Merci à tous pour vos reviews, ça fait toujours très plaisir :)

J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. Pour ma part, je le trouve un petit peu niais.


CHAPITRE 4

-"Tu as déjà mangé ?"

Cette question était sortie naturellement, sans que je n'ai eu besoin de réfléchir à ce que je pourrai dire pour briser ce silence pesant.

-"J'ai goûté quand il était cinq heures chez moi."

J'hochais la tête, pensivement. Il était inutile de la contredire.

-"Tu as faim ?"

-"Ça dépend, il est quelle heure chez toi ?"

-"Vingt heures trente. Comme sur ta montre.", en désignant son poignet.

-"Oh, je pense qu'elle s'adapte en fonction du lieu où elle se trouve. C'est à ça que servent le minies-fées !"

-"Les minies-fées ?"

Elle ne me l'avait jamais sortie celle-là. Je connaissais sa théorie sur les lutins, sur les licornes et pleins de créatures magiques et surtout imaginaires. Pas toujours d'ailleurs. Mais je ne me souvenais pas d'histoires de minies-fées.

-"Oui, les petites créatures qui aident les fées à s'occuper du monde. Il y en a qui s'occupent des saisons aussi. Tu n'as jamais regardé la fée Clochette ? Ils ont pris des fées pour les mettre en scène et se sont inspirés de leur histoire. C'est assez triste. Je suis sûre qu'elles veulent rester tranquilles, elles ont tant de travail ! Je pense qu'on devrait laisser les petites fées en paix, elles le méritent.."

-"Ah oui, ces minies-fées là..."

-"Tu en connais d'autres ?", visiblement interessée.

-"Non. Alors tu as faim ?"

-"Oui, puisqu'il est vingt heures... trentre-trois !", ajouta-t-elle en regardant sa montre.

Il fallait que je me ressaisisse, j'étais avec Britt bon sang !

J'avais prévu des pizzas. Je mis le four à préchauffer avant d'entraîner Britt à l'étage. Je la poussais sur le lit où elle s'étala en riant. J'étais consciente qu'un foutu sourire niais s'affichait sur mon visage, mais je ne pouvais pas m'en empêcher.

-"Regarde ce que je nous ai choisis !", avec un sourire fier.

Je brandissais un dvd de façon à ce qu'elle voit la jaquette. Celle-ci battit des mains quelques secondes visiblement ravie puis éclata de rire.

-"San, il y a que toi qui me connais aussi bien ! La Petite Sirène est mon film préféré !"

-"Je sais.."

Elle était tellement heureuse quand on le regardait que c'était devenu le mien aussi.

Je m'installa près d'elle après avoir lancé le film. Celle-ci ne tarda pas à poser sa tête sur mon épaule. Etonnament, je me sentis parfaitement à l'aise, comme avant. Comme si être si collée contre elle avait toujours été ma place. Je soupirais d'aise et me concentra sur ce qui se déroulait à l'écran. Britt adorait Sébastien qui la faisait beaucoup rire, alors que, pourtant, il n'y avait pas toujours de quoi. On avait dû voir ce film une dizaine de fois et sûrement davantage et pourtant, elle se comportait à chaque fois comme si elle ignorait les évènements à suivre. Une des nombreuses choses que j'aimais chez elle. J'aimais cesser de regarder le film et la fixer, anticiper ses réactions. Son visage affichait toujours une expression de surprise quand, au moment du concert, le coquillage s'ouvrait et se révélait vide ; elle arborait une adorable moue attendrie lors de la première apparition de Polochon, et sursautait à chaque fois au moment où le requin s'encastrait dans l'épave du navire. Anticipant son mouvement de recul, je serra sa main et elle se blottit davantage dans mon cou. Je releva légèrement la tête pour l'accueillir encore plus. Dieu que je l'aimais et que j'étais bien ! Elle se dégagea pourtant quelques minutes plus tard afin de chanter gaiement "Part of your World". Comme lors de nos précédents visionnages, je l'accompagna avec bonheur, et, debouts sur mon lit, on chantait avec un enthousiasme non dissimulé. A la fin, après la toute dernière note qui s'achevait pourtant tristement, on se laissa tomber lourdement sur le matelas, et, rebondissant, éclations de rire. Spontanément, je passa mon bras autour des épaules de la fille qui faisait battre mon coeur et la repositionna dans mon cou. Je ne me sentis pas gênée par ce geste, mais, même si j'osais n'appréhender aucune mauvaise réaction, je fus tout de même satisfaite de la sentir apaisée contre mon corps brûlant. Brûlant car ce flot d'amour m'étouffait presque. Elle resta longtemps dans mes bras, mais je fus contrainte de desserrer mon étreinte, sachant qu'elle allait se redresser d'ici peu. Ce qu'elle fit, en effet, lorsque Sébastien atterrit dans les fameuses cuisines de Louis.

