Hey, tout le monde !
Je suis désolée pour ce retard, mais je poste quand même mon chapitre cette semaine. J'ai un chapitre de retard aussi, donc j'en posterais deux en une semaine dans quelques temps, avant les vacances en tout cas, sûr. La semaine prochaine, j'ai moins de boulot que d'habitude, donc plus de temps pour écrire, yay !
Enfin bref, j'espère que ce chapitre vous plaira. Il y a un début d'intrigue... Vous verrez ^^. Pour être honnête, ce chap ne me plait pas vraiment, j'ai l'impression que ça manque de vie, que c'est ennuyant et lassant... Argh ^^ !
Prochain chapitre : L'évènement avec un grand E, et l'explication à ce rêve mystérieux...
Disclaimer : Rien n'est à moi, tout est à JKR, sauf l'histoire et les OC. D'ailleurs :
Rappel des OC :
Liana Harper : meilleure amie de Lily, Gryffondor, même année, secrètement amoureuse de Sirius. Susan et Tristan Harper sont ses parents, Solène Carlson est sa marraine.
Lyra Carlson : autre meilleure amie de Lily, Gryffondor, même année, est bilingue russe car a vécu en Russie. Ses parents sont Solène et George Carlson, sa marraine est Sarah Evans.
Sarah et Gergory Evans : parents de Lily.
Nicole Wheeler, Mei Ming Yue (c'est son prénom en entier, mais elle préfère être appelée Mei) Zhao : amies et camarades de dortoir de Lily et ses amies, Gryffondor, même année. Mary MacDonald également, mais elle a été créée par Rowling.
Sur ce, bonne lecture.
La vie n'est pas un jeu
4. Parfois les mensonges, les cachotteries, les secrets... ne valent pas mieux que la vérité
Au moment où je m'étais presque remise de cette surprenante nouvelle...
Au moment où tout recommençait à redevenir comme avant... Au moment où les Maraudeurs recommençaient leurs stupidités, au moment où Nicole, toujours si naïve, recommençait à se faire briser le cœur... Au moment où Liana soupirait encore devant Black... Au moment où Severus et moi, on retrouvait cette stabilité...
À ce moment-là...
- Lily ?
Un pli d'inquiétude barrant son front, Sarah se pencha vers sa fille. Au moins, elle respire, pensa-t-elle. C'était elle qui avait bouleversé sa petite fille, elle qui bouleverserait un jour son autre enfant. Parce qu'il faudrait bien que Pétunia le sache un jour.
Elle attendit quelques secondes, et Lily releva enfin la tête de ses bras. Elle avait pleuré, son visage gardait les traces de ses quelques larmes, mais elle avait un faible sourire aux lèvres. « Oh, Lil » souffla sa mère « Je suis désolée de t'avoir fait de la peine.
- Ne t'excuses pas pour ça, répondit la jeune fille.
Elle n'avait pas voulu être méchante, mais sa mère reçut un coup en pleine poitrine. Ravalant ses larmes, elle posa sa main sur celle de Lily, qui entrelaça leurs doigts, et la serra.
- Pourquoi tu me l'as dit ? » Sa mère secoua la tête. C'était une excellente question. Elle savait qu'elle ne pouvait pas garder ce secret pour elle, mais elle avait ses amis pour ça...
Seulement, un jour, elle s'était réveillée, avec un sentiment étrange. Ce sentiment l'avait persuadée qu'un membre de sa famille devait savoir. Il n'y avait qu'elle qui - elle le pensait sans en être pourtant complètement sûre - pour ne pas la haïr dès la fin de sa confession.
- J'ai eu comme un mauvais pressentiment, durant l'été, chuchota la moldue.
Lily observa sa mère. Elle semblait si vulnérable, si fragile. Elle était pâle, et ses rides peu apparentes quelques mois plus tôt se faisaient plus présentes. Elle évitait son regard, refusant de croiser le même émeraude que celui qu'elle avait trahi pendant toutes ces années... Comme un enfant pris en faute. Sauf que ça lui était tombée dessus, comme ça, après avoir eu des soupçons des années plus tôt.
Quand même, pensa Sarah, j'aurais dû deviner. Pétunia est aussi blonde que lui. Même Greg aurait pu le reconnaître, il avait connu Josh pendant des années, bien avant moi.
