Pour un enfant

Auteur: Micka, je persiste et je signe.

Rating: Moins de M pour l'instant ça c'est sûr, je dirais T par mesure de sécurité, mais je ne suis pas encore sûre pour l'instant.

Couple: Yaoi. Harry +… encore un peu d'attente ça va venir.

Warnings : SI L'HOMOSEXUALITE VOUS GENE PASSEZ VOTRE CHEMIN, je n'accepterais pas de commentaire sur ce point. Pas de Mpreg. Ne prend pas en compte le tome 6 HBP.

Disclaimer : Ils ne m'appartiennent pas à mon grand regret. Tout comme leur univers ils appartiennent à JK Rowling. L'histoire originale m'appartient, la nouvelle apparence des persos aussi et Aria Black est rien qu'à moi. Pas touche je mords Grrrrrrrr !

Résumé : Fudge dans sa bêtise chronique prend une décision encore plus idiote que les autres qui va bouleverser le destin d'Harry et de certains de ses condisciples. Il les exile dans le monde moldu, privés de leurs pouvoirs, comment vont-ils y survivre ? Qu'est ce qui les attend dans ce monde cruel ? Dallas ton univers est impitoyable, la la la. Oups je crois que je me trompe d'histoire….

Oulala en allant voir les stats de cette fic j'ai été secouée. En effet, curieuse comme pas deux, je suis allée voir qui avait mis mon histoire en alerte. Et là le choc que vois-je dans la liste ? Deux des auteurs que j'aime le plus, Ornaluca et Shali Maxwell, dont j'ai dévoré les histoire, (sans laisser de review j'avoue, honte sur moi). Ouah, j'ai l'impression de jouer dans la cour des grands. Ça me fait super plaisir, mais en même temps j'ai un peu peur. Et si c'est un fiasco ne puis-je m'empêcher de penser. Heureusement pour moi y a ma petite muse qui me soutient et tous les autres qui laissent une review. Alors je dis un grand merci à tous ceux qui m'encouragent et me donnent le sentiment que cette histoire peut plaire à quelqu'un d'autre qu'à moi. C'est grâce à des petites choses comme ça qu'on prend plaisir à écrire parce qu'on sait que derrière il y a un partage. Je dois avouer aussi que ça pousse à poster régulièrement pour pas avoir mauvaise conscience.

Je pensais d'ailleurs avoir du mal avec ce chapitre et donc ne pas pouvoir le poster avant de partir, mais il est finalement venu tout seul et j'aurais peut-être le temps de poster le suivant avant de partir en vacances. J'espère que ce chapitre aussi vous plaira.

NOTA BENE

A propos du chapitre 2 j'ai oublié de dire comment Draco reconnaît Harry. En fait derrière ses nouveaux cheveux longs qui lui tombent sur les yeux Harry a toujours sa cicatrice, elle fait partie intégrante de son être et de sa magie c'est pourquoi aucune magie ne peut l'effacer. Mea culpa pour cet oubli.J'ai republié le chapitre corrigé (il n'y a qu'une phrase qui change, mais ça me gênait).

Le concours pour savoir qui est l'enfant du prologue selon vous est toujours ouvert. J'attends avec curiosité vos propositions.

Chapitre 3 : Apprivoiser le dragon

Le professeur de sport avait déposé Malfoy sur un des lits de l'infirmerie et l'avait confié aux bons soins de l'infirmier, un jeune homme d'une trentaine d'années, à l'air jovial. Longiligne et souriant, il semblait débordant d'énergie et s'activait autour de Draco pour l'ausculter, prendre sa tension, vérifier sa température, etc. Debout dans un coin Harry se sentait un peu de trop et, en même temps, cette infirmerie lui donnait un sentiment de réconfort. Elle ressemblait tellement à celle de Poudlard ! Après avoir terminé son examen de surface l'infirmier se tourna vers lui.

« Vous êtes son ami ?

- Euh…On peut dire ça. Il va bien ?

- Oui son étourdissement n'est dû qu'à de la fatigue et une alimentation insuffisante. J'ai l'impression que votre ami souffre d'anorexie. Je suppose qu'il accorde beaucoup d'importance à son physique

- Oui. Encore qu'en ce moment il y fait moins attention…Harry n'eut pas le temps de prolonger ses réflexions, l'infirmier avait déjà repris son laïus.

