Chapitre 4, mon Dieu que cette histoire est longue ! Désolée, je sais pas ce qui m'a pris d'écrire autant de mots. Mais bon, le site est fait pour ça. ^^
Ok, alors là, je vous explique : c'est le chapitre où tout le monde devient taré. Vous allez voir c'est n'import'quoi XD ! N'existera-t-il donc aucune paix avant la disparition de l'humanité ? Et non, ce n'est pas un spoiler, c'est juste un résumé !
Bonne lecture !
Chapitre 4 : Ambitieux
Pourquoi il aurait à faire cela ? Il n'a absolument rien contre les humains ! Il les adore, même ! Ils sont tous tellement fascinants, leurs idées sont toujours géniales... Et puis ses émissions sont bien plus intéressantes que de simplement calomnier les humains pendant des heures publiquement.
Il se retrouve en costume sur tous les écrans, avec un texte qu'il n'a même pas écrit, dont la qualité est médiocre et les effets de style dé-ce-vants. Pas moyen d'y mettre une bonne intonation, là-dedans. ça paraîtra juste trop faux.
Mais s'il veut conserver ses locaux, il doit le lire.
Avec un énorme soupir, il regarde les caméras et prend une posture professionnelle.
« Chers monstres. » Il ne les a jamais appelés comme cela avant ! D'habitude, il opte plutôt pour les surnoms affectifs. « C'est un sujet amenant beaucoup de tension ces temps ci, mais il me faudra l'aborder aujourd'hui avec vous. » Il commence à faire un peu chaud. Il tire sur son col et desserre sa cravate. « En ce moment, la garde royale fait tout pour mettre la main sur l'humain. Il faut que vous compreniez bien l'importance de cette chasse, car peu de personnes ne savent réellement quel danger peut représenter l'humanité dans un lieu comme le notre. »
...
Encore dans le salon, Papyrus regarde les infos avec déception. Mettaton n'est pas aussi dynamique que d'habitude, et le thème du jour est nul. Et le pire de tout : aucun surnom affectif pour ses téléspectateurs !
#Hm-hm. Tout d'abord, les âmes humaines sont très puissantes et sans pitié. Elles peuvent donc prendre facilement le dessus sur nous et n'en auraient aucun remord. Ensuite, les humains ont des coutumes très semblables au satanisme. Ils pourraient vous torturer avec pour unique raison qu'ils pensent faire le bien.#
Même Mettaton n'a pas l'air d'y croire. Serait-ce encore la Garde qui l'oblige à parler de la sorte ?
#Et enfin, si un malheur quelconque nous arrivait, nous aurions du mal à fuir. Eh bien oui, nous sommes enfermés dans l'Underground quoi qu'il arrive. Évacuer tout le monde serait très problématique si quelqu'un déciderait de nous tuer tous jusqu'au dernier !#
Vrai, mais un humain serait réellement capable de faire cela ? Papyrus n'en sait rien, il ne connait pas assez d'humains pour le savoir.
Mettaton sort un drôle de document de son bureau. C'est une lettre fermée. Il l'ouvre sans attendre.
#Nous avons recueillis divers témoignages qui...ont l'air assez véridiques. Ils sont anonymes, mais leur véracité a été prouvée, donc nous pouvons leur faire confiance.#
Il prend le premier témoignage.
#Celui-ci contient des informations sur le premier humain. Il provient d'un habitant de Snowdin. Je suis désolé, la feuille est un peu carbonisée, c'est assez difficile de lire.# Le robot met ses lunettes. #L'habitant de Snowdin tenait à raconter non seulement sa première rencontre avec l'humain, mais aussi ce qui s'est passé dans l'intégralité de son lieu de travail.#
#L'humain se serait apparemment réjouit de la mort d'un des membres de sa famille. Ses mots exacts auraient été 'Génial, un de moins !', ce qui constitue une des nombreuses preuves que l'humain souhaitait probablement la mort des monstres. Mais l'humain aurait apparemment aussi agressé la garde royale sans raison apparente, l'élite de l'Underground, le bras droit direct d'Asgore ! Et qui s'attaque à Asgore s'attaque à tous les monstres !#
Il prend le second témoignage.
#Ceci est un autre témoignage traitant du second humain. Un monstre de Waterfall aurait apparemment eu une intercalation très grave avec lui. Il est certifié que quand ce monstre a rencontré l'humain en question, ce dernier se serait trouvé entouré de dix cadavres tout frais de monstres- #
Papyrus ouvre grand les orbites. Même Mettaton semble cligner ses yeux et fait une petite pause après cette phrase.
#C'est...heu...Cela me choque tout autant que vous, puisque ces témoignages sont véridiques.#
Il se reprend.
#L'humain aurait par la suite éclaté de rire, informant le témoin qu'il le tuerait tout autant, de même que tous les autres. La démarche est plus explicite, mais le résultat est le même. Le second humain comptait aussi tuer tous les monstres.#
« tu regardes encore cette émission ? pas facile de t'en décrocher. »
Papyrus lève les yeux vers son frère, descendant l'escalier. Il le rejoint sur le canapé.
« ya quoi d'beau ?
- TU DEVRAIS ECOUTER. »
#Par la suite, le monstre aurait livré une bataille sans merci contre le second humain, qui serait devenu rapidement un combat à mort. L'humain comptait tuer ce monstre, disait-il. Il a bien du se défendre autant qu'il a pu, jusqu'à ce que la fatalité ne rattrape l'un d'eux.#
« il a dit de qui venait le témoignage ?
- NON.
- qui l'a recueilli ?
- NON PLUS. »
Son frère enfile rapidement sa veste et se dirige vers la porte.
« SANS.
- quoi ?
- C'EST ARRIVE A WATERFALL.
- merci. »
Lui alors...toujours à foncer tête baissée sans rien prévoir.
« ATTENDS SANS, JE T'ACCOMPAGNE ! »
Mais le temps qu'il se lève, son frère a déjà disparu.
« POURQUOI TU ME LAISSES TOUJOURS EN PLAN, SÉRIEUX ?! »
...
Doggo se trouve en ce moment dans la plus grande et la plus luxueuse salle de tout l'Underground.
Aujourd'hui, le grand Casino est plein. Tout Waterfall semble s'être rassemblé ici, mais pas seulement. Il y a aussi beaucoup de gens de New Home. Normalement, la Garde Royale est censée détruire ce genre d'endroit. Mais seul Doggo sait, et Doggo a quelques vices cachés. Il adore l'endroit.
