleurs où il s'était exilé dans son antre pour mieux réfléchir. Il pensait avoir trouvé la solution en poussant Heero à lui parler, à lui avouer sa culpabilité, mais en fait, il n'en était plus si sûr maintenant. Quand il revoyait le regard du japonais à la fin de leur altercation, il avait la désagréable sensation que quelque chose s'était brisé en lui, sa confiance en lui, son orgueil ? Il n'en savait trop rien mais quelque chose avait changé, il en était sûr à présent qu'il y repensait. Il espérait juste qu'il n'avait pas été trop loin, qu'il n'avait pas fait plus de mal que de bien. L'américain souhaitait juste que le homme qui l'aime se dévoile et s'ouvre plus. En aucun cas, il n'avait voulu qu'il se replie sur lui-même ou se rabaisse devant lui. Pourtant, cette désagréable sensation ne cessait de persister. Avait-il vraiment fait du mal à Heero ? Cette seule idée lui était insupportable au possible ! Il fallait qu'il arrête de penser à tout ça, qu'il trouve quelque chose à faire. Ses yeux tombèrent à cet instant sur l'ordinateur portable du japonais qui trônait sur la table basse.
Lorsqu'il mit en marche l'appareil, il reconnu immédiatement le ronronnement familier de la machine. C'était apaisant. Il ferma un instant les yeux. Il voyait Heero en train de pianoter sur le clavier, lui était assis un peu plus loin et le regardait. Ce petit manège récurrent pouvait durer des heures parfois. Il n'avait jamais vraiment su si Heero se savait épié ou s'il était toujours trop concentré pour le remarquer ou si simplement il l'ignorait. Quoiqu'il en soit, Duo était heureux de tous ces moments si ridiculement insignifiants ! Malheureusement, aujourd'hui, ils ne lui suffisaient plus. Il voulait plus.
Il ouvrit les yeux et chassa ces dernières pensées pour se concentrer sur sa boîte mail. Des pubs, des pubs, encore des pubs. Il supprima tout. Il se connecta ensuite sur le site sécurisé des Preventers au cas où et trouva un appel de mission sur la page de sa section. Il y avait peu de détails si ce n'est que la mission était hautement prioritaire, classée secret défense et devait se dérouler su L2. Il prit immédiatement son portable et composa le numéro de téléphone attribué qu'il reconnu sans peine.
- Colonnel Peacecraft j'écoute.
- Bonsoir Milliardo, c'est Duo.
- Bonsoir Duo, vu l'heure, je pense que tu appelles pour la mission ?
- Oui, c'est bien ça. Je viens de voir l'appel à mission et je viens me porter volontaire.
- Très bien. Par contre, si tu y participes, ça ne sera qu'en tant qu'agent de liaison. Je ne peux pas te l'expliquer sur cette ligne non sécurisée mais tu comprendras bientôt pourquoi.
- Ça me va aussi.
- Quand es-tu prêt à partir ?
- Dès qu'il le faudra.
- Parfait. Dans ce cas, l'équipe étant désormais au complet, je vais voir pour rapprocher le départ qui était initialement prévu demain à 19 h 00. En attendant, je t'envoie par mail le plan de mission.
- On fait comme ça. Je reste mobilisé et j'attends les prochaines instructions.
- Bien. A plus tard Capitaine Maxwell.
- Au revoir Colonel Peacecraft.
Après avoir raccroché, l'américain consulta immédiatement sa boîte mail sécurisée sur le site des Prev. L'ordre de mission était déjà arrivé avec tous les documents relatifs en pièce jointe. En les ouvrant, Duo compris alors pourquoi il ne serait pas en première ligne sur le terrain. Si les personnes qu'il fallait approcher étaient bien celles dont il lisait les noms en ce moment, elles pourraient le reconnaitre. Pas grave. De toute façon, agent de liaison sur L2, c'était toujours mieux que rester ici vu les circonstances. Ça ne lui ferait vraiment pas de mal de changer d'air. Le prochain document mentionnait les instructions pour leur couverture de base. Ils ne seraient que deux et la mission ne devrait durer qu'une semaine, deux tout au plus.
Alors qu'il terminait sa lecture, un second mail de Milliardo arriva. Il l'informait qu'il avait pu avancer l'heure du départ et avait réservé 2 places dans la navette de 07 h 00. Parfait, avec un peu de chance, il ne croiserait personne demain matin avant de partir, même si d'un autre côté, il aurait bien voulu faire ses excuses à Quatre pour l'avoir blessé. Tant pis, il comprendrait sûrement. Il décida quand même qu'il appellerait le petit blond dès son arrivée.