- Je ne sais pas si vous savez ce qu'est l'anorexie. C'est une pathologie qui incite les personnes à ne presque plus rien manger ou à se faire vomir pour éviter de grossir. Je pense que votre ami souffre de cette déviance alimentaire, mais qu'il n'est pas encore très gravement atteint et qu'il faut juste qu'il reprenne confiance en son apparence et qu'il mange de façon raisonnable. Cependant, si on laisse les choses en l'état, cela va s'aggraver et il devra consulter des professionnels. Je pense que vous devriez essayer de le raisonner. Il écoutera sans doute plus facilement quelqu'un de son age qui le connaît que moi. Tentez de lui faire comprendre qu'il ne doit pas négliger sa santé pour la seule esthétique. Je vous laisse veiller sur lui jusqu'à son réveil et lui expliquer ce que je viens de vous dire. Ne vous inquiétez pas je vous ferais un mot pour vos professeurs et s'il y a le moindre souci je suis dans mon bureau juste à côté. »

Sur ce l'infirmier le laissa en plan dans cette chambre trop blanche en compagnie d'un Malfoy trop calme sur ce lit d'infirmerie. Harry décida de s'asseoir près de Malfoy pour guetter son réveil. Il s'abîma dans ses pensées. Il savait que sa Némésis n'était pas anorexique, celui-ci était conscient de sa beauté et de son aura de séduction. Par contre, cela confortait les doutes qu'il avait à son sujet : il n'arrivait pas à se nourrir correctement. Il sentit une nouvelle bouffée de rage l'envahir à l'encontre du Ministre et de Dumbledore. Comment avaient-ils pu cautionner le fait d'abandonner des adolescents et pour certains presque encore des enfants, dans un monde inconnu où ils n'avaient pas leur place et où ils étaient en perpétuel danger ! Il était sûr que Malfoy n'était pas le seul à ne pas savoir faire la cuisine. Chez les sorciers le moindre repas se faisait à l'aide de la magie et pour les plus riches avec celle d'elfes de maison. Autant abandonner ces jeunes sorciers à une mort lente et douloureuse. Harry ne pouvait pas accepter ça même pour son pire ennemi. Il n'avait jamais supporté la cruauté gratuite, en ayant trop souffert. C'était peut-être son complexe du héros comme certains l'appelaient, mais il n'allait pas laisser les choses en rester là. Il ne pouvait s'empêcher de s'indigner du sort réservé à Malfoy et à ses camarades de Serpentard : ils étaient punis à la place de leurs parents de la plus injuste des façons. C'est vrai que je les ai toujours détestés, mais voir Malfoy se débattre face aux aléas du monde moldu me rappelle que ce ne sont que des humains et que comme moi ce ne sont que des adolescents propulsés dans un conflit vieux de 20 ans qu'ils ne comprennent pas. Que Malfoy soit d'accord ou pas il allait prendre les choses en main et sauver ce stupide Serpentard malgré lui. Il lui faisait trop penser à un jeune chiot pataud tomber dans une flaque pour qu'il le laisse crever sur le bord de la route. Ce dernier revenait d'ailleurs à la conscience, papillonnant des paupières. Harry ne lui laissa pas le temps de reprendre ses esprits et de se retrancher derrière une barrière de mépris et entama les hostilités.

« Depuis combien de temps n'as-tu pas mangé ?

- …

- Mattews ! Je ne me répéterais pas : Depuis combien de temps n'as-tu pas mangé ?

- Une semaine. T'es content ? Tu vas pouvoir te gausser de ce pauvre petit gosse de riche affamé avec tes potes la belette et le castor.

- Tu te trompes je sais trop ce qu'est la faim pour me moquer. Ne me regarde pas comme ça ! Tu seras peut-être surpris de l'apprendre, mais je n'ai jamais mangé à ma faim avant d'entrer à Poudlard.

- Tu voudrais me faire croire que l'enfant chéri du monde sorcier n'avait pas à manger quand il était enfant ? Laisse moi rire !

- Ri autant que tu veux, mais c'est vrai je dormais dans un placard, je mangeais les restes et je servais de bonniche. Navré de brisé tes illusions. Plus sérieusement pourquoi ne manges-tu plus ? C'est parce que c'est moldu et que tu ne sais pas cuisiner ?

