Dernier chapitre !


Chapitre IV. Sybille et l'enfant prodigue.


Mariage magique

Entrée, Manoir MacGonagal, Ecosse, 29 Juin 1978, matin

PDV Athéna MacGonagal

J'entre tranquillement dans mon manoir avec Gygy, mon elfe de maison. Ces vacances n'ont été que désastre sur désastre et je me réjouis de les avoir écourtées. Gygy s'empresse d'emmener mes valises en haut et m'invitant à aller dans la cuisine pour une tasse de thé et un encas bien mérité. Non mais vraiment, ce voyage, une catastrophe ! Trop chaud, les autres touristes étaient horripilants, j'étais à deux doigts de leur envoyer un doloris ! J'entends du bruit dans la cuisine, je me dis que Gygy a fait vite en poussant la porte. Je m'arrête, ébahi par le spectacle qui s'offre à moi :

- Qui êtes-vous et que faites-vous chez moi ? Comment êtes-vous entrée ?

La femme devant moi est bouche bée. Elle porte un short très court et une simple chemise à peine boutonnée. Elle tient dans sa main une spatule. Je remarque alors qu'elle est devant la cuisinière et qu'elle fait des pancakes. Sur le plan de travail, il y a un plateau avec deux assiettes, deux tasses de thé et deux verres de jus d'orange.

CRACK! Gygy apparaît.

- La fille de Madame est là. Elle dort. Gygy, doit-elle préparer un déjeuner pour Petit Chat ? Gygy peut…

L'elfe se retourne et s'arrête de parler devant le spectacle oh combien horrible pour elle. Une personne est en train de cuisiner dans SA cuisine. Je ne donne pas chère de la peau de cette femme. L'intruse se tourne vers moi :

- Euh, oui bonjour, je suis Sybille Trelawney, une amie de votre fille. Elle m'a invité à passer quelques jours ici… Votre retour n'était pas prévu, je pense… Euh désolé pour ma tenue, je viens de me lever. Elle se tourne vers l'elfe. Bonjour, Gygy. Je suis désolée si j'ai dérangé ta cuisine. Euh… Mais Minerva est plutôt exigeante quand il s'agit de nourriture. Tu dois le savoir. Ta cuisine doit être très bonne. Tu sais qu'elle compare tout ce que je lui prépare avec tes plats, c'est très vexant. L'elfe rougit de plaisir sous le déluge de compliments, elle s'en sort bien, cette fille ! Elle sait comment gérer un elfe. Je préparais le déjeuner, mais puisque tu es là : que dis-tu de prendre ma place et de finir de faire les pancakes pendant que je prépare une autre tasse de thé et un jus d'orange pour ta maîtresse.

L'elfe donne son accord, d'un hochement de tête. Sybille sort sa baguette et prépare en quelques secondes une tasse de thé et un verre de jus d'orange.

- La terrasse est prête à nous accueillir. Vous devez être fatiguée, suivez-moi.

Je rêve où elle vient de m'inviter à la suivre dans ma propre maison. Je me demande qui est cette jeune femme pour ma fille. Je la suis et m'assoie élégamment sur une des chaises. Elle pose le plateau, puis m'amène ma tasse et mon verre. Elle finit par s'assoir devant moi et sirote son verre tranquillement. Avant que je puisse poser la moindre question :

- Laissez-moi me présenter correctement, je suis Sybille Trelawney, héritière de la famille Trelawney. Vous êtes bien entendue Athéna MacGonagal, la mère de Minie. Elle m'a beaucoup parlé de vous. Elle vous aime énormément. Quant à moi, je suis une collègue de votre fille. Je suis le professeur de divination de Poudlard. Minie et moi, nous nous sommes rencontrées il y a un peu près deux ans. La première fois qu'on a parlé, elle m'a giflé à quatre reprises… Elle semble joyeuse en y repensant. Ensuite, elle est venue m'espionner et je lui ai lancé un verre d'eau dans la figure et nous avons dîné ensemble… Nous avons passé le plus clair de notre temps à nous chamailler et à nous disputer. Je l'ai invité à sortir en fin d'année puis à passer nos mois de vacances ensemble. Et nous avons commencé une relation amoureuse. Elle a débité ça très vite, comme une enfant prise en faute qui explique qu'en fait c'est pas sa faute. Elle me regarde dans les yeux. J'aime votre fille et à cet instant passer le reste de ma vie avec elle est la seule option d'avenir qui m'intéresse.

Je suis de nouveau bouche bée, elle a du cran cette fille. Je la trouve chez moi en petite tenue et m'annonce sans problème qu'elle couche avec ma fille depuis 2 ans. Mais en vérité, je reste bloquée sur une seule information.

- Professeur de divination ? Genre les boules de cristal, le thé et le tarot… Je suis à deux doigts d'exploser de rire. Mon dieu, c'est la blague la plus drôle que l'on ne m'ait jamais faite…

- Pourquoi les gens oublient toujours le pendule ? Le pendule est une excellente façon d'obtenir des réponses et…

Son ton sérieux m'achève totalement. J'explose de rire.

- Ahahahahahahahhahahhahahahahahahhahahha…

Je crois que je vais mourir de rire, littéralement. Elle me regarde avec un air consterné. J'essaye de me calmer. CRACK.

- Maîtresse, Petit Chat est réveillée et s'habille, elle me demande de vous dire de ne pas faire peur à Sybille… et Maîtresse, ça va ?

Je suis repartie dans mon fou rire…

- Gygy ramène le déjeuner de Minerva et les pancakes, s'il-te-plait.

Cette fille donne des ordres à mon elfe comme si elle était chez elle. Trelawney, vieille famille, qui remonte même aux fondateurs de Poudlard. Elle fait partie de l'aristocratie donc. Jolie fille, du cran, de l'argent et des relations, un bon parti… Mes réflexions m'ont un peu calmé. Après un dernier regard inquiet pour moi, l'elfe disparait. J'essaye de reprendre contenance en buvant ma tasse de thé. Alors, cette Sybille Trelawney est vraiment intéressante, mais Doux Merlin, une voyante… ça me sidère… Professeur à Poudlard ce n'est pas le job du siècle mais au moins, elle et Minie seront ensemble toute l'année. Bien, je crois que je l'aime bien cette fille… Sybille interrompt mes pensées en lançant avec désinvolture :

- Une question avant que votre fille arrive ?

Cette fille a vraiment du cran… Une question, elle est radine ! Je me lance :

- Que préférez-vous chez ma fille ?

Un sourire énigmatique se dessine sur les lèvres de Sybille, comme si elle avait deviné ma question.

- Sa force, sa malice, la manière dont elle sourit quand elle tente de ne pas sourire, ses beaux yeux verts… Je ne sais pas ce que je préfère je pourrai noircir des kilomètres de parchemins… Mais je peux vous dire que je l'aime, n'est-ce pas mieux ?

Oui, bien sûr que c'est mieux. Ma fille a-t-elle trouvé la perle rare ? Même si elle est voyante ! J'entends des pas pressés. Minerva apparait sur le pas de la porte. La mine un peu ensommeillée encore, elle panique légèrement de me voir tranquillement en train de converser avec sa petite-amie. J'attaque sans hésiter, par Circée, on va bien s'amuser :

- Alors, tu ne parles pas à ta vieille mère de tes amours ? Je suis vexée. Non, mais, vraiment… 2 ans Minerva et tu ne dis rien à ta mère !

