Parce que son mystérieux interlocuteur n'était que Michael Corner avec qui Ginny était sortie. Elle finit par répondre, ayant su par la rousse, que son balai avait tôt fait de vous mener au septième ciel.
"Arrête de discuter, lança-t-elle, et parle-moi de vraies choses, par Britney !"
Elle en était sûre, avec de tels mots, Michael ne pourrait que se jeter dans ses bras. Elle tendit le cou pour tenter de le trouver dans le cyber-café.
Caché derrière le paravent des consultations privées, il la cherchait du regard sans qu'elle ne le sache. Il se sentait émoustiller pas la situation.
Un petit rire idiot franchit la gorge d'Hermione. Elle le réprima à grand peine en plaquant sa main sur ses lèvres. Non pas qu'elle en ait eu honte, non, mais elle voulait juste faire danser encore un peu Michael. Maintenant qu'il était démasqué, les choses semblaient bien plus délectables.
Elle allait s'en donner à cœur joie. Et lui envoya un message contenant une proposition indécente.
"Scrabble à six heures ce soir dans le café de madame Piédodu, si tu es un homme, tu ne pourras pas te défiler."
"D'accord mais tu t'occupes des lettres, dans mon jeu il manque le X et les Q."
Hermione resta bouche-bée. Michael l'avait bien mouchée. Elle avait été eue à son propre piège. Qu'à cela ne tienne, elle n'allait pas se laisser faire.
"Je m'occuperai avant tout de ton K, et s'il le faut, je me laisserai aller à te couper les L. A moins, évidement, que tu ne te permettes de respirer mon R, auquel cas, il faudra nécessairement que je me munisse d'un H."
"J'te quitte t'es trop intello pour moi" répondit-il
La rage submergea Hermione. Ça, c'était le summum de l'insulte. Elle se leva si précipitamment que sa chaise en tomba dans un grand fracas qui attira l'attention de tout le monde et à grand cri, elle hurla :
"Michael Corner va te faire..."
Le dernier mot fut emporté par une vague d'exclamations choquées.
Mais Michael avait compris le dernier mot. Et cria à son tour:
"Par toi, ce sera avec plaisir"
L'humiliation d'Hermione était déjà au plus haut mais lorsque le professeur McGonagall intervint, ce fut pire encore.
"Monsieur Corner, Miss Granger, veuillez ne pas proférer de telles promesses... euh... désirs... euh... menaces, dans ce genre de lieu."
"Vous souhaitez peut-être vous joindre à nous, Professeur" gloussa Hermione "J'ai toujours beaucoup aimé les chats"
Ce fut cette fois au tour de McGonagall, McGo pour les intimes, les non intimes et les profanes, d'être soufflée. Elle savait qu'Hermione aimait les chats, en était la preuve Pattenrond. Et celui-ci était justement la cause de l'un de ses derniers émois. Lorsqu'ils avaient partagé leur dernière pelote en laine de mérinos, McGonagall avait cru que jamais plus sa vie ne serait la même.
Elle n'osait accepter l'invitation de peur que d'autres parties viennent se joindre aux réjouissances, et la jalousie de Pattenrond et d'Albus allait être maladive. Albus était d'autant plus jaloux que son balai ne se levait même plus quand une charmante personne l'enfourchait.
L'ennui était qu'elle avait rougie et que tous les regards étaient braqués sur elle. Elle aurait bien eu besoin d'une pelote de laine, d'un verre de lait ou d'un bol de croquettes Minouw pour se remettre d'aplomb.
Mais depuis quelques années, elle préférait les croquettes Krokneaz, aux extraits de poissons nocturnes des landes d'Ecosse. Elle sortit, se drapant dans sa cape et sa dignité et à peine la porte franchit, elle se prit les pieds dans son tartan.
Son étalement au milieu de la chaussée fut évidemment vu de tous. McGonagall poussa même l'un de ces petits cris à mi-chemin entre le gémissement et le miaulement, petit cri qui avait failli défriser la barbe d'Albus à bien des occasions. Elle heurta le pavé, se demandant comment elle faisait pour être si petite et tomber de si haut.
Là était le paradoxe de toute sa vie. Même quand on est petit, on tombe toujours de haut. Il faudra qu'elle demande à Rolanda à l'occasion.
Trop honteuse pour se relever, elle se transforma instantanément en chat et s'enfuit à toute allure en direction de l'école, entendant désespérément les hurlements de rire de tous ceux qui se trouvaient encore dans le cyber-café.
En effet dans sa précipitation, elle avait mal récitée la formule et se retrouvait affublée d'une queue en tartan Burberry au lieu de l'habituel aux couleurs du clan McGonagall.
Sûr que la honte allait s'effondrer sur sa famille pour les mille générations à venir. Ceci dit, n'ayant pas d'enfants, ça n'aurait pas dû la gêner plus que ça.
Elle allait être maudite par son arrière-grand-tante maternelle. Avoir attiré l'opprobre et le déshonneur sur le Clan, comment pouvait-elle osée?