La jeune Evans regardait toujours sa mère, attendant toujours des explications. « Je me suis dit que, si... s'il devait m'arriver quelque chose, quelqu'un devrait savoir.
- Tu m'as dit... » Lily essaya de faire disparaître la boule dans sa gorge aux mots de sa mère « Tu m'as dit que Solène, Susan et Tristan savaient, non ?
- Ce ne sera pas eux qui leur annonceront, dit Sarah à voix basse, en plantant son regard dans celui de Lily pour la première fois depuis une bonne dizaine de minutes.
- QUOI ?
La sorcière s'était levée, lâchant la main de sa mère, l'observant avec colère et indignation. « Tu te fous de moi, ou quoi ?
- Lil... gémit sa mère.
- Maman, c'est pas possible ! Si jamais tu crèves » Toutes deux touchèrent la table en bois sans s'en rendre compte « Je ne serais pas celle qui le leur dira non plus.
- Tu feras ce que tu veux. Ce que tu jugeras juste. Mais je leur ai interdit de dire quoi que ce soit, à part si à toi, il t'arrivait quelque chose » Re-touchage de bois.
- Dis-leur toi-même, si t'as le courage, cracha Lily en regardant une dernière fois sa mère. Je ne veux pas être celle qui ruinera leur vie alors que la coupable ne sera pas là pour en payer les conséquences.
Celle-ci soutint ses yeux accusateurs, mais baissa immédiatement la tête, à la fois triste et honteuse, lorsque sa fille s'éloigna d'un pas rageur. Son drôle de pressentiment revint cependant au galop, et elle se leva à son tour. Elle sortit avec précipitation, chercha autour d'elle, et aperçut une chevelure semblable à la sienne.
- LILY ! cria-t-elle.
Elle devait lui dire au-revoir, lui dire qu'elle l'aimait, la serrer dans ses bras, lui dire qu'elle n'avait jamais voulu tout ça... Heureusement que Lily ne fut pas trop dure avec elle.
Quelques jours étaient passés depuis que Lily avait appris que Pétunia n'était que sa demi-sœur. Elle avait plus ou moins avalé la nouvelle, mais partait parfois dans ses pensées, en se posant d'innombrables questions sur le sujet : est-ce que c'est bien réel, ou alors c'est une grosse blague ? Comment réagiront Papa et Tunie ? Maman le leur dirait-elle un jour ? Et la plus effrayante : est-ce que je devrais le leur dire moi-même ?
À ce moment précis, dans la salle commune, en compagnie de Liana et de Mary qui faisaient leur devoir de métamorphose pour le lendemain, Lily réfléchissait encore à ces questions. La dernière lui donnait des frissons, car si cette tâche lui était un jour confiée, cela voudrait dire que sa mère... Ne pas y penser, ne pas y penser, grinça Lily en serrant les dents, ma mère est parano, c'est tout.
Elle était tellement perdue dans ses pensées lugubres, qu'elle ne remarqua pas tout de suite ce qui faisait rire une bonne partie des Gryffondors.
Les quatre Maraudeurs venaient d'entrer, et sous un aspect... comment dire, bizarre et hilarant ? Lupin et Pettigrew étaient les moins endommagés : le premier avait un peu de suie sur les joues, et les cheveux du deuxième paraissaient roussis et étrangement plus courts.
Une explosion avait eu lieu, ou quoi ? Effectivement, vu la tête de Potter et Black, on pensait à cette solution ! Les lunette du brun décoiffé étaient complètement tordues et il marchait curieusement. Ses jambes se tendaient et se pliaient d'une façon très exagérée, un peu comme un accordéon dans les dessins animés. Il avait désormais des cheveux châtains et un nez rétréci, qui donnait l'impression d'un petit nez de bébé sur un visage d'adolescent.
Quant à Sirius Black... Son visage, d'habitude plutôt fin, était aussi rond qu'un souaffle. Sa peau, ni trop blanche ni trop mate, était devenue aussi foncée que le chocolat. Ses cheveux qui lui arrivaient normalement aux épaules descendaient maintenant beaucoup plus bas et ressemblaient plus à des cordelettes qu'à des cheveux. Son nez avait été métamorphosé en une sorte de grosse verrue couleur chaire qui fit hurler de terreur une cinquième année.
