Chapitre 4 :
Les yeux rivés sur la lucarne de sa chambre il attendait. L'attente était insoutenable, c'était à peine si il s'autorisait à respirer, à écouter les battements fébriles de son coeur dans sa avait patienté toute la journée, guetté le retour de sa chouette mais en vain. Ce ne fut que lorsque la grosse horloge d'airain sonna les dix coups, que sa tergiversation fut récompensée. La lettre pliée en quatre, attachée aux pattes de l'animal et rédigée à l'encre rouge, semblait le narguer. Il se hâta de la détacher, pendant qu'Hedwige allait se poser dans un recoin de la pièce pour se nettoyer les plumes.
Harry parcourut le courrier, et le relu une bonne dizaine de fois pour être certain des informations qui y étaient inscrites. Finalement, il sortit de sa chambre et fila en direction du bureau du jeune homme savait que le vieux monsieur à la barbe argenté ne s'endormait que très tard car il passait ses soirées à étudier, lire et s'éduquer. La statue d'aigle le laissa pénétrer dans l'antre du professeur qui, attablé devant une masse incroyable de parchemins et de grimoires, tentait de comprendre les raisons de la remise en cause de l'existence du Corniffe à Cornes. Le brun se pencha par dessus l'épaule du vieillard pour admirer une gravure de plusieurs siècle représentant une créature aquatique, munie d'une corne recourbée entre les yeux, la faisant fortement loucher.
Le professeur Dumbledore referma son livre et fit signe à son ancien élève de s'installer avec un clin d'oeil. Les temps étaient sombres mais le directeur essayait par tout les moyens de conserver sa bonne humeur, en apparence.
"- As-tu fait de nouvelles découvertes depuis la lettre de monsieur Nott Harry?", l'interrogea t-il en premier lieu en lui servant une tasse de thé noir aux fruits rouges.
Le brun prit la tasse fumante entre ses mains glacées et confia:
"- Professeur, j'ai des raisons plus que pertinentes de croire qu'au Alpha sévit à Poudlard. J'ai envoyé un courrier hier à mes supérieurs pour leur demander si des renforts étaient utiles. Ils m'ont donné une réponse négative en me disant que j'avais les capacités de l'exterminer seul.
"En outre", ajouta t-il, "ils m'ont également donné des renseignements dont je ne connaissais pas l'existence. Un Alpha peut transmettre son gène à une personne lambda par simple contact salivaire mais cette même personne ne devient pas Pécheur dans l'immédiat. Elle peut encore être sauvée si elle n'a pas commis de meurtre. Si elle est toujours innocente et naturelle alors la transformation n'a pas lieue."
Le directeur leva un sourcil interrogateur.
"- Pourquoi m'annonce-tu cela Harry?"
"- Je vous dis ceci professeur Dumbledore car Draco Malfoy c'est autrefois fait griffer par Pécheur. D'après les études de Théodore, j'en conclus qu'il s'est fait contaminer par x ou y facteur. Il est porteur du corps étranger caractéristique des Pécheurs. Or, si il n'a tué personne il n'est pas encore trop tard pour lui."
"- Et, connais-tu la réponse Harry? Sais-tu si monsieur Malfoy a gardé son innocence humaine?"
"- Pour cela, je dois le lui demander professeur", riposta le brun en se redressant. "Veuillez m'excuser, je prends congé et je vous souhaite bonne chance pour vos chimères".
Le jeune homme n'attendit pas la réponse de son ancien professeur et quitta le bureau d'un pas rapide et décidé. La lune s'était levée, abordant fièrement un premier quartier lumineux dans le ciel d'encre. L'ancien rouge et or se retrouva devant la porte de l'ancien vert et argent et frappa vivement à la porte. Il y avait un espoir pour que le blond ne soit pas condamné et cette opportunité il allait la prendre voire la risquer. Nul ne répondit. Harry entrebâilla la porte, étonnement ouverte, et trouva la pièce vide et sombre comme auparavant. Le garçon réfléchit à toute vitesse: où Draco aurait pu aller par cette nuit glaciale, à une heure aussi tardive?