Il passe au milieu des joueurs et des parieurs en les saluant, complètement décontracté. C'est sans doute son environnement préféré. Ce soir, il y a un groupe de chanteuses-danseuses sur scène. De loin, on croit voir des humaines déguisées en lapines, mais Doggo se rapproche et constate que ce sont en fait des monstres déguisés en humaines déguisées en lapines. Elles chantent toutes le même drôle d'air. « ~ Fais moi mal, Dummy Dummy Dummy... ~! » Doggo adore les goûts très fantaisistes du mannequin.
Il finit par atteindre le bureau du gérant. Il frappe nonchalamment.
« Occupé ! Occupé ! OCCUPE ! T'es sourd ou quoi ?! ARRÊTE !
- C'est Doggo. »
La porte s'ouvre directement sur un Mad Dummy extrêmement souriant.
« Oh, bonjour mon ami ! Alors, quoi d'neuf ? Attends... Me dis pas qu'Asgore m'a grillé ? C'est toi qui as balancé, avoue !
- Pas du tout, je venais juste passer du temps.
- Entre, vite ! »
Mad Dummy referme la porte derrière eux. Le bureau est petit, et il n'y a même pas de bureau. Il y a beaucoup de poupées différentes, et Doggo reconnait la majorité d'entre elles comme étant des poupées vaudou.
« Plutôt cool la nouvelle déco.
- Ce n'est pas qu'une déco, mais merci quand-même. »
Le mannequin va derrière le mini-bar et commence à préparer deux verres pour lui et l'invité. Même sans bras, il est assez doué.
En attendant, le chien regarde le grand écran. Mettaton y fait une séquence info.
« Franchement, vous auriez pu au moins laisser ce robot tranquille ! Il faisait de mal à personne ! Maintenant, tout le monde se fait chier.
- C'est le meilleur moyen d'informer tout le monde. Comme presque tous les monstres regardent sa chaîne...
- Elle est tordante ! Mon émission préférée, c'est quand il annonce aux mecs qu'ils sont pères et qu'ils doivent payer la caution qu'ils ont jamais payé pour leur môme ! Justice rendue ! »
Doggo sait à quel point Mad Dummy a souffert à cause de l'absence de son père, mais il n'écoute plus vraiment le mannequin. Ses oreilles sont occupées à entendre la télévision.
#Par la suite, le monstre aurait livré une bataille sans merci contre le second humain, qui serait devenu rapidement un combat à mort. L'humain comptait tuer ce monstre, disait-il. Il a bien du se défendre autant qu'il a pu, jusqu'à ce que la fatalité ne rattrape l'un d'eux.#
« Il a bien dit à Waterfall plus tôt ?
- Aucune idée. J'écoute même plus ces conneries.
- Merci pour le verre.
- Tu te barres déjà ?! C'est la boisson qu'est mauvaise ?!
- J'ai du boulot. Garde moi la bouteille.
-Abruti, va ! Je vais me la boire entière tout seul cette bouteille ! »
Le garde se lève et sort du bâtiment.
Il se retrouve dans la décharge. Il rejoint rapidement les habitations les plus proches.
C'est à ce moment qu'il retrouve Sans, qui a l'air un peu perdu. Il regarde justement chaque habitation, avec les noms d'écrits sur les boites aux lettres.
« Eh, salut.
- ... » Le squelette se retourne vers lui.« 'lut doggo. »
Ils se serrent formellement la main. C'est stupide, vu qu'ils se connaissent bien.
« Tu fais quoi ici ?
- oh, rien. je rentrais chez moi. le travail a été dur. » Il se craque le dos.
Ils marchent ensembles jusqu'à la prochaine maison.
« vous y arrivez avec l'humain ?
- Pas des masses, nan. Il est plutôt rapide, à apparaître et à disparaître.
- vous dégonflez pas pour ça. vous êtes cinq contre un seul, ça rend le combat équitable, hm ? vous allez surement finir par lui mettre la main dessus. »
Était-ce une moquerie ? Non, surement pas. Personne ne se moquerait aussi ouvertement de quelqu'un.
« Sans, je me disais, t'es aussi un gars rapide, nan ? Tu pourrais nous aider à l'attraper.
- je ne crois pas que je serais vraiment utile. entre nous, je n'ai pas les plus gros bras. je n'ai que la peau sur les os.
- Le combat, c'est nous qui le gérons. T'auras qu'à l'immobiliser.
- comment ?
- Je sais pas encore, mais t'improvisera.
- t'as pas d'idée, et c'est moi qui trinque ? »
Le reste de la garde arrive. Doggo présente Sans à tout le monde.
« Hé ! Sans va nous aider à chopper l'humain. »
Les autres paraissent ravis. Le squelette se contente de baisser la tête et rentrer ses mains dans ses poches.
Avec un membre en plus dans leur équipe, il est sûr qu'ils vont tout cartonner.
« vous êtes vraiment sûr de vouloir que je vous épaule ? je suis tout rouillé, et malade, et-
- Pas de modestie ! Il faut s'allier pour pouvoir arriver à nos fins.
- heu, ok...mais vous êtes vraiiiiiment sûr que-
- OUI ! » Toute la garde crie en symbiose.
« bon... »
...
Elle ne touche même plus au plat, et il parait déçu à cause de cela. Ils avaient fait ces sushi avec tellement d'amour...
La main d'Undyne se resserre sur le couteau.
« Tu viens vraiment de la surface ?
- Ouais, d'en haut.
- Donc t'es...un humain ? »
L'humain se recule par peur. La tension a monté d'un coup, il ne l'a pas vu venir. Undyne fait de même, toujours avec le même regard, la même expression, comme si elle était à la fois triste, déçue et en colère.
« Non...non je ne dois pas faire ça... » Elle lâche le couteau et se met à trembler. Il ne sait pas réellement ce qui se passe, et il a juste envie de filer, mais il ne peut pas laisser son amie dans cet état. Elle continue de marmonner toute seule. « Les humains ne sont pas tous mauvais, pas vrai ? On peut pas les tuer pour quelque chose d'aussi égoïste... ou même pour la vengeance...ça ramène pas les morts...vas t'en... »
Il entend les mots 'vas-t'en', et il se dit définitivement qu'il ne peut pas la laisser seule comme ça. Mais que faire ?