Avant d'aller préparer ses affaires et dormir un peu, Duo envoya la réponse de rigueur au Colonel : Mission HP147SD55 acceptée. RDV 6 h 30 – Astroport de Sank – Terminal B – Navette 4566. Après avoir cliquer sur envoyer, il se déconnecta et ferma l'ordinateur. Puis, il monta dans sa chambre.
00 h 30
Heero n'arrivait toujours pas à trouver le sommeil. Il n'arrivait pas à se sortir les derniers évènements de la tête. Plus il y pensait, plus il se sentait mal et … autre chose qu'il n'arrivait pas à déterminer. Ce qui bien sûr l'énervait au plus haut point et n'était d'aucune aide pour s'endormir. Il avait entendu deux heures plus tôt Duo qui montait se coucher. Il s'était arrêté quelques minutes devant sa chambre avant de poursuivre son chemin. Curieusement, le japonais avait espéré qu'il entre mais bien sûr l'américain n'en avait rien fait. En même temps, qui s'y serait risqué ?
Après plusieurs heures, il avait arrêté de compter, il réussit finalement à s'endormir, non sans mal car il n'arrivait pas à se départir d'un mauvais pressentiment. Rien n'allait depuis sa dernière mission et il ne sait pas pourquoi, il avait l'impression que les choses n'allaient pas s'arranger. Son instinct le trompait rarement...
AC 201
Dans la navette pour L2
Astroport de Sank
06 h 45
En arrivant, Duo avait découvert l'agent de terrain avec qui il ferait équipe pour les jours à venir, le Lieutenant Allan Marks. Il le connaissait peu mais ses états de service n'étaient pas trop mauvais à ce qu'il se rappelait. Ils étaient maintenant assis côte à côte et attendaient le décollage de la navette. Le natté était soulagé de n'avoir croisé personne à son réveil. il ne s'était d'ailleurs jamais préparé aussi vite. Mais maintenant, il se sentait un peu mal d'avoir filé à l'anglaise en ne laissant qu'un petit mot.
Alors que l'américain était perdu dans ses pensées, son coéquipier rompit le silence :
- Je suis très content de faire équipe avec vous Capitaine Maxwell.
- Moi de même Lieutenant. Mais peut-être pourrions-nous laisser les usages militaires de côté et nous mettre dans la peau de notre couverture si cela vous convient ?
- Oui très bien. Donc je me présente, Alain Sparks.
- Dany Pharell. Ton fiancé si j'en crois les informations de mission.
Le lieutenant sourit.
- C'est bien ça Dany, répondit-il en lui faisant un clin d'œil.
- Alors Alain, si tu n'y vois pas d'inconvénients, on pourrait peaufiner notre couv pendant le voyage. C'est souvent sur des petits détails qu'on se fait repérer même si je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de risques cette fois-ci. C'est plus une mission de repérage que d'infiltration finalement et de courte durée.
- Effectivement, mais je pense que tu as raison. Il vaut mieux prévenir que guérir.
Nouveau clin d'œil du Lieutenant.
Duo ne connaissait pas assez Marks pour savoir si c'était dans son tempérament ou bien s'il lui faisait du charme mais l'un dans l'autre il s'en fichait. Ce type avait l'air sympa et ne se prenait pas la tête. C'était le principal.
Alors que la navette décollait, les deux équipiers continuèrent de faire connaissance.
AC 201
Loft des G. Boys
Royaume de Sank
08 h 15
Quatre buvait son café dans la cuisine en repensant aux évènements de la veille. Les paroles de Duo l'avaient vraiment blessé même s'il savait qu'elles n'avaient été prononcées que sur le coup de la colère mais quand même... En revanche, il restait perplexe quant à la réaction d'Heero, ou plutôt son absence quasi totale de réaction. Ça ne lui ressemblait guère. Non, en fait, ça ne lui ressemblait absolument pas du tout de se laisser insulter de la sorte sans répondre ! Le blond avait bien essayé de « lire » en lui mais comme à chaque fois qu'il s'y autorisait, toujours pour de bonnes raisons, il se heurtait à un mur. L'esprit du japonais était comme une coquille renfermant un mystère, si on la secouait, on se rendait bien compte qu'elle n'était pas vide mais on était incapable de deviner ce qu'elle cachait.
- Bonjour Quatre.
Il était arrivé sans un bruit.
- Heero ! Bonjour.
Le jeune empathe ne put s'empêcher de rougir.
- Excuse-moi de te surprendre ainsi Quatre. Je pensais être seul.
- Non, ce n'est rien. A vrai dire moi aussi. Il est si rare de te voir à la maison à cette heure-ci.
