Un chapitre un peu plus court, et qui, à la relecture s'avère être une dérive par rapport à mon intention première.
Mais même si vous n'en apprendrez pas plus sur le passé de d'Arcy, ça ne veut pas dire que ce soit inintéressant.
Tout au contraire... Adjugé, je conserve !

Bonne lecture


Chapitre 4 : Cours du soir


Ils venaient de piller, une fois de plus, toutes les étagères du magasin de friandises et un sourire satisfait éclairait le visage de Jane d'Arcy…

Tout honte l'avait quittée depuis longtemps et ses "activités" maritales emplissaient ses journées d'une attente impatiente et ses nuits d'une activité fébrile.

Heureusement que son époux était pris par ses négociations journalières, sinon, elle en était sûre, leurs "prédations" auraient été aussi diurnes que nocturnes.

Et, pour ce que Lizzie en disait, l'autre couple Darcy n'était guère en reste quant à leur vie amoureuse.

Et, pour le moment, à la grande satisfaction de Jane, c'était toujours son mari à elle qui avait les initiatives "amoureuses" les plus scandaleuses.

Lizzie écoutait avec attention les rapports de sa sœur et Jane n'avait guère de doute quant au temps qui passait avant qu'elle ne mette en pratique…

Qu'elle ne fasse mettre en pratique, plutôt.

D'Arcy se retourna et elle vit que ses yeux étaient ouverts et qu'il la fixait.

– Des questions qui vous tracassent, madame mon épouse ?

Elle adorait lorsqu'il "sentait" que quelque chose la gênait. Elle s'était toujours imaginée ses relations avec un époux aimant et attentif comme plus complètes et pleines qu'avecn'importe qui d'autre et c'était exactement ce qui se passait.

Il sentait ses sautes d'humeur avec une remarquable régularité.

Il lui arrivait même de sortir de ses négociations pour venir la rassurer lorsqu'il sentait qu'elle n'était pas bien.

Et elle n'était pas en reste. Elle sentait lorsqu'il n'était pas bien même en dehors de sa présence. Elle en restait, à chaque fois, pantoise de satisfaction.

Ensembles, ils étaient plus complets qu'ils ne l'auraient jamais été seuls.

Elle en avait rêvé et elle avait été exaucée.

– Votre science amoureuse, monsieur mon époux, vous êtes sans conteste un homme aux ressources extraordinaires qui ne cesse d'étonner son monde…

Il se rapprocha d'elle et elle entendit sa respiration s'accélérer et sortir par petites touches.

– Etonner quel monde ?

L'inquiétude audible la fit éclater de rire.

– Inutile de vous faire du souci, minauda-t-elle. Il n'y a que moi et Lizzie qui comparons nos expériences…

Il se releva brusquement.

Elle ne voyait pas son visage mais elle était sûre qu'il la regardait plus choqué qu'elle ne l'avait jamais vu.

Sa voix, lorsqu'il parla, était un peu chevrotante.

– Vous comparez vos expériences ?

Jane, sans merci pour son pauvre époux, rit de plus belle.

La naïveté de leurs maris l'étonnait toujours. Ils se croyaient les maîtres de la Création et une chose aussi "normale" que de discuter avec les personnes les plus importantes de votre vie de choses graves, les laissait sans voix.

– Evidemment, répondit-elle. Nous n'avons jamais eu de secret l'une pour l'autre. Croyez-vous vraiment qu'en une matière aussi intense que notre vie maritale nous irions jusqu'à oublier notre vieille complicité ?

Il resta sans voix.

Elle sentit littéralement le doute qui le taraudait… Il se savait le plus vieux des deux maris et, à la grande surprise de Jane, il s'était toujours montré très attentif à la façon dont elle "percevait" ses prouesses sexuelles.

Elle eut pitié de lui et le récupéra contre elle.

– Si vous me jurez que vous n'en ferez jamais mention à personne, je vais vous faire part d'un secret qui me remplit à la fois d'une joie intense, d'une indicible fierté et d'une folle envie d'éclater de rire…

Il se pencha à son oreille.

– Je le jure….

