Blabla préalable: Bon/bon! Je vous présente toutes mes excuses pour mes délais de publication euh... Longs? Bon, d'accord. Indécemment longs.

Mais enfin, malgré mon ordinateur qui refuse de s'allumer, malgré ma flemme incommensurable, et bien que mon diabolique prof de maths essaie de brider ma créativité et de m'empêcher d'écrire, malgré, enfin, mon boulot scolaire et ma vie sociale (SI J'EN AI UNE!), voici le chapitre 3.

Très personnellement, je n'aime pas ce chapitre. Du coup j'espère ne pas vous décevoir avec, ce.. Cette.. Chose, après autant d'absence.

Un très grand merci à toutes les personnes qui me suivent et/ou m'ont ajoutée à leurs favoris. Light vous ouvrira les portes de son monde parfait. Avec une mention spéciale pour samsamnobaka, pour ses reviews, ça fait vraiment vraiment très plaisir!

Et merci, encore et toujours, à Panda-chan et Pou-chan, pour leurs conseils et leurs encouragements, et, de manière générale, pour tout ce qu'elles font pour moi. Ces filles sont géniales. [/instant mièvre]

Je vous souhaite - quand même - une bonne lecture.

(Et joyeux noiel aussi :) )


Chapitre 3: Un visage de la mort

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"Sais-tu quel est mon plus grand soucis? C'est de tuer l'ennui. Celui qui rendrait ce service à l'humanité serait le vrai destructeur de monstres."

Eugène Fromentin (Dominique)

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Fasciné, il regarda un énième morceau de sucre disparaître entre les lèvres fines de Ryuuzaki. La quantité de sucre que le détective pouvait ingérer en une journée le dépassait. Ce type n'était pas humain. Aucun humain ne pouvait survivre avec un tel régime alimentaire, aucun humain ne pouvait tenir debout avec aussi peu de sommeil, aucun humain ne s'asseyait dans une telle position tout la journée et surtout, aucun humain n'avait l'air croisé avec un putain de panda. Eh bien voilà! Il l'avait sa solution! Ryuuzaki avait un parent panda! Quoiqu'il doutait qu'un panda resterait volontairement dans cette position, ou même qu'il en ait la possibilité.

Enfin. Les habitudes et possibilités positionnelles – ce mot n'existe pas, Light – des pandas et l'arbre généalogique de L n'allaient pas faire avancer l'affaire Kira. A moins que la branche panda de l'arbre de L ne vienne leur filer un coup de main. Mais il en doutait.

Il retourna donc à son ordinateur, sans vraiment grand enthousiasme. Il avait beau critiquer L pour son manque de motivation, il n'était guère mieux. Mais il faisait de son mieux pour masquer ce manque, aux yeux de la cellule d'enquête bien sûr, mais surtout à ceux de L. Parce que celui-ci était le plus susceptible d'associer son manque de motivation à ses hypothèses capilotractées selon lesquelles il était Kira, mais surtout parce qu'il voulait rester cohérent avec lui-même. Bah oui, difficile de critiquer quelqu'un si on partage le défaut que, justement, on lui reproche. Alors il s'efforçait de montrer un engouement au moins égal à celui qu'il avait pu éprouver au début.

Mais au fond de lui, il attendait avec impatience le moment où la porte de la chambre allait se refermer derrière L et lui. Parce qu'il y avait entre eux une sorte d'accord tacite. Depuis qu'ils avaient commencé à travailler sur l'affaire de l'américain, aucun d'eux n'évoquait plus Kira une fois passée la porte de la chambre. Et pour Light, bien qu'il sache que L continuait de le tester, c'était un vrai soulagement.

Mais pour l'instant, il n'était que quinze heures, et il pouvait faire confiance à L pour que cette après-midi dure jusqu'à vingt-deux heures trente. Au moins. Mais probablement pas beaucoup plus. Parce que depuis qu'ils avaient commencé à étudier ensemble le cas de l'américain, L avait écourté les séances d'étude sur Kira. Probablement parce qu'il s'ennuyait au moins autant que lui et qu'il détestait tout autant piétiner. Ou peut-être encore cela avait-il un rapport avec Matsuda. Light avait l'impression que le détective avait de plus en plus de mal à supporter les maladresses du jeune policier.

Comme pour prouver cette assertion, le susnommé policier renversa une pile monstrueuse de papiers que l'un ou l'autre – il n'avait pas fait attention – des membres de la cellule d'enquête venait de trier, s'attirant ainsi un regard particulièrement noir de L. Le jeune châtain soupira. Comme il le comprenait.

