Eh oui, après une petite semaine, voici le 4ème chapitre !
J'espère que vous l'aimerez, n'hésitez pas à me faire part de vos réactions dans les reviews ! :)
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Chapitre 4 : Le Sillage
- Je pars avec toi, c'est décidé. Je te l'ai dit, je ne peux pas me séparer de toi.
- Je te préviens, ça sera dangereux.
- Tu ne me crois pas capable de surmonter les choses dangereuses ?
Nous étions assis à table dans la taverne quasiment entièrement déserte. Il y avait juste le gérant du bar et une ou deux personnes au comptoir.
Balthier était juste en face de moi. Il me regardait avec un sourire.
- Si, mais je te préviens toujours.
Il était six heures du matin. J'étais fatiguée. Mais heureuse, puisque je savais que je continuerais la route avec mon partenaire. Cependant, il semblait toujours vouloir m'énerver.
- Fais-moi un joli sourire, Leks.
Agacée et, je dois le dire, gênée, je finis mon verre, les joues roses.
Nous traversâmes une nouvelle fois les Gorges de Paramina, la Jungle de Golmore, la Plaine d'Ozmone et enfin… nous arrivions à notre point de départ.
- Là où tout a commencé, murmura Balthier en scrutant le paysage.
Nous venions d'arriver à Giza.
- Oui.
Je le dévisageai avec un sourire. Il fut vite rendu.
J'aimais cet endroit. Nous pouvions battre les monstres avec une grande facilité, ayant déjà bien fait progressé notre expérience au fil des lieux. Il s'agissait maintenant de marcher jusqu'à Rabanastre. Balthier voulait récupérer son vaisseau pour accéder au plus vite à Archadès.
Il était toujours aussi mystérieux, même si nous éprouvions à présent un sentiment encore plus fort que la sympathie.
- Ben dis donc, ça va de mieux en mieux. Tu me battras bientôt au combat !
- Très drôle. Ce lycaon était faible mais il me barrait le passage. En plus il voulait m'attaquer.
- Pauvre petite. Je te plains.
En quelques mots, je dirais que Rabanastre fut atteint en très, très peu de temps. Non sans avoir subi tout de même quelques remarques…
Mon chez-moi. J'entrai dans le quartier commerçant pour vendre nos butins et acheter quelques objets. Quelques curieux regardaient Balthier avec, je dois dire, une certaine admiration.
- Tu as vu ? Ils savent tous que je suis le premier rôle.
Je lui faisais comprendre que je ne saisissais vraiment pas pourquoi ils le fixaient tous ainsi. En fait, je le savais très bien et c'était peut-être l'une des raisons pour lesquelles je l'aimais.
Balthier avait quelque chose qui accrochait. Quand il passait près d'une personne, il était impossible que cette dernière ne le regarde pas.
C'était son charme. Sans aucun doute. Un charme qu'il ne voulait pas nécessairement montrer mais qu'il dégageait naturellement, particulièrement lorsqu'on discutait avec lui. Et ce sourire… J'étais sûre de n'en avoir jamais vu de plus beau.
Direction l'aérogare. Je suivis Balthier dans une chambre voisine de celle-ci et nous parcourûmes un couloir. Je me rendis vite compte qu'il conduisait aux immenses « garages » contenant les nombreux vaisseaux entreposés.
- Ilse trouve au numéro dix-neuf. J'espère que les mogs en ont pris soin.
Passé la chambre numéro dix-huit, nous pénétrâmes dans une tout aussi immense chambre gardant un gigantesque vaisseau.
Mon partenaire s'avança à pas tranquilles vers son moyen de locomotion et je le suivis, bouche bée par le spectacle devant moi.
Il prenait la moitié de la pièce et bien qu'il ne fût pas le plus grand vaisseau du monde, il impressionnait par sa mise en valeur. On ne voyait que lui en fait.
Je supposai alors que chaque vaisseau possédait au moins une caractéristique semblable à celle de son propriétaire. Je l'avais donc devinée.
- Je te présente le Sillage.