L'image du laboratoire de Snape s'afficha dans l'esprit du brun, qui fila ventre à terre jusqu'aux cachots. La porte de l'atelier était entrouverte et Harry s'engouffra à l'intérieur. Une forte odeur de fleurs et de parfums malodorants flottaient entre les murs de pierre. Cependant, l'odorat fin et entraîné du Survivant lui signala une fragrance peu ordinaire. Cette effluve à peine perceptible ne l'avait pas dérangé lors de sa dernière venue dans les cachots, mais curieusement cette fois-ci elle était étouffante et nauséabonde.
Le Chasseur fouilla dans les moindres recoins, sans rien découvrir. Un arôme métallique d'hémoglobine alerta son sixième sens et il entreprit une recherche plus approfondie. Il ne tarda pas à tomber sur une pierre pivotante, exposant un passage secret dans les sous-sols de l'école. Harry y entra et déboucha dans une salle étroite et petite. Sur le sol, il entendit des craquements familiers partout où il posait les pieds.
La chambrée était obscure, et il dû utiliser le charme du lumos maxima pour pouvoir s'éclairer. Un rai de lumière bleuté jaillit de sa baguette et illumina l'intégralité de la pièce…simple et humide avec du lichen qui poussait et le bruit de l'eau qui indiquait qu'elle s'infiltrait dans ces tunnels. Il examina ensuite la source du craquement à ses pieds et ne fut pas étonné de discerner un tas d'ossements de toutes les tailles, entassés par terre et dont la clameur résonnait dans la chambre. Combien de cadavres avaient fini entreposé ça et là, dans cet espace minuscule?
Des voix ne tardèrent pas à se faire entendre. Elles provenaient de l'extérieur de la salle. Sur la pointe des pieds, Harry sortit de sa cachette de fortune et passe le nez dehors. Deux ombres passèrent devant l'atelier des potions et se dirigèrent vers l'escalier principal. Le brun leur emboîta le pas à distance, en se gardant bien de se rapprocher et conservant un minimum de distance entre lui et les silhouettes. Bientôt, il les suivit jusqu'à la forêt interdite, cauchemar des premières années de l'école. Touffue, hostile, inquiétante et dangereuse. Les deux ombres y pénétrèrent, suivies de près par le jeune Traqueur.
Après une longue heure de marche, ils atteignirent une clairière.
Des centaines d'arbres solennels, imposants et olympiens aux multiples lianes glissantes et poisseuses, entourées d'une épaisse couche de brume, composaient une espèce de farandole protectrice. Harry se dissimula derrière un conifère noble et auguste, d'une centaine d'années. Les deux silhouettes s'étaient arrêtées. Le brun reconnu sans peine le jeune blond malfoyen aux pupilles orageuses. Il parlait hâtivement, l'air contrarié à son interlocuteur encapuchonné. Trop occupé à tendre l'oreille, le brun ne remarqua pas la liane vicieuse comme un serpent se glisser derrière lui, s'enrouler autour de sa taille et le soulever à plusieurs mètres de hauteur, lui arrachant un hurlement malgré lui.
Aïe, repéré. La discrétion n'avait jamais été son fort, de toute manière.
" - Harry?", lança la voix traînante et méprisante de Draco lorsqu'il leva les yeux vers la source du vacarme, "qu'est ce que tu fiches par ici?"
Une voix que Harry reconnut entre mille, répondit à sa place.
"- Monsieur Potter se mêle de tout comme tu peux le constater Draco, et il connait à ce jour un châtiment funeste. Je dois avouer que mourir étranglé ne doit pas être une mort très agréable, je peux abréger ses souffrances".