Remarque, sans les maladresses, certes exaspérantes, de Matsuda, il supposait que l'ambiance serait encore plus lourde et son ennui encore plus profond. Mais ce n'était qu'une supposition. Après tout, il avait d'autres moyens de distraction. Comme regarder L manger par exemple? Oh, silence!

Son regard s'attarda sur le coin inférieur droit de son écran et il retint un nouveau soupir de lassitude. Quinze heures dix. Le temps s'était arrêté. C'était impossible autrement. Les minutes ne pouvaient scientifiquement pas s'écouler aussi lentement! Pour vérifier cette théorie – et surtout parce qu'il mourrait littéralement d'ennui – il compta lentement jusqu'à soixante et, à son grand dam, l'heure passa normalement à quinze heures onze. Ok, le temps ne s'était pas arrêté. Une autre hypothèse?

Cette fois, il ne put retenir son soupir. Il finit par se tourner vers Ryuuzaki, assis à sa gauche, qui continuait, imperturbable, à manger. Il venait d'ailleurs de s'attaquer à une énorme part d'un gâteau aux fraises – et surtout à la crème – à l'air particulièrement écœurant.

"-Ryuuzaki?"

Le silence était tellement épais dans la pièce qu'il se serait presque attendu à ce que sa voix ne franchisse pas la distance qui les séparait. Ou encore résonne indéfiniment. Mais non.

"-Light-kun?"

Il n'avait même pas détourné les yeux de son fichu gâteau.

"-Une pause, s'il te plait."

Un mouvement agita la salle. Ils n'avaient pas eu de pause depuis... Eh bien depuis le début de l'affaire Kira en fait. Personne n'avait jamais osé en demander. Et L, évidemment, n'en avait pas proposé. D'un autre côté, songea Light, il n'en avait pas besoin puisqu'il ne travaillait pas.

Un air de surprise et d'incompréhension se peignit sur le visage de l'éminent détective. Visiblement, il ne comprenait pas.

"-Je crois que nous avons tous besoin d'une pause. Sauf toi, peut-être. Mais nous, nous sommes humains. Nous avons besoin de nous détendre."

Il se mordit la lèvre. Venait-il de sous-entendre que Ryuuzaki n'était pas humain? Les yeux noirs s'écarquillèrent, étonnés. Light se demanda si le détective allait saisir l'occasion pour l'accuser d'être Kira. Il pouvait presque entendre la probabilité se rapprocher des 100% dans la tête du détective. Il sentait venir le coup, il le voyait venir gros comme une maison.

Mais non. Ryuuzaki se contenta de soupirer et laissa son regard s'attarder sur le reste du bureau d'enquête. Ils devaient tous être au moins aussi fatigués que Light, probablement plus, il pouvait le voir dans leurs yeux. Pourtant, le détective aux ascendances pandas ne semblait pas convaincu de la nécessité d'une pause. Light pouvait voir sans problème les mots de refus se former sur les lèvres du brun lorsque, brusquement, la voix de Watari résonna dans la pièce.

"-Ryuuzaki, je crois que le petit Yagami a raison. Vous avez tous besoin d'aller prendre l'air."

"-Mais..."

"-Cela ne peut que vous être bénéfique."

Le grand W disparut de l'écran aussi soudainement qu'il y était venu et la pièce retrouva son calme initial. L jeta un regard noir à Light et fit face au bureau d'enquête.

"-Deux heures de pause pour tout le monde à compter de maintenant. Aucun retard toléré."

Puis il se tourna vers Light. Celui-ci déglutit. Au regard que le détective posait sur lui, il pouvait sans difficulté deviner qu'il lui en voulait. Et quelque chose lui soufflait qu'il allait payer chèrement ces deux heures.

Les hommes de la cellule d'enquête s'étaient levés avec un long soupir de soulagement et sortaient, les uns après les autres. Light se leva avec l'intention de les suivre, mais lorsqu'il atteignit la porte, la chaîne s'était tout à fait tendue et le retint. L n'avait pas bougé. Light soupira et tira d'un coup sec la chaîne. Le détective, en équilibre précaire sur son fauteuil, bascula en avant.

"-Light!" protesta-t-il.

Celui-ci avait ouvert de grands yeux étonnés. L n'avait fait absolument aucun geste pour se rattraper. Il s'était juste laissé tomber, tout simplement. Comme une masse. Par contre, il se redressa immédiatement. Ses mouvements restaient calmes et mesurés, mais ses yeux... Des yeux? Des abîmes. Des trous noirs. Non. Des soleils noirs. Qui irradiaient la colère. Pourtant, c'est avec une lenteur paisible, incroyable, qu'il se hissa à nouveau sur son fauteuil.

"-Pour tout le monde, sauf toi Light." Déclara-t-il simplement, sans qu'aucune colère ne perce dans sa voix.