Ne sachant que dire, je remarquai que la coque du « dos » du vaisseau était colorée en violet, sûrement pour pouvoir le reconnaître.
- Impressionnant, murmurai-je tout simplement.
Je n'avais même pas remarqué les trois petits mogs qui sortaient d'une rampe du vaisseau à petits pas pressés.
- Tout est parfait ? Est-il prêt ? demanda Balthier au mog qui était au centre des trois.
Pour montrer que tout était en ordre, celui-ci leva sa clé à molette bien haut avec un petit cri d'approbation. Alors qu'il passait devant nous, Balthier le remercia en lui grattant la tête juste entre ses deux longues oreilles.
- Bon. Viens, il ne va pas te manger.
Il se retourna pour me regarder, un sourire aux lèvres.
Ensuite, il avança vers la rampe pour monter dans le vaisseau, moi sur ses talons.
- Waw, dis donc, c'est la classe !
Nous étions dans le cockpit. J'admirais les leviers et les boutons avec beaucoup d'attention, mes yeux observant tout ce qui pouvait m'intéresser.
- Et où est-ce qu'on dormira ?
- Dans une sorte de cale, tu sais, style vaisseau de mer. Il y a beaucoup de bruit car on y est près du moteur mais on s'y fait. Et puis, il y fait un froid glacial si on ne maîtrise pas suffisamment bien le sort de feu.
Je me demandais s'il fallait rire ou pas. En tout cas, ses yeux trahissaient un grand amusement.
- C'est pas marrant ! m'exclamai-je soudain, le visage changeant pour une expression de mécontentement. Quand je pose une question, tu peux y répondre franchement sans devoir me mentir, même si ça t'énerve que je sois trop curieuse.
- Leks. Dans le Sillage il y a tout ce que tu veux. Pourquoi diable devrait-on poser des questions ?
Malgré sa réponse, je continuai à bouder intérieurement. Quant à lui, il se plaça aux commandes et inspecta son tableau de bord. Il appuya sur quelques boutons puis jeta un regard à l'écran avant de lire la donnée qui y était inscrite.
- C'est bon, on peut décoller, conclut-il. C'est ta dernière chance. Tu peux faire demi-tour si tu en as envie. Tu as peut-être quelque chose de plus passionnant à faire que de vouloir me suivre.
- Ce n'est pas une question de te suivre ou pas. Je ne veux pas me séparer de toi. Ce qui signifie qu'il n'y a pas de retour en arrière.
- Si j'avais été possessif et donc, si j'avais voulu te garder pour moi tout seul, j'aurais ressenti une superbe sensation de délectation.
- Ah, lançai-je sèchement. Merci.
Il se leva d'un bond et vint m'embrasser longuement. Après cela, il passa une main dans mes cheveux en disant :
- Je mentais. J'ai toujours été possessif.
Le toit s'ouvrit progressivement, laissant passer l'éclatante lumière du jour dans la pièce. Le vaisseau s'éleva doucement de son point de départ et sortit à l'air libre. Les Feu-feux (expression amicale venant de mon invention) servant à faire avancer le vaisseau se déployèrent. Une lumière rougeoyante les envahit et l'immense appareil aérien se projeta en avant pour ne plus devenir qu'un point minuscule dans le ciel de Rabanastre.
- C'est magnifique, vraiment. Très jolie vue. En plus, ça n'a rien à voir avec les vaisseaux publics qui donnent mal aux oreilles. Tout est si paisible. Je ne sais pas si c'est grâce au conducteur.
J'avais ajouté la dernière phrase sans vraiment y penser. Gênée, je fus soulagée quand je vis qu'il ne se retournait pas. Il était toujours assis aux commandes, inspectant parfois son écran de bord ou ma carte d'Ivalice.
J'étais assise dans un fauteuil confortable au milieu de la pièce. Je somnolais un peu car je n'avais pas assez dormi la nuit précédente. Je jouais avec mon verre de keirk, boisson parfumée à l'esirec, délicieux fruit rouge. Je ne savais pas si c'était l'alcool ou autre chose mais à mesure que je fixais la vue panoramique qu'on avait sur le ciel bleu, parfois complété de petits nuages, je voyais des milliers d'étoiles danser devant mes yeux.