Elle l'embrassa longuement avant de lui murmurer à l'oreille :

– Des deux d'Arcy, vous êtes le moins sérieux, lui avoua-t-elle. Le mari de Lizzie est arrivé à la couche nuptiale avec beaucoup moins d'expérience que vous. Si on compare, à neuf contre une, vous êtes celui qui a les meilleures références sexuelles mais les pires références morales.

Il émit une espèce de sourd grondement… C'était sa façon à lui de demander si ce qu'elle était en train de dire devait être pris au sérieux.

Elle le rassura en se collant à lui.

– Il est d'une absolue évidence qu'en matière de science sexuelle, non seulement vous êtes celui sait le mieux y faire, mais aussi celui qui sait le fait avec le plus de régularité, d'endurance et d'originalité.

Elle lui mordilla longuement le lobe de l'oreille.

– Pour le moment, dans la plupart des domaines, la France mène donc largement la course.

Il fit connaître son intense satisfaction…
Elle décida de freiner, momentanément, son enthousiasme.

– Il me faut toutefois vous avouer que, par pur patriotisme, les ex-sœurs Bennet font de leur mieux pour que l'avance française ne perdure pas et que le challenger comble rapidement son handicap…

Elle sentit qu'un sourire était venu illuminer son visage. Comme elle l'avait espéré, le rôle qu'elle et Lizzie lui faisaient jouer dans leur vie ne lui déplaisait pas totalement.

Il émit un petit rire discret pour marquer sa satisfaction.

– Donc, indirectement, je suis en train de donner des cours à mon cousin ?

Elle ne l'avait pas vu sous cet angle mais elle devait bien reconnaître que ça tenait de ça.

Elle acquiesça de bonne grâce.

– On peut le dire, convint-elle. La leçon sur la respiration a été d'un grand secours. Une grande partie du retard a été comblée cette nuit-là…

Elle "sentit" qu'il fronçait des sourcils.

– Comment votre sœur a-t-elle fait pour faire passer cette "leçon"-là ? Je me souviens que lorsque Mei Li m'a expliqué j'ai mis longtemps à…

Il s'arrêta net.

Evidemment, les grands mâles de l'espèce ne connaissant pas de faiblesses, il leur est très difficile d'avouer leurs doutes. Lizzie avait été assez franche et la "leçon" n'était pas passée sans que Darcy ne pose des questions sur le comment elle avait appris…

Les deux sœurs s'étaient offerte un joyeux fou rire lorsque Lizzie avait raconté à Jane la gêne éprouvée par Darcy lorsque sa femme avait été plus précise quant à ses sources…

D'Arcy prit la réalité de son rôle avec beaucoup plus de recul que son cousin.

– Que sait mon cousin ?

Cette fois sa voix était aussi amusée que curieuse.

C'était le problème avec les hommes trop intelligents, ils comprenaient trop vite là où ils auraient mieux fait de ne pas comprendre du tout. En l'espèce c'était loin d'être dérangeant.

Elle fit de son mieux pour effacer toute trace de sourire sur son visage. Elle savait qu'il "entendrait" son sourire. Et cette affaire était trop sérieuse pour la brouiller trop vite.

– Il sait qu'il bénéficie de la forme la plus subtile d'espionnage qui se puisse imaginer, répliqua Jane. Il profite de mes confidences à son épouse pour ne plus être –trop– en reste par rapport à ce superbe amant français qui fait maintenant partie de la famille proche. Vous savez, le superbe athlète qui –d'après sa chère, tendre et compassionnée épouse– est capable de tant de prouesses nocturnes…

Il se la récupéra et émit un grondement qui rappelait un grand félin.

– Vous êtes en train de nous manipuler de la plus horrible façon, gronda-t-il.

Elle ne fit pas mine de nier.

– Sinon comment pourrais-je aider ma pauvre sœur ? Darcy est charmant et plein d'ardeur mais il n'a pas le dixième de votre expérience. Si nous ne nous débrouillons pas pour combler rapidement ses lacunes, Lizzie finira par m'en vouloir.