- Ce n'est pas… Je la coupe.

- Une fille, bon… passes encore, on est plus au Moyen-Âge, mais avec une VOYANTE ! J'hurle le terme. Je vois Sybille grimacer. Sérieusement, il se passe quoi dans ta tête ! Une voyante pas foutue capable de me voir arrivée d'ailleurs… Si ça, ce n'est pas la preuve de son incompétence…

- Maman, tu…

- Je trouve une fille à moitié nue dans ma cuisine, sans être prévenue ! C'est scandaleux ! Une honte !

- Je suis désolée, je… Sybille tente d'intervenir, elle se lève et se rapproche de ma fille. Elle est gentille. Elle semble interloquée par mon changement de comportement.

- Il n'y as pas de désolée qui tienne, jeune fille, tu…

CRACK

- Maîtresse, Petit Chat, le repas est prêt quand vous aurez cessez de vous chamailler !

Un sourire se dessine sur mes lèvres et sur celles de Minerva. Une dispute et des hurlements avant le petit déjeuner mettent toujours en appétit. Sybille regarde l'elfe avec étonnement. C'est vrai que peu d'elfe oserait interrompre leur maître ainsi. Si je veux m'amuser de ma fille, je ne veux pas faire fuir l'autre. Je me tourne vers l'elfe.

- Gygy, je te prierai de ne plus interrompre mes envolées lyriques…

L'elfe ose me regarder avec surprise et disparait ! Y a plus de respect pour les ainés, je vous le dis. Une délicieuse odeur se fait sentir alors qu'une montagne de pancakes lévite jusqu'au centre de la table de jardin… Par Morgane, je suis vraiment affamée.

- Bon passons. Tu es grande, adulte et presque responsable. Tu fais ce que tu veux, avec qui tu veux du moment que ça te rende heureuse. Un silence accueille mes paroles. Alors je demande pour détendre l'ambiance. Plus important ! Que valent ses pancakes ?

Minerva sourit franchement.

- Ils sont plus que délicieux, maman !

- Bon, on la garde alors.

Le clin d'œil que je lance à ma fille l'a fait rougir. Excellent ! Sybille nous regarde nous assoir avec un air de stupeur sur le visage. Elle doit se demander où est la colère de tout à l'heure, pauvre enfant… Je décide de l'aider un peu.

- Asseyez-vous, Sybille. Je ne mors pas, ça c'est Minerva…

- Maman, tu m'avais promis de ne plus raconter cette histoire…

- Oui, oui, Vous savez, Sybille, que Minerva a un problème avec les morsures depuis toute petite.

- Vraiment ? Je ne savais pas.

- Oui, disons que je n'ai pas remarqué les suçons sur votre cou… Je ne sais pas qui est la plus rouge entre Minerva ou Sybille. Je m'amuse comme une folle. Donc ma petite Minie, alors âgée de 6 ans, était embêtée par un enfant un peu plus grand et…

- Maman si tu racontes cette histoire, je te…

- Chut, Minie, Maman raconte… Donc…

(Ellipse)

Chambre à coucher, Manoir MacGonagal, Ecosse, 21 Décembre 1978, après-midi

PDV Athéna MacGonagal

Si un jour, quelqu'un m'avait dit que ma fille se marierait avec une voyante, je crois que j'aurai fait interner cette personne. Et maintenant, je me tenais là, dans la chambre de ma fille. Je la regarde achever son maquillage. Elle est magnifique dans cette robe blanche. Dans quelques minutes, nous allons remonter l'allée ensemble. Son père aurait été si fier. Elle a un travail qu'elle aime et bientôt elle se marie à une femme merveilleuse qui l'adore et qui va tout faire pour la rendre heureuse.

Sybille Trelawney. Un choix étonnant presque démentiel. C'est une belle jeune femme de bonne famille, héritière qui plus est, mais j'étais plutôt sceptique, une voyante ! Mais son regard doux et attentif sur les choses et sa tendresse envers ma fille compense largement son exubérance et sa folie douce. J'aime les voir ensemble. Elles semblent plus qu'heureuses.

En vérité, ma fille ne m'avait pas présenté d'homme ou de femme depuis ses 20 ans. Et maintenant, ma petite Minie se marie. Je radote mais j'ai le droit, je suis une vieille femme dont la fille se marie donc j'ai le droit. Mon regard se tourne de nouveau vers ma fille. Elle s'inquiète, je la vois plisser son front. Elle regarde dans le miroir, incertaine. Elle fixe un petit paquet posé sur le lit. Je demande :

- Qu'est-ce que c'est ?

- Un cadeau de Sybille. Elle m'a dit que tous ceux et celles qui se marient avec une Trelawney doivent porter… et bien ce qu'il y a dans la boîte. Je dois dire que j'ai un peu peur de ce qu'il y a dedans… Connaissant Sybille, je…

Elle s'interrompt et me regarde déballer le cadeau. Je lui tourne le dos pour qu'elle ne voit pas… Le cadeau me laisse sans voix...

- Alors ? me presse Minerva derrière moi.

Je lui montre. Sa bouche fait un magnifique O de surprise. C'est vrai que c'est magnifique. Elle le prend dans ses mains, délicatement. C'est une sorte de couronne. Il y a une lettre. Je la prends et la lit à voix haute :

Mon amour, mon chaton,

Je suis sûre que ta mère t'a volé la lettre et qu'elle est en train de te la lire, alors… Ma chérie, voici la tiare des époux. Cette couronne a presque mille ans et elle fut porté par tous ceux et celles qui ont épousés une Trelawney. Je me doute que tu as eu peur de ce que contenait mon présent.

Cette tiare est transformée selon les envies de la Trelawney qui se marie. Elle est fondue et remodelée à chaque mariage. J'ai choisi de recouvrir l'or d'une fine couche d'argent presque blanc pour aller avec ta robe et l'émeraude pour souligner tes yeux. Je ne doute pas qu'elle sublime ta tenue. J'ai quelques dons de voyance ou d'excellents espions.

Elle porte des sorts de protection et des sorts de bonne fortune. On dit que le métal, dans laquelle elle est faite, est de l'or gagné lors d'un pari contre un maître forgeron gobelin… On dit beaucoup de choses sur cette tiare qui a traversé les siècles, mais ce n'est pas l'important. Cette tiare est un symbole primordial, ancestral.

Quand une Trelawney se marie, elle offre, dit-on, le monde avec elle, du moins son monde, d'où la couronne. Tu as vu mes Terres, tu as vu ma Demeure, tu as vu bien plus que je n'aurai dû te montrer et je te montrerai plus encore. Tu connais mon Devoir envers les miens, tu connais une partie de l'avenir. Et tu connaitras notre passé. Tu deviendras l'une des nôtres, une membre du Cercle.