- Balthier. Je vais m'écrouler.
- Ah, tiens. Pas assez dormi ?
Décidément, il ne s'arrêtait jamais. Toujours à me taquiner à longueur de journée.
- Je t'en supplie, je vais vraiment partir et rejoindre le pays de ces fabuleuses étoiles dorées qui ne demandent qu'à me surprendre dans mon sommeil.
- Ah, je vois…
- Pitié, murmurai-je avec la force du désespoir, manquant de faire tomber le verre que je tenais étroitement entre mes mains moites.
- Je suis bien content qu'ils aient inventé le pilote automatique.
C'est ainsi qu'il appuya sur un bouton jaune, à sa droite, avant de se lever et me regarder, les bras croisés.
- Qu'est-ce que tu veux exactement ?
- Dormir. Oh oui… Un bon lit bien chaud. Une fois allongée, je m'endormirai pour quelques heures. En plus comme ça je ne te dérangerai pas pendant que tu pilotes.
C'était étrange. J'avais l'impression que le verre vide couinait et semblait faire des sauts de joie, tandis que je le retenais dans mes mains avec peine.
Balthier s'avança vers moi en silence et me prit le verre des mains en inspectant le petit fond qu'il restait. Il y goûta, pensif, et battit une fois des cils, avec un soupir.
- Allez, viens.
Il me prit doucement la main et je l'entendis marmonner quelque chose au sujet d'un état d'ébriété avancé. Je me mis à répliquer vivement, du moins, avec toute la force qui me restait.
Je ne savais pas exactement ce qu'il attendait à ce moment là. Je sus juste qu'un silence pesant était survenu, pendant lequel il fermait les yeux dans cette pièce dénuée de mobilier ou de décor.
Soudain, une faible lumière apparut au centre. Et (je jure que c'est ce qui est arrivé) un escalier blanc se dessina d'un coup, menant à un étage plus bas. La main dans la mienne, mon partenaire me conduisit au bas des marches.
Il y avait là une pièce d'un aspect très accueillant. Il y avait des étagères de livres à certains murs et un immense tapis sur le sol. Plus loin, vers le fond, séjournait un magnifique lit à baldaquin (dois-je préciser qu'il était double ?).
Nous avançâmes doucement vers lui et je m'assis avec soulagement sur cette surface ma foi très confortable.
Balthier prit une chaise et s'assit devant moi. Il se rapprocha de mon oreille et murmura tout bas :
- Tu es la première à entrer dans cette pièce. Je l'ai emménagée seulement pour les grandes occasions. Tu aimes ?
- Ouais ! m'exclamai-je en m'étendant de tout mon long.
Il eut un sourire. Il m'aida à m'allonger confortablement et alla me donner un nouveau baiser.
- Dors maintenant. Autant que tu le voudras.
Un sourire de bonheur apparut à mes lèvres. Ses yeux brillèrent et les miens se refermant, je ressentis un étrange apaisement, comme si on m'avait libérée d'un poids conséquent.
Lorsque je me réveillai, je restai dans le lit pendant quelques minutes, prenant le temps de m'habituer à la fin de mon sommeil. Je me souvenais vaguement de la discussion de toute à l'heure. J'avais sûrement trop bu. J'étais assez gênée.
Le silence était trop étrange et tellement calme, qu'il en devenait inquiétant. J'avais vraiment chaud. Mais le principal, c'était que je m'étais bien reposée.
Je me levai avec lenteur et commençai à observer la pièce. Il y avait quelque chose que je n'avais pas remarqué auparavant. Le milieu du sol était fait d'une vitre qui renvoyait l'image du ciel. Tout ce que je pouvais voir, c'était une tache ronde et noire. Aucune lumière.
Heureusement, dans la chambre, il y avait des chandelles aux murs qui diffusaient de petites lumières orangées et accueillantes.
Je traversai la pièce et me dirigeai vers l'escalier blanc. Je le montai en silence puis me retrouvai dans la chambre précédente.