« Vas-t'en...! »
Quelque chose ne va pas. Il semble qu'elle va éclater dans 3, 2, 1... Il a vraiment compté dans sa tête.
« CRÈVE ! »
Sans prévenir, elle ramasse le couteau et le plonge dans sa direction ! Il n'a que quelques secondes pour se décaler, et accessoirement se sauver.
Il s'en sort plutôt bien. Seul son vêtement se déchire. Mais où visait-elle ? La monstre se tourne vers lui et semble être prise par une souffrance atroce et dans une rage énorme. Ses veines sont apparentes, ses pupilles n'ont jamais été si étroites et ses cheveux se hérissent.
L'humain trouve qu'elle ressemble énormément à un chat, et sent tout de suite en lui une envie de caresser, mais en voyant le couteau, il préfère s'en abstenir.
Elle revient à la charge, et cette fois, il se retrouve bloqué entre elle et le four.
Le premier réflexe de l'humain est d'essayer d'attraper le premier objet à sa portée pour frapper. Il élance son bras et tombe sur une poêle. Pas génial, mais suffisant pour littéralement envoyer valser l'autre.
Elle s'effondre au sol en essayant de remettre sa mâchoire en état. Quand elle y parvient, elle relève les yeux vers lui.
D'une main, il tient la poêle à frire. De l'autre, il tient le couteau à sushi. Quand est-ce qu'il l'a ramassé ?
Main gauche : il l'assomme. Main droite : il la blesse, voire la tue.
Elle s'apprête à foncer de nouveau vers lui. Sa main droite est la plus proche, et il est droitier, donc elle part en première.
Elle évite au tout dernier moment. Mais elle n'avait sans doute pas prévu que l'esquive rapprocherait autant sa tête du couteau. Résultat, c'est son œil qui prend.
En voyant le liquide couler sur le long de sa joue, il est paralysé. Maintenant, il faudra qu'il vive avec cette image en tête, celle de lui en train d'éclater l'oeil de quelqu'un.
Elle hurle et mord son bras pour sentir moins la douleur.
Elle va se relever et elle va me tuer si je ne fais rien...
Il lève sa main gauche et abat la poêle contre sa nuque. Elle tombe inconsciente. Du sang coule à la fois de son œil et de sa blessure.
Il reste longuement là à contempler le résultat de son action...
...avant de se rendre compte qu'il a failli tuer quelqu'un.
Il tremble comme un fou et s'accroupit près d'elle pour voir les dégâts. C'est très moche. C'est trop…
Une faible lumière verte sort de ses mains et se dirige vers elle, mais il n'a absolument pas envie de vérifier si sa tentative de la guérir a marché ou non, donc il ne regarde pas vraiment.
Il décide de la porter jusque chez un monstre. Quelqu'un doit savoir quoi faire.
Il ne comprend toujours pas ce qui est arrivé plus tôt, ou ce qui l'a poussé à utiliser le couteau sur son amie. Il sait juste que dans le moment, il avait eu envie de la tuer. Pour se défendre, certes, mais... Non, ça ne sert à rien de se justifier. Blesser quelqu'un ou le tuer, c'est pareil, ça ne se justifie pas. Il est mauvais en lui, c'est sûr. C'est la pire chose qui pouvait lui arriver. Lui qui fait toujours attention à toutes ses actions, qui tente de ne jamais blesser personne autant moralement que physiquement... Bon, il est peut-être un peu trop intrusif, mais ça n'a jamais dérangé qui que ce soit à ce qu'il sache. La preuve, il s'est fait plein d'amis grâce à ça.
Et il a failli poignarder l'une d'entre eux. Et il l'a assommée.
Il ne comprend toujours pas comment ça a pu arriver.
Il va cogner comme un fou à la première porte venue.
« Aidez-moi ! J'vous en supplie ! Elle est blessée ! »
La porte s'ouvre directement. D'une part, les monstres paraissent attristés et plein de pitié, mais en voyant l'être en face d'eux, ils reculent.
« Ne me dis pas que tu l'as… ?! »
« Je suis désolé, je voulais pas ! »
« Chéri ! L'humain est ici ! Viens l'attraper ! Il a tué quelqu'un ! »
En entendant ça, il ne se pose même pas de question. Il s'enfuit, toujours en portant Undyne. Le monstre lui coure après avec une pelle, comme s'il était quelqu'un à chasser. Il se rend donc rapidement à une autre porte et frappe de nouveau. Il prend cette fois ci la peine d'allonger Undyne au sol, en lui donnant sa veste en guise de coussin.
« Au secours ! »
La porte s'ouvre, et il a le droit au même accueil. Les monstres présents dans la maison comprennent immédiatement ce qu'il a fait et imaginent le pire. Néanmoins, cette fois ci, un des monstres de la maison prend la peine de s'asseoir auprès d'Undyne pour voir son état. Il peut la laisser avec eux.
Quand d'autres monstres sortent de cette maison pour lui courir après, il ressent quand même un énorme soulagement. Son amie est entre de bonnes mains.
Mais cette pensée s'évanouit au fur et à mesure qu'il passe au milieu de plusieurs maisons et portes qui s'ouvrent, car chacun est désireux de savoir ce qui se passe et d'où viennent les cris. En voyant tout le monde courir après l'humain, chacun sort armé de quelque chose et le poursuit.
Quand il arrive à les semer, il voit des dizaines de monstres à l'extérieur, en train de fouiller partout.
« J'ai vu l'humain passer par là ! »
« Il doit payer ! »
Oh non, tout le monde est déjà au courant qu'il a blessé quelqu'un !
Non, attends…Certains n'ont même pas vu Undyne, pourquoi ils le poursuivent alors ?
Il fuit les lumières et les endroits trop découverts pour se dissimuler dans les herbes, entre les rochers et sous l'eau. Il réalise un vrai parcours du combattant. Il s'épuise beaucoup trop vite. Il aimerait pouvoir reprendre son souffle, mais dès qu'il s'assoit, les monstres le repèrent automatiquement, et il entend alors les mots les plus effrayants qu'il n'ait jamais entendu dans toute sa vie.
« Il est là ! »
Il se relève et continue de courir.
Il est beaucoup trop fatigué. Il tremble et ses dents claquent en entendant de nouveau des gens derrière lui. Un rapide regard derrière l'informe qu'il s'agit de chiens en armures. Il sait déjà que c'est sa fin. Maudites racines ! Il se heurte sur plusieurs d'entre elles.