Cette fois, c'est le japonais qui piqua un fard.
- Hn. C'est que mon réveil n'a pas sonné ce matin. Et puis de toute façon, je ne vais pas tout de suite au QG. Je dois passer chez Rélèna pour tester son système de sécurité.
Il avait dit tout ça d'une traite, de manière trop précipitée pour paraître normale. Si le blond l'avait remarqué, il eut la gentillesse de ne pas le souligner.
- Tu veux un café ?
- Oui merci. Les autres sont déjà partis alors ?
Quatre souriait intérieurement. Heero pouvait bien être LE soldat parfait, cette question tout à fait anodine n'était qu'un déguisement pour une autre question qui devait lui brûler les lèvres. Tout en lui servant un café, il lui répondit :
- Oui. Trowa est bien sûr à la boîte, Duo doit être au QG des Prev, en fait je ne l'ai pas vu ce matin.
Une pointe de tristesse transparut dans sa voix.
- Et Wufei avait un mystérieux rendez-vous.
Le japonais fronça les sourcils.
- Mystérieux ?
- Je pense qu'il revoit son ex.
- Hn.
Ils restèrent quelques minutes ainsi à boire leur café en silence puis Heero, qui s'était attardé plus que nécessaire à son goût, pris congé de son ami. Après tout, il avait une mission à remplir ce matin.
Toutefois, avant de sortir, il voulut consulter ses mails. Il se dirigea donc au salon où il avait laissé son ordinateur portable. Il s'assit sur le canapé et trouva un mot posé sur le clapet. Il déplia la demi-feuille. Au fur et à mesure qu'il lisait, une boule se formait dans son estomac. Ni une ni deux, il se leva, le mot toujours à la main et retourna dans la cuisine pour le montrer à Quatre.
- Tiens Quatre.
Devant le regard interrogateur du blond qui se saisit du morceau de papier, le japonais précisa :
- C'est un mot de Duo. Il n'est pas au QG. Il est parti en mission sur L2 ce matin.
En entendant le japonais prononcer ces mots comme s'il énumérait une liste de courses, Quatre faillit s'étrangler.
- Bon, je te laisse. Je vais chez Rélèna. A plus tard.
Heero partit donc accomplir sa tâche, laissant son ami complètement interdit dans la cuisine.
Après quelques minutes d'assimilation, Quatre sembla retrouver ses esprits et déplia le mot :
« Hey boys,
Je suis désolé de vous faire faux bond comme ça mais le devoir m'appelle.
Je pars en mission sur L2 pour une semaine, deux maximum. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment car elle est classée HP – SD mais je vous tiendrai quand même un peu au courant.
Ne vous faites pas de soucis pour moi.
Je t'envoie un mail quand j'arrive Quat'chou ;-).
Kiss !
PS : sorry for yesterday, I was bad... »
- Bon sang Duo, qu'est-ce qu'il te prend de fuir comme ça...
Le blond était dépité, triste, mais surtout inquiet pour son ami. Il comprenait sa fuite, il ne lui en voulait pas mais quand même... Et Heero qui s'était remis en mode robot-je-ne-sens-rien... Décidément, tout allait de mal en pis pour ces deux là.
AC 201
Devant le mur d'enceinte ouest de la résidence Peacecraft
Royaume de Sank
10 h 30
Heero regarda sa montre et ne put que grimacer. Bordel ! Deux heures qu'il était parti pour un trajet à pied qui, sans se presser, n'aurait pas dû prendre plus de trois quart d'heures ! Ça ne tournait vraiment plus rond dans sa tête ! De toute façon, vu la nuit qu'il avait passée à se torturer les méninges pour comprendre ce qui clochait entre lui et l'américain, plus rien n'aurait vraiment dû l'étonner. C'était sans compter sur Duo qui n'avait rien trouvé de mieux que de se lancer dans cette foutue mission. Il savait très bien de quoi il retournait, c'était la fameuse mission d'infiltration sur L2 dont le Colonel et lui avaient parlé la veille. Il ne pensait pas que tout serait mis en place si rapidement. A moins que le natté se soit porté volontaire ? Baka ! Il faudrait qu'il éclaircisse ce point plus tard avec son supérieur. En attendant, cette histoire commençait à influer sur son travail et c'était inadmissible.
L'heure tournant, il se mit donc au travail. Il commença par faire le tour du propriétaire histoire de regarder où étaient situées les caméras de première ligne. Il avait emmené tout son matériel dernier cri, absolument nécessaire pour quiconque souhaitait braquer une banque. En l'occurrence et même si ce n'était pas son cas, Heero se rendit vite compte qu'il n'aurait pas besoin de s'en servir. Il avait à peine couvert la moitié du périmètre qu'il trouva un angle d'approche non couvert par les caméras. Il décida de commencer son ascension par là.