-"Lord Tubbington n'est pas là. , dis-je avant qu'elle ne commence à le chercher du regard."

-"Je le lui rappelerai en rentrant. Demain. , sans me regarder, le regard rivé sur l'écran."

Il n'était pas forcément prévu qu'elle reste dormir, mais son assurance ne me dérangeait absolument pas, au contraire ! Elle se balança doucement de gauche à droite sous l'effet de la musique, puis encouragea Sébastien à fuit le "méchant monsieur avec les gros couteaux". Demain, elle rappellera à son gros chat puant qu'il ne faut pas manger les crabes, les poissons mais que, bien sûr, s'il voyait une sirène, il pouvait la ramener à condition de ne pas lui faire de mal. J'attends toujours de voir le jour où il fera tout pour ne pas faire mal à une créature mythologique.

Brittany adorait les Walt Disney. On en regardait toujours quand j'allais chez elle. Elle a toujours eu une préférence pour la Petite Sirène et le Roi Lion. Ce que je préférais, c'était voir ses yeux briller, pétiller d'émerveillement à la fin des dessins-animés. Et puis je me souvins, brusquement, comme un flash venant gâcher ce doux moment de plénitude. La première fois que j'avais embrassé Britt, Puck m'avait posé un lapin et on regardait un Walt Disney. La Petite Sirène sûrement. Je ne m'en souvenais pas, ce n'était pas cela qui avait marqué cette soirée à jamais dans mon esprit. Elle avait eu ses yeux si illuminés, je l'avais trouvée tellement adorable, attirante, et il faut l'avouer, j'avais vraiment besoin de sexe. J'avais été frustrée par l'annulation de Puck. Je m'étais jetée sur ses lèvres, sans me soucier de ce que je faisais. Tout ce que je voulais, c'était me libérer. Et elle me libéra. Je déglutis péniblement. Ce n'était qu'un jeu, un acte sans profondeur au début. Et je pensais aimer ça parce que je prenais plus de plaisir qu'avec n'importe qui d'autre. Mais non. C'était juste parce que c'était elle. Je me sentis sale d'avoir ainsi rabaisser notre relation à ses débuts alors que depuis je rêvais de la sentir à nouveau contre mon corps nu. Mais depuis, ce baiser à la fin d'un de ces dessins-animés était presque un rituel. Je dis presque, parce que c'est surtout parce que je ne pouvais pas résister à l'appel de ces magnifiques yeux. Et c'est bien ce qui m'inquiétait. Brittany se colla à nouveau contre moi, ravie que Sébastien s'en soit, comme à chaque fois, admirablement tiré. Je posa tendrement ma main contre son crâne et lui caressa distraitement les cheveux, encore dans mes lointaines pensées, ne sachant finalement plus qu'elle attitude adopter. Je n'avais jamais su résister. Et là, elle était près de moi, m'avait tant manquée et m'avait laissée sur ma faim dans les vestiaires. La chanson "Kiss the girl" fut un supplice. Je sentis Brittany se tendre légèrement à l'annonce de la chanson. Je sus que je ne devais pas l'embrasser. Des gouttes de sueur se baladaient dans mon dos. Je mis fin à mes caresses sur son cuir chevelu, mais elle grogna de frustration et se pressa plus fort contre moi, m'incitant à continuer. Je ne compris pas son attitude, mais replaça ma main et poursuivis mes gestes doux.