Light écarquilla les yeux. Il n'avait pas le droit!

"-Ryuuzaki..."

"-C'est non."

"-Mais..."

"-Non."

"-Et mes deux heures?"

Un sourire indéchiffrable étira les lèvres de L. Cela ne présageait rien de bon.

"-Eh bien nous allons les passer ensemble. Ici. Comme si nous n'étions pas en pause. A la différence que tu feras ce qu'il te plaira."

Light fixa son vis-à-vis avec étonnement. Juste avant de comprendre. Cette pièce était étudiée pour le travail. Exclusivement le travail. Ne rien faire eût été aussi fatigant que de travailler, tant la pièce était exempte de distractions. Il soupira. Bon, eh bien il n'avait pas vraiment le choix n'est-ce pas? Il tourna les yeux vers le détective. Ce dernier venait de s'attaquer à une nouvelle part de gâteau. Puisse-t-il être damné avec ces foutus gâteaux.

..oOo..

Il bailla. Bon sang il s'ennuyait affreusement. Damnation. Il pensait que demander une pause serait une bonne idée. Mais merde de merde, c'était encore pire maintenant. Il ne pouvait même plus faire semblant d'être absorbé dans l'étude de l'affaire Kira. Et l'autre imbécile qui ne semblait pas plus perturbé que ça. En même temps, puisqu'il ne fichait rien depuis le début, une pause ne le changeait guère.

Et lui, comme un imbécile, ça faisait une heure qu'il s'occupait en regardant alternativement le détective et l'horloge qui ornait le mur derrière lui. Il n'avait même pas allumé son téléphone. Interdiction formelle de la part du détective. Pas de livre non plus. Rien de rien. Si L avait eu pour but de le rendre fou, il ne s'y serait sans doute pas pris autrement. Enfoiré.

"- Ryuuzaki?"

"- Light-kun?"

"- Je peux savoir pourquoi je suis le seul à être privé de pause?"

Ryuuzaki leva lentement les yeux vers lui.

"- Es-tu en train de travailler?" demanda-t-il d'une voix lente.

Light fronça les sourcils. Il le prenait pour un demeuré?

"- Non mais..."

"- Alors tu es en pause, je ne vois pas de quoi tu te plains." le coupa le détective avant de retourner à son gâteau, comme si lui, Light Yagami, n'avait jamais ouvert la bouche.

Connard.

"- Ryuuzaki?"

"- Light-kun?"

"- Pourquoi est-ce qu'on ne sort pas, comme les autres?"

"- Parce que je l'ai décidé. Tu es sûr d'être un génie?"

Light ne savait pas s'il devait soupirer de lassitude, serrer les dents ou insulter mentalement ce fils de pute. Et puis les vannes sur son intelligence, ça commençait à être redondant. Et puis pour qui se prenait cet abruti? 'Parce que je l'ai décidé.' Despote en puissance!

"- Ryuuzaki?"

"- Light-kun?"

"- Rappelle-moi pourquoi je n'ai pas le droit de me distraire déjà?"

Il voyait venir un nouveau 'parce que je l'ai décidé' venir, auquel il aurait envoyé un 'quelle originalité!' mais la réponse fut toute autre.

"- Parce que sinon ce ne serait pas drôle, évidemment! Tu as de ces questions."

Drôle? Drôle! Putain d'enfoiré de putain d'abruti de panda de... Il allait le tuer avant la fin des deux heures. Il allait le pendre avec ses tripes. Il allait rivaliser de gore avec le tueur de l'américain. Il allait laisser derrière lui une scène de crime devant laquelle même les scénaristes de Saw vomiraient leurs raviolis. Et il donnerait ses entrailles à manger aux poissons rouges de Sayu! Et puis il prendrait sa place, arrêterait Kira grâce à ses capacités intellectuelles hors du commun et recevrait tous les honneurs.

"- Ryuuzaki?"

"- Light-kun?"

C'était un jeu. Une occupation comme une autre. Light voyait cela comme une sorte de jeu de tennis intellectuel entre L et lui, dans lequel chacun tapait sur les nerfs de l'autre jusqu'à ce qu'il craque. Et là, Light était sur le point de craquer. Il allait perdre et il détestait ça.

"- Pourquoi as-tu décidé qu'on ne sortirait pas?"

"- Parce que je déteste sortir. Et aussi parce que tu en mourrais d'envie."

Ça avait le mérite d'être clair. Light se mordit la lèvre et laissa couler quelques secondes, les yeux fixés sur l'horloge, puis reprit.

"- Ryuuzaki?"

"- Light-kun?"

"- Pourquoi cette envie de me priver de toute distraction pendant la seule pause que j'aurais jamais en travaillant sur l'affaire Kira?"