Plus le japonais avançait, plus il sentait la pression montée ! Incroyable ! Aucun problème pour escalader le mur d'enceinte, des caméras mal orientées ou en panne, des gardes absents de leur poste ou totalement inattentifs, un système de détection de mouvements en panne voire carrément inexistant ! Non mais on était où là ? Trowa et Wufei allaient entendre parler du pays ce soir ! C'est quand même leur boîte qui était censée équiper et gérer le système de surveillance de la résidence Peacecraft. Mais là, après vérification, un enfant aurait pu rentrer sans se faire prendre alors imaginer un terroriste ! Il allait leur pondre un rapport dont ils allaient se souvenir !
AC 201
Résidence Peacecraft – Chambre de Rélèna
Royaume de Sank
10 h 45
- Tu sais que ce n'est pas du tout convenable et raisonnable pour une demoiselle avec autant de responsabilités de traîner au lit à une heure pareille ?
Rélèna fit mine d'être choquée.
- Oh ! Parce que tu penses que ça l'est plus pour toi ?
Il rougit.
- Je te rappelle que c'est toi qui m'a téléphoné et que tu n'étais pas en reste quand je t'ai proposé de passer chez moi ce matin.
Il sourit.
- Peut-être, mais souviens-toi. Qui a suggéré que l'on monte ici ?
Cette fois, c'est elle qui rougit.
- Tu regrettes ?, questionna-t-elle inquiète.
Il la regarda longuement, l'amour de sa vie, allongée sur ce lit. Elle était nue, presque entièrement découverte, sans aucun artifice et pourtant si belle. Il la regarda droit dans les yeux avant de lui répondre :
- Absolument pas ! Jamais ! Jamais je ne pourrai regretter un seul moment passé à tes côtés.
Alors qu'ils allaient s'embrasser, ils furent interrompus par le bruit d'une porte qui s'ouvre.
Se rappelant tout de suite le mystérieux rendez-vous de Wufei dont Quatre lui avait parlé ce matin, Heero resta aussi digne qu'on pouvait l'être en pareilles circonstances et avant que l'un ou l'autre n'ouvre la bouche, il les intima au silence en pausant un doigt sur ses lèvres.
Le chinois, réactif, avait déjà recouvert le corps nu de sa bien-aimée lorsqu'Heero commença l'inspection de la chambre muni d'un détecteur de micro. Comprenant rapidement la situation, il dit à Rélèna sur un ton tout à fait « normal » :
- Ma douce, si nous descendions manger un petit quelque chose. Tout cela m'a mis en appétit.
Rélèna dont la gène ne pouvait plus se cacher répondit un peu nerveuse :
- Oui, si tu veux.
- Allons dehors, dans le jardin dans ce cas. Nous pourrons profiter du soleil.
Le japonais qui avait fini son inspection se tourna vers Wufei et hocha la tête. Il sortit ensuite de la pièce pour laisser ses amis se rhabiller et alla les attendre dehors.
AC 201
Résidence Peacecraft – Terrasse
Royaume de Sank
11 h 10
Malgré sa gêne et cette boule à l'estomac qui ne le quittait plus depuis ce matin, Heero était content pour ses deux amis de s'être retrouvés après tout ce temps. Il savait qu'ils s'aimaient toujours malgré leur séparation. Il avait compris son ami lorsqu'il lui avait succinctement expliqué les raisons de leur rupture. Il le trouvait d'ailleurs admirable et courageux. En même temps, il avait eu raison. Il n'était vraiment pas « approprié » pour la Vice ministre des affaires étrangères qui n'avait cessé de promouvoir un pacifisme radical pendant la guerre d'avoir une relation officielle avec un ancien pilote de Gundam. Duo et Quatre, eux, n'avaient pas compris et avaient blâmé le chinois de faire tant de mal à la personne qu'il disait aimer le plus au monde, arguant que l'amour n'avait aucune limite. Trowa et lui-même avaient donné leur soutien à Wufei car ils comprenaient. Rélèna elle-même avait compris la décision de l'homme qu'elle aimait et s'était montrée très forte à l'époque.
Perdu dans ses pensées, Heero fut interrompu par le couple qui venait le rejoindre sur la terrasse.
- Je crois avoir compris que tu avais de bonnes raisons pour agir ainsi Yuy sinon, je t'assure que c'est avec mon poing dans la figure que débuterait cette conversation ! Lança le chinois.