- Parcequejen'aiplusd'argent

- J'ai rien compris parle plus fort

- JE SUIS FAUCHE ! Ça te va comme ça ?

- Ce soir tu manges à la maison, …

- QUOI !

- … j'ai assez d'argent pour deux jusqu'à la fin du mois et le mois prochain on mettra en commun et je te montrerais comment gérer et cuisiner, continua Harry pas perturbé du tout par la réaction vive de son comparse. De toute façon t'as pas le choix au pire je viendrais te chercher par la peau des fesses. Ma chambre est la 82, soit là à huit heures. J'y vais à plus. »

Et il planta là Draco, sans lui laisser le temps de répondre. Celui-ci, interloqué restait comme deux ronds de flancs. Potter s'était autoproclamé sa baby-sitter ! Il croyait déjà avoir atteint le dernier cercle de l'enfer, mais là il se rendait compte qu'il avait eu tort, il y en avait encore un autre et le bourreau était le Sauveur avec son fichu complexe du héros et son bip d'honneur Griffondor. Il était hors de question qu'un Malfoy s'en remette à la charité de quelqu'un d'autre ! Mais d'un autre côté, il avait faim, très faim et, qui sait, à fréquenter Potter il apprendrait peut-être d'obscurs secrets qu'il pourrait réutiliser ensuite. Draco se mit à suivre ce nouveau fil de son raisonnement et il ne se rendit pas compte que c'était une excuse qu'il se créait, un faux semblant derrière lequel se cacher. C'était décidé, il allait répondre à l'invitation de Potter, mais rien ne l'obligeait à être un hôte agréable…

Le soir même Harry commença à regretter son bon cœur : jamais Malfoy n'avait été aussi infect en un si petit laps de temps et ça faisait quand même six ans qu'ils se cherchaient des crosses. Mais bon, l'obstination était une de ses qualités. Il était hors de question que ce chieur ait le dernier mot. Le lendemain, à l'heure du déjeuner, il se rappela au bon souvenir de son camarade en lui envoyant un sandwich pour qu'il puisse manger sans être obligé de venir dans un self rempli de monde, au grand dépit de Draco qui espérait que sa prestation de la veille suffirait à faire fuir le châtain. A partir de ce jour, Harry multiplia les efforts pour amadouer le dragon : faire ce qu'il aimait, multiplier les desserts pour cet accro du sucre, remettre sa garde robe en état, lui faire découvrir les bons côtés du monde moldu… Une fois passé les premiers jours, le blond se détendit quelques peu en compagnie du châtain. Il détestait dépendre de son pire ennemi, mais paradoxalement il trouvait que sa compagnie n'était pas si déplaisante. Il fait dire qu'après plus d'un mois sans parler, même la conversation de Vincent ou Gregory lui aurait semblée agréable. Le Survivant avait de l'humour et un minimum de conversation et en plus s'était une vraie fée du logis. Que demande le peuple ? Du pain et des jeux, je sais et c'est exactement ce qu'il m'offre... Harry fut surpris de la vitesse à laquelle ils s'acclimatèrent l'un à l'autre, passant d'une haine à couteau tiré à une tolérance tacite. Ce n'était pas encore de l'amitié, mais ce n'était plus de l'animosité ou de l'indifférence. Ils passaient beaucoup de temps ensemble et s'habituaient l'un à l'autre, se surprenant à apprécier tel ou tel trait de caractère chez l'autre, même s'ils ne l'auraient reconnu pour rien au monde !