Il passe entre plusieurs falaises, sur lesquelles d'autres chiens se tiennent. Ils lèvent des lance-pierres et le visent. Une des pierres arrive à sa cible, dans l'arrière de son crâne, et il se sent tomber au sol et s'évanouir.
Il est certain que sa vie va finir ici.
Au dernier moment, il sent deux petites mains toutes rigides se poser sous son torse, pour le retenir de tomber en avant. Il se force à lever les yeux pour voir ce qui se passe. Tout ce qu'il peut apercevoir est un énorme sourire.
« 'lut. tu t'souviens d'moi ? »
Il n'a plus la force de se débattre et commence à fermer les yeux.
« oh. réveille-toi. »
Même entre des bras si protecteurs et chaleureux, il est toujours convaincu qu'il va mourir là.
...
« eh ! petit gars ! c'est pas le moment de piquer un somme, ils vont te tuer !»
L'humain a du parcourir un long chemin avant d'arriver ici. Même évanouit, sa respiration est très forte.
Sans entend le bruit de pas derrière lui. Il prie pour que ce ne soit pas ce qu'il pense.
Il se retourne, et tous ses espoirs s'effondrent.
La Garde Royale est au complet et se dirige vers eux.
Il n'a que quelques secondes pour réfléchir, et l'unique moyen qu'il trouve pour ne pas qu'un massacre de plus soit réalisé, c'est le raccourci. Il empoigne l'humain comme il peut et en y croyant fort, réussit à se téléporter lui même et l'autre dans un endroit proche, mais plus sombre. Il y a plus de chances pour se cacher.
Il pose l'humain à terre. Il est toujours inconscient. Il ne doit pas paniquer, il lui faut plutôt une solution. Il le secoue dans tous les sens, lui tape les épaules, le claque, le mord, le pince, mais rien n'y fait.
« lève toi ! je t'en supplie, les laisse pas faire, tu dois partir ! »
Une seule minute passe, et la garde est déjà de retour. Il ne fallait pas en attendre moins du flair de cinq chiens expérimentés.
Se cacher dans les hautes herbes est donc inutile. Mais Sans a une idée : s'il arrive à atteindre Snowdin, le froid gênera leur recherche. Pour cela, il doit rapidement récupérer et gagner du temps. Il en a tellement perdu à se téléporter dans tout Waterfall qu'il se sent vidé de sa magie.
Il traîne aussi vite qu'il peut le corps endormi.
Est-ce que c'est normal que ce soit lui qui se sente comme un bandit ?
Est-ce que l'autre va finir par se réveiller et pouvoir marcher ?
Comment il en est arrivé là ?
Les aboiements deviennent plus forts.
Ils approchent.
Il ne doit pas paniquer.
Il entend même le bruit de leurs pas.
A quoi ça sert de continuer à se battre ? Ils vont le rattraper !
Se battre contre la mort est inutile, on perd toujours !
Mais c'est le plus beau des combats, et s'il peut empêcher une mort de se produire, et ben merde ! Il va le faire jusqu'au bout, même en se mettant le monde à dos ! Et même s'il se fait bouffer par les chiens il s'en moque il en peut plus ! C'est pas maintenant qu'il va baisser les bras !
Les aboiements deviennent plus forts.
Soudain, un immense flash lumineux arrive par derrière. Son ombre face à lui est immense et il ne voit plus très bien où il marche. Il a le malheur de se retourner juste deux secondes à ce moment précis.
La garde est là !
Il ne doit pas ralentir !
A la seconde où il tente de se téléporter, un des membres de la garde l'attrape par le bras. Il a très peu de force, mais c'est assez pour se dégager de l'étreinte en se téléportant à deux mètres avec l'humain.
Sans s'est dirigé tout droit dans un cul-de-sac, pour son plus grand malheur. La garde ne tente rien, et se contente d'approcher doucement.
Sans a des réflexes très protecteurs envers l'humain. Il le repose par terre en l'allongeant, puis se met entre lui et la troupe armée.
C'est inutile, il n'a plus de force pour se sortir de là.
« Je me disais bien que tu n'avais pas l'air enchanté de nous aider.
- Sans, on ne te fera aucun mal si tu nous remets l'humain.
- Mais si tu ne le fais pas, nous le prendrons par la force. »
Il ne prend jamais aucune menace à la légère.
« si vous faites un pas de plus, je ne donne pas chair de votre peau… »
La garde parait outrée, mais garde son calme.
« Il faut que tu comprennes q-
- je ne comprendrais jamais votre façon de penser, et je n'en ai pas envie.
- Ecoute, c'est Asgore qui-
- est-ce qu'asgore aurait permis aux humains de pourchasser un monstre comme vous l'avez fait ? »
Il essuie une de ses larmes noires.
« non. il l'aurait mis en pièce. si jamais il retrouvait celui qui a tué ses enfants, il le tuerait sans hésiter. »
Il essuie ses larmes du revers de sa main gauche, et remarque quelque chose de bizarre. Ses larmes ordinairement noires sont bleues maintenant, et il ne pleure que d'un seul œil.
« Que tu le veuilles ou non, c'est ce que tous les monstres veulent ! Ils veulent un nouvel avenir, autre part que sous terre ! Contrairement à toi, Sans, ces gens ont un rêve ! »
Il y a quelque chose qui le brûle à l'intérieur de lui, une sorte de flamme qui ne peut être éteinte que d'une seule manière : en se déchaînant sur tout ce qu'elle peut.
Chacun a sa propre vision des choses. Certes. Mais la sienne n'a pas encore été écoutée et défendue à sa juste valeur. C'est sans doute le bon moment.
« Nous ne t'en voulons pas, Sans. Du moins pas encore. Part sans faire d'histoire.
- sachez que moi non plus, je ne vous en veux pas. ne rien faire est la meilleure chose que vous puissiez faire dans le moment, parce que peu importe ce que vous ferez, je vous empêcherais de le faire. »
Sa magie commence à se mouvoir. Il lui en restait encore ? Ce doit être ses derniers retranchements.
Il ne savait pas qu'il était capable d'aller jusqu'à menacer ses amis pour sauver une vie.
Dogamy brandit sa hache, sans grande conviction. Sans sait qu'il n'est pas aussi rude qu'il veut le faire croire. Cela lui fait même mal au cœur d'avoir à agir contre lui.
« Sans ! Écarte-toi !