"- Ce ne serait pas une punition si tu pouvais te distraire. Et puis tu m'as déjà posé cette question."

Il leva les yeux au ciel. Une punition. Et puis quoi encore? Une fessée devant l'ensemble du bureau d'enquête en guise d'exemple pour quiconque aurait l'idée saugrenue de réclamer une pause? Remarque, il aurait préféré la fessée, au moins il aurait pu se distraire après. Son regard s'attarda sur les doigts de Ryuuzaki et il déglutit. En tout cas, hors de question qu'il le touche avec ces doigts pleins de crème, même s'il s'agissait d'une punition.

"- Ryuuzaki?"

"- Light-kun?"

"- Pourquoi je suis puni?"

"- Parce que tu as été vilain, évidemment."

Oh, bien sûr, vu comme ça...

"- Ryuuzaki?"

"- Light-kun?"

"- En quoi j'ai été vilain?"

L releva légèrement la tête de son gâteau avec un air légèrement agacé.

"- Tu as voulu m'obliger à sortir. Et puis tu m'as fait tomber de mon fauteuil."

Oh, le pauvre! Il le plaindrait s'il y pensait! Non mais sérieusement, quel gamin! Light plaignait sincèrement Watari d'avoir à supporter ce gosse H24 depuis... Eh bien probablement depuis longtemps.

"- Light-kun?"

"- Ryuuzaki?"

"- Pourquoi toutes ces questions stupides?"

Le détective s'était retourné vers lui et avait plongé ses yeux noirs dans les siens.

"- Parce ce que je m'ennuie."

Un petit sourire étira les lèvres du détective, juste avant qu'il ne retourne vers son ordinateur. Light soupira. Il restait encore une putain d'heure à tuer. Juste une...

"- Light-kun?"

"- Ryuuzaki?"

"- Si je te permettais de te distraire, sans quitter cette pièce, que ferais-tu?"

"- Je suppose que je finirais Ainsi parlait Zaratoustra."

"- A ce sujet, je suis assez surpris de tes lectures."

"- Ah? Pourquoi donc?"

"- Du temps où nous te surveillions via caméra, tu nous avais habitués à des livres plus... Illustrés dirons-nous."

Light avala sa salive de travers. Et merde. Il lui ressortait ça. A dire vrai, Light ne se souvenait même plus de pourquoi il s'était brusquement mis à ce genre de... Littérature? D'autant qu'il n'appréciait pas ça. Les poses vulgaires et les chairs dénudées à l'extrême, comme si elles avaient peur de cacher ce par quoi elles étaient belles, ces étalages retouchés de corps considérés comme des canons de la beauté... Très peu pour lui. Il considérait que le plaisir que l'on pouvait ressentir dans sa chair et son corps était limité, alors que le plaisir intellectuel était infini. Surtout pour un cerveau comme le sien.

"- Ryuuzaki?"

"- Light-kun?"

Puisses-tu crever toi et tes saloperies de caméras de surveillance.

"- Si tu avais envie de te distraire, tu ferais quoi, toi?"

"- Je me chercherait une affaire sur laquelle travailler."

"- Tu ne vis que pour ton travail? Tu n'as pas d'autres loisirs?"

"- Si. Mais le tennis ou les échecs nécessitent un adversaire digne de ce nom pour revêtir un quelconque intérêt"

Light ouvrit la bouche mais l'autre le coupa dans son élan.

"- N'essaie même pas. Tu es puni. A présent tais-toi."

Il referma la bouche et plissa le nez, boudeur. Au diable les punitions de L. Il s'ennuyait. Mon Dieu qu'il s'ennuyait.

"- Ryuu.."

"- Je t'ai dit de te taire."

Il soupira. Les deux plus longues heures de sa vie s'écoulaient, seconde après seconde. Mais des secondes qui duraient des heures. Il sentait son cerveau sombrer dans la léthargie. C'est dans ces moments-là qu'il regrettait de ne pas être Kira. S'il l'avait été, il aurait sans doute fait mourir ce salaud de détective de mes deux. Et, si l'hypothèse selon laquelle Kira pouvait contrôler ses victimes avant leur mort se vérifiait, il s'arrangerait pour que ce soit dans d'atroces souffrances.


Post-scriptum: Voilou!J'espère que ce chapitre vous aura plus plu qu'à moi. Le prochain est en cours de fignolage et devrait arriver très vite (normalement).

Le titre de ce chapitre m'a été inspiré par une citation de Green ("L'ennui est un visage de la mort") qui devait servir d'ouverture pour ce chapitre, et que j'ai au final changé.

Merci de m'avoir lue et à très bientôt,

Otter.