On ignorait pourquoi les Maraudeurs étaient si en retard dans leurs déguisements de Halloween, mais tout le monde se moqua bien d'eux, même les plus petits, qui avaient plutôt peur d'eux d'habitude. Après tout, les quatre célèbres Gryffondors avaient de la fierté à revendre - surtout Potter et Black, il fallait le dire - et n'aimaient que très peu que l'on se fiche d'eux. Mais ils savaient qu'ils avaient l'air ridicule, alors ils ne dirent rien, et grimpèrent en un éclair vers leur dortoir.
Sirius et James étaient les plus honteux, car même leurs deux compères évitaient de les regarder ou de se regarder entre eux, et se mordaient les lèvres pour ne pas éclater de rire. Personne ne savait qu'on devait en fait cette transformation à Remus Lupin. Et à son problème avec Jackson Robards, le petit Serdaigle qui menaçait de dévoiler à toutes et à tous sa lycanthropie.
Les quatre amis s'étaient accordés sur un plan. Un, Remus devait aller plus souvent à l'infirmerie, pas qu'à la pleine lune, et faire croire qu'il avait véritablement une santé fragile, même si en réalité elle était de fer. Deux, lors de quelques pleines lunes, les trois autres Maraudeurs s'exclameraient qu'ils devaient rejoindre Remus à la bibliothèque, ou en cuisines, ou quelque part dans le château, pour ne pas qu'on le soupçonne dans la Cabane Hurlante ou à l'infirmerie.
Mais la troisième partie du plan était sans aucun doute la plus compliquée. Robards devrait, quelques fois, rencontrer Remus un soir de ces fameuses nuits de pleine lune, pour que ses soupçons tombent. Il avait été décidé que soit Sirius, soit James, soit Peter jouerait le rôle de Remus - il suffirait d'ensorceler l'un d'eux pour qu'il lui ressemble, et de jeter un sort de Confusion à Robards pour qu'il ne le reconnaisse pas.
Et soyons honnêtes, ils avaient besoin de ce sort de Confusion. Les amis de Remus, aussi dévoués soient-ils, étaient loin de lui ressembler. Et ils avaient beau être les meilleurs élèves de Poudlard, ils ne faisaient pas de miracles.
Ce soir-là, les quatre Gryffondors s'étaient donc entraînés à la métamorphose. Le pauvre Sirius avait été désigné d'office pour jouer le rôle de Lupin, étant donné que Peter était trop petit et que James avait une myopie et des cheveux impossibles. Mais il fallut quand même assombrir légèrement la peau de Sirius, arrondir un peu son visage, agrandir son nez, rallonger et éclaircir ses cheveux. Ce fut plutôt mauvais dès le début, alors ils essayèrent sur James, dont la taille et le nez étaient un peu trop grands.
Voyez le résultat. C'était pas gagné.
Les Maraudeurs étant souvent un excellent sujet de conversations chez les Gryffondors, beaucoup se lancèrent dans des hypothèses toutes plus folles les unes que les autres. Liana secoua l'épaule de son amie, pour tenter de la réveiller et de la faire participer, son antipathie envers Black rendrait sûrement les choses plus amusantes.
- Ouhou, Lily, tu rêves ?
Du côté des quatre phénomènes de foire, ceux-ci avaient enfin retrouvé leur aspect normal et quittaient à présent leur dortoir, traversant la salle commune dans le sens inverse. Sirius regardait autour de lui, sentant que quelque chose ne tournait pas rond.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? s'étonna Peter.
- Je sais pas, y'a un truc qui manque... C'est trop silencieux...
- Tu plaisantes ? s'exclama Remus. Pratiquement tout Poudlard est ici !
- Evans était là, non ? Je l'ai vue en passant tout à l'heure, c'est pour ça, je me demande ce qu'elle fabrique.
Les trois autres levèrent les yeux au ciel, ça tournait vraiment à l'obsession ! Sirius repéra finalement sa camarade sur un canapé et se dirigea vers la sorcière, toujours plongée dans ses pensées « Bah alors, le champ', rien à dire ? »
« Champ' » était un nouveau surnom que Black avait trouvé à Lily. C'était un raccourci de champignon, en fait. Il l'avait comparée à ces champignons vénéneux rouges à pois blancs - d'une part parce qu'elle était comme un poison pour lui, d'autre part parce que même son physique ressemblait à celui du champignon - c'était ce qu'il avait dit. En gros, les pois blancs correspondaient aux quelques tâches de rousseur que Lily possédait, et la chaire rouge, c'était ses cheveux... Enfin, c'était Sirius, tordu quoi, fallait vraiment chercher !