- non. je resterais jusqu'au bout. »
Le premier pas signe le début du combat. Chose promise chose due. Un os sort du sol et se dresse au ciel, pile à l'endroit où Dogamy allait poser le pied. Il recule par la surprise.
« Mais qu'est-ce que tu fais ?! »
Inutile de répondre, il s'est déjà expliqué plus tôt.
« SANS ! »
L'appel le surprend et le sort de toutes ses rêveries.
Papyrus arrive sur les lieux en courant. Il bouscule violemment les membres de la garde royale pour se frayer un chemin jusqu'à son frère. Sans prévenir, il le serre fort dans une étreinte.
« TU VOIS ? C'ÉTAIT JUSTEMENT POUR EMPÊCHER ÇA QUE JE VOULAIS VENIR ! POURQUOI TU T'EN PRENDS A LA GARDE ?!
- papyrus. lâche-moi tout de suite.
- NON.
- papyrus lache-moi !
- NON !
- LACHE MOI !
- JAMAIS ! »
Il se débat fortement entre ses bras. Rien n'y fait, l'étreinte est trop forte. Il se rend compte que pour s'en sortir, il faudra qu'il blesse son frère. Mais ça, c'est impossible.
« JE T'EN SUPPLIE SANS, LAISSE LES FAIRE !
- ...quoi...? »
La garde commence à s'avancer. Papyrus serre encore plus fort son frère pour l'empêcher de bouger.
L'œil de Sans vire encore au bleu et une barrière d'os pousse pour empêcher toute la garde de s'approcher.
« LAISSE LES FAIRE SANS... »
Il se met à pleurer et à trembler. Sa voix arrive dans les aigus.
« ...comment tu peux me dire ça...après...snif...après ce qui est arrivé...?
- IL SAVENT MIEUX QUE NOUS CE QUI SE PASSE.
- ...ils vont juste le buter...pour rien du tout...
- ILS NE VONT PAS TUER QUELQU'UN. ILS VONT SAUVER TOUS LES MONSTRES. MAIS SI TU CONTINUES A T'OPPOSER, C'EST TOI QU'ILS VONT TUER POUR RIEN.
- p-papyrus...?
- TOUS LES AUTRES VONT FINIR PAR SAVOIR QUE TU L'AS PROTÉGÉ ET ILS VONT T'EN VOULOIR POUR CELA. JE VEUX PAS QUE TU MEURES, D'ACCORD ? PEU IMPORTE CE QUI ARRIVE, JE VEUX PAS ME RETROUVER SEUL.
- ...quoi...? »
Il fut une époque ou ces mots l'emplissaient de joie, où ils étaient un véritable compliment. Mais cette parole est enfin mise en application, et Sans peut en voir toute l'horreur s'en dégager. Il repousse Papyrus tout doucement, toujours dans l'optique de ne pas le blesser avec sa magie.
« ...tss...il est en train de mourir à côté de toi, pap' ! c-comment tu peux dire un truc pareil...?
- TU N'AS PAS COMPRIS.
- j'ai très bien compris ! les humains sont cruels, pour toi aussi, hein ?! tu t'es pas dit que c'est nous qui les avons rendus comme ça ?!
- COMMENT ?
- PERSONNE ne s'est bougé pour les accueillir correctement ! » Il regarde à la fois son frère et la garde, toujours repoussée avec la barrière d'os. Il dresse un index vers la garde. « vous vous êtes tous contentés de les regarder se débrouiller seuls alors qu'ils étaient perdus ! ça vous amusait, hein ?!»
La Garde Royale est renvoyée en arrière grâce à sa magie.
Papyrus tente de s'approcher de nouveau. « SANS, ARRÊTE !
- ME TOUCHE PAS ! »
Sa magie se concentre en un seul endroit, pour former un crâne géant, prêt à se décharger sur tout le monde. Papyrus ne le remarque même pas. Il prend de nouveau son frère dans ses bras en gardant les yeux fermés, comme si le danger n'existait pas. Il continue de le supplier d'arrêter. Son frère est triste. Il insiste trop. Il a l'impression que son contact l'écorche.
« IL S'EST PASSE DES CHOSES TRÈS GRAVES AVEC UN AUTRE HUMAIN. ON EST JAMAIS A L'ABRI D'UN NOUVEAU PROBLÈME, ET LES MEMBRES DE LA GARDE LE SAVENT MIEUX QUE NOUS. IL FAUT LEUR FAIRE CONFIANCE. SI L'HUMAIN EST RÉELLEMENT UNE BONNE PERSONNE, ILS NE VONT RIEN LUI FAIRE. JE TE LE PROMETS. » Papyrus se retourne alors vers les cinq monstres derrière lui. « N'EST-CE PAS ?»
La Garde comprend que c'est à elle de parler.
« Nous ne condamnerons jamais un innocent, tu le sais bien. »
Il faut beaucoup de volonté à Sans pour se calmer et commencer à faire disparaître toutes les conséquences de sa magie. Les os s'affaissent et retombent dans le sol. Il sent son frère se détendre autour de lui, ses bras se relâchent un peu.
La garde peut enfin s'approcher d'eux. Sans essuie ses larmes. Papyrus l'aide à se relever.
« ALLEZ, VIENS. C'EST FINI. TOUT VA S'ARRANGER. »
Au moment où Sans finit de retirer entièrement la barrière d'os qui empêchait la garde d'avancer, il sent soudainement une énorme douleur dans sa poitrine, comme si on l'avait transpercé. Il suffit de regarder plus bas vers son âme pour se rendre compte que c'est une réalité.
« ...hurgh...! »
HP : 0,00001
Un peu plus et ça aurait été la fin. On a encore eu de la chance.
Papyrus reste figé en le regardant, alors que lui décide de voir qui est son agresseur.
L'humain s'est trouvé un couteau on ne sait où, et s'est réveillé pendant leur petite discussion. Il chancelle un peu et a du mal à se tenir droit, mais ce n'est pas à cause de la fatigue. Son regard trahit toute sa panique et sa folie du moment.
L'humain a choisi pile le bon moment pour attaquer…C'est bien entendu du sarcasme. Il a contredit lui-même le discours de Papyrus, qui était censé le sauver. Sans est dégoûté, mais plus pour longtemps. C'est à son tour de s'écrouler. Il est encore bien conscient, et la douleur est insupportable. Tout ce qu'il peut faire est de se recroqueviller et écouter ce qui se passe autour de lui, en tentant d'y donner un sens, tout en continuant de supporter le mal.