-"De toutes façons, Ariel et Eric ne s'embrassent pas encore.."

Je dûs tendre l'oreille tant elle avait parlé bas, et je devina plus que je ne compris. Les gouttes dans mon dos devenaient plus lourdes et plus présentes. Je ne dis rien, ne pris pas la peine de montrer que j'avais perçu ses mots et tenta de reporter ma concentration sur Ariel qui assistait impuissante à l'annonce de mariage imminent du prince avec quelqu'un d'autre. Mais cela me rappelait tous mes douloureux coup d'oeil jetés à Brittany et son copain robot. Pitoyable échec, le coeur n'y était pas. Il était trop occupé à taper douloureusement contre le corps chaud de Brittany. Une partie de moi voulait s'enfuir, faible, à la recherce d'oygène, l'autre ne pouvait pas lâcher Brittany, tout aussi faible, et s'enivrait de son parfum.

-"Les pizzas !"

Mon exclamation fit sursauter Britt, ce dont, bien sûr, je m'excusa avec douceur.

-"On les mettra dans le four à la fin. Il reste dix minutes, San."

-"Regarde le film, je.. Je reviens. Comme ça, elles seront toutes prêtes lorsque le film se terminera."

Brittany haussa les épaules avec une mine déçue et empoigna les deux oreillers qui me remplacèrent sous elle. Je me dépêcha, jetant presque les deux pizzas dans le four, remonta l'escalier au pas de course pour m'arrêter subitement devant la porte de ma chambre. Brittany était dans mon lit. Mais pas comme avant. Je devais rentrer et la serrer contre moi. Mais pas comme avant. Parce que c'était devenu si... réfléchis. Nos gestes devenaient calculés, alors qu'avant, c'était le bonheur de la spontanéité. Quand j'avais envie d'elle, je ne me gênais pas pour le lui faire comprendre. Et lorsque c'était elle qui avait besoin de me sentir contre elle, elle savait se montrer entreprenante. Mais ce passé semblait révolu. Néanmoins, l'épisode des douches me laissait perplexe. J'avais encore une chance, j'en étais persuadée. J'ouvris la porte et entra sans me poser plus de questions. Elle avait bougé. Elle s'était redressée. On devait être rendu... Un rapide coup d'oeil m'apprit que j'avais raison. La grosse pieuvre venait de mourir et le roi -que je ne pouvais m'empêcher de trouver ultra sexy- se décidait à quitter sa fille. Je la rejoignis doucement, m'assis à côté d'elle et la pris dans mes bras.

-"C'est triste...", d'une voix plaintive.

-"Mais elle retrouve son prince, ils vont vivre heureux et auront pl... un enfant."

Elle ne me répondit pas mais s'appuya davantage au creux de mes bras.

Quelques secondes plus tard, ils se marièrent et mes angoisses réapparurent. Puis se fut le générique et elle tourna la tête vers moi. Et elle avait ces yeux... Je me noyais complètement dedans, subjuguée. Et me rua sur ses lèvres sans douceur. Elle répondit à mon baiser avec autant de fougue. Elle s'allongea, m'attirant sur elle, sans cesser le baiser. Un gémissement s'échappa de mes lèvres. Ses mains pressèrent mon dos tandis que les miennes se perdaient dans ses cheveux. Je l'embrassais furieusement, je ne pouvais pas m'en empêcher. Je voulus essayer d'enleverson haut quand elle se releva brusquement, me faisant rouler sur le côté. Paralysée, je la regardais s'enfuir sans rien me dire, sans me regarder. Je mis quelques secondes à me reprendre et tenta de la suivre. La porte d'entrée claqua alors que je me trouvais dans les escaliers. Je me continua ma course, me rua sur la porte et l'ouvrit à la volée. Je vis, impuissante, sa voiture démarrer puis disparaître au coin de la rue.

Lentement, je regagna l'intérieur. Le four sonnait. J'avais deux pizzas pour moi toute seule. Et plein de petits morceaux de coeur qui ne m'appartenaient plus au fond de ma poitrine.