- Wufei...
- Non Rélèna, l'interrompit le japonais. Je suis confus de ce qu'il vient de se passer mais c'était nécessaire au vu des circonstances. Ton frère s'inquiète pour toi depuis l'attentat et il m'a demandé de mettre ton système de sécurité à l'épreuve. C'est pourquoi je me suis infiltrée chez toi. C'était pour moi le meilleur moyen de le tester.
Heero se tourna vers le chinois.
- D'ailleurs Wufei, il faudra qu'on reparle de ça plus tard.
Ce dernier acquiesça. Il savait très exactement ce que le japonais allait lui dire. C'est vrai que Trowa lui avait demandé une révision et une mise à jour du système il y a près de 6 mois mais appréhendant de revoir son ex, il remettait toujours à plus tard. Il avait commis une erreur. Ce n'était pas professionnel et en plus, il avait mis en danger la femme qui l'aimait.
Heero poursuivit son explication :
- J'ai trouvé des micros dans chaque pièce de la maison, une cinquantaine au total. Je ne peux pas dire depuis combien de temps ils sont là. Il faudra qu'on voit ça ensemble Rélèna, en te montrant les emplacements, tu pourras peut-être situer dans le temps : position des meubles, rangements...
- D'accord. Mais tu ne les as pas enlevés ? Questionna-t-elle, ne se sentant soudainement plus chez elle.
- Non. Je ne peux pas. Si je les enlève, les personnes qui les ont placés comprendront que nous sommes au courant et ça pourrait les pousser à agir plus vite et à être encore plus vigilants.
- Oui je comprends mais je trouve ça assez effrayant que quelqu'un m'espionne ainsi sous mon propre toi.
- Je sais mais il va falloir encore attendre. Ce qui va être le plus compliqué pour toi, c'est de faire comme si tu ne savais pas, de parler comme d'habitude...
- J'essaierai de faire de mon mieux. Penses-tu que cela dure longtemps Heero ?
- Je ne sais pas trop. J'irai faire mon rapport à Milliardo tout de suite après mon entrevue et on avisera.
- Merci Heero.
- Je t'en prie Rélèna. C'est normal. Je te tiens au courant le plus rapidement possible. Wufei ?
- Oui Yuy, je reste avec elle jusqu'à ce soir au moins.
- Bien, je vous laisse. Je suis content pour vous, lança-t-il en s'éloignant, la boule au ventre toujours bien accrochée.
Après le départ du japonais, la jeune femme vint se blottir dans les bras du Chinois.
- Je suis inquiète pour Heero.
- Pourquoi ma douce ? S'étonna-t-il.
- Il a l'air si fatigué ! Presque abattu... Et sa main ?
- Oh ça, ce n'est rien. Petite fracture, il a tapé dans une porte après une engueulade avec Maxwell. C'est juste l'affaire de trois semaines.
- Pour la main peut-être. Pour le reste... Je vois bien qu'il n'est plus lui-même depuis notre retour des colonies. Il considère que ce qui m'est arrivé est un échec. Mais il y a autre chose. Ça serait Duo ?
- Comment ça ? Questionna Wufei, ne voyant pas du tout où sa dulcinée voulait en venir.
- Fei, on ne tape pas dans une porte pour une simple engueulade voyons.
Le chinois rougit. Il n'avait jamais vraiment réfléchi aux raisons du comportement de ses deux amis, trop occupé qu'il était à penser à la femme qui l'aimait et qui avait failli perdre la vie.
- Tu penses que Yuy et Maxwell... ?
- Une intuition féminine en quelque sorte. Il y a toujours eu un lien très fort entre eux depuis la guerre.
- Tu as peut-être raison. Mais arrête donc te t'inquiéter pour Heero. Et embrasse-moi.
La jeune sourit et lui répondit par un baiser langoureux. Que c'était bon d'être dans ses bras. Il lui semblait que le monde autour cessait d'exister. Elle lui demanda alors s'ils pouvaient encore rester un moment comme ça, enlacés sur cette terrasse, avant de retrouver la dure réalité. Ce à quoi Wufei répondit :
- Bien sûr Lèna. Nous rentrerons à l'intérieur quand tu te sentiras prête.
AC 201
Quartier Général des Preventers – Bureau du Colonel Peacecraft
Royaume de Sank
13 h 00
Après être arrivé au QG, Heero s'était tout de suite rendu dans son bureau pour rédiger son rapport. Il n'avait pas pris le temps de manger. De toute façon, il ne pouvait rien avaler. Ensuite, il avait quand même regardé sa boîte mail. Comme il s'y attendait, il y avait un message de Milliardo à propos de la mission sur L2. Il lut tous les documents s'y référant. Il ne sentit pas mieux après sa lecture : ça ne lui plaisait pas du tout que Duo soit parti en mission avec ce type, surtout dans ces circonstances. Le japonais se dressait maintenant dans l'embrasure de la porte du bureau de son supérieur, essayant de masquer ses sentiments.