Il sent des bras qui l'entourent de nouveau, il entend des pleurs, et quand il relève les yeux, il voit le visage de son frère en larmes. Cependant, impossible de comprendre ce qu'il dit.
En déviant son regard, il voit l'autre combat se profiler derrière Papyrus. Mais son frère tente tout pour attirer son attention en secouant sa main devant ses yeux. Ses yeux regardent un peu dans le vide, du coup, et la lumière l'éblouit.
…
Les monstres et les humains ont réciproquement une influence sur les autres. Les humains ont le pouvoir de corrompre les monstres, d'en faire de vrais meurtriers. Mais l'inverse est aussi valable. Les monstres, lorsqu'ils se montrent sans pitié, peuvent changer la plus généreuse et gentille des âmes en une âme sombre et sans aucune couleur. Le problème, c'est que lorsque l'on atteint un certain seuil de corruption, on ne peut plus remonter.
Et tout ça, c'est la faute d'un seul humain. La ballerine.
Undyne aurait tout donné pour ne jamais tomber sur elle, et surtout pas à ce moment là, lorsque les dix cadavres de monstres l'entouraient, et que l'humain riait en les piétinant. Elle aurait tout fait pour ne jamais voir l'humain piétiner le cadavre de l'une des seules personnes à laquelle elle tenait, sa meilleure amie.
Elle qui avait beaucoup d'estime en elle, qui pensait qu'elle pourrait toujours faire le bien, elle s'est ruée vers l'humaine et l'a simplement assassinée. Parce qu'elle avait tué son amie.
Elle avait salement buté la personne à qui elle tenait le plus !
L'humain ne l'avait pas attaquée. L'humain ne l'avait pas menacée. Elle a simplement fait ça par vengeance.
Puis une pensée dégoûtante l'a traversée à ce moment là, lorsque l'âme humaine blanche a commencé à sortir du corps.
Asgore dit que les âmes humaines peuvent sauver les monstres et les sortir des souterrains.
Je n'ai pas assassiné quelqu'un, j'ai simplement récupéré une âme humaine.
J'ai sauvé les monstres.
Je suis un héros, pas un meurtrier.
Son esprit y croyait, mais son cœur ne pouvait pas être berné, et tout son être a commencé à être pris dans cette bataille incessante entre la moralité qu'elle s'est choisie, les vrais faits dans leur simplicité la plus totale et la signification faramineuse qu'elle tentait d'y apporter. Elle en est devenue complètement cinglée.
Et après s'être enfin calmée, croyant être guérie de sa folie, voir cet autre humain l'a faite rechuter.
Il lui fallait réellement créer ce personnage, pour qu'elle puisse vraiment y croire ; celui qui n'agit que par bonne intention, celui qui veut le bien de tous, celui qui écoute son roi, qui a une dévotion totale envers lui.
Asgore clame que les âmes humaines peuvent changer leur vie.
Asgore est le seul à avoir une idée tangible pour faire sortir tout le monde des souterrains.
Asgore est un sauveur. L'unique personne à suivre. Le seul protecteur des monstres.
Asgore a forcément raison, car personne ne prouve qu'il a tort.
Asgore a la seule et vraie gentillesse, la raison, l'omniscience, l'omniprésence...
Asgore est plus qu'un roi, c'est un dieu.
Si la réflexion semble rapide, elle n'en est pas moins logique, au moins dans son esprit, suffisamment pour qu'elle puisse se mentir à elle-même.
Et puis c'est plus beau de se dire qu'on a tué pour faire ce qui est juste.
En quelques secondes, son nouveau personnage était créé. Elle a ramené cette âme à Asgore. Ce dernier n'a pas arrêté de la louer, comme si elle avait fait le bien, et son mensonge n'en était que plus vrai. Elle commençait déjà à devenir quelqu'un d'important aux yeux des autres.
En fin de compte, elle reste éperdument cinglée, mais au milieu d'un tel monde aussi cinglé qu'elle et qui confirme son mensonge, son état ne change pas grand chose.
Elle s'est retrouvée chez une famille sans savoir comment. Mais elle est complètement guérie. Ils doivent avoir un certain don pour soigner des trucs aussi grave qu'un œil fendu en deux. Car oui, même son œil a été récupéré.
Lorsqu'elle se lève pour remercier tout le monde de lui avoir rendu une vue complète, les autres paraissent étonnés.
« Ton œil ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Il allait très bien quand tu es arrivée ici. »
Elle reste dubitative, et préfère se rallonger. Un peu de repos, ça fait pas de mal.
Bien avant, elle aurait sans doute refusé la proposition d'Asgore. Mais cette fois ci, elle sent qu'elle doit accomplir quelque chose de grandiose, pour pouvoir se pardonner à elle-même ce qu'elle a fait. Elle va s'entraîner dur, et un jour, entrer dans la garde, et elle aura à chasser d'autres humains pour sauver les monstres.
Il faut bien que quelqu'un réalise cette tâche ingrate.
Et elle sent qu'elle a les épaules pour ça. Ce n'est pas comme si elle ne l'avait jamais fait.
Où peut être l'humain à présent ?
Elle préfère ne pas le savoir, mais si elle le revoit, elle a beau être guérie, elle va lui faire payer quand même.
…
Son frère et toute la garde sont dans sa chambre, surement pour voir comment il va. Il a juste l'impression d'être mort avec autant de monde inquiet pour lui.
Papyrus pose une serviette trempée dans l'eau chaude sur son front. Ce genre de chose marche lorsque l'on est en chair, pas avec un tas d'os. Mais c'est tout de même agréable, et il referme les yeux, sans réellement pouvoir dormir.
« JE SUIS DÉSOLÉ, SANS. J'AURAIS DU LE VOIR VENIR, OU AU MOINS TE POUSSER QUAND IL A ATTAQUÉ. JE N'AURAIS JAMAIS DU RESTER PARALYSÉ A ATTENDRE QUE ÇA SE PASSE. »
pas ta faute, pap'.
Il a beau tout tenter pour parler, il n'y parvient pas. Il ne peut que répondre mentalement.
« SI J'AVAIS ÉTÉ PLUS FORT OU PLUS RAPIDE, J'AURAIS PU TOUT EMPÊCHER. »
oh non, ne commence pas à culpabiliser.