Il fut tenté de lui proposer de cesser de faire des comptes rendus mais il y renonça. Manifestement les deux sœurs étaient proches à un point qu'il n'aurait jamais oser espérer. Une pointe de regret le parcourut lorsqu'il se rendit compte que bientôt, de son fait, elles seraient obligées de se quitter.

– Ce n'est pas vous qui irez expliquer à votre cousin qu'il s'y prend comme un débutant… Je me trompe ? Ça m'étonnerait que vous en parliez même jamais… Vous êtes tellement occupé à vous jeter votre mépris réciproque à la figure que vous en oubliez de constater que vous êtes frères et qu'entre frères vous avez beaucoup de choses à partager.

Elle soupira longuement.

– Papa dit que c'est une affaire de préséance. Que vous…

D'Arcy fit un véritable bond de l'autre côté du lit.

– Monsieur Bennet est au courant ?

Sa réaction la fit rire aux éclats.

Elle l'aimait et chaque jour les liens qu'ils tissaient entre eux étaient plus forts mais il restait un homme, un mâle de l'espèce et, malgré toute la science qu'il lui avait permis d'acquérir en quelques jours, il restait, sur beaucoup de points, un mystère.

– Pas de ce que nous nous disons, Elizabeth et moi. Mais nous lui avons posé la question quant au pourquoi de votre antagonisme. Et ses explications ont été les bienvenues.

Elle rampa jusqu'à lui pour le récupérer…

Il ne lutta pas beaucoup pour revenir à ses côtés. Elle repassa au français. Elle sentait qu'ils allaient en avoir besoin.

– C'est une histoire de compétition, nous a-t-il dit. Darcy se sent en infériorité par rapport à toi. Et du coup, il réagit de façon négative.

Elle passa une main dans sa tignasse et libéra ses cheveux du catogan qu'il affectionnait en privé.

– Quant à toi, toujours d'après papa, tu serais naturellement arrogant et tellement sûr que personne ne te parvient à la cheville que tu ne peux pas t'empêcher de regarder ton jeune cousin de haut...

Elle se glissa contre lui.

– A vous deux, vous faites une jolie paire…

Il se drapa dans sa dignité blessée.

– Je ne suis pas arrogant, grogna-t-il.

Il se tourna vers elle comme pour la prendre à témoin.

– T'ai-je jamais traitée avec arrogance ?

Elle fit semblant d'avoir oublié leur première rencontre où il avait été d'une arrogance absolue.

Il avait eu raison d'ailleurs.

Elle avait aimé son assurance et ses certitudes.

Elle avait aimé ce sourire supérieur allié à cette lueur de profonde admiration dans ses yeux.

Elle avait aimé sa force pour la serrer contre lui et elle avait aimé sa façon de remettre le Dragon de Rosings à sa place.

C'est à ce moment-là qu'il l'avait séduite. Tout de suite lors des premières secondes qu'ils avaient passé ensembles.

– Jamais, mentit-elle. Mais moi, je semble être l'exception qui confirme ta règle, mon chéri. Les autres n'ont qu'à bien se tenir…

Il convint –à moitié– qu'il était peut-être –un peu– hautain.

Elle le remercia d'un baiser passionné.

Lorsqu'ils eurent fini, elle reprit le fil de son discours.

– D'après papa, les hommes ne se parlent que pour se vanter de leur tableau de chasse. Jamais de la façon dont ils s'y prennent. Il semble que le problème des mâles de l'espèce c'est que c'est une bande de sales égoïstes…

Son grondement se répéta mais il était moins franc. Il sentait qu'elle disait vrai.

Et jamais, ô grand jamais, il ne lui serait venu à l'idée de même faire une allusion à ses prouesses sexuelles face à un rival potentiel… C'était d'autant plus vrai pour Darcy.

Ceci étant dit, la situation ne lui déplaisait pas totalement.

Il se replongea dans le paradis capillaire de sa vie de mari.

– Superbe athlète, mmmhhh, murmura-t-il…

– Pur mensonge pour convaincre Darcy, prétendit-elle.

Il tenta de la mordre, elle échappa à son étreinte. Il tenta de l'attraper par la cheville, elle se glissa du lit. Elle tenta de s'enfuir, il la bloqua dans un coin.

Elle résista.

Pas trop longtemps…