- Heero, je t'en prie, entre.
- Hn. Bonjour Milliardo. Voici mon rapport concernant ma mission de ce matin, dit-il en lui tendant le document.
Le Colonel fronçait de plus en plus les sourcils au fur et à mesure qu'il avançait dans sa lecture. Et le japonais savait très bien pourquoi. Il aurait aimé ne pas avoir à indiquer certains éléments mais c'eut été une faute professionnelle. De plus, chaque choses pourraient se révéler importantes par la suite.
- Bien. Outre certaines choses sur lesquelles je n'ai pas envie de m'étendre, qu'en penses-tu ?
- Je pense que les micros doivent rester en place jusqu'à nouvel ordre. Au moins jusqu'au retour de la mission sur L2, premièrement pour la sécurité de nos hommes, deuxièmement parce qu'ils auront peut-être pu collecter des informations. Ensuite, il me semble judicieux de les laisser jusqu'au prochain voyage de Rélèna dans les colonies, nous pourrons ainsi très facilement laisser filtrer de fausses informations au sujet de ce déplacement, ce qui pourrait être un avantage majeur pour nous.
- Oui, je pense comme toi Heero mais crois-tu que ma sœur arrivera à gérer cette situation ?
- Oui. Et puis, je pense que Wufei va rester près d'elle et l'aider dans ce sens.
Pas que cette situation lui plaise vraiment, sa sœur ayant bien assez souffert de leur rupture, mais il lui fallait reconnaître que ça le rassurait de le savoir à ses côtés. Bien qu'Heero se soit sûrement acquitté de cette tâche s'il n'avait pas été là.
- Heero, pour le système de sécurité ?
- Ne t'inquiète pas Milliardo, je m'en occupe demain avec Trowa et Wufei. Nous ferons passer ça pour une simple mise à jour de routine.
- Merci, je sais que je peux compter sur toi. On refait le point demain en fin de journée si cela te convient ?
- Aï.
Alors que le japonais allait partir, son ami l'interpella :
- Au fait Heero, je t'ai mis en copie toutes les informations sur la mission de L2 qui n'est d'ailleurs plus une mission d'infiltration mais une mission de reconnaissance. Cela sera plus simple pour toi de suivre les choses au fur et à mesure.
- Oui j'ai vu. Merci. A plus tard. Colonel Peacecraft.
- Commandant Yuy.
AC 201
Quartier Général des Preventers – Salle d'entraînement
Royaume de Sank
15 h 00
Heero était sur le tapis de course depuis une heure maintenant et il ne se sentait pas mieux. Après son entrevue avec Milliardo, il s'était dit que faire un peu de sport ne pourrait lui faire que du bien puisqu'il n'avait rien pour s'occuper l'esprit. Pourtant, il se donnait à fond, la vitesse était à son maximum et il s'apprêtait à passer le dernier niveau d'inclinaison. Qu'à cela ne tienne ! Si la course n'était pas suffisante, il passerait au vélo, au rameur, aux appareils de muscu... mais il se sentirait mieux ! Il l'avait décidé.
AC 201
Sur le trajet du loft
Royaume de Sank
18 h 00
Il eut beau s'éreinter tout l'après-midi à la salle d'entrainement, Heero ne se sentait toujours pas mieux et surtout, cette boule au ventre n'avait toujours pas disparu. Il prit donc le chemin du loft, à pied, puisqu'il n'avait pas jugé bon ce matin encore de prendre sa moto.
Évidemment, marché seul n'était pas l'activité la plus appropriée pour se changer les idées. Il repensa à ce qu'il avait ressenti ce matin quand il avait trouvé le mot de Duo et la boule au ventre s'intensifia. Mauvaise idée. Il orienta alors son esprit vers le couple que ses amis avaient décidé de reformer. Est-ce l'association des deux ou autre chose, mais Heero sentit alors un vide, un grand vide dans son cœur. Il le connaissait bien celui-là, il avait toujours existé aussi loin qu'il s'en souvienne. Il avait toujours lutter contre lui. C'était sa seule manière de se protéger. De toute façon, qu'aurait-il pu apporter à quelqu'un ? Il n'était qu'une « machine de guerre » aujourd'hui « reprogrammée » pour se charger la plupart du temps des « sales missions » dont personne ne voulait entendre parler.