Porter cette tiare, cela signifie entrer dans mon monde et le posséder comme moi, avec moi. Si tu portes cette tiare, alors ce mariage sera légitime pour les miens et tu seras membre du Cercle et tout te sera révélé. Devant l'Histoire, pour écrire l'Histoire, tu te tiendras à mes côtes.

Ne pas la porter, cela signifie qu'une grande partie de ce que je suis, de ce que je dois être, de ce que je serais, te sera cachée. Notre mariage n'aura pas de valeur pour les miens et ils ne te reconnaîtront pas comme mienne ni comme l'une d'entre nous.

Saches que quel que soit ton choix, quel que soit ta décision, ce mariage est ce que je désire. Je ne veux pas faire ma vie sans toi. Je ne crois pas qu'elle vaille la peine sans toi. Si tu n'es pas à mes côtés, je vivrai cette vie sans plaisir, sans joie. Je ne veux pas imaginer mon avenir sans toi, je ne veux pas m'imaginer vieillir sans toi. Saches que tu es tout ce que je désire, tout ce que j'aime. Je t'aime aujourd'hui et t'aimerai demain et t'aimerai toujours.

Je t'attends devant l'autel, ma reine, mon amour, mon chaton.

Sybille Trelawney-MacGonagal, ta future femme.

Je lève la tête de la lettre, je n'ai pas tout compris, mais Minie parait affecter. Je tente :

- Chaton ? Ça va ?

- Dois-je la mettre ? Je le veux tu sais. L'avenir dont elle parle, je le veux tellement. Mais…

- Tu as peur. C'est normal d'avoir peur. Mais Sybille t'offre son amour et… tout le reste, tout ce qu'elle possède, elle veut le partager avec toi alors n'hésite pas. Elle te rendra heureuse. Je ne dis pas que ça va être facile tous les jours mais… Aucun mariage n'est facile et ta future femme est clairement dérangée… Mais ma chérie, tu l'aime et elle t'aime… et je dis ça comme ça mais elle vient de t'offrir une couronne alors…

- Tu n'es pas amusante. Cette couronne c'est… un ultimatum.

- Une proposition. Elle te demande de faire un choix comme le jour où elle t'a demandé en mariage. Tu as dit oui. Alors, pourquoi lui dire non aujourd'hui en ne portant pas cette tiare ?

- Je ne sais pas, ça semble très…

- Définitif ?

- Oui. Elle tremble comme si elle était sur le point de pleurer. Elle doute.

- Minerva Elizabeth MacGonagal ! Regardes-moi et réponds moi ! Est-ce que tu l'aimes cette tarée de voyante ?

- Elle n'est pas tarée, Maman ! Elle est un peu bizarre et paranoïaque mais elle…

- Est-ce que tu l'aimes, Minerva !

- Oui, bien sûr que je l'aime.

- Alors portes cette foutue tiare. Elle ouvre la bouche. Le sujet est clos !

Je la fais s'assoir et lui met la tiare sur la tête. On aurait dit qu'elle avait été fait exprès pour la coiffure de Minerva. Je vais finir par croire qu'elle est vraiment voyante, cette tarée.

- Tu es magnifique et tu es sur le point de te marier. Comment te sens tu ?

- Inquiète, je suis inquiète. Si elle décide de partir et si elle dit non et si elle…

- Elle t'a offert cette foutue tiare alors elle va être devant l'autel à t'attendre.

(Ellipse)

Extérieur, Manoir MacGonagal, Ecosse, 21 Décembre 1978, fin d'après-midi

PDV SYBILLE

Si elle ne vient pas, si elle décide de fuir, si elle décide de ne pas mettre la tiare, si elle la met… Merde ! Calme-toi ! C'est un bon jour pour se marier. La neige est belle et fine. Les tentes chauffées sont l'invention du siècle, je vous le dis.

J'entends de la musique. Ça commence… Donc Minerva va arriver aux bras de sa mère. Je regarde Granhist' qui est mon témoin et Albus qui va nous marier. Ils sont, tous les deux, bouche bée. Je me retourne et ma mâchoire elle aussi s'ouvre en grand. Par tous les astres du Ciel, ce qu'elle est belle. Je savais qu'elle allait être magnifique mais là. C'est inexplicable. Sa robe est blanche, aussi blanche que la neige qu'elle foule doucement, en rythme avec la musique. Sa robe dessine ses courbes et elle a un léger décolleté. Son visage est maquillé avec goût, ses yeux sont soulignés et sa bouche est rougie. Ses joues sont colorées par le froid et ça me donne envie de courir vers elle pour la réchauffer. Mais elle s'avance vers moi avec tellement de grâce alors que moi j'aurai été capable de m'exploser par terre… Alors je la laisse venir. Je remarque la tiare sur sa tête et je souffle de soulagement. C'est un pas de plus avec elle, un pas de plus vers le bonheur. Je vais pouvoir tout lui révéler. Pas ce soir, j'ai d'autres projets comme lui enlever cette robe et lui faire l'amour mais après si elle n'est pas trop épuisée… Mince si je commence à penser à ça, c'est foutu… Nos regards se croisent et je me sens rougir. Elle a son regard de chat, celui qui veut dire que ça va être très très bon… Merlin, cette femme m'allume alors qu'elle remonte l'allée pour se marier… Elle est parfaite.

Albus se racle la gorge. Je me tourne vers lui, mécontente d'être dérangé dans la contemplation de ma femme. Il sourit et commence la cérémonie. Qu'il est ennuyant ! Mais si je le stupéfie et que je m'enfuie avec Minerva, ça va faire jaser je suppose… Après le fameux « Qui s'oppose à cette union ? », il y a enfin le tant attendu « Vous pouvez embrasser la mariée ». Je me jette presque sur elle. Sa bouche me fait un bien fou, sa langue caresse doucement ma lèvre inférieure comme une promesse puis elle se retire… Zut ! J'ai tellement envie d'elle. Mais il y a encore la réception avec dîner et coupage de gâteau puis le bal… Ça va être foutrement long avant que je puisse la prendre… contre une porte par exemple… Comme si elle lisait mes pensées, elle me murmure « plus tard, mon amour ».

(Ellipse)

Chambre à coucher, Manoir MacGonagal, Ecosse, 22 Décembre 1978, très tôt le matin

