Chapitre quatre

La Divination est le cours le plus ennuyant que j'ai jamais suivi. Le professeur Trelawney, debout en équilibre sur une chaise, récitait des paroles sorties de nulle part en une chanson décousue tout en agitant des bras vers le ciel, puis vers elle. Encore vers le haut, puis vers elle. Je suivais du regard ses mouvements hystériques, comme tous les élèves du cours. Je me demandais quand, Merlin, cette chaise allait enfin céder quand la fin des cours s'annonça. Je mis mon livre dans mon sac et sortis rapidement de la classe. Il ne me resterait plus qu'une heure et demie de Potion et je serais libre. Je marchai d'un pas tranquille vers mon prochain cours. Je croisai Drago dans les couloirs. Il me sourit, énigmatiquement. Je lui fis un signe de la main et continuai mon chemin. Arrivée dans la salle, j'allai chercher un livre au fond de la classe et allai m'y asseoir. Le professeur fit apparaître des chaudrons tout en indiquant la page du livre pour la réalisation d'un potion appelée ''subconscient instantané''. Blaise, à la table voisine de la mienne, se retourna pour me dire :

- Substance illicite ! Ça va être gé-nial ! J'ai trop hâte, s'exclama-t-il.

- Mr Zabini, si Miss Granger vous intéresse tant, pourquoi ne pas nous faire part de vos petites amourettes ?!, questionna ironiquement le professeur, les mains sur les hanches.

Nous rîmes, puis je lui poussai l'épaule pour qu'il se retourne.

- Donc, reprit le professeur. Nous allons étudier à la préparation aujourd'hui, le philtre de ''subconscient instantané''. Comme son nom l'indique, c'est un philtre instantané. Il agit donc immédiatement après ingestion. Quand à la partie subconscient de la potion, elle a un effet qui vous plonge dans le subconscient de chacun. Qui peut nous donner la définition de subconscient ? Mr Zabini, peut-être ?

- Je vais être sa cible pour une bonne semaine au moins, maintenant, marmonna-t-il avant de s'éclaircir la gorge. Le subconscient est souvent relié à l'inconscient. C'est un état psychique qui influe sur notre comportement par rapport à nos idées ou sentiments enfouis. Dans tous les cas, nous n'avons pas conscience d'être en cet état.

Le professeur lui lança un regard contrit, puis se frotta le menton en plissant les yeux.

- Bien ! Vous avez cinquante minutes.

Il claqua des mains, puis la classe fut comme parcourue d'une vague d'agitation. Je soupirai avec un sourire et commençai la potion. L'inconscient ? Intéressant. Je commençai par ouvrir le livre, suivant du doigt la recette. Elle avait l'air complexe. Une petite détonation se fit entendre. Je me retournai. Seamus avait fait exploser son chaudron au premier ingrédient versé dans son chaudron. Ça ne lui arrivait pas très souvent. D'habitude, il explosait sa potion vers la demie-heure passée. Alors la potion était complexe. Je m'attachai les cheveux et remontai les manches de mon uniforme. Je me mis en condition de travail comme je le faisais avant, les années passées. Cela faisait du bien de faire un peu travailler mon cerveau, je devais l'avouer. C'était intense ce sentiment de suspense jusqu'à arriver, à la fin de la potion, à la conclusion de réussite ou non. Une heure plus tard, je touillai la mixture dans mon chaudron doucement, et des petites paillettes dorées apparurent à la surface. Je l'avais réussie. Je n'avais même pas besoin de voir le professeur regarder avec approbation ma potion en passant à côté de moi. Je le savais. Je poussai une petite exclamation de joie, et Blaise me lança un regard amusé.

Cinq minutes après, le professeur nous libéra. Blaise me suivit jusqu'à la sortie du cours, puis d'un signe de tête m'indiqua de le suivre. Il s'arrêta quand nous passions dans un couloir désert. Il sortit de sa poche une grande fiole du… philtre de subconscience !

- Comment as-tu fait ?, murmurai-je avec un grand sourire, les yeux grands ouverts.

Il la rangea puis regarda de l'autre côté du couloir en disant avec la plus grande des modesties :

- Oh, pas grand-chose, juste quelques années d'entraînement !

- T'es con, ris-je en le tapant sur l'épaule. Tu aurais pu te faire prendre, le professeur ne faisait que de te fixer.

- Je sais, mais ça, c'est pour autre chose : je suis tellement beau, se plaignit-il en reprenant son chemin vers la Grande Salle.

