Note d'auteur : Un immense merci à Rosaliepanda pour ses reviews et son soutien, je lui suis vraiment très reconnaissante d'avoir laissé son avis, grâce à elle j'ai vraiment l'impression de ne pas publier dans le vent, ça fait du bien. ^^ Je vais donc continuer à publier ici, car il ne me semble pas juste pour elle de devoir aller sur un autre site pour avoir la suite de cette fiction. Encore un grand merci Rosalie, j'espère que la suite te plaira. :)


Octobre 2002

— Tu as parlé à Pansy ?

Debout dans l'embrasure de la porte, Blaise attendait la réponse, anxieux. Daphné hocha distraitement le menton, un air grave sur le visage.

— Elle sent aussi qu'il lui cache quelque chose, mais il ne veut rien lui dire.

Elle soupira, passant une main fatiguée dans ses cheveux.

— Je dois la revoir aujourd'hui, je pense qu'elle songeait à des mesures plutôt drastiques pour savoir ce que Théo ne lui dit pas.

— Des mesures drastiques ? répéta Blaise d'une voix mesurée, haussant les sourcils.

— Tu ne veux pas savoir, lui assura-t-elle d'un sourire.

Elle l'embrassa tendrement avant de le pousser vers la porte avec douceur. Comme d'habitude, elle lui recommanda d'être prudent. Lorsqu'il quitta le manoir, la dernière vision qu'il emporta d'elle fût un sourire paisible et des yeux inquiets.

Blaise gagna rapidement la demeure des Malefoy. Il n'avait jamais été plus angoissé que ces dernières semaines. Depuis le retour de Théo, il avait un mauvais pressentiment. En apparence, tout le monde avait repris sa petite vie tranquille. Mais il sentait que tout cela allait bientôt être chamboulé.

Les cachotteries de Théo, pour commencer, n'auguraient rien de bon. Pansy avait beau l'interroger, elle n'obtenait que des réponses vagues. Il préparait quelque chose, mais Merlin savait quoi.

Ensuite, la traque de Potter et ses amis se révélant bien évidemment infructueuse, le Maître était dans une rage noire. Les équipes déployées étaient de plus en plus nombreuses. Macnair avait été si sévèrement puni qu'il était à présent dans un lit, à l'hôpital Sainte-Mangouste, incapable de bouger depuis au moins deux semaines. Cela rendait tout le monde nerveux.

Lorsqu'il pénétra dans le manoir Malefoy, Blaise sentit que quelque chose clochait. Une odeur de sang envahissait le hall, l'endroit grouillait de Mangemorts qui s'affairaient dans tous les sens, et il entendait des éclats de voix qui provenaient du salon. Le cœur étreint par l'inquiétude, il se fraya un chemin parmi ses condisciples et se glissa dans la pièce attenante, refermant la porte derrière lui.

Le séjour était plongé dans la pénombre. Les rideaux étaient fermés, et la seule source de lumière provenait de la cheminée qui abritait un feu crépitant. Au centre de la pièce se trouvait Sykes, qui serrait les poings, la tête baissée. Bellatrix lui hurlait dessus, comme prise dans une crise de démence. Blaise frissonnait rien qu'à la regarder.

— Comment peut-on être aussi stupide ? persiflait-elle. Je te faisais confiance Sykes, nous te faisions confiance !

Telle une ombre silencieuse, Blaise fit le tour de la pièce pour se poster à côté de Drago.

— Je peux savoir ce qu'il se passe ? lui souffla-t-il à l'oreille.

Mais malheureusement pour lui, Bellatrix avait l'ouïe fine. Frémissante de colère, elle lui répondit sans pour autant se tourner vers lui, toisant Sykes d'un air glacial.

— Il se passe, siffla-t-elle entre ses dents serrées, qu'après l'échec de cet incapable à retrouver Potter, le Maître a décidé de lui attribuer une nouvelle mission. Mais il a, une fois de plus, échoué lamentablement.

Elle se rapprocha davantage de Sykes, terrifiante. Celui-ci ne cilla même pas et soutint son regard, la rage dansant au fond de ses prunelles. Blaise ne put qu'admirer son sang-froid et admettre qu'il avait du cran.

— Ce n'était pourtant pas compliqué, susurra Bellatrix, la baguette nonchalamment posée sur le torse de son interlocuteur. Tout ce que tu devais faire, c'était diriger une équipe et mettre à sac le Chaudron Baveur, en terrorisant quelques Moldus au passage. Comment as-tu pu être assez stupide pour te faire piéger ?