PDV MINERVA

J'ai légèrement trop mangé, trop bu et trop dansé. Je suis exténuée. Mais je vois bien que Sybille ne pense pas du tout mais pas du tout à dormir. Je la sens me presser contre la porte de ma chambre. Par Circée, elle est vachement douée. Sa langue caresse mes lèvres, pénètre à peine ma bouche, et ça me fait frissonner violemment. Ses mains prennent possession de mes fesses et je gémis de manière audible, ce qui la fait glousser. Il faut que je reprenne le contrôle. Je la pousse pour qu'elle me laisse respirer, mais elle me prend dans ses bras et m'emmène jusqu'au lit. Elle me repose et murmure un « laisses-toi faire » en me léchant l'oreille, elle sait que faire ça me fait perdre mes moyens. Elle me fait m'assoir sur le lit et m'enlève mes chaussures, puis me relève et m'enlève mes vêtements. Je suis nue devant elle. Son regard est intense, il pourrait enflammer le pôle nord. Elle me fait me rassoir. Elle s'amuse à se déshabiller sensuellement. D'abord, sa cravate qu'elle me lance. Ensuite son pantalon qu'elle enlève dos à moi, en me donnant une vue magnifique de ses fesses appétissantes. Sa chemise est vite retirée, elle est en sous-vêtement. Elle s'agenouille devant moi, me regarde doucement, elle pose ses lèvres sur mon genou. Ses mains caressent mes chevilles et je la vois écarter mes jambes. Ses mains emprisonnent les miennes et les posent sur sa tête. Elle trace le chemin vers mon sexe depuis mon genou plusieurs fois. Mes mains se crispent dans sa chevelure et je la guide presque violemment vers mon sexe et appuie pour la faire me prendre, faire entrer sa langue en moi. Quand elle pose sa bouche, je gémis, mais quand elle insère sa langue, je crie son nom. Elle me laisse la guider et je donne un rythme qui m'emmène rapidement vers l'orgasme. Je me laisse aller sur le lit pour reprendre mon souffle. Sybille me regarde avec un air prédateur et avec un sourire victorieux sur ses lèvres encore brillantes. Soudain, la fatigue de tout à l'heure disparait, je lui ordonne d'enlever le reste de ses vêtements. Une fois obéi, je l'attire vers moi sur le lit. Je me mets sur elle. La cravate qu'elle m'a lancée trouve son utilité. Je lui murmure :

- Tu vas te retourner et je vais t'attacher les mains derrière le dos. Et je ne te libèrerai que quand j'en aurai envie, que lorsque tu auras perdu ta voix à force de crier mon nom, que lorsque tu me demanderas grâce… Je vais te prendre et te faire me supplier… Elle gémit dans mon cou. Je touche doucement son sexe déjà trempé, j'effleure son entrée. Je vais te faire mienne encore… Je la retourne et lui attache les mains. Encore et encore !

Je la place à genoux dos à moi, je me presse contre elle. Elle frissonne d'impatience. J'enfouie mon visage dans son cou et la marque plusieurs fois, pendant que mes mains redécouvrent sa poitrine. Elle gémit et se tortille contre moi. Elle me supplie de la prendre… Déjà, oh ma chérie, tu vas tellement attendre. L'une de mes mains abandonne sa poitrine pour caresser son ventre, je frôle la naissance de ces poils pubiens. Elle se cambre, je la mords presque à sang pour la punir, elle crie. Je lèche ma morsure pour me faire pardonner. Je descends ma main et trouve son clitoris pour le pincer légèrement. Je sais qu'elle adore ça. Sa voix n'est plus que supplication. Comme un mantra, elle répète « S'il-te-plait, Minie, s'il-te-plait » entrecoupé de gémissements et de cris de plaisir. Je caresse son sexe depuis un moment et ma main est déjà humide alors que je ne l'ai pas pénétrée. Je remonte cette main jusqu'à sa bouche. Elle suce mes doigts sauvagement. Je ne peux pas empêcher mes hanches de cogner contre ses fesses. J'ai besoin de la prendre. Je retire ma main et la pousse. Sa tête est contre le matelas et elle m'offre une vue imprenable sur… sur tout. J'écarte un peu plus ses jambes et insère deux doigts. Je glisse facilement. Elle est tellement excitée, tellement ouverte. J'entends sa frustration quand je me retire et que je quitte le lit. Je lui demande :

- Tu as confiance en moi ?

- Par Morgane, Minie. Oui, s'il-te-plait. Fais ce que tu veux mais fais-moi jouir.

J'hésite mais je veux la prendre comme ça. Je prends une fiole dans ma commode. Elle me regarde. Et dans sa position, la regarder me regarder est étrangement excitant.

- Tu connais la potion Virimembra ?

- Oui… Je… Tu veux me prendre avec… comme un homme ?

- Oui. Tu veux bien ?

- Oui, oui, je veux bien. Va s'y.

Je bois la potion d'une traite. Mon regard dans le mien, elle attend. Putain, comme j'ai envie d'elle. Je sens la potion faire effet. Je ferme les yeux. Le changement physique est étrange mais pas douloureux. Quand je les ouvre, je vois un sexe d'homme en érection. Je le… enfin je me touche. Je ne peux pas m'empêcher de gémir. C'est étrange mais tellement bon. Ma main va et vient. J'entends Sybille soupirer. Je me dirige vers elle et me positionne derrière. Son sexe est offert, son cul est offert. J'ai envie d'elle de toutes les manières possibles. Je me frotte contre ses fesses.

- Va s'y, répète-t-elle. S'il-te-plait.

Sans préambule, je pénètre son vagin de toute la longueur de mon nouveau sexe. Elle est étroite. Je reste immobile un moment mais ses coups de reins m'obligent à bouger. Je pose les mains sur ses hanches et prend le contrôle. Elle se laisse faire, totalement perdue dans son plaisir. Quant à moi, je me sens grossir en elle et jouir. Je gicle, je sens Sybille jouir juste après moi, je fais encore quelques va-et-vient puis je me retire. Le sexe masculin est toujours en érection. 4 à 5 orgasmes, selon le potioniste.

La nuit est loin d'être finie. J'écarte ses fesses alors que Sybille reprend son souffle. Je m'insère doucement, en m'y prenant à plusieurs fois, jusqu'à pourvoir glisser en elle. Sybille n'est plus capable que de gémir. Alors j'accélère le rythme, j'ai l'idée très claire de jouir dans son cul. Je caresse ses lèvres intimes avant de la pénétrer de trois doigts. Avec des coups de reins rapides et mes doigts qui entrent et sortent d'elle, je jouis dans ses fesses et je m'oblige à garder le rythme jusqu'à ce que je la sente jouir sur ma main. J'essuie ma main couverte de cyprine sur son cul, alors que je suis encore en elle. Elle gémit à ce geste. Quand je me retire, du sperme couvre mon sexe et coule du… coule de Sybille. Je détache ses mains et la laisse se mettre sur le dos.

Je la regarde. Elle est couverte de sueur. Son sexe est gonflé et humide de moi et d'elle. Son souffle est encore court et ses yeux sont fermés. Sa poitrine se soulève, son cou est marqué et ses lèvres sont entrouvertes. Elle est tellement belle. Je m'approche de sa bouche et l'embrasse en me serrant contre elle. Mon érection caresse sa cuisse. Elle ouvre les yeux, je me perds dans son regard troublé. Notre baiser s'éternise, doux et tendre. Sa main descend, mon sexe se retrouve prisonnier et elle le caresse doucement. Elle murmure :

- Qu'as-tu préféré ? Mon sexe ou mon cul ? Comment me veux-tu encore ? Veux-tu tester ma bouche ?