Draco se révéla un adepte du cinéma et un compagnon dediscussion agréable. Il avait de la conversation, son humour cynique et caustique faisait beaucoup rire Harry quand il n'en était pas la victime. Quand il laissait tomber le masque du petit con arrogant, Malfoy était en fait plutôt de bonne compagnie. Il apprenait des tas de choses à Harry sur les coutumes sorcières, sur l'ancienne magie… Harry appris ainsi que la plus grande fête sorcière n'était pas Samain (Halloween pour les moldus), mais Pâques. C'est d'un ton désabusé que Draco avait demandé à Harry : « Comment crois-tu que les cloches volent ? Par la grâce du Saint Esprit ? C'est magique, naturellement ! » Il lui expliqua que des sorciers avaient un jour volé les cloches du village moldu voisin lors de la célébration de Gaia, la mère de tous les sorciers, et que les moldus avaient crié au miracle. Pour se moquer d'eux ils avaient recommencé les années suivantes, puis la tradition s'était transmise. Cependant la conversation qui avait le plus marquée Harry concernait les duels sorciers. Draco lui appris que, dans les anciens temps, ils ne ressemblaient en rien à ce qu'on leur avait montré en deuxième année. Seuls les sorciers les plus puissants pouvaient survivre à ces duels. Ces combats étaient scellés par la magie elle-même, on ne pouvait pas les refuser ni s'y soustraire. Une fois la lutte entamée, on ne pouvait pas l'arrêter avant que l'un des deux n'avoue être vaincu ou ne meure. On ne pouvait pas tricher et personne ne pouvait intervenir, la magie interne de ces duels l'empêchait. Une fois le combat achevé, le perdant ne pouvait plus affronter son adversaire sous peine de voir sa magie se retourner contre lui et l'abandonner. Harry s'était tout d'abord étonné que Dumbledore ne lui ait pas parlé de cette solution pour combattre Voldemort, mais il compris finalement que c'était quitte ou double, dans un tel duel on a qu'une seule chance et il doutait qu'un seul combat suffise à vaincre le lord noir.

Au cours de ces conversations, parfois trop érudites pour lui (« Hermione sort de ce corps ! », avait-il un jour hurlé, déclenchant la stupéfaction de Draco et sa propre hilarité), il découvrait un Draco intéressant et attachant, qui l'attirait peut être un peu trop pour son bien. Harry se savait intéressé par les garçons depuis le fiasco avec Cho, son baiser mouillé et tout le reste, mais il refusait d'être attiré par sa Némésis, s'il commençait comme ça il était fichu. Puis il eut un éclair de génie : il n'était pas attiré par Malfoy, c'est juste qu'il passait trop de temps avec lui. Depuis qu'il avait pris l'ex-serpentard sous son aile, il était vrai qu'il sortait moins avec ces nouveaux potes, il suffisait donc de sortir de nouveau pour remédier au problème énoncé plus haut.

Il n'eut pas le temps de mettre à exécution ses bonnes résolutions que les vacances de Noël arrivaient déjà. Pour les fêtes la plupart de leurs camarades partaient dans leur famille et les deux sorciers se retrouvaient assez seuls. Certes Harry avait reçu plusieurs invitations, mais il refusait de laisser Draco seul et avait poliment refusé, arguant qu'il ne voulait pas s'imposer lors d'une fête de famille. Il avait joyeusement proposé à son presque colocataire de préparer ensemble cette grande fête. Le peu d'enthousiasme dudit compagnon d'infortune ne refroidit pas les ardeurs d'Harry. C'était son premier vrai noël où il pouvait faire les choses comme il en avait envie. Chez les Dursley, il avait toujours détesté cette période qui était synonyme de plus de travail en cuisine, de nombreux cadeaux pour Dudley et d'une soirée dans le placard pour lui. Les noëls de Poudlard étaient joyeux et chaleureux, mais, d'une certaine façon, impersonnels. Harry voulait choisir son sapin et le décorer, préparer ses plats préférés, mettre des guirlandes aux murs… et cette année il en avait l'occasion. Il traîna un Draco réticent dans les jardineries et les boutiques en tout genre revêtues de parure de lumière. Il s'émerveilla en regardant les devantures, soupira de bonheur devant les rues illuminées, les sapins géant…qui faisaient du cœur de Dublin comme un écrin à la Lifey scintillante de mille couleurs au fil de son courant.1. Ils peinèrent à faire rentrer dans la minuscule chambre d'Harry un sapin bien trop grand. Draco subit stoïquement l'attaque des guirlandes par un gamin excité et intenable qui voulait absolument le faire participer à cette « réjouissante » activité. Autant Harry semblait aimer noël autant cela laissait Draco indifférent. Il était heureux d'échapper aux innombrables réceptions de fin d'années qui avaient habituellement lieu à cette période dans sa famille. Noël n'avait jamais été une fête de famille chez les Malfoy, c'était une fête d'apparat, d'apparence et de convention. Le sapin trônait dans une pièce magnifique, mais sans âme, il était décoré par les elfes et l'échange des cadeaux était codifié et conventionnel. Pas de quoi se mettre en transe. Voir Harry se démener dans tous les sens le surprenait un peu. Pourquoi s'inquiéter autant pour quelque chose d'aussi futile ? Cependant il se laissait mener d'assez bonne grâce par le châtain. Ce n'est pas parce que noël n'était pas sa tasse de thé qu'il devait gâcher le plaisir de son camarade. En quelque sorte c'était sa façon à lui de le remercier de l'accepter comme il était, sans le prendre en pitié devant ses lacunes en culture moldue et sans le rejeter à cause de son caractère désagréable et cynique… et aussi pour lui avoir assurer le couvert et les vêtements ! Il fut cependant heureux du répit qu'Harry lui accorda la veille de noël en le mettant à la porte de sa chambre pour, disait-il, leur préparer « un festin à se faire éclater la panse ». Le soir venu, quand Harry lui ouvrit sa porte, il fut subjugué. Ce n'était plus une petite chambre miteuse dans une cité universitaire, mais un salon chaleureux. Les odeurs de pain d'épice qui flottaient dans l'air, les multiples flammes vacillantes des bougies, la douce luminosité de la guirlande dans le sapin, tous les éléments se combinaient pour créer une atmosphère chaleureuse, intime, magique. Oui, Harry avait rendu cette pièce magique, elle vibrait de bonheur, d'impatience, de sentiments amicaux, à l'instar de son propriétaire.