Sykes tomba soudainement à genoux avec une grimace de douleur. Bellatrix le dominait, sa baguette pointée sur lui, un sourire de pure jouissance barrant son visage. Blaise se sentit frémir. Il détourna le regard malgré lui. Entendre lui suffisait. Drago profita des cris inhumains de Sykes et des ricanements heureux de sa tante pour lui souffler à l'oreille le reste de l'histoire.

— Ils sont tombés dans un piège, des membres restants de l'Ordre du Phénix les ont attaqués. Il y a eu des morts. Malheureusement, Avery s'en est sorti, ajouta-t-il après un court silence.

Blaise sentit son cœur tomber dans sa poitrine. Autant d'espoir que de crainte. L'Ordre du Phénix ? Ils étaient de retour ? Il dû lutter très fort pour ne pas laisser son visage exprimer sa joie.

Tandis qu'il reprenait lentement le contrôle de ses émotions, Bellatrix se lassa de son petit jeu. Elle arrêta son sort et tourna le dos au corps inconscient de Sykes étalé au sol.

— Emmenez-le, ordonna-t-elle à deux Mangemorts terrifiés qui s'étaient figé dans un coin de la pièce.

Ils ne se firent pas prier et lui obéirent immédiatement. Ils avaient à peine disparu qu'elle se mit à faire les cent pas, son regard fou s'agitant dans tous les sens. Peu désireux de se trouver sur son chemin, Drago et Blaise se laissèrent glisser le canapé en velours vert, aux côtés de Narcissa. Cette dernière, droite, regardait sa sœur avec calme, les mains croisées sur ses genoux. Lucius semblait plus anxieux. Il pianotait nerveusement sur l'accoudoir de son fauteuil, semblant attendre craintivement l'explosion de Bellatrix.

— C'est inacceptable, siffla soudain celle-ci, furieuse. L'Ordre du Phénix est censé être dissout depuis longtemps ! Si le Maître apprend qu'ils ont contrecarré une de nos attaques…

— Nous ne devons rien lui dire, intervint Lucius. Il ne doit pas l'apprendre.

Blaise approuva silencieusement. Il n'avait pas envie de mourir aujourd'hui, il était encore trop jeune. Bellatrix allait répliquer lorsqu'un Elfe entra dans le salon, portant difficilement un lourd plateau orné d'un service à thé. Elle pinça les lèvres, attendant que la créature ait déposé son chargement sur la table basse et soit sortie de la pièce.

— Lucius a raison Bella, dit Narcissa. Nous devrions garder cet incident pour nous.

Sa soeur resta silencieuse. Le regard fixé sur sa cadette, elle semblait réfléchir intensément. Imperturbable, Narcissa se saisit de la théière et versa de l'eau fumante dans une tasse de porcelaine. Elle remua ensuite machinalement avec une cuillère, relevant la tête. Ses yeux croisèrent ceux de Bellatrix, qui restait immobile, pensive. Elle n'aimait pas mentir à son Maître bien-aimé, mais elle-même sentait le danger de la situation. Si le Lord apprenait ce qu'il s'était passé le matin-même, il serait dans une rage noire, et ils ne donnaient pas cher de leurs peaux.

— Je suis d'accord avec vous, finit-elle par chuchoter, le regard perdu dans le vague. Il ne doit pas être au courant. Nous pouvons gérer cette situation par nous-mêmes. Il n'empêche, reprit-elle d'une voix tremblante de colère, que je ne comprends pas. Les derniers membres de l'Ordre se sont enfuis à travers tout le pays, comment ont-ils pu nous tendre une embuscade ?

Ses mains fines étaient crispées de frustration, telles des serres d'oiseaux de proie. Blaise résista à l'envie de jeter un coup d'œil vers Drago. Il savait que lui aussi espérait secrètement une reformation de l'Ordre, bien qu'ils n'en aient jamais parlé de vive voix.

— Cela me semble évident, dit Narcissa d'une voix calme après un instant de silence.

Son thé ayant assez infusé, elle saisit la soucoupe, qu'elle posa sur ses genoux avant d'achever.

— Ils ont été renseignés sur cette attaque. Nous avons une taupe dans nos rangs.

Elle porta ensuite tranquillement sa tasse de thé à ses lèvres, insensible aux regards éberlués des quatre autres.

Bellatrix resta de longues secondes immobiles, interloquée. Blaise, lui, sentit sa tête tourner. Il contemplait sans la voir la tasse en porcelaine fine toucher les lèvres de la mère de son ami. L'odeur douçâtre du thé emplissait doucement ses narines, lui donnant la nausée.

Il avait cette certitude étrange, ce douloureux pressentiment. Tandis que les arômes chauds et épicés du thé à la bergamote de Narcissa lui serraient la gorge, son regard croisa celui de Drago. Et il lut dans ses yeux la même pensée qui avait traversé son esprit.

La taupe… était-ce Théo ?