Cette femme est parfaite… Normal, c'est ma femme. Je suis incapable de formuler une réponse. Elle m'embrasse encore… puis descend doucement, m'embrassant partout. Elle me laisse le temps de l'arrêter, mais je la laisse faire. Je la regarde faire. Quand sa bouche rejoint sa main sur mon sexe d'homme, je crois m'évanouir de plaisir. Puis elle me prend dans sa bouche. Elle lèche, suce, mordille puis finit par me prendre entièrement. Il suffit d'une vingtaine de va-et-vient. J'éjacule et elle m'avale. Elle me regarde droit dans les yeux. Quand je vois sa langue qui nettoie mon sexe encore érectile, j'enfouie mes mains dans ses cheveux et la force doucement à me reprendre en bouche. Elle me laisse la diriger et je vois sa main rejoindre son entrejambe. En quelques minutes, je l'entends jouir, la bouche encore remplie de mon sexe. A ce son, je jouis encore et elle m'avale de nouveau. Mais je ne la laisse pas se retirer. Mes mains tiennent fermement sa tête. Et je l'oblige à me prendre encore. Elle comprend l'urgence de mon besoin et utilise ses mains pour me stimuler plus rapidement. Sa bouche autour mon sexe, une main qui caresse mes testicules et une caresse mes fesses. Elle me fait jouir une troisième fois dans sa bouche. J'exige encore en pleurant presque de plaisir :

- Avales, avales tout, s'il-te-plait, s'il-te-plait...

Elle obéit doucement, avec ses yeux rivés dans les miens. Les effets de la potion s'estompent. Je la sens me couvrir de la couverture et me murmurer : « je t'aime tellement » avant de sombrer dans le sommeil.


Conception

Dans un bar miteux, Londres, 5 Octobre 1978, soir

PDV Extérieur

Dire que cet endroit n'était pas le plus chic des bars était un doux euphémisme. Miteux, crasseux, lugubre, glauque, ce bar correspondait à tous ces adjectifs. Presque désert, quelques habitués au bar et le barman résumait les personnes présentes, ce bar n'avait rien d'exceptionnel. Rien n'avait jamais perturbé ni même vaguement troublé le calme de ce bar de quartier. On y voyait presque tout le temps les mêmes têtes. Un ouvrier qui s'en jetait un avant de retourner chez lui, un avocat sans envergure qui noyait son ambition déçue… des âmes déçues par la vie venant oubliées dans l'alcool leurs souvenirs et leurs problèmes.

Un homme d'une cinquantaine d'année était assis au bar, un verre de mauvais whisky devant lui. Il avait les cheveux courts, bruns, bien coiffés. Il était plutôt bien habillé. Il semblait perdu dans ses souvenirs. Orphelin, il ne savait presque rien de sa famille, une mère morte en couche, un frère disparu et un nom, le nom de son père, parait-il. Il avait fait des recherches mais le dernier membre vivant de sa famille avait été tué alors qu'il n'avait que 18 ans. En somme, il ne savait pas qui il était. Qui était sa mère, qui était son père… ces questions le tenaient éveiller de longues heures, alors il buvait… Il buvait pour oublier qu'il avait toujours été seul, seul à l'orphelinat, seul lors de ses études (car il était brillant et avait réussi à devenir médecin) mais il était seul. Son rapport avec la gente féminine n'était pas fameux. Les femmes lui avaient toujours paru frivoles, légères presque sans intérêt. Les hommes lui paraissaient bien plus beaux, bien plus puissant, bien plus excitant. Mais il n'avait jamais osé… les hommes il les observait de loin ; les femmes il les méprisait en général.

Mais quand il la vit, elle, il sut qu'elle était différente. Son regard était dur, sûr presque violent par son intensité. Elle avait tout du regard d'un homme puissant, se dit-il. De longs cheveux roux tirés dans un chignon strict, elle était magnifique. Elle s'approcha de lui, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Elle prit sans hésiter une seconde le verre qui était devant lui et le but d'une traite en le regardant dans les yeux. Il frissonna.

- Tu t'appelles comment mon beau ?

Il n'en revenait pas. Il n'arrivait pas à faire sortir un son de sa gorge. Cette femme était foutrement excitante. Il se dit que ce qu'il lui plaisait ce n'était pas les hommes mais les personnes fortes, brusques, sûres d'elles-mêmes. Et cette femme était tout cela. Et ça lui plaisait ! Il devait se reprendre. Il inspira :

- Jack J…

- Jack suffira mon beau, on va pas se marier ! On va juste baiser ! Tu veux un autre verre ou c'est bon ?

Elle n'y allait pas par quatre chemins. Il exigea un autre verre en lui disant qu'il n'était pas homme facile. La femme rit mais sans véritablement de chaleur, un rire qui ne toucha pas ses yeux. Il la regarda avec plus d'attention pendant qu'ils flirtaient sous le regard jaloux et curieux des autres habitués. Oui cette femme était magnifique. Ces cheveux roux, cette robe étrange, ces yeux calculateurs… Cette femme, elle le regardait avec un air féroce, prédateur. Et il adorait ça. Elle était parfaite pour lui. Parfaite pour coucher. Il remarqua l'anneau à son doigt. Cela le contraria et l'excita à la fois. La femme était prise certes mais elle avait quand même envie de coucher avec lui. Pourquoi ?

- Cela ne va pas contrarier votre mari ?

Une micro-seconde quelque chose vacilla dans les yeux de la mystérieuse femme, mais elle se reprit vite et avec une lueur amusée, elle répondu, désinvolte :

- T'inquiète pas pour ça, mon joli ! Alors ça te branche ?

Oui évidemment que ça le branchait. Une jolie femme comme ça. Il ne pouvait, voulait pas refuser.

- Chez moi ou chez toi ?

- Penses à mon mari mon chou ! Allons plutôt chez toi !

Ce fut sans douceur, sans amour et sans tendresse. Il la prit fort et dur comme il aimait. Elle se laissa faire dans un premier temps. Mais ensuite elle devient sauvage presque violente, comme en transe. Il jouit plusieurs fois, en elle, sans contrôle jusqu'à ce que la femme le laisse en paix, épuisé au bord de l'évanouissement. Il ne la revit pas, mais il garda pendant des jours la marque de ses dents sur son épaule.

(Ellipse)

Hôpital Saint-Mangouste, Londres, 11 Octobre 1978, matin

PDV Minerva

Ne pas paniquer, ne pas paniquer.

Tu n'as pas paniqué quand tu as dû affronter les sbires de cet enfoiré de Grindelwald.

Tu ne paniques pas quand tu affrontes les Mangemorts… Tu restes stoïque et concentrée.

Tu n'as jamais paniqué quand tu affrontes tes élèves, jamais. Tu gères et tu te contrôles.

« Un sang-froid et un calme exemplaire » comme dit ta mère.

Tu sais qu'on dit de toi que tu as « le sang-froid d'un serpent et la majesté d'une lionne ».

Les sorciers et les sorcières, qui avaient combattus avec toi, pouvait te décrire comme une combattante hors pair d'un flegme typiquement britannique.

Mais, en cet instant, il ne fallait pas se mentir, tu paniquais. Car voilà ta femme avait disparu depuis plus de 6 jours et tu paniquais légèrement. Elle avait disparu sans un mot sans une note et cela te mettait hors de toi. Le simple fait que tu sois en train de te parler marque déjà ta légère perte de contrôle.

Tu savais bien sûr. Elle te l'avait dit, elle t'avait prévenu. Elle l'avait senti. Mais, voilà, tu n'arrivais et tu n'arrives toujours pas à te calmer.