La jeune sorcière leva un regard vague sur son ennemi de toujours. « On est en démocratie, non ? Liberté d'expression, tu connais ? Si j'ai envie de rien dire, bah, je dis rien, dit-elle d'un ton sans animosité, ce qui surprit Sirius. T'étais ridicule, c'est vrai, mais je suis capable de faire bien mieux en te jetant un simple sort...
- C'est un défi, ou quoi ? s'amusa le Black, content de retrouver « son » Evans.
Elle soupira en levant les yeux au ciel, clairement exaspérée. « Sérieux » s'énerva-t-elle « T'en as pas marre, des fois ? Je pensais que cette phase d'obsession serait finie depuis longtemps, moi ! Vis ta vie, et fous moi la paix ! »
Et, sans même sortir sa baguette, elle se leva et marcha rapidement vers son dortoir. « C'est quoi, son problème ? » se demanda Sirius en fronçant les sourcils. Remus, Peter et James tirèrent à leur tour une tête exaspérée. Ils pensaient tous trois que le brun aux yeux gris était simplement trop égocentrique et trop fixé sur la relation inhabituelle qu'il entretenait avec Evans.
Pourtant, Sirius sentait que quelque chose n'allait pas chez Lily, il commençait à vraiment bien la connaître « Sois proche de tes amis et encore plus de tes ennemis », voilà ce que disait le fameux dicton. Et en croisant le regard de Liana, qui lisait presque en sa meilleure amie comme dans un livre ouvert, il sut qu'il n'avait pas totalement tort.
Une rue. Sombre et froide, étroite. Des pavés noirs, glissants. Du froid, de la brume, un peu partout. Et ses pas qui résonnent sur la pierre. Ces bruits réguliers qui lui martèlent peu à peu le cerveau, qui lui rappelle qu'il n'y a que cela pour briser ce silence oppressant...
Elle ne cesse de jeter des regards autour d'elle, se retournant parfois, craignant qu'on la suive autant que d'être paranoïaque. Le froid lui mord les joues, la nervosité fait trembler ses mains, l'angoisse lui serre sa gorge, la peur lui dévore le ventre...
Et ce bruit, ce cri, ce quelque chose qui fend l'air, ce murmure effrayant, cette douleur, partout, dans tout son corps... Le noir. Complet. Le néant. Plus rien.
Rien.
Lily se réveilla en sursaut. Ses mains tremblaient, son dos était trempé de sueur. Sa respiration s'était accélérée, beaucoup trop. Elle avait énormément de mal à lui faire reprendre un rythme normal, ce qui la faisait encore plus trembler. Elle décida de bloquer un moment sa respiration, puis de la relâcher d'un coup, ce qui lui permit de respirer un peu plus normalement. Elle cessa de trembler.
C'était un bruit sourd qui réveilla la rouquine. Elle l'avait entendu dans son rêve et il s'était mélangé à ce cri effrayant. Elle sortit d'un bond de son lit, ses yeux s'habituèrent peu à peu à l'obscurité, et elle reconnut son dortoir. Elle entendit un sanglot, vers la porte. Quelqu'un l'avait claquée, c'était ce qui l'avait tirée de son sommeil mouvementé.
Elle se rapprocha du bruit, même si elle reconnaissait l'auteure des pleurs. Nicole était appuyée contre la porte du dortoir, ses jambes repliées contre elle, sa tête reposant au creux de ses genoux, ses mains affalées par terre. Elle pleurait abondamment, et le cœur de Lily se serra ; elle devinait la cause de la souffrance de son amie.
Elle s'agenouilla à ses côtés, posant une main sur son épaule, et la jeune fille tourna sa tête vers elle, sans sursaut car elle l'avait entendue. Lily passa sa main dans ses cheveux, puis sur sa joue, en observant les yeux de Nicole qui brillaient dans l'obscurité. Lily la prit dans ses bras et son amie s'accrocha à elle comme si elle était son seul refuge, fondant son corps dans le sien, pleurant dans son cou.
- Chuuut, Nicky... chuchota Lily en lui caressant le dos et en jurant silencieusement d'arracher la tête de Hans Backman pour avoir brisé le cœur de son amie - car elle était certaine qu'il s'agissait de ça. Raconte-moi, la pria-t-elle.