- Et que comptes-tu en faire ?, fis-je en levant les yeux au ciel pour sa remarque précédente.

- Étant donné que c'est une substance un petit peu illicite, je vais en faire quelque chose d'amusant. Comme des friandises, ou… un cocktail. Pour la fête de ce soir.

- Pour forcer les gens à faire ce dont ils ont vraiment envie de faire ?

Il s'assit à la table des Gryffondor, me laissant aux portes de la Grande Salle. Je le suivis, souriante. Il s'était assis à côté de Ginny, mais s'en fichait royalement des regards - autant catastrophés que quand moi-même m'étais assise à la table des Serpentard - que tous lui lançaient. Je m'assis à mon tour en face d'elle.

- Pas pour les forcer, mais pour qu'ils s'en rendent compte, répondit-il. Ça va être amusant, tu verras.

Après avoir mangé, nous remontâmes un instant dans nos dortoirs avec Ginny. Elle se coiffait quand elle se retourna pour me regarder le plus sérieusement qu'elle ne m'avait jamais regardée.

- Blaise... ?, fut le seul mot qu'elle prononça.

Je finis de me brosser les dents et enlevai mon uniforme.

- Il t'aime beaucoup. Depuis longtemps d'après ce que j'ai pu entendre.

- C'est vrai alors, chuchota-t-elle avec un grand sourire tout en passant un sweat noir et un jean.

- Oui, approuvai-je.

J'enfilai un leggings et un pull gris.

- Et toi ? Qu'est-ce que tu penses de lui ?

Elle eut un petit rire nerveux et me tendit des bottines noires que j'enfilai.

- Il est… superbement sexy ?, fit-elle en riant.

- Et… ?, appuyai-je.

Elle mit ses chaussures à son tour et je la suivis dans la salle commune.

- Attends, une seconde, chuchota-t-elle.

Harry était assis sur le canapé face à la cheminée. Il semblait regarder dans le vide quand il s'aperçut de notre présence. Il tourna instantanément la tête vers Ginny. Elle lui sourit, le regard fuyant. Je m'approchai de lui tandis que Ginny passa le portrait.

- Tu vas bien Harry ?

Il leva le regard vers moi, il avait le yeux vitreux et des cernes entouraient ses yeux.

- Je ne dois pas être très agréable à voir, hein, fit-il faussement sarcastique. Je devrais peut être aller dormir.

Il se leva doucement, mais je lui posai la main sur l'épaule, le faisant se rasseoir. Je m'assis à mon tour à côté de lui.

- Qu'est-ce qui ne va pas ?

En réalité, je savais très bien ce qui n'allait pas. C'était ma meilleure amie. Mais je savais que si il parlait de ça, ça lui aiderait à surmonter ses problèmes et à passer à autre chose.

- Je sais que tu es au courant Hermione. Mais il me faut un peu de temps. Ne t'inquiètes pas, je réussirai à tourner la page. J'aimerais même lui parler, comme un ami normal mais je ne suis pas sûr qu'elle le veuille.

- Je vais lui en parler, d'accord ?

Il me parut reconnaissant, et sourit. Il se leva enfin et je le suivis du regard jusqu'à ce qu'il monte dormir. Je sortis enfin de la Salle Commune pour rejoindre Ginny qui discutait avec Pansy. Pansy ? Oui, elle discutait avec elle. Je m'approchai.

- Oh, mais c'est génial !, s'exclama Ginny. On pourra enfin refaire notre stock avec des vêtements à peu près portables. Les vieilles boutiques me lassaient.

- Oui, ils vont ajouter un petit centre commercial de boutiques pour attirer la population. Ma grand-mère dit que d'ici l'an prochain, Pré-Au- Lard sera plein de monde. Et puis, je connais le gérant de la boutique, il pourra nous faire des prix.

- J'ai hâte !, confirma Ginny.

Pansy me vit et me pressa d'un geste de la main.

- On attendait plus que toi, allez ! Si tu ne te dépêches pas il ne va même plus y avoir d'habits pour nous !