Albus n'avait été d'aucune aide, bien sûr. Il avait fait des blagues idiotes sur les voyantes tête en l'air qui tombaient dans des puits. Tu avais eu envie de lui arracher les cordes vocales. Mais non, tu n'avais fait que lui envoyer TOUTE la paperasse en retard de Poudlard, tu savais que faire la paperasse était la chose la plus détestable pour Albus, donc ta vengeance avait été à la fois parfaitement horrible et utile, deux coups en un.

Et les membres du Cercle… eux ils t'avaient rassuré en disant que c'était habituel. Disparaître pendant 6 jours était habituel ! Elle avait eu envie de hurler, de scalper cette foutue Vélane, de couper les quatre pattes de ce foutu canasson et de décapiter ce foutu gnome. Et ce Delacour décrépi, elle avait eu envie de lui briser sa baguette et peut-être son nez aussi.

Bref, c'était normal. Tout le monde lui disait que c'était normal. Mais, par Merlin, ce n'était pas normal de disparaître comme ça.

Sybille t'avait dit, t'avait répété que tout allait bien se passer, que tout se passait toujours bien. Mais voilà tu étais Minerva MacGonagal-Trelawney et tu ne savais pas être raisonnable quand il s'agissait de Sybille. Tu avais toujours été bien trop amoureuse, bien trop aimante pour songer à être raisonnable.

Alors, bien sûr quand tu avais reçu le hibou de Saint-Mangouste, tu avais envoyé balader tes obligations professorales, sans même y penser, en laissant une petite note à Albus. Qu'il se débrouille aujourd'hui, après tout c'est le directeur même si tu avais de plus en plus l'impression de faire tout le job et que lui recevait la paie.

Sans laisser le temps de disparaître au mal de transport, dû au transplanage, tu marches d'un pas plus que rapide vers l'accueil de l'hôpital. Après avoir foutu la frousse de sa vie à l'hôtesse qui ne trouvais pas assez vite le numéro de la chambre de Sybille, quelle empotée !, c'est presque en courant que tu débarques dans la chambre. Ton regard tombe sur Sybille, vos yeux s'accrochent. Elle est affreusement pâle. Il y a quelque chose de terriblement triste et coupable dans son regard. Sybille détourne le regard. Tu fronces les sourcils. Tu t'étais promis le matin de votre mariage que tu ferais en sorte de toujours la rassurer, de toujours l'aimer le plus fort et le plus longtemps que tu le pouvais. Mais elle était là au bord des larmes dans une chambre d'hôpital. Sans que tu saches pourquoi et c'est cela qui te rend la plus furieuse contre toi. Pas les 6 jours d'absence, non là tu es en colère contre toi car tu ne sais pas comment la rassurer. Tu ne sais pas quoi dire. Tu te trouves inutile, alors tu fais la seule chose qui te vient à l'esprit. Tu restes silencieuse en t'avançant vers elle. Elle est trop pâle et elle semble avoir perdue du poids. A-t-elle mangé pendant ces 6 jours ? Elle a des marques de morsures sur le cou et ses poignets qu'elle cache brusquement sous les draps sont eux aussi marqués. Tu fronces les sourcils et serres la mâchoire. Qui est l'enfoiré qui lui a fait ça ? Ton regard se perd sur le mur blanc pendant que tu envisages tout ce qu'elle pourrait lui faire avant de le tuer, car tu as toujours pensé que le Doloris était un sort sans imagination, quand des sanglots te ramènent à la réalité. Sybille est en pleurs et tu ne sais toujours pas pourquoi. Tu t'approches d'elle, tu t'assoies sur le lit et la prend dans tes bras malgré le fait qu'elle tente de te repousser. Tu la tiens fermement contre toi. Elle pleure encore et murmure des excuses. Toi, tu ne sais rien faire d'autres que la tenir, que lui montrer ton soutien. Tu lui dis des mots comme « chut », « tout va bien », « je t'aime » et encore un peu plus de « chut » et de « calme-toi » et surtout beaucoup de « je t'aime ». Mais elle ne se calme pas. Elle te serre fort contre elle. Et tu te sens de plus en plus inutile et pathétique, et tu te fustiges de ne pas être capable de la rassurer. Elle pleure encore et toujours quand une médicomage entre dans la pièce.

- Excusez-moi, bonjour, vous devez être sa femme.

Les pleurs de Sybille se renforcent encore, tu foudroies la femme du regard.

- Ce n'est clairement pas le moment.

- Oui, bien sûr mais… les examens ont montré des traces évidentes de… rapports sexuels et votre femme n'a pas dit un mot depuis qu'on l'a trouvé inconsciente sur le Chemin de Traverse donc… Les Aurors m'ont fait comprendre qu'elle avait disparu pendant six jours… En ces temps troubles, je pense qu'il faudrait que les Aurors regardent sa mémoire ou…

Sybille te serre plus fort comme si elle avait peur que tu partes. Sa tête est dans ton cou et tu entends son murmure : « s'il-te-plaît, fais-la sortir et fais-moi sortir, ramènes moi chez nous, s'il te plaît ! ». Sa voix tremblante te brise le cœur.

- A qui dois-je m'adresser pour la faire sortir ? Ton regard refroidit la femme qui recule d'un pas. Tu adores faire cet effet sur les gens, parfois tu te dis que tu aurais dû écouter le choixpeau et aller à Serpentard…

- Ecoutez Madame MacGonagal, il faut comprendre qu'après un tel traumatisme…

- C'est MacGonagal-Trelawney. Tu la coupe froidement. Je sais ce qu'il s'est passé mais ce n'est pas ici qu'elle ira mieux. Je la ramène chez nous.

- Je ne pense pas que Poudlard soit un bon endroit pour…

- Chez nous, pas à Poudlard. Maintenant soit vous me donnez les papiers pour la faire sortir soit nous partons directement.

- Bien.

Visiblement à contre cœur, elle fait apparaître un papier que tu signes sans même le lire. D'un coup de baguette, tu métamorphoses la blouse d'hôpital de Sybille en une robe sobre mais élégante. Elle sursaute. Elle te jette un rapide regard et se lève doucement, elle refuse toujours de croiser ton regard, elle garde la tête basse, comme honteuse. Et ça te fout en rogne mais tu ne dis rien. Tu détestes la voir comme ça… Au lieu de hurler à pleins poumons, ce qui n'est pas une attitude très mature, tu lui prends la main et la guide vers l'aire de transplanage. Tu la prends contre toi et tu la fais transplaner devant ton manoir, ta mère étant en vadrouille quelque part en Russie. Tu la portes presque jusqu'à ta chambre. Tu l'amènes dans ta salle de bain. Elle trésaille quand tu la déshabilles, elle a à nouveau les larmes aux yeux. Elle essaye de se cacher de toi. Tu serres les dents.

- Minie, je…

- Chut. Tu vas m'écouter. Tu enveloppes doucement sa mâchoire et tu l'obliges à te regarder dans les yeux. Tu es ma femme et tu vas me laisser prendre soin de toi. Des larmes coulent sur ses joues. Tu donnes un petit coup de langue sur chaque joue, tu sais que ça la fait rire quand tu te comportes comme un chat. Je vais te déshabiller et nous allons prendre une douche puis nous allons mettre nos pyjamas et nous allons dormir un peu, ça fait un bail qu'on a pas fait de sieste ensemble. Est-ce que ça te convient ?