« JE M'EXCUSE ENCORE UNE FOIS. ET TU AVAIS RAISON. ON NE DOIT PAS TUER LES HUMAINS COMME ÇA, SANS CHERCHER A SAVOIR S'ILS LE MÉRITENT. PARCE QUE QUAND ON FAIT CE GENRE DE CHOSE, ON CRÉE DE VRAIS CRIMINELS PARFOIS. CE N'EST PAS MON BUT. »
encore heureux…
« JE REGARDAIS L'ÉMISSION DE METTATON QUAND IL EST PASSE A LA TÉLÉ. ÇA AVAIT L'AIR D'ÊTRE QUELQU'UN DE BIEN AVANT. J'AI PEUR DE CE QUE LES AUTRES ONT LE POUVOIR DE FAIRE SUR LE CARACTÈRE DE CERTAINS. »
moi aussi, tu peux me croire.
« JE NE VEUX PAS SIMPLEMENT SORTIR DE L'UNDERGROUND, JE VEUX EN SORTIR DIGNEMENT, SANS QU'UNE BONNE PERSONNE N'AIT ÉTÉ BLESSÉE AU PASSAGE. MAIS JE VEUX AUSSI QUE MÊME LES MAUVAISES AIENT DROIT A UNE CHANCE DE SE RACHETER. SI CET HUMAIN EN AVAIT EU UNE, JE PENSE QUE... AH ! »
Papyrus met sa main sur sa bouche, comme s'il venait de lâcher une bombe. La Garde Royale aussi parait perplexe.
Alors l'humain n'est plus de ce monde ?
oh non…
« CE N'EST PAS CE QUE JE VOULAIS DIRE, MAIS… »
oh non…
« L'HUMAIN…IL T'A ATTAQUÉ, ET…LA GARDE A JUGÉ BON DE L'EMPÊCHER DE FAIRE PLUS DE BLESSÉS…! »
…c'est vraiment ça, le résultat de mes efforts ? ...même quand je me donne à fond, j'arrive à sauver personne ?
« SANS, NE PRENDS PAS CET AIR LÀ ! ILS ONT BEAUCOUP HÉSITÉ AVANT ! »
…ni les monstres...ni les humains...? …même pas un chat…?
« ET PUIS ELLE S'EST RENSEIGNÉE, ET ELLE A TROUVÉ QU'IL AVAIT AUSSI BLESSÉ QUELQU'UN D'AUTRE AVANT TOI ! NE LEUR EN VEUT PAS. ILS ONT CHERCHÉ A PROTÉGER TOUT LE MONDE. »
...papyrus, j'en peux plus...
« L'HUMAIN ÉTAIT CAPABLE DE RECOMMENCER AVANT QUE JE NE PUISSE INTERVENIR POUR LE FAIRE CHANGER. »
...je préfère ne rien faire...et fermer les yeux...c'est moins fatigant...et plus...utile...
« BON, TU DOIS GUÉRIR VITE. SURTOUT NE BOUGE PAS, TA BLESSURE NE VA TE FAIRE QUE PLUS MAL. JE VAIS…TE CUISINER QUELQUE CHOSE ET… » Il change soudainement d'intonation est en prend une plus joyeuse. « JE SERAIS LA DANS UNE MINUTE ! PROMIS ! »
Papyrus replace la couverture épaisse sur lui, puis sort de la chambre, suivi de la garde. Il se retrouve seul.
Seul.
« … »
Il se demande si l'humain a au moins voulu s'excuser avant de mourir. Peut-être... Non, probablement pas. Après ce qu'il a du subir, il ne serait pas étonné s'il s'en fichait de ce qu'il avait fait.
Mais il n'y a plus aucun moyen de le savoir.
Il se lève de son lit. Marcher est très difficile, et il passe tout le chemin à tenir ses côtes. Il sent quelque chose d'étrange dans la pièce d'à côté, c'est-à-dire la chambre de Papyrus. Il décide de s'y rendre. En passant la porte, il jette un bref regard vers le salon, où sont assis en ronde tous les chiens. Ils semblent jouer à un jeu avec un facteur pas très ponctuel. Il ne voit pas son frère, il doit encore être en train de décongeler du surgelé dans la cuisine.
Il atteint la chambre de Papyrus et ses yeux se dirigent directement vers le petit bocal scintillant sur la commode. L'âme verte y est enfermée. Elle y demeure très calme, comme s'il ne s'était rien passé. Pourquoi la conserver ici et pas en bas ? Cela n'a aucun sens.
Sans la regarde un peu émerveillé. En n'étant qu'une âme, on se sent plus léger. Pas de corps à se trimbaler, pas besoin de penser... Les gens avec un corps le font pour nous. Il rêverait de n'être que ça, mais de ne pas mourir pour autant. L'âme humaine doit bien apprécier son temps dans le bocal. Elle n'a pas à réfléchir aux conséquences de ses actes.
Il lui balance un rire mauvais.
« t'as…même pas à…regretter tes actes...t'es pile à la…bonne place on…dirait... »
Suite à ces mots, l'âme humaine devient violemment excitée. Elle se heurte plusieurs fois contre les parois de son bocal.
« hu...? qu'est-ce que tu f... »
Le bocal valse et tombe bruyamment au sol. Il y a des éclats de verre partout. Papyrus ne le croirait pas s'il disait que c'est l'âme qui a tout fait.
L'âme se rapproche dangereusement de lui, et il s'avoue à lui même que sur le coup, il a envie de fuir. Mais il a trop mal pour se mettre à courir.
Quand l'âme est à son niveau, elle renvoie de la lumière verte vers lui, et surtout vers sa blessure. Il ne peut pas la voir pour l'instant, mais quand il se sent complètement guéri, il se relève et regarde l'état de son âme. Les HPs, enfin...le HP est redevenu correct. Il relève ses pupilles vers l'âme en train de flotter devant lui, et la voilà qui recommence à tenter de le soigner.
« c'est bon, ça va. je vais bien maintenant. »
Mais l'âme continue encore. Si elle persiste, elle va se vider de sa magie et mourir pour de bon ! Il l'empoigne à temps pour l'éloigner de lui, et elle s'arrête enfin. Elle continue de tournoyer dans la pièce. Ce genre de petits êtres sont ceux avec le plus d'énergie à perdre inutilement.