Je ris et les suivis. J'étais heureuses qu'elles s'entendent. Si ce n'est sur la mode, mais au moins elles s'entendaient bien. Il faudrait que je parle à Ginny de Harry. Peut être pas ce soir, mais demain matin, c'était sûr. Nous nous retrouvâmes devant un très beau magasin. Il avait les façades blanches et noires, et la marque bleue et dorée était suspendue au dessus de deux grandes portes vitrées. Je restai un instant ébahie devant la beauté et la modernité de cet endroit. Cela faisait tâche à côté de Pré-au-Lard. Ou plutôt Pré-au-Lard faisait tâche. Je fus vite entraînée à l'intérieur. On voyait nettement les couleurs dominantes des habits ici. Blanc, bleu marine, bleu jean, noir, gris. J'adorais le style du magasin. Et la musique, elle représentait vraiment l'âme de cet endroit. Je me demandais pourquoi je n'avais pas vu de boutique comme celle-ci auparavant. Je sortis vite de mes pensées en voyant déjà Pansy avec une pile d'habits dans ses bras. Ginny quant à elle, regardait une jolie robe bleue à motifs blancs. Mon regard tomba instantanément vers un sweat noir, où était cousu au fil blanc ''you can make hell feel like home''. Il était tout particulièrement joli. Et qu'à quatre gallions. C'était largement abordable, alors je le posai sur mon bras pour continuer mon chemin.

Deux heures après, j'étais assise sur un fauteuil en face des cabines d'essayage, à attendre que Ginny et Pansy finissent d'essayer leurs habits. J'avais pris quant à moi deux chemises à carreau, une vert foncé et une bordeaux; une jupe noire rayée blanche; un t-shirt court noir; une robe en coton fluide de la même couleur; un pull blanc; une combi-short imprimée marguerites et deux paires de chaussures. Si ce que j'ai acheté paraissait énorme, les achats de Ginny et Pansy étaient gigantesques. Elle sortirent enfin de la cabine et nous allâmes payer nos achats. Après être sorties du magasin avec un au revoir chaleureux des vendeuses, nous nous dirigeâmes vers l'ancien Pré-au-Lard. Nous nous arrêtâmes chez Florian Fortarôme pour se reposer un peu. Nous étions assises à manger nos glaces et à discuter quand nous croisâmes les garçons. Il y avait Théodore, Blaise et Drago. Pansy cria à s'en arracher la gorge en leur faisant de grands signes de la main. J'allumai une cigarette et les garçons vinrent s'asseoir avec nous. Ils commandèrent eux aussi des glaces. Je souris quand je vis à quelles places ils s'étaient assis. Blaise était à côté de Ginny et Pansy, et moi j'étais entourée de Théo et Drago. Très étrange, pensai-je avec un sourire.

- Vous aussi vous avez vu ce nouveau magasin au bout de Pré-au-Lard ?, questionna Théodore.

- Oui, confirma Ginny. J'aime beaucoup le style de la boutique.

- Moi aussi, confirma-t-il.

- J'espère que vous avez acheté des tenues convenables pour la soirée ?, fit Blaise, un grand sourire sur le visage.

Tout le monde acquiesça, puis posèrent toutes sortes de questions à Blaise.

- En tant que l'un des organisateurs de la soirée, je me dois de respecter le règlement de tenue du secret. En gros, je ne vous dirai rien. Tous les invités recevront une lettre dans leur dortoir, ce soir, après le banquet. Elle contiendra les informations nécessaires.

- Mais où est-ce que ce sera ?, s'enquit Ginny.

- Je ne dirai rien, même si c'est toi ma jolie, fit Blaise, désolé.

Ginny parut triste mais heureuse à la fois, pour le surnom que Blaise lui avait donné. Je vis soudain Ron passer à côté de nous, regardant alléché les glaces. Quand il nous aperçut, il parut renoncer et nous lanca à moi à Ginny un regard noir. Drago et moi soupirâmes en chœur, ce qui nous fit sourire. Je lui tendis ma cigarette, qu'il accepta. Je le regardait recracher la fumée. Il avait vraiment de très belles lèvres. Je coupai court à ma contemplation quand je vis la main de Théodore passer devant moi pour quémander la cigarette. Drago lui tendit avec un certain mépris.

- Merci, fit-il ironiquement.

Théodore avait aussi une façon de fumer qui me fascinait. C'était comme si il expirait son âme. Il faisait sortir la fumée de sa bouche de telle sorte que les volutes blanchâtres ressemblaient toujours à quelque chose qu'il me plaisait d'imaginer. Il me la tendit avec une mimique adorable sur le visage. Je lui souris et la repris tout en me mêlant à la discussion des autres qui essayaient d'imaginer la soirée sous le regard circonspect de Blaise qui paraissait s'en amuser.


Et voiilàààà le quatrième chapitre, n'hésitez pas à laisser une review pour me donner vos impressions !

Wizzy