Elle te regarde comme si le monde allait à sa perte et que tu pouvais tout arranger. Si seulement… Elle hoche la tête. Un sourire s'empare de tes lèvres. Tu achèves de la déshabiller. Tu remarques d'autres marques sur son corps pendant que tu la laves doucement. Les suçons sur son cou et sur sa poitrine et les bleues qui commencent à apparaître sur ses poignets te contrarient mais tu supposes que son état n'est pas mieux quand tu perds le contrôle dans la chambre. Mais ce sont les marques de griffures sur l'intérieur de ses cuisses et surtout, les sanglots de Sybille quand tu passes l'éponge savonneuse dessus qui te donnent encore envie de hurler. Tu remontes et tu l'embrasses, tu lèches encore ses larmes, car faute de faire en sorte qu'elle ne pleure plus tu peux quand même la consoler.

Vous sortez de la douche, tu vous sèches doucement d'un sort, celui qu'elle t'a appris, celui qu'elle a utilisé sur toi lors de votre deuxième confrontation… Tu prends une crème sur l'étagère, tu lui en mets sur ses marques, ses bleus et ses griffures.

- Minie, je…

Pour la faire taire, tu l'embrasses et la guides au lit. Tu l'allonges et tu t'allonges contre elle.

- Dors, ma chérie.

- Tu seras là quand je me réveillerai ?

La crainte dans la voix de Sybille brise ton cœur. Tu murmures :

- Je serai là à ton réveil. Je serai toujours là, toujours. Je t'aime, je ne te quitterai pas, jamais.

Sybille enfouie sa tête dans ton cou et tu sens ses épaules se soulever alors qu'elle sanglote encore. Alors, tu la serres encore plus fort contre toi et tu continues comme une litanie :

- Je suis là, je serai toujours là, toujours. Je t'aime, je t'aime, je t'aime tellement. Je ne te quitte pas, je suis là, je suis là….

Tu la sens s'endormir, quand son souffle se fait enfin régulier, tu te détends enfin pour la première fois depuis 6 jours. Tu fermes les yeux, enfin elle est là, saine et sauve, contre toi et c'est tout ce qui compte.

Chambre, Manoir MacGonagal, Ecosse, 11 Octobre 1978, fin d'après-midi

PDV Sybille

Comment fait-elle ? Comment fait-elle pour tout accepter ? pour tout comprendre ? pour si bien me comprendre ? Je sais qu'elle m'aime mais… La plupart des gens aurait au moins crier, hurler… mais pas elle. Elle est restée calme, douce, sereine. Malgré ce que je suis, ce que j'ai fait, malgré mes larmes, elle est restée près de moi. Elle n'a pas posé de question, elle n'a pas tenté de me faire parler. Elle est juste restée là avec moi. Elle m'a juste serré dans ses bras.

J'ai eu tellement peur que malgré ses promesses, elle parte. Que malgré tout ce qu'elle m'avait promis, qu'elle me quitte à cause de ça. Comme le mari de Mère. Quand elle est arrivée dans la chambre d'hôpital, quand elle m'a vu, quand son si beau regard a buté sur les marques sur mon corps, j'ai cru mourir. J'étais terrifiée que l'histoire se répète. Mais non, elle m'a juste prise dans ses bras. Pas de reproche, pas de colère. Juste elle, sa chaleur, son odeur, sa présence, son amour, sa tendresse. Juste elle.

Elle est là, étendue près de moi, endormie. Ces six jours ont dû être durs pour elle. Je caresse ses cheveux doucement. Elle ronronne, je suis toujours étonnée de voir à quel point son animagus est si présent quand elle dort. Elle est mignonne. Je me blottis un peu plus contre elle. J'espère ne plus jamais la quitter, ne plus jamais vivre un jour sans la voir, sans la toucher, sans lui dire que je l'aime. J'inspire profondément pour m'imprégner de son odeur. Je dois lui dire tellement de choses. Tellement. Je ne sais même pas par où commencer et…

- Chut. Tu penses trop fort. Arrêtes de t'inquiéter.

Ses bras m'amènent encore plus près d'elle. Je soupire d'aise. Elle me murmure « Tout ira bien, tout va bien, ma chérie ». Je la repousse doucement. Je m'assoie en tailleur en face d'elle.

- Minie, je suis… Je suis enceinte. Je veux dire que…

- Je sais. La Transe, l'héritière des Trelawney et tout et tout… Ne t'inquiète pas. Je comprends et je reste près de toi pour toujours. Je te l'ai déjà dit et s'il faut que je me répète encore et encore je le ferai. JE RESTE ! Avec toi et ton enfant.

Elle est là avec un regard déterminé comme si elle me défiait d'affirmer le contraire.

- Notre enfant.

Elle détourne les yeux.

- Oui, notre enfant. Bien sûr. Je vais l'adopter si tu le désires et je vais être là et…

Je lui prends la mâchoire et nos regards se croisent.

- Quand Aurora a dit que cet enfant aura trois parents ce n'était pas une figure de style. Tu vas être biologiquement sa mère, si tu le souhaites.

- Quoi ? Son regard est troublé. Mais la prédiction de Trasgrassie, elle disait…

- Je sais ce qu'elle dit. Seule et sans enfant. Tu ne porteras pas d'enfant mais tu en auras. On peut peut-être faire le sort d'héritage… j'ai fait quelques recherches… on peut faire le sort vers les 6 mois de grossesse sans difficulté et…

- Tu es sûre que tu veux… enfin… de moi, de mes gênes… je veux dire.

Son hésitation est trop mignonne. Dire que je croyais être la seule à avoir peur de… de tout ça.

- Minerva, qui ne voudrait pas de tes gênes ? Tu es intelligente, magnifique et plus que tout tu as la santé de fer et le caractère de la bonne vieille Ecosse. (Elle sourit à mes mots) Bien sûr que je veux de toi et tes gênes pour notre enfant. Une jolie petite fille rousse avec tes yeux verts… ça serait parfait, non ?

- Oui. Ça sera parfait.

Elle a les larmes aux yeux. Cette prédiction lui a vraiment pourri la vie. Si Jonas Trasgrassie était encore en vie, il en aurait pris pour son grade, foi de Sybille. Je caresse doucement sa joue.

Ses yeux sont remplis de larmes, j'ouvre la bouche pour la rassurer encore mais ses lèvres sur les miennes font s'enfuir mes pensées. Ses mains couvrent mes joues et m'obligent encore et encore à lui rendre ses baisers. Après un énième, sa bouche descend sur mon cou. Elle lèche les marques de l'autre, comme pour me faire oublier. Je gémis. Elle relève la tête et me demande l'autorisation de continuer avec ses jolis yeux. J'hoche la tête, elle sourit. Elle prend sa baguette et d'un murmure, elle fait disparaître nos vêtements.