« après tout ce que les monstres ont dit, la seule magie que tu maîtrisais jusqu'à maintenant c'est le soin ? » Il se met à rire joyeusement. « je vois pas du tout pourquoi ils ont tous eu si peur de toi. t'es vraiment l'humain le plus sympa qu'on ai jamais vu. tape m'en cinq, l'ami. »
L'âme vient se cogner contre sa main, et semble pendant quelques secondes étourdie. Elle tournoie complètement de travers ! Sans rit de plus belle. D'autres le prendront pour un taré, car il a faillis mourir plus tôt, mais il faut avouer que cette fois ci, l'humain est attachant. Pourquoi il est toujours plus facile de changer les opinions des humains que celles des monstres ? Peut-être que c'est la raison pour laquelle la guerre a éclaté en premier lieu.
Il se lève du lit et se dirige vers la fenêtre. Il l'ouvre sans faire attention au bruit. De toute façon, Papyrus ou quelqu'un d'autre va venir à cause du bocal qui s'est cassé plus tôt.
« te voilà libre. tu peux t'en aller maintenant. »
L'âme verte arrête de bouger, et ne sort pas.
« c'est quoi le problème ? »
Elle ne bouge toujours pas. Il soupire et décide de refermer la fenêtre. Où l'âme pourrait aller de toute manière ? Dans son état, n'importe qui serait susceptible de l'absorber. Il n'y a qu'ici où elle est en sécurité totale.
La porte s'ouvre alors est se cogne contre le mur en égratignant la peinture. Papyrus débarque avec un plateau repas.
« SANS, JE T'AVAIS DIT DE NE PAS SORTIR DE TA CHAMBRE ! C'EST PRESQUE SUICIDAIRE !
- désolé. »
Il voit alors que Sans est debout, en pleine forme, avec l'âme verte qui s'amuse à lui tourner autour.
« MAIS TU ES GUÉRI ?
- on dirait bien.
- ET L'ÂME NE S'EST PAS ENFUIE QUAND LE BOCAL S'EST CASSÉ ?
- on dirait bien qu'nan. »
Il soupire profondément. « AU MOINS, LA GARDE NE NOUS EN VOUDRA PAS POUR CELA. »
Sans comprend alors pourquoi l'âme n'est pas sortie plus tôt.
En voyant tous les monstres si désespérés, elle s'est peut-être dit que comme elle était déjà hors de son corps, la seule chose qui lui restait à faire était d'aider les monstres en les sauvant, et en acceptant d'être utilisée par le roi.
« t'en fais pas pour ça. elle ne s'enfuira pas. »
Dogamy entre dans la pièce pour voir aussi l'étendu des dégâts. Il est encore en train de mâcher le repas que Papyrus lui a préparé. « Ce n'est pas de ça que nous avons peur. Nous allons devoir faire tout le chemin à pied. Si jamais un monstre nous la vole et l'absorbe, on sera mal. »
La garde est très prévoyante. Elle a vu juste. Il a envie de rajouter pour une fois, mais ce serait grossier, même mentalement.
…
Le lendemain, dans le journal, est proclamée l'arrivée de la deuxième âme chez Asgore. Sans n'a pas envie de lire la suite. Si déjà une telle erreur de compte se fait, il n'imagine pas le reste.
Il ne s'attarde pas à Snowdin. Trop de monde. Alors où aller ?
Pas à Waterfall. Trop de souvenirs. Bon. Ça réduit encore le nombre de choix.
Pas aux Hotland. Il n'y a pas de raison apparente, mais il n'en a pas envie.
Finalement, il va peut-être rester dans le coin enneigé.
Il décide de rejoindre leur ancienne petite cabane. Aujourd'hui, elle ne sert plus à rien. Avec un peu de chance, quelqu'un la trouvera pour faire un bon feu de cheminée chez lui, mais sans plus. Tous les trous l'empêchent maintenant d'être habitable.
La cabane est un début, mais il se sent une envie de continuer plus loin dans la forêt, de s'abandonner dans l'univers blanc. C'est le plus beau à ses yeux. La neige est toujours éclatante, et les arbres sont nettement plus attrayants avec toute cette couche de neige sur eux. Quelques fois, il s'amuse à les décorer.
L'ennui, c'est que sa taille fait qu'il est toujours à moitié enfoncé dans la neige, lorsqu'il ne se trouve pas sur un chemin.
Mais cela va bientôt changer. En marchant, il arrive à une longue traînée d'empruntes dans la neige. Les empruntes ont été recouvertes de fine poudreuse, mais sont encore visibles. Elles forment une ligne droite et semblent se diriger vers Snowdin.
Il ne lui reste plus qu'à trouver d'où elles proviennent en allant dans la direction opposée.
Il entame une marche d'au moins vingt bonnes minutes. Il commence à être essoufflé, jusqu'au moment où il arrive à une drôle de falaise, avec une grande porte incrustée à l'intérieur.
Par curiosité, il va essayer de l'ouvrir. Personne ne peut habiter ici, il en aurait entendu parler sinon… Mais la porte ne bouge pas. Il aurait pourtant bien aimé continuer de suivre la piste des empruntes de pas.
Il finit par s'asseoir dos contre la porte, pour reprendre son souffle. Finalement, sa petite activité ne l'aura pas longtemps détourné de ses pensées, à propos du fait qu'il ne serve à rien, qu'il se donne à fond ou qu'il n'agisse pas.
Rien de pire que de se sentir inutile.
Et seul.
Même Papyrus n'a pas réussi à le faire changer. Il passe son temps à l'encourager, à lui faire des compliments et à le pousser à sortir ou à accomplir de nombreuses activités, comme son boulot, mais rien n'y fait. Il n'a plus la foi de faire quoi que ce soit dans le moment.
Il lève les yeux vers le plafond de la caverne, d'où tombent les petites gouttes d'eau qui se transforment en flocon avant d'atterrir sur lui. Il soupire assez bruyamment en se relevant, et décide de repartir. Inutile de rester là.
Toc...Toc...
« Il y a quelqu'un ?
- hm ? »
Il est un peu perdu, il croyait vraiment être seul.
Sans se tourne lentement vers la grande porte.
Tous ces parallélismes m'ont donné un mal de crâne pas possible. La prochaine fois, je vais juste faire une histoire linéaire, un peu comme les premier et second chapitres.
Une petite question : Des gens m'ont fait remarqué que Sans n'aurait jamais épargné les humains, et que pour Frisk, c'est juste grâce à la promesse de Toriel qu'il n'aurait rien fait contre elle/lui. Moi je pense complètement le contraire, qu'il n'aurait quand même rien fait, même sans promesse. Vous en pensez quoi ? Peut être que j'ai mal interprété le jeu ?
A bientôt !