Horrifié, le brun assista à la transformation la plus horrible qu'il n'avait jamais vu. Le maître des potions abaissa le capuchon de sa robe de sorcier, l'air se troubla autour de lui et les contours de son corps devinrent flous. Son dos se courba, des poils lui poussèrent ainsi que des crocs acérés dégoulinants de bave, des yeux injectés de sang roulant dans leurs orbites, des pattes robustes et griffues. Des oreilles pointues et penchées en arrière complétaient cette métamorphose, un plus d'un nez pointu extrêmement fin.
La bête bondit en direction du Chasseur qui entravé ne pouvait plus bouger. Son odeur putride lui emplissait les narines, une forte fragrance de décomposition. Le Pécheur Alpha se trouvait devant lui, prêt à lui arracher la tête. Vraiment charmant. La dernière image qu'il aura de ce monde sera une créature repoussante, pas hygiénique et de la taille d'un ours, prête à le dévorer. Original.
Le Survivant - qui n'était plus vraiment sûr de survivre sur ce coup là – attendit aux portes de l'enfer le moment fatidique où la créature refermerait des mâchoires sur lui, quand soudain il entendit une détonation puissante. Le monstre se retrouva à moitié assommé contre le sol. Draco, soutenant le regard inhumain et cruel de la bête venait de lancer un sort et affrontait seul l'Alpha. Le point faible de l'Alpha se trouvait au niveau de sa gorge comme tout Pécheur, là où se loge le péché capital dominant. Il était donc primordial qu'il reprenne forme humaine avant de l'achever pour l'empêcher d'utiliser sa source régénératrice. Pour cela, il fallait détruire la source du mal. Impuissant, Harry vit le monstre reprendre ses esprits et filer à la vitesse du son vers le blond. Celui-ci para l'attaque avec un calme déconcertant et sous les yeux terrorisés du brun, Draco se métamorphosa à son tour en une créature poilue, baveuse et hideuse.
Au moins, il avait sa réponse. Draco était devenu un pécheur, il avait donc goûté aux plaisirs de la chasse du côté bestial et prédateur. Les deux créatures d'affrontèrent dans un concert de griffes et de morsures mortelles. Le blond parvint à obtenir l'avantage et renversa violemment son adversaire. De ses mâchoires redoutables, il égorgea celui qui avait été son parrain. Avec un cri de douleur, il reprit forme humaine et se rua sur sa baguette en position défensive. Severus se releva faiblement, la gorge vomissant des flots de sang rouge en abondance. Il maintint fermement sa blessure et prononça des incantations pour la refermer. Trop faible pour combattre, il fit volte face et s'enfuit vers le Nord. Draco voulut se lancer à ses trousses mais hésita en examinant toujours le brun en haut de son perchoir.
" - Vas-y Draco, rattrape le !"
"- Il n'ira pas loin et je connais la forêt comme ma poche. Harry, je te dois une explication", annonça le blond. " Dans cette ruelle, à Londres, je me suis fait griffé par un Pécheur. Sauf, qu'il s'agissait de mon parrain. Je ne l'ai découvert qu'après qu'il m'ait infligé cette entaille. Il m'a reconnu qu'une fois son excès de rage interrompu et sa faim apaisée. Le poison commençait déjà à faire son chemin et je n'avais plus longtemps à vivre alors dans le but de me venir en aide, il m'a léché ma blessure. Leurs glandes salivaires sont un puissant anti-venin."
" - Mais il t'a contaminé par la même occasion", devina Harry.
"- Exact", valida le blond d'un signe de tête. " Au début, j'ai tenté de me contrôler mais la faim et la soif sont devenues plus fortes. De plus, un Alpha a pour mission de recruter et de former ses disciples. Il est donc resté à mes côtés jusqu'à mon premier péché. C'est un souvenir douloureux et délicieux à la fois...Je me contente de me nourrir qu'une fois par trimestre mais garder ce rythme me demande énormément d'effort et de contrôle sur moi-même. Je me suis rendu à Poudlard dans l'espoir de trouver un remède, et j'ai même envoyé un courrier aux Chasseurs de Prime pour leur demander de l'aide."