Tout à son introspection, le japonais se rendit compte qu'il était presque arrivé. Mais il n'avait pas envie de rentrer. Trowa lui demanderait comment il allait, sous-entendu « tu ne culpabilises pas trop après le départ précipité de Duo ? », Wufei ferait comme si de rien n'était car il y avait aussi des choses dont il ne voulait pas parler et Quatre serait fidèle à lui-même, doux et gentil, « ne t'inquiète pas, ça va aller, ce n'est pas de ta faute... ». Ses amis, ils les connaissaient par cœur mais ce soir, il ne voulait pas les voir. Sauf peut-être Duo, pour parler de ce qui c'était passé la veille et le jour d'avant. Il regrettait de n'avoir pas été plus sympa et plus direct dans ses excuses. Mais voilà, Duo n'était pas là, à cause de lui.
Arrivé devant la propriété, il se rendit discrètement au garage resté ouvert, enfourcha sa moto et partit en trombe sans plus se poser de questions. La vitesse et l'adrénaline lui feraient sûrement le plus grand bien.
AC 201
Loft des G. Boys
Royaume de Sank
18 h 45
- Nous ne serons donc que trois au dîner ce soir, soupira Quatre en entendant la moto démarrer.
- Ne t'inquiète pas mon ange. Il va faire un tour et rentrera quand nous serons couchés. Il a besoin de faire le point.
- Je sais bien Trowa mais on est là nous aussi. On pourrait l'aider, l'écouter.
- Tu sais bien qu'Heero n'est pas comme toi ou Duo. Il a besoin d'être seul pour faire le point. En plus, tu peux parfois être étouffant dans ton envie de bien faire.
- Merci pour le compliment, s'indigna Quatre.
- Je confirme, lança Wufei. Tu es adorable Quatre et toujours plein de bonnes intentions mais parfois, on a juste envie de te dire stop, comme Duo hier. Et là, ce soir, c'est Heero qui nous le dit, à sa manière.
- Je sais mais..., sanglota l'arabe, je ne peux plus, je ne supporte plus de les voir ainsi. Je ressens bien malgré moi leurs émotions et...
Le français vint prendre son amant dans ses bras pour le réconforter.
- Je sais mon ange, on sait tous que ton empathie n'est pas toujours facile à gérer même pour toi. Ne t'inquiète pas.
- Je suis fatigué Trowa.
- Je sais mon ange. Monte te reposer. Je dois discuter avec Wufei de la mise à jour du système de sécurité de la résidence Peacecraft. Après je te rejoins.
- Merci mon Trowa. Je t'aime.
- Moi aussi je t'aime mon ange.
Après un dernier baiser, le blond partit se coucher. Il avait vraiment besoin de laisser son esprit se reposer pour pouvoir rétablir ses « barrières » correctement sinon, il allait finir par craquer avec cette ambiance.
AC 201
Bar d'ambiance Le Sunset
Royaume de Sank
22 h 00
Après sa grisante virée en moto, le japonais s'était retrouvé sans vraiment l'avoir voulu devant le bar d'ambiance où il se rendait quand certains besoins se faisaient sentir. Et au souvenir de sa dernière visite qui remontait à plus de deux mois déjà, une chaleur naissait dans son bas ventre. C'était peut-être ça dont il avait besoin en ce moment.
Il gara sa bécane et poussa la porte du Sunset. Directement, il se dirigea vers le bar pour s'assoir et commander une bière. Avec la piste de danse, c'était le meilleur endroit pour se faire accoster. Il avait l'habitude. Il venait toujours ici quand ses besoins « néandertaliens » se faisaient sentir car il savait qu'il avait très peu de chance de croiser quelqu'un qu'il connaissait, ce bar étant le plus éloigné de chez lui et du QG. Il prenait toujours soin de ne pas sortir avec un habitué, manquait plus qu'il veuille remettre le couvert à sa prochaine visite. Certes, ça lui était déjà arrivé de retomber sur quelqu'un avec qui il avait déjà consommé et qui s'était imaginé des choses. Du coup, maintenant, il était cash : du sexe, pas de sentiments, juste ce soir. En général, ça ne posait pas de problème à l'autre, mais s'il avait une hésitation, Heero passait au suivant.
A peine un quart d'heure après son arrivée, un jeune homme, aux longs cheveux châtain, l'aborda. Il était pas mal, à son goût mais sans plus, et le coup du « je couche, je jette » ne semblait pas le déranger le moins du monde. Ils prirent un verre ensemble, discutèrent un moment du « contrat » puis s'éclipsèrent. Heero l'emmena deux rues plus loin, du côté de la zone industrielle. Il connaissait les lieux et savait qu'ils ne seraient pas dérangés. En plus, chose curieuse mais non négligeable, c'était un coin plutôt propre.