Nicole renifla une dernière fois, et commença d'une voix entrecoupée par ses sanglots. « Y'a... y'a rien à dire, c'est un salaud... un salaud » Nouvelle crise de larmes « Il a... Bordel, j'arrive m-même pas à... y croire... » Elle reprit son souffle en tentant de se calmer. « Il a juste couché avec moi, et m'a lâchée après »
Lily était estomaquée, elle ne s'attendait pas à ça. Nicole Wheeler finit par un murmure « Il a dit qu'il avait enfin eu ce qu'il attendait de moi »
Une unique larme coula le long de sa joue alors que les yeux de Lily s'humidifiaient légèrément, à la fois de fatigue, de tristesse, de colère et d'indignation. Ce sale connard, qui ne méritait même pas qu'une fille comme Nicole ne l'approche, avait osé faire ça ? Quelque chose d'aussi con, d'aussi ignoble, d'aussi macho, d'aussi... Raaaah !
Lily resserra son emprise autour du dos de son amie, et lui chuchota que si elle voulait, elle pouvait dormir dans son lit bien chaud, avec elle. Nicole acquiesça, lui murmura un petit « merci », et se releva en se tenant à la porte.
- Je reviens, fit Lily en l'embrassant sur la joue et en se dirigeant vers la salle de bains.
Elle alluma la lumière qui agressa ses yeux, et se regarda dans la glace. Le teint blanc, les yeux rouges, des cernes violets, les cheveux en bataille, les traits tirés - elle eut l'impression d'être un vampire. Lily se passa un peu d'eau sur le visage, pensive quant à cette nuit qui n'était pas encore terminée.
Tout d'abord, ce rêve. En plus d'être perturbant, effrayant, traumatisant, et fondateur de nombreuses questions - sur sa signification par exemple -, il lui était aussi familier. Lily était sûre de l'avoir déjà fait avant, peut-être en début d'année, cet été, l'année dernière, ou même encore avant. Et elle le refaisait... Elle trouvait ça bizarre.
Puis, son problème de respiration à son réveil l'avait laissée perplexe. Elle savait qu'on pouvait se réveiller essoufflé. Quand on fait un rêve particulièrement mouvementé ; ou encore, quand on rêve qu'on court super vite, comme par exemple pendant un marathon, ou alors quand des créatures mi-licornes mi-acromantulas vous poursuivent.
Mais là, elle avait eu l'impression d'avoir réellement fait tout ça, d'avoir couru comme elle n'avait jamais couru de sa vie, pas seulement de l'avoir rêvé. Le fait qu'elle ait mit tant de temps à retrouver une respiration normale l'inquiétait un peu.
Et puis, Nicole et Hans... Ah, elle jurait de se venger, foi de Lily Evans ! On ne s'attaquait pas à ses amis impunément. En même temps, Lily trouvait que la petite Wheeler avait toujours eu un côté masochiste dans ses relations amoureuses. Elle était très émotive dans ce domaine et tombait facilement amoureuse, alors quand on rompait avec elle, elle était comme détruite. Pour après guérir de son chagrin d'amour, et se remettre sur le marché, et ça en quelques jours, maximum quelques semaines. En même temps, elle n'avait que quatorze ans, ceci expliquait peut-être cela.
N'empêche, se faire jeter de la sorte alors qu'on vient de perdre sa virginité... C'était dur quand même. Hans n'était pas celui qui avait le plus compté dans le cœur de Nicole, mais il était son premier amant, sa première fois, ça changeait tout... SALAUD ! eut-elle envie de crier. Lily passa ses nerfs sur le pauvre robinet qui n'avait rien demandé.
Lily soupira, éteignit la lumière, et se prépara pour les quatre-cinq heures qui lui restaient avant de se lever pour aller en cours. Elle rejoignit Nicole dans son propre lit, qui faisait semblant de dormir alors que des perles d'eau salée dévalaient ses joues. Lily s'allongea à ses côtés, face contre son dos, et passa un bras autour de sa taille. Elle lui demanda si elle voulait en parler, mais n'eut aucune réponse.
Elle déposa un léger baiser dans ses cheveux, lui chuchota « bonne nuit », et essaya de dormir, sa main se réchauffant au contact de la peau brûlante de Nicole.