« C'est magnifique » Les mots avaient échappé à Draco sans qu'il puisse les retenir. Harry se contenta de lui sourire en retour et l'invita à s'asseoir à table. Commença alors pour Draco le repas le plus agréable qu'il ait jamais fait. Les propos joyeux s'écoulaient sans gêne, ils n'étaient plus d'anciens ennemis d'école, mais de nouveaux amis réunis pour une heureuse occasion. Une connivence silencieuse et durable se tissa alors entre eux. Draco avait mangé dans bien des grands restaurants sorciers, mais jamais il n'avait autant apprécié un repas, ce n'était pas que la nourriture, qui a elle seule était un véritable voyage pour les sens, c'était le fait d'être en compagnie de quelqu'un qu'il appréciait (c'était dur à admettre mais il appréciait ce fichu binoclard) dans un endroit qu'il avait envie d'appeler son foyer plus que tout autre endroit au monde. La soirée s'écoula entre fou rire et confidence, salé et sucré, agrémentée de verres de vin et quand ils s'endormirent l'un près de l'autre ils se sentaient en paix. Ce soir là il avait été à l'endroit où était leur place.

Le premier à se réveiller fut Draco. Il réalisa avec une stupéfaction mêlée d'effroi qu'il dormait emmêlé avec Potter (tiens c'est redevenu Potter avec le matin ?), leurs jambes enchevêtrées, la tête de l'intrus reposant sur son torse et les bras dudit intrus l'agrippant comme si c'était une question de survie. Cette attitude infantile ôta toute colère et tout mécontentement à Draco. Il était assimilé à une peluche géante ! Il n'aurait jamais cru ça possible. Ce n'était pas pour rien qu'on l'appelait le Prince de glace dans les cachots de Serpentards, personne n'avait le droit d'envahir son espace personnel ou de venir le coller de trop près, Pansy l'avait appris à ses dépens. Et pourtant, il ne se sentait pas gêné, le squatteur dégageait une douce chaleur et son visage en paix était apaisant. Draco se serait presque attendu à le voir sucer son pouce. Ses bras se refermèrent malgré lui sur sa petite bouillotte personnelle. Ça devait être comme avoir une peluche que l'on peut câliner autant qu'on veut. Draco n'avait jamais eu de peluche, son père estimait que ça rendait faible. A cet instant, il se prit à regretter de ne pas en avoir eu plus tôt. C'est sur ces pensées nostalgiques qu'il se rendormit dans son cocon de chaleur. Il ne le savait pas encore mais tout ce que son cœur d'enfant avait jamais désiré était à ce moment là entre ces bras. 2