"- Ils n'accordent pas leur aide aux contaminés", continua le brun l'air accablé devant ses révélations.
"- Touché", répondit le fils Malfoy, " du coup, j'ai trouvé une autre solution et j'ai dénoncé mon parrain. Enfin à demi...La seule solution pour que ça finisse c'était qu'un Traqueur me tue, par conséquent j'ai prévenu le professeur Dumbledore qu'un Pécheur assassinait à Poudlard. C'était facile, mon parrain me suivait partout à la trace et était déjà sur place dans l'école. De plus, sa faim grandissait à vue d'oeil, il ne cherchait plus la discrétion de la salle secrète pour dissimuler ses victimes...Une parfaite aubaine, une pierre deux coups en quelque sorte. Deux pour le prix d'un.
En revanche, de nombreuses vies ont été sacrifiés mais je n'avais pas le choix. Mais je dois dire que je ne m'attendais pas à ce que ça soit toi l'élu embauché par Dumbledore. Je lui avais caché qui j'étais réellement et je comptais me dénoncer rapidement et expliquer toute l'histoire. Cependant, quand je t'ai revu des souvenirs ont refait surface, et à partir de ce moment je ne voulais plus disparaître mais profiter le plus possible. "
Draco reprit son souffle et enchaîna:
"- J'ai essayé de te le dire mais sans succès. J'ai dû jouer la comédie mais c'était le seul moyen pour être avec toi. Depuis l'épisode de la tour, j'ai sincèrement été chamboulé et tu m'as simplement accepté dans tes bras. C'est à cet instant que mes sentiments sont revenus me hanter. J'ai réussi à écarter mon parrain le plus possible de ton chemin mais il devenait instable et je n'avais pas toujours la force de le contenir. Ce soir, j'avais décidé de ne plus mentir mais il m'a surpris devant ta chambre et il m'a emmené avec lui ici pour une discussion privée. La suite tu la connais, je ne voulais pas qu'il te blesse alors je suis intervenu."
"- Merci Draco...mais on sera plus à l'aise pour discuter quand tu m'auras détaché".
"- Hors de question", répondit le blond, "tu vas te lancer à sa poursuite et je ne veux pas de second Isaël. C'est moi qui dois en finir, toi tu ne bouge pas d'ici.
"- Où veux-tu que j'aille?"
La question du brun demeura sans réponse, le blond aux traits angéliques s'était déjà évaporé.
Draco se retourna, haletant, une main encore tremblante sur sa baguette. Des gouttes de sueur froides perlaient sur ses tempes, accentuant la pâleur de sa peau sous le regard blafard et argenté de la lune. La pure clarté lactescente de l'astre nocturne se réfléchissait dans sa chevelure ivoirienne, formant comme une lueur protectrice autour de la tête du jeune homme.
Les traits encore déformés par un mélange de sentiments contradictoires – rage, rancune, incompréhension, dégoût – il se pencha en avant et, s'accroupissant contre le tronc tordu de l'arbre le plus proche, régurgita toute sa répulsion. Le goût de la bile amère se fit bien vite sentir et sa gorge le brûlait...c'est d'ailleurs cette amertume désagréable qui l'empêcha de se vider davantage. Il reprit une profonde inspiration, humant l'air pur de la forêt dans l'espoir de chasser les dernières secondes de sa mémoire.
Il ferma les yeux tandis que des petites étoiles étincelaient, formant les contours flous d'une silhouette familière. Les tâches de sang vermeilles qui jonchaient le sol, le ramenèrent à la réalité : il avait tué son propre parrain, d'un sort mortel sans la moindre hésitation. Le charme du sectumsempra s'était révélé d'une efficacité meurtrière et redoutable, générant de profondes entailles mortelles dans la chair du monstre qui avait pris possession du maître des potions.