Lily, le regard vague, avait les yeux rivés sur la table des Serpentards, observait une blondasse décolorée aux mèches rouges rouler une galoche monumentale à un type châtain. Dégoûtant, surtout au petit dej. En plus, la blondasse en question était une vile Serpentarde idiote, et le mec s'appelait Hans Backman. Celui à cause duquel la rouquine avait passé une si mauvaise nuit, une semaine plus tôt.
Nicole lui avait ordonné de déprimer avec elle, ce matin-là. Elles étaient toutes les deux en train de les épier, ne touchant pas à leurs assiettes, l'une avec une expression d'ennui rêveur plaquée sur le visage, le menton appuyé sur sa paume, et l'autre avec les poings serrés, ses yeux lançant des éclairs.
Nicole marmonnait dans sa barbe inexistante des choses qu'elle adorerait faire à son ex, mais malheureusement punies par la loi. Lily les fixait sans vraiment les voir, elle avait bien d'autres idées en tête.
Son regard dérapa sur quelques places plus loin, et elle posa les yeux sur un élève qui se tourna immédiatement vers elle. Visage fin, peau pâle, cheveux noirs, yeux noirs, l'air peu sympathique, cravate verte... Severus Rogue, accessoirement son meilleur ami. Mais ils s'étaient disputés quelques jours plus tôt, et Lily avait envie de faire la paix.
Ils avaient discuté du nouvel événement lugubre du mois : le mystérieux enlèvement d'une famille moldue, avec une lettre d'insultes et de menaces au frère de la mère cette famille, parce qu'il en était le seul sorcier.
Beaucoup pensaient que c'était l'œuvre de Lord Voldemort, mais il n'y avait aucune preuve - le bougre était sacrément doué ! Vu qu'il était clair que celui-ci détestait les moldus, et les « Sangs-de-bourbes », la discussion avait dérivé sur ce point. Rogue avait très maladroitement avoué que le sorcier n'avait pas tout à fait tort... Il n'y avait eu ni cris, ni effusion de sang, ça ne marchait pas comme ça entre eux, mais la Gryffondor refusait de l'approcher depuis. Et ce n'était pas Rogue, avec sa fierté de serpent, qui ferait le premier pas vers elle !
Pourtant, il lut dans son regard qu'elle voulait lui parler. Elle était encore fâchée, mais... Ils se levèrent exactement en même temps, et se rejoignirent dans le couloir. Il la fixait avec un visage fermé, mais elle semblait un peu gênée et évitait son regard.
- Il y a quelque chose que je dois te dire, seulement tu dois promettre de ne jamais le dire à personne » le prévint-elle à voix basse. Une ébauche de sourire passa sur ses lèvres, et il lui fit un signe de tête.
- Marchons.
- Mais avant, reprit-elle, il faut que je mette les choses au clair avec toi. Je suis fille de moldus, Sev, et ton propre père et moldu, comment peux-tu penser une chose pareille ! s'exclama-t-elle après quelques secondes de silence.
- Ecoute, fit-il en cherchant ses mots, j'y connais presque rien en moldus, et le peu que j'en connais n'est absolument pas... tu vois ? Mon père est parti de chez moi cet été, nous laissant dans une grosse merde financière ma mère et moi, et elle a dû se battre pendant toutes les vacances pour récupérer un local au Chemin de Traverse et le transformer en un début de commerce d'apothicaire.
- Ton père est horrible, mais ce n'est pas pareil pour tout le monde, dit Lily avec un air peiné, alors que son ami avait débité ça d'un air aussi détaché que s'il lui avait appris quel temps il allait faire le lendemain.
- Ta sœur s'est toujours très mal conduite envers moi.
- Moi aussi.
- Donc tu ne peux pas la défendre, pas vrai ? » Elle pinça les lèvres, prise à son propre jeu « Au Moyen-Âge » continua-t-il « Les moldus brûlaient les sorciers sur un bûcher, comme des animaux.
- Ça ne leur faisait rien » fit Lily. Elle savait pertinemment que son argument était bidon, ce que s'empressa de lui démontrer Severus.
- Et alors, c'est une raison ? C'était juste cruel, Lily, admets-le.
Elle fit la moue, et se mit à fixer avec insistance les dalles composant le sol. « C'est ce que je pensais.
- À l'époque, certains sorciers faisaient des expériences immondes avec les licornes. Les mentalités ont évolué depuis.
Severus baissa la tête à son tour, et son silence obligea Lily à l'observer plus soigneusement. Il serrait ses mâchoires, et elle, par intuition ou parce qu'elle le connaissait si bien, devina tout de suite de quoi il s'agissait.