Dans le cockpit, Balthier était toujours là, aux commandes. Rien ne semblait pouvoir troubler son amour pour le ciel, aussi sombre soit-il. En effet, un immense rectangle noir se faisait voir au dessus du tableau de bord.
- Il fait nuit, murmurai-je sans annoncer ma présence.
Il ne sursauta pas. Il se retourna pour me regarder. Il ne répondit rien. J'avançai lentement vers lui et posai les yeux sur son lieu de travail.
- Leks. Dans quelques heures, quand il fera déjà jour, nous pourrons atteindre Archadès. J'ai déjà survolé Nalbina, le Col de Mosphore et la Forêt de Salika. Ici, on est au-dessus d'une plage de la Côte de Phon. Nous y sommes presque.
- Oh, déjà ? On est si bien dans ton vaisseau.
Je lui fis un sourire et ses yeux étincelèrent.
- C'est gentil de considérer ma venue comme une grande occasion.
- C'est normal, tu veux dire.
- Oh, je ne sais pas moi… Qui sait, peut-être que tu ne m'aimes pas vraiment…
Je commençais à devenir comme lui. Y a vraiment des fois où je me demande ce que je fais…
- Ah ? Que je ne t'aime pas vraiment ?
- Oui.
- Pardonne-moi mais si je ne t'aimais pas, je ne pense pas que tu aurais même tout simplement pu effleuré mon vaisseau. Ou mieux, effleurer mes lèvres.
Mes joues virèrent au rouge.
- Bon, d'accord. Je capitule, annonçai-je en m'écroulant dans le fauteuil que j'avais quitté quelques heures plus tôt. Mais faut me comprendre. C'était la première fois que j'embrassais quelqu'un. Alors, je… me pose des questions.
- Ce qui est normal. Leks, tu n'es pas encore totalement une femme. Tu as quinze ans.
- Pour moi ça ne change absolument rien.
- Eh bien pourtant, ton âge a beaucoup déterminé les situations dans lesquelles nous avons été confrontés. Ou, si tu préfères, ton caractère d'adolescente nous a permis de choisir des voies que je n'aurai jamais prises… parce que je suis adulte. Comme par exemple lorsque tu as décidé tout d'un coup de prendre le chemin le plus court dans la Jungle de Golmore alors que tu voulais absolument nettoyer ce lieu.
- Être adolescente amène parfois à modifier son avis tout d'un coup. Je sais que c'est illogique. Mais je suis comme ça. Enfin, changeons de sujet, veux-tu, je déteste qu'on parle trop de moi.
J'avais tort de prendre ça à la légère
Si je n'avais pas choisi ce chemin-là
Je serais morte à l'heure qu'il est
A suivre…
- Ah, tiens… Les Landes de Tsita, murmura Balthier en consultant ma carte et son radar. La flore est riche là-bas. Dommage qu'on ne puisse pas encore voir grand-chose. Il y a des étendues d'herbes hautes.
- Ben dis donc…
La clarté était revenue légèrement et le soleil allait très bientôt se lever. J'aimais ce ciel. Ou plutôt j'aimais tout simplement le ciel.
- Je sais que je me répète mais c'est magnifique, Balthier. Qui sait, peut-être que je serai pirate du ciel plus tard…
Il éclata de rire. C'était la première fois, d'ailleurs, que je l'entendais rire. Et je pouvais avouer que c'était très agréable à entendre.
- On arrive au Palais de Sohen, annonça-t-il. Pas mal, hein ?
En effet, c'était assez impressionnant. Sous notre nez, un bâtiment énorme ressemblant à une forteresse, prenait beaucoup de place.
- J'en aurais vu des choses avec toi, lui confiai-je avec un sourire.
- Oui. Mais bientôt je devrai couper le moteur. On est presque arrivés.
Avec un enthousiasme assez étonnant, il attrapa son levier et fonça à toute allure.
Histoire, je pense, de profiter une dernière fois de la puissance de son vaisseau.
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Alors, vous l'imaginez comment, cette suite à Archadès ? Faites travailler votre imagination ;)