Quand Harry sortit des limbes du sommeil il se sentit en sécurité, comme s'il se trouvait au cœur d'une bulle de douceur et de chaleur. En ouvrant les yeux il comprit d'où cela venait. Il reposait sur la poitrine de Draco, leurs membres entrelacés. C'est agréable… merde s'il se réveille je vais me faire lapider. Votre mission si vous l'accepter, sortir de là sans réveiller le bel endormi. Il se détacha à regret des bras du blond. En attendant son réveil, il se mit en devoir de préparer un véritable petit déjeuner de fête, même s'il était presque midi. Après tout c'est le matin de noël alors tout est permis ! Il disposa les cadeaux aux pieds du sapin. Une demi-heure plus tard, il se décida à réveiller le blond, aidé par une bonne odeur de café et de croissant chaud. Ils s'installaient autour de la table quand Draco réalisa qu'il y avait des paquets aux pieds du sapin, mais que le sien était toujours dans son sac. Comment faire pour le mettre avec les autres discrètement ?

« Tu n'aurais pas du lait ?

- Je vais regarder dans le frigo. »

Le temps qu'Harry plonge la tête dans le réfrigérateur, Draco avait bondi de sa chaise, attrapé son paquet et s'apprêtait à le poser avec les autres. Trop tard Harry se retournait déjà. Pris en flagrant délit ! Cependant le sourire qui s'épanoui à cet instant sur le visage du propriétaire des lieux chassa la honte de Draco de s'être fait attrapé à agir comme un môme. Potter semblait ne pas vouloir croire que lui, Draco-je-suis-un-connard-sans-cœur-Malfoy, était en train de déposer un paquet pour lui, Harry-je-survis-à-tout-Potter. Il agissait comme si c'était trop beau pour être vrai, comme un enfant qui n'a pas eu beaucoup de cadeaux dans sa vie, mais c'était peut-être la réalité vu ce qu'il lui avait raconté sur sa famille. Il était désormais trop tard pour se cacher et Draco tendit vaillamment son paquet au châtain. Les larmes aux yeux Harry l'accepta avec un sourire qui devait faire trois fois le tour de sa tête, mais il refusa de l'ouvrir avant que Draco ait aussi le sien. Le blond avait maintenant entre les mains un paquet assez volumineux, mais moelleux, emballé sans talent, mais sans doute avec beaucoup de cœur. Harry mettait toujours tout son cœur dans des petites choses inutiles, mais si touchantes. Alors qu'il observait son paquet, le châtain était déjà en train de déballer le sien, ou pour être exact de mettre toute sa force et sa détermination à arracher le papier cadeau de celui-ci. Décidant de rattraper son retard, Draco fit quelque chose qu'il ne se serait jamais permise au manoir, il déchira le papier. Il s'arrêta dans cette tâche figé de stupeur la bouche en "o". Entre ses mains il tenait une peluche, sa première peluche, un tigre blanc très mignon avec des yeux bleu craquants. Il hésitait entre le rire et les larmes. Jamais un présent ne l'avait autant touché et, en même temps, il était conscient que s'il n'avait pas eu de prise de conscience durant cette nuit il l'aurait sans doute jugé stupide. Harry semblait attendre sa réaction impatiemment et, apparemment, le sourire qui illumina les traits de Draco lui suffit comme réponse à sa question muette. Oui son cadeau lui plaisait. C'est soulagé qu'il finit de développer une fine gourmette en forme de serpent. Elle était magnifique et il se demandait quand son camarade avait pu l'acheter.

Lors des préparatifs des fêtes Harry avait profité des étrennes offertes par Dumbledore pour acheter ses cadeaux. Il avait encore une fois traîner le blond avec lui pour faire les boutiques. A un moment, il avait abandonné Draco sous le prétexte fallacieux d'avoir oublié quelque chose. Draco avait compris qu'il était parti lui acheter quelque chose et avait décidé de lui rendre la pareille. Dans la foulée il avait même acheté une bricole pour Blaise et Théo, un livre pour son père, une petite poupée de porcelaine pour sa mère et un collier pour sa sœur. Il avait aussi pris une petite peluche, il n'avait personne à qui l'offrir mais son sixième sens lui hurlait de l'acheter. Il avait suivi son instinct et l'avait prise. Il semblerait que son inconscient ait compris avant lui qu'il avait besoin d'affection. Etrange. D'habitude son don de préscience se déclenchait pour des choses plus importantes, comme pour la décision du ministère. Mais bon, personne n'est infaillible.