- C'est ces conneries serpentardesques qui te montent à la tête ? s'écria-t-elle, n'en croyant pas ses yeux.
- Hé ! s'énerva-t-il. Un peu de respect, tu veux ? Est-ce que je dis que tes Gryffondors sont cons ?
- Oui, tu le fais, cracha-t-elle. Bordel, je croyais que tu valais mieux que ça. Même Black me dégoûte moins que toi.
Il lui lança un regard dubitatif. « Non, j'exagère » admit-elle « Mais tu me déçois énormément.
- Ecoute, certains de ma maison insultent les moldus et s'en prennent à leurs enfants sorciers. Moi, je ne fais que resasser de vieille rancœurs, en me vengeant comme je peux, c'est à dire en les insultant comme je peux, même si c'est bête. Mais je ne fais rien aux nés-moldus, je ne te crois pas inférieure à moi, pour moi ce sont des sorciers avant tout. Leur partie moldue n'est pas importante, comme je considère la mienne inexistante. Je ne les appelle même pas « Sangs-de-bourbe », rajouta-t-il après une petite pause.
Elle le regarda un moment dans les yeux, essayant de sonder son âme par ses prunelles, et lâcha d'une voix sèche « Ça ne saurait tarder » Et elle tourna les talons, pour la deuxième fois en cinq jours, ce que ne manqua pas de lui faire remarquer Rogue d'une voix froide.
- C'est ça, ton nouveau truc, Lily ? Me juger, me blesser, me fuir, comme une lâche Serpentard ? Tu crois que tu vaux mieux que nous, parce que tes couleurs sont différentes ? » Il fit une pause alors qu'elle continuait de s'éloigner, et enfin s'écria « Tu crois que me juger comme ça, c'est exemplaire, que c'est bien ? »
Ni l'un, ni l'autre ne s'y attendaient, mais elle revint brusquement sur ses pas et leva sa main, prête à le gifler. Elle n'était comme ça qu'avec Black - mais elle avait un étrange comportement ces derniers jours.
Les yeux à demi-fermés, elle stoppa son geste. Son poing était serré, encore en l'air. Elle l'abaissa doucement. « Il fallait que je te parle » mais elle ne parla pas davantage.
- Je suis contre une telle cruauté, Lily, dit Severus presque douloureusement. Je ne pensais pas que tu me considérais presque comme un mec comme Malfoy, qui t'a jeté ce sort à son dernier jour à Poudlard, en première. Ou comme un gars horrible du genre de Voldemort.
- J'ai jamais dit ça, murmura la jeune fille.
- Je serai incapable de faire autant de mal volontairement à quelqu'un, surtout s'il ne m'a rien fait, juste pour une histoire de sang. Tu me crois ? » Leurs yeux se soudèrent l'un à l'autre, et Lily finit par acquiescer.
Elle n'avait alors aucune idée d'à quel point son meilleur ami allait changer, dans les mois, les années, à venir ; lui non plus.
- Qu'est-ce que tu voulais me dire ?
- Je fais des rêves - non, en fait un seul rêve -, dit-elle précipitamment, j'arrive pas à respirer à la fin, ça fait peur, et il y a ce truc avec ma mère...
- Hein ?
- Pétunia n'est pas la fille de mon père.
Si Rogue comprit tout ce que cette phrase impliquait, il ne le montra aucunement et resta de marbre. Lily se concentra une nouvelle fois sur le bout de ses chaussures, mais Severus se pencha et apparut dans son champ de vision. Il avait repris cette expression douce sur son visage, et une voix un peu plus rassurante.
- On va voir cette histoire de rêve, d'accord ? Tu m'en dis plus, et à la bibliothèque !
Elle acquiesça, et passa devant son ami pour se rendre dans le sanctuaire de Mrs Pince. Rogue, plus léger, leva son bras vers son amie. Mais, tout comme elle s'était retint de le gifler, il se retint de poser sa main sur son épaule. Ça ne marchait pas comme ça, entre eux.
Alors, verdict ? Un petit mot, pour me dire ce que vous en pensez ? J'espère que ça vous a plu quand même, on voit enfin Rogue apparaître...
Prochain chapitre : L'évènement avec un grand E, et l'explication à ce rêve mystérieux...
Passez une bonne journée, à la semaine prochaine !
malilite.