Il l'avait regardé se vider de son sang, se tordre de douleur et rendre son dernier soupir avec un rictus mauvais. D'ailleurs, le jeune Malfoy trouvait cela ironique d'avoir achevé son parrain avec un sortilège qu'il avait lui même inventé de ses propres main jadis. Cette incantation était le seul moyen d'ouvrir la créature en deux, et de la séparer de la source maléfique qui le possédait. Comme dans un dernier hommage, le blond avait fauché la vie de Severus Snape sous sa forme respectueuse d'être humain, en dépit de la froideur sans pitié de ses pupilles et le goût métallique de l'écoeurement qu'il avait ressenti tout le long du processus.
Soudain, il se souvint comme dans un songe éloigné : Harry !
Il extirpa un mouchoir de sa poche, s'essuya les lèvres d'un mouvement brusque et prononça un sortilège pour récupérer une haleine fraîche et mentholée. Les jambes encore flageolantes, il repartit en direction opposée – celle de la clairière où le brun était resté coincé, piégé par la liane souple et grimpante qui le maintenait prisonnier contre l'écorce d'un vieil arbre. Lorsque le blond marmoréen fit irruption dans la vaste clairière illuminée par la lune, il jeta des coups d'oeil rapides autour de lui afin de localiser le brun en détresse.
Des bruits étouffés en direction du Sud lui indiquèrent la direction à suivre, et il se dirigea à vive allure vers l'immense conifère ancien qui dominait la clairière par sa majesté inquiétante. Les lianes visqueuses pendaient le long du tronc robuste de l'arbre centenaire, entrelaçant fermement un jeune Traqueur offusqué aux lunettes de travers à plusieurs mètres de hauteur. Plus il se débattait, plus les liens se resserraient autour de son enveloppe charnelle, l'empêchant de respirer et faisant bleuir progressivement ses lèvres rosées.
Draco, un sourire taquin devant le comique de la scène, fit tournoyer sa baguette magique tout en marmonnant entre ses dents un enchantement libérateur. Celui-ci, face à la non volonté dont l'arbre faisait preuve, ne fonctionna qu'à moitié. En effet, l'emprise de la liane se fit moins important autour de sa victime tandis qu'elle coulait son fardeau vers la terre ferme. Cependant, elle refusa de le libérer et garda son emprise sur le malheureusement jeune homme qui resta entravé. Le blond légèrement agacé par son envoûtement qui n'avait pas totalement porté ses fruits, retient néanmoins un petit ricanement. Harry reprenait des couleurs naturelles et semblait respirer normalement, mais il ne parvenait pas à se défaire de l'herbacée tenace. Draco décida d'intervenir, quelque peu amusé :
"- Un coup de main peut être Harry?", demanda t-il, connaissant parfaitement la réponse désemparée qui allait suivre.
"- Draco, je te préviens si tu ne me libères pas dans la seconde qui suit, je fais flamber toute la forêt interdite !", rétorqua furieux le brun, ses iris émeraudes devenus brusquement obscurs.
Le fils Malfoy rangea sa baguette furtivement dans la ceinture de son pantalon, et marcha en direction de la plante dans le but de libérer la proie entrelacée. Il commença à tirer, mais le liquide verdâtre collant qui se dégageait de la liane ne semblait pas de cet avis et cracha de la sève en abondance sur les mains de Draco, qui jura.
Bien, un changement de tactique s'imposait.
Le blond fixa le filet poisseux qui gouttait au sol – Merlin que cette forêt devenait répugnante – et fouilla dans son sac en bandoulière pour en sortir une fiole violette. Il en versa le contenu sur la plante, qui se rétracta tandis qu'une épaisse fumée jaunâtre attaquait, tel un liquide corrosif, la sève visqueuse. L'effet fût immédiat et celle-ci s'évapora dans les airs, et l'herbacée encore sous l'influence du charme libérateur manifesta son mécontement en claquant contre l'écorce marron de l'arbre. Une fois la liane apaisée, le blond se rapprocha de son compagnon dans l'espoir cette fois-ci de défaire la plante têtue. Il se colla contre la plante et l'analysa pour trouver son point faible. Or la liane, quelque peu courroucée de ce manège et pas aussi stupide qu'elle en avait l'air, eut une réaction que l'ancien Serpentard n'avait pas du tout calculé : tel un tentacule furtif, elle se détacha rapidement de sa victime pour venir s'enrouler autour de la taille du blond, et le plaqua contre le brun, surpris.