Comme pour prolonger la magie de noël, ils reçurent le lendemain une lettre du ministère : ils allaient pouvoir rencontrer leur correspondant avant la fin des vacances. Harry trépignait à l'idée de revoir son meilleur ami et de pouvoir lui offrir son cadeau en main propre. Draco aussi était heureux de pouvoir profiter un peu de la présence de sa sœur. Cependant les choses ne se déroulèrent pas exactement comme il l'aurait souhaité…

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J'avoue avoir été très tentée de couper là, mais vous n'aurez pas la suite tout de suite pour cause de vacances, alors je ne suis pas sadique et je vous en mets un peu plus.

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En ce deux décembre deux piles électriques tenaient un conciliabule dans la chambrette de l'une d'entre elles. Et oui, aujourd'hui c'était le grand jour : ils allaient revoir une des personnes les plus chères à leur cœur. Ils s'étaient longuement préparés pendant les jours qui avaient précédés, Harry avait acheté des bonbons moldus pour Ron et avait passé un certain temps, voire un temps certain, derrière les fourneaux pour lui préparer quelque chose de bon, il s'était arrangé avec ses copains du lycée pour organiser un match de rugby, il était sûr que ça plairait à son meilleur ami ; de son côté Draco avait briqué son appartement, acheté un repas chez le traiteur, il avait confiance dans les talents culinaires de son ami, mais il savait que ça vexerait sa sœur que ce soit fait main, et il avait passé trois heures à choisir la meilleure tenue pour accueillir Aria. Ils étaient enfin prêts et il leur restait deux heures à attendre. Quoi de mieux pour tuer le temps dans ces conditions que de prendre un café entre amis ? Quand le réveil d'Harry sonna pour les prévenir que le portauloin de leur proches se déclencherait dans les dix minutes suivantes, ils sursautèrent, ils n'avaient pas vu le temps passé. Draco retourna chez lui, un nœud dans l'estomac. Que penserait sa sœur de son nouvel environnement ?

Dans un craquement Ron atterrit peu élégamment devant Harry. Celui-ci ne put s'empêcher d'éclater de rire. Ron et lui faisaient vraiment la paire : impossible de les sortir, ils se mettaient toujours dans des situations pas possibles ! Les retrouvailles se firent naturellement, son ami se plaignant de ne plus les voir Hermione et lui et de s'ennuyer dans la tour Griffondor. Il lui raconta les derniers potins, les blagues faites avec Dean et Seamus aux serpis affaiblis. Harry lui parla de sa nouvelle vie. Le temps de rejoindre les autres pour le match arriva vite et ce furent deux griffis excités qui prirent le chemin du parc.

Un étage plus bas les retrouvailles entre Aria et Draco étaient moins exubérantes. Aria apparut avec la grâce innée des Malfoy au milieu de la chambre. Elle fronça le nez, dédaigneuse en découvrant le décor dans lequel vivait son frère, puis elle fit un petit sourire à son frère. Ce simple signe d'affection suffit à gonfler le cœur de Draco, car pour un Malfoy c'était déjà trop familier. Il invita sa sœur à s'asseoir et à se désaltérer avant de s'asseoir à côté d'elle pour écouter les nouvelles de sa famille. Il devait réfréner son impatience pour ne pas la harceler de question et enfreindre les règles strictes du protocole.

« Je suis ravie de voir que tu te portes bien. Il semblerait que tu ais réussi à t'adapter à ce monde. Sous son propos affable perçait un sarcasme. En soulignant sa capacité d'adaptation elle ne faisait que persifler, indiquer qu'il avait chu dans un monde inférieur.

- J'ai trouvé un moldu qui exécute pour moi toutes les basses besognes matérielles.

- Je reconnais bien là un Malfoy, toujours capable de tirer profit de ce qui l'entoure.

Il avait passé le test avec brio, il avait prouvé qu'il n'avait pas démérité du clan. Les sujets de moindre importance pouvaient désormais être abordés

- Comment se portent Père et Mère ?