Dès qu'ils furent arrivés sur les lieux, Heero le plaqua au mur pour l'embrasser voracement et plaqua son bassin contre le sien. Immédiatement, il sentit le membre de son partenaire d'un soir grossir contre lui. Bien, ça allait être rapide. Ils continuèrent à s'embrasser, se coller, se caresser, se frotter encore quelques minutes pour faire grimper la température. Puis, le châtain se dégagea, positionna cette fois le japonais contre le mur et se baissa. Il défit sa braguette qui formait déjà une bosse pour libérer le sexe du brun et le prendre en bouche. A cet instant, Heero laissait faire, toujours. Il ferma les yeux jusqu'à ce qu'il sente qu'il était prêt à venir.
Après, c'est lui qui prenait le contrôle des opérations, toujours. Il fit relever le jeune homme, ouvrit sa braguette qui semblait bien trop serrée, baissa son jean, le retourna et le plaqua au mur. Heero sortit ensuite une capote qu'il déroula d'une main sur son sexe. Sans attendre plus longtemps, il pénétra le châtain jusqu'à la garde. Passé le cri de surprise et de douleur de son partenaire, il attendit quelques secondes qu'il s'habitue à lui puis commença des mouvements de va et vient de plus en plus vite, de plus en fort, jusqu'à ce qu'il jouisse. Le japonais s'arrêta là, se rhabilla et partit, sans un mot de plus.
Heero Yuy ne faisait pas l'amour, il ne savait pas ce que c'était. Non, Heero Yuy baisait, sauvagement, bestialement, juste pour assouvir ses besoins de chair. Car tout soldat parfait qu'il était, il n'en restait pas moins un homme. Alors, il prenait ce que ces partenaires lui offraient, un exutoire, et lui leur donnait ce qu'ils recherchaient, une aventure d'un soir.
AC 201
Sur le trajet du loft
Royaume de Sank
23 h 30
Sur la route, le moment post-orgasme passé, Heero prit douloureusement conscience que le vide dans son cœur et la boule au ventre étaient revenus. Il se sentait mal, encore plus qu'avant. Il faillit même perdre le contrôle du bolide. Heureusement, il réussit à redresser juste à temps. Il s'arrêta pour se calmer et étonnement, il se me mit à hurler :
- DUOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !
Sans s'en rendre compte, des larmes commencèrent à couler sur ses joues. Il pleurait. Heero Yuy pleurait ! Parce qu'Heero Yuy était seul depuis vingt-et-un ans et ne le supportait plus ! Il pensa à Duo. D'ailleurs, il pensait déjà à lui lorsqu'il avait pris son pied. En fait, à bien y regarder, cet homme et tous les précédents avaient quelque chose de Duo, le regard, le sourire, les cheveux, la démarche, la voix... Il s'en rendait compte aujourd'hui.
L'américain était la seule personne qui l'ait jamais aimé, lui, cet être froid et distant. Le japonais avait deviné ses sentiments à son égard il y a bien longtemps et en avait eu confirmation récemment lorsqu'il avait surpris le natté à respirer son odeur sur ses vêtements. Heero s'était alors mis dans une colère noire car il avait eu peur de le perdre. Il n'était pas quelqu'un de bien pour lui. Il allait lui faire du mal. Il ne pourrait pas lui offrir ce qu'il souhaitait. Égoïstement, il ne voulait pas que les choses changent.
Cette non relation qu'ils entretenaient depuis bientôt 6 ans convenait parfaitement à Heero et le rassurait. C'était son point d'ancrage, son soutien pour avancer, son bonheur caché pour survivre. Mais aujourd'hui, il prenait conscience que Duo voulait plus et il ne pouvait pas le lui donner. C'est pour ça que Duo était parti, pour s'éloigner de lui, il le comprenait.
Et ce soir, sur cette route déserte, Heero était désespérément seul. Duo lui manquait terriblement. Leur relation, aussi particulière soit elle, lui manquait cruellement !
A suivre...
Voilà voilà !
Oui je sais, Rélèna et Wufei ! Je ne sais même pas si ça existait déjà lol. Prière de ne pas frapper l'auteur. Merci^^.
J'espère que l'histoire vous plaît toujours.
Un commentaire ? Une suggestion ? Je prends tout ^^ ! Comme d'habitude.
Prochain update dans une semaine si tout va bien. Oui, je signe et je persiste! ^^
A bientôt !