"- C'est pas vrai", rugit Draco furibond à l'idée de s'être fait avoir comme un débutant, "je ne l'avais pas vu venir. Elle a plus d'un tour dans son sac, cette fichue herbe folle. On va appliquer ton plan Harry, et on fait flamber la forêt. Je ne souhaite pas m'enraciner ici. Attrape ma baguette."
En se tortillant, Harry réussit à tendre la main vers la ceinture du blond et à la glisser dans son dos. Il tenta de la saisir, mais ses mains rendues humides et collantes firent descendre la baguette de plusieurs crans en direction de la chute de rein de Draco. Harry déglutit. Il sentit le sang lui monter aux joues et bénit la faible lueur lunaire qui n'éclairait pas suffisamment pour que quiconque s'en aperçoive. Il tendit à nouveau la main en direction des reins de Draco, en rapprochant son corps de celui du blond. L'odeur de l'orange lui emplit les narines et la respiration du brun s'accéléra au rythme des battements du désir brûlant et tentant qui lui dévorait les entrailles.
Il n'avait jamais ressenti cela auparavant, les sensations étaient inconnues. Il fait descendre ses doigts le long de la colonne vertébrale de l'ange blond dans l'espoir de s'emparer de leur unique arme de salut. Soudain, il pressentit le souffle chaud de Draco dans sa nuque devenir plus saccadé et rauque. Le prédateur était affamé et visiblement avait trop repoussé les frontières de son appétit. Néanmoins, le brun continua sa descente en direction de la baguette lorsqu'il sentit la langue mutine du jeune homme blond lui chatouiller l'oreille.
La langue de feu qui lui incendiait les tripes remonta en flèche tout le long du torse halé du brun avant de redescendre se loger au niveau de sa virilité. Harry gémit quand le Serpentard, visiblement ennuyé troqua sa langue contre ses dents et mordilla sensuellement l'oreille de son partenaire, et continua à descendre le long de sa nuque en posant une infinité de petits baisers papillons, jusqu'à atteindre sa clavicule. Il remonta jusqu'au menton du brun qui demeura paralysé, l'esprit devenu blanc et la langue de feu qui poursuivait son ballet endiablé. Elle virait au brasier insoutenable pendant que Draco atteignit la commissure des lèvres du Gryffondor et s'en empara avidement.
Le baiser d'abord doux, se fit langoureux et passionné alors que le blond par on ne sait quel miracle, ayant libéré à son tour une des ses mains, prenait plaisir à l'introduire sous le pull du brun. Il caressa sa peau ardente et fine pour aboutir aux tétons de chair rosé de son amant. Il commença à titiller cette zone érogène entre ses doigts fins et délicats, en prolongeant son baiser. En laissant à peine le brun reprendre son souffle, Draco commença à lui sucer la langue alors que leurs bouches devenaient de plus en plus bouillantes. Assoiffé de convoitise et de concupiscence, il continua à jouer avec les mamelons provoquant des petits cris de la part de Harry dans sa bouche. Il exécuta plusieurs pinçons en s'emparant de l'aréole, ce qui fit réagir le brun.
La température montait progressivement lorsque le jeune Malfoy coupa court à leur baiser, pour retourner taquiner le creux du cou de son partenaire. Harry se mordillait les lèvres lorsque Draco, avec un sourire vainqueur parvient à libérer sa jambe et entama un frottement en pression de haut en bas contre l'érection du Gryffondor. Celui-ci ne put retenir son gémissement alors que la luxure s'emparait de son être tout entier. Elle devenait fiévreuse, incontrôlable, destructrice. Elle le capturait de l'intérieur sans lui laisser le moindre échappatoire. Ses ongles s'enfoncèrent dans l'écorce de l'arbre alors que le plaisir devenait de plus en plus intense.