- Notre Père se porte à merveille, ses affaires sont florissantes en ce moment.

- Et mère, insista Draco, plus concerné par le sort de celle-ci que par celui de son géniteur.

- Elle est souffrante et doit se reposer, sa santé est assez précaire.

- Ce n'est pas trop grave j'espère. Il aurait voulu être plus expressif, mais ça ne serait pas toléré. Il rongeait donc son frein en attendant la réponse de sa sœur qui le faisait mariner en sirotant son thé.

- Rien qui ne puisse disparaître…Elle est enceinte d'un mois, mais déjà elle souffre de nausées et d'étourdissements. Père espère que ce sera un garçon. Elle avait dit ça d'un ton détaché, mais pour Draco c'était un coup de poignard.

- Il m'a déjà comme héritier, pourquoi voudrait-il un fils ?

- Il ne veut pas d'un cracmol, il envisage de te renier. Un seul faux-pas et tu disparaîtras du registre familial.

- MAIS J'AI PAS DEMANDE A SUBIR CE SORT ! Trop tard, il s'était emporté, tant pis il en supporterait les conséquences.

- Pas plus que je n'ai demandé à être une fille. Ne t'inquiètes pas, si ce sort est levé rapidement et que tu te montres un bon fils, il ne te déshéritera pas. Former un bon héritier prend du temps et il ne l'a pas. »

Trop choqué pour rester inactif, il offrit à sa sœur son présent et ceux de ses parents, puis lui proposa une promenade. De toute façon c'était l'heure de rejoindre Harry. Ils avaient en effet décidé d'organiser une rencontre en terrain neutre. Draco voulait présenter son nouvel ami à sa sœur et Harry voulait habituer Ron à Draco sous l'apparence de Dimitri. Quand Draco et sa sœur arrivèrent au parc, le match était déjà engagé, ils s'installèrent donc dans les gradins. Draco ne lâchait pas Harry des yeux. Sa sœur surprit les regards qu'il lui lançait.

« Tu ne peux pas te permettre de t'intéresser à ce garçon, c'est ton nom qui est en jeu. Si père vient ne serait ce qu'à le soupçonner tu peux dire adieu à ton héritage. Imbécile. Je refuse de me faire spolier par un mouflet, toi passais encore. Tu me déçois plus que tu ne peux l'imaginer. Abruti. ». Et sur ces derniers mots hargneux, Aria transplana, abandonnant Draco à ses réflexions.

Le reste de la journée se passa dans une sorte de brouillard pour Dimitri perdu dans ses réflexions. Le soir venu il en était arrivé à deux conclusions. Son don l'avait prévenu pour le bébé avec la peluche, mais il avait préféré jouer l'autruche. Sa sœur l'avait avertit des dangers représentés par Harry, mais là il allait réagir. Il était hors de question qu'il perde ce à quoi il tenait le plus. Il tiendrait donc Harry à distance pour préserver son image et son nom…

A suivre…

1 La lifey est la rivière qui coule à Dublin, elle est à cette ville ce que la Seine est à Paris.

2 cette réplique m'a été inspirée par un fanart tout choupi que j'ai mis sur mon live journal.

Dans le chapitre suivant, Harry rencontre Sally …euh pardon quelqu'un. Comment réagira Draco ? Les vacances de pâques se profileront aussi à l'horizon avec la possibilité de rentrer chez eux pour cette fête importante….Pour être honnête j'avais prévu de vous mettre tout ça dans ce chapitre, mais il aurait été démesuré par rapport aux autres. Donc il faudra attendre pour la suite. Gomen.

Le chapitre suivant n'arrivera pas tout de suite parce que je pars en vacances sans internet. Je ne sais donc pas quand je posterais. Bye.

Après relecture de ce chapitre et du précédent je me rends compte que j'adore torturer ce pauvre Draco : coincer avec les moldus, sous alimenté, mal fringué, en passe d'être déshérité, confus dans ses sentiments, le pauvre. Et dire que j'ai prévu d'autres catastrophes pour mon blond préféré. J'arrive vraiment à le plaindre d'être soumis aux caprices de mon esprit. Mais ne vous inquiétez pas il ne fera pas que souffrir. Promis juré.

SAYONARA