Tout à coup la liane, vexée que plus personne ne s'occupe d'elle et que sa séance de torture ne se passe pas comme elle l'aurait voulu, décida de couper court à ces préliminaires improvisés, et relâcha violemment son étreinte. Elle se replia ensuite outrée et regagna le sommet de l'arbre à la conquête d'autres proies plus obéissantes. Les deux jeunes amants se retrouvèrent allongés sur l'herbe couverte de brume, l'un à côté de l'autre et les yeux brillants d'avidité et de convoitise. Avec un sourire carnassier, Draco roula sur le ventre et ôta le pull noir de son ancienne némesis. Il s'empressa de mordiller les tétons roses alors que ses doigts agiles débouclaient la ceinture de cuir et entreprirent de s'occuper de la braguette du jean du Traqueur.
Harry, les yeux à demi-clos sous l'effet des nouvelles sensations qui le possédaient, ne put contenir de nouveaux gémissements aigus quand les doigts habiles et entraînés du blond s'attaquèrent à son érection. Par des va et viens fermes et en taquinant le filet de la verge, le jeune ange de glace faisait frémir le brun tandis que le plaisir lui engourdissait la gorge. Honteux, Harry chercha à se couvrir la bouche pour contenir sa voix rendue enrouée.
"- Laisse moi entendre tes doux gémissements Harry, ne retient pas les flux du plaisirs", sourit Draco en mordillant les poignets de l'éphèbe, abandonne toi à la jouissance qui te parcourt l'échine et laisse la s'écouler".
Suivant le geste à la parole, la main du blond ne tarda pas à être couverte de la semence de compagnon. Avec un regard lubrique, Draco introduisit ses doigts dans la bouche de son amant, l'incitant à les goûter de sa langue. D'un mouvement vif, il baissa le pantalon du Chasseur ainsi que son boxer. Retirant ses doigts délicats enduits de salive de la bouche chaude du brun, il en inséra deux dans son intimité. Le brun serra les dents sous la douleur soudaine qui lui sondait les reins et des larmes jaillirent de ses pupilles :
"- Détend toi Harry", souffla affectueusement à son oreille le blond marmoréen, "si tu te crispes, cela n'en sera que plus douloureux. Cale ta respiration sur la mienne".
Le brun suivit les conseils du Serpentard, alors que celui ci bougeait ses doigts en ciseaux. Quand il sentit le Gryffondor se détendre, il inséra le troisième afin que celui-ci s'habitue. Quand il estima que son partenaire était suffisamment préparé, Draco envoya valser à son tour ses vêtements et pénétra sa virilité en son sein. Etrangement, le pénis de Draco passa comme une lettre à la poste. Il attendit néanmoins quelques secondes le temps que son compagnon se fasse à l'idée et commença à bouger. Harry faisait onduler ses hanches sous lui, le contact de leurs peaux nues faisaient augmenter le désir commun. Lorsque le blond accéléra la cadence, devenant plus bestial, le Traqueur n'empêcha plus sa voix de s'exprimer et sentit le nirvana ouvrir ses portes aux creux de ses cuisses écartées. L'ancien Traqueur parlait au creux de son oreille, pour l'inciter à se concentrer sur le plaisir et non sur la douleur incandescente :
"- Tu es étroit Harry, c'est fantastique de constater à quel point tu es aussi érotique et charnel à l'intérieur. Cette vraie fièvre sensuelle et adulée fait partie de toi, elle est réveillée. Bienvenu dans le monde de la luxure et des désirs charnels".
Des cris devenus soudainement plus perçants lui indiquèrent qu'il venait de toucher un endroit intéressant et qu'il avait trouvé la prostate de l'éphèbe. Sans retenue ni ralentir le rythme, le blond poursuivit l'enlacement frénétique, animal et infernal avant d'atteindre l'orgasme à l'intérieur de son amant. Il eut un rire satisfait en contemplant le liquide blanchâtre sur le torse du Chasseur qui lui prouvait qu'ils avaient vécu le même voyage paradisiaque. Un lac à proximité des deux jeunes gens leur proposait un bain mérité. Après avoir fait monter la température de l'eau, les deux garçons pénétrèrent dans l'eau bouillante et relaxante.
Le brun se laissa aller contre le torse opalin de Draco, qui lui caressa les cheveux tendrement. Il lui embrassa le haut du crâne en respirant son odeur. Harry savait que ce soir même il avait franchi un limite inexplorée jusqu'à lors, celle de l'univers sexuel. Il avait éprouvé tout au long de leurs ébats, cette source malveillante prendre place dans ses veines et se répartir dans son organisme. Il ne faisait plus qu'un avec la luxure, il était à son tour contaminé par un des péchés capitaux contre lesquels il était habitué à lutter. Sa puissance magique, aussi démesurée soit-elle, ne l'avait pas protégé contre l'amour qu'il ressentait pour son ange. Les pupilles métalliques de Draco ressemblaient au ciel après l'orage, il s'était nourrit et était rassasié. Mais pour combien de temps? songea Harry au plus profond de lui-même.
Le contact des dents blanches de Draco contre son cou le fit frémir. Le blond y laissa une morsure profonde avant de retourner s'abreuver de la clavicule du Chasseur de Prime. Harry passa sa main dans les cheveux soyeux de son amant et murmura:
"- Un Traqueur ne doit pas être sensible aux péchés sinon il ne peut plus exercer ses fonctions. Je ne peux plus faire parti de leur société maintenant que j'ai découvert le royaume du désir Draco."
Le blond fit remonter ses mains et caressa le bassin de Harry en effleurant de sa langue les mamelons durs du jeune homme, qui dû se faire violence pour ne pas gémir à nouveau sous les vagues de plaisirs qui lui donnaient le vertige.
"- Je veux que tu me fasses une promesse Draco, et que tu la tiennes quoiqu'il advienne."
"- Je t'écoute", susurra le blond en introduisant ses doigts profondément à l'intérieur du brun qui se cambra.
"- Je refuse d'arrêter la chasse, tuer les tiens c'est ma raison de vivre depuis des années et je ne peux me permettre de cesser toute activité.", enchaîna le Traqueur péniblement.
Le blond marmoréen plaça son partenaire contre le bord du lac, et le souleva afin qu'il puisse s'asseoir.
Leurs iris enflammés se défièrent du regard un court instant et le jeune Malfoy empala son ancienne némesis sans crier gare, lui arrachant un cri de surprise. La virilité de Draco l'ayant pénétré plus profondément et violemment, le brun dû entourer de ses bras le cou du blond sous l'effet de ses assauts.
"- En contrepartie, c'est de ta faute si j'ai le péché charnel qui me consume et qui se balade dans mes artères."
"- Tu veux une compensation Harry?", s'enquit le blond d'un ton narquois, en bougeant plus vite.
"- Exactement", haleta l'intéressé, "tu dois me jurer que jusqu'à ce que ce poison m'ait complètement englouti je serais celui qui te nourrira. Je veux vivre tout mes instants à tes côtés Draco, je veux te nourrir, te posséder et m'inscrire dans ta chair jusqu'au jour où je ne pourrais plus rien t'offrir...où je ne serais plus"
"- Je te le promets Harry", chuchota tendrement le blond, " de plus, je serais incapable de t'éventrer car si je dois te damner, je préfère prendre tes dernières gouttes de vie lentement et profiter de nos ultimes minutes de bonheur. Nous resterons donc unis sous ce serment jusqu'à ce que la mort nous sépare, fidèles à ce lien inviolable".
"- Oui", répéta le brun comme un écho, " jusqu'à ce que la mort nous sépare".
Et ils plongèrent ensemble dans les abysses du désir.
FIN