Elle passe un temps infini à m'embrasser sur la bouche en me serrant, puis elle descend. Ses mains, sa bouche, sa langue et même ses dents sont douces. Je ne peux que gémir et soupirer sous ses assauts. Elle est merveilleusement douce et tendre. Quand sa bouche touche enfin mon clitoris, elle plante ses yeux dans les miens jusqu'à ce que l'orgasme m'oblige à les fermer. Elle remonte sa bouche et m'embrasse alors que deux de ses doigts caressent mon entrée humide. Ses lèvres parcourent ma mâchoire et ses doigts entrent en moi avec une lenteur presque douloureuse. Je suis totalement soumise et me laisse faire. Elle glisse une de mes cuisses entre les siennes, le contact avec son sexe humide m'excite terriblement. Elle me murmure à quel point elle m'aime, à quel point je lui ai manqué, à quel point elle est heureuse avec moi. Elle me murmure que j'ai le goût du bonheur en mordant mon cou alors que je suis submergée par un second orgasme. Ses doigts ne cessent pas leur mouvement, ils accompagnent doucement ma descente. Elle se retire de moi et laisse ses doigts humides tracés une ligne de mon sexe à mon visage. Elle les enfonce dans ma bouche, je sais qu'elle adore me voir faire ça, alors je les suce et les mordille.

Ses soupirs et l'humidité que je sens couler sur ma cuisse me fond ouvrir les yeux. Nos regards se rencontrent, son excitation est plus que visible et ma main trouve facilement son chemin. Je trouve une humidité incroyable.

- Ça m'a tellement manqué ! elle murmure. Tu m'as tellement manqué.

- A moi aussi. Répond-t-elle alors que ma main pince doucement son bouton de plaisir.

Je l'allonge et la recouvre de mon corps. Ma bouche fait prisonnière la sienne. Je m'amuse à pincer tantôt un téton tantôt son clitoris. Ma main est tellement mouillée je pourrai m'enfoncer sans résistance en elle. Je relève ma main et la lèche devant ses yeux, qui s'assombrissent. Je murmure :

- Comment me veux-tu ? mes doigts ? ma bouche ? les deux ? dis-moi !

Elle frisonne et mord violemment mon cou comme pour me punir de l'allumer comme ça. Elle prend ma main et la guide. Je la laisse faire entrer trois de mes doigts en elle. Mon poignet est fermement tenu, elle me donne le rythme. Un puissant orgasme semble la traverser. Elle retire ma main et se laisse aller contre le lit. Par les fées, elle est sublime après l'amour. Je lèche doucement mes doigts, son goût est la chose la plus merveilleuse que je n'ai jamais gouté. Je ne peux pas m'empêcher d'en vouloir plus. J'écarte ses cuisses et commence à lécher. Avec de petits coups de langue, je la nettoie. Je sens son regard sur moi. Quand je pose ma tête sur son ventre après l'avoir nettoyé, je croise son regard fatigué et satisfait. Je tuerai pour qu'elle ait toujours ce regard. Je remonte et l'embrasse doucement puis je pose ma tête contre son épaule pour m'endormir contre elle. Une de ses mains se pose sur mon ventre pour me caresser. Elle murmure « j'ai hâte que tu sois là, ma jolie Kira ».


Prédiction

Poudlard, Bureau du directeur, 23 juin 1979, matin

PDV Sybille

Franchement me faire grimper son foutu escalier à presque neuf mois de grossesse. Si Minerva apprend ça… Pff, je m'assoie sans grâce, de toutes façons je ressemble à une éruptif obèse, sur un fauteuil en face du bureau d'Albus. Bien sûr, il n'est pas là. Je parie ma baguette qu'il va apparaître grâce à Fumseck avec un nuage de fumée et de flammes… Mes pressentiments sont tellement forts depuis que je suis enceinte. Kiragrisva va vraiment être une excellente voyante mais franchement, ça va être difficile. J'espère savoir l'élever correctement. Minie sera là, je sais. Parfois je reste des heures à penser à comment l'éduquer, comment l'aimer correctement, comment la préparer à ce qu'elle est, à ce monde qui se dessine avec cette saleté de mage noir. Je tremble de peur quand Minie fait une mission pour l'Ordre du Phénix. Je crois que le bébé le sait. Elle me donne des visions de Minie qui rentre et qui m'embrasse. Ce bébé est vraiment exceptionnel. Elle est déjà parfaite. La grossesse, à part le fait que je sois devenue une baleine comme disent les moldus, s'est bien passé. En même temps, les membres du Cercle ont été très présent, les habitants du Centre furent même très intrusifs jusqu'à ce que Minie les virent assez brutalement. A Poudlard, c'est Trulili qui fut extrêmement protectrice et attentionnée. Et Minie bien sûr. Elle, elle a juste été parfaite et je crois que le bébé l'aime déjà. Je me rappelle d'une nuit où Kiragrisva a fait sa batteuse de Quidditch en se débattant durant des heures et quand Minie est enfin venue se coucher contre moi, Kira a cessé de se débattre comme ça d'un coup. Ou encore, quand elle a été calme toute la journée, à l'instant où j'entends la voix de Minie, je sens comme un saut de joie dans mon ventre. Minie me trouve alors le sourire aux lèvres, les larmes aux yeux, une main sur mon ventre. En général, elle m'embrasse, me fait m'assoir dans un fauteuil et s'agenouille devant moi, pose sa tête sur mon ventre et commence à raconter sa journée. Elle parle à Kira de Quidditch et de métamorphose. « Kira », elle l'a déjà surnommé. Je lui ai dit que « Kiragrisva » signifiait étoile filante, et que « Kira » voulait dire mouvement rapide en ancien gobelin et qu'on devrait plutôt la surnommer « Grisva », mais Minie ne veut rien entendre. Sa Kira comme elle dit sera aussi filante qu'elle le veut. Ce genre de moment me font presque oublié l'horreur de la guerre.

Et bien sûr, il y a eu le moment du sort d'héritage. Ce souvenir est l'un des plus beaux que j'ai en mémoire. Lors du mois d'avril, j'ai organisé un rendez-vous pour moi et Minie. La soirée avait été féérique, je l'avais emmené en Russie pour que l'on puisse se promener autour un lac gelé au milieu de nulle part sans personne à des kilomètres à la ronde. Puis nous étions retournés au Centre où Trulili, qui avait fait des pieds et des mains pour être à mon service même en dehors de Poudlard, rien n'est plus buté qu'une elfe, nous avait préparé un merveilleux dîner. Au terme de notre repas, j'avais offert un parchemin à Minie. Un parchemin sur lequel je lui avais écrit un tas de choses qui l'avait fait doucement pleuré. Mais il y avait surtout le sort d'héritage. Un sort assez complexe et peu utilisé qui mélange un ADN, comme disent les moldus, avec celui d'un autre être vivant. Quand on l'utilise sur un jeune enfant, plus on l'utilise jeune sur un enfant, plus l'enfant intègre l'ADN étranger. Minie était inquiète que le sort me fasse du mal ou fasse du mal au bébé, mais après moult arguments, nous l'avions fait. Et c'était parfait. J'ai sentie comme un saut en moi, comme si ma Kira sautillait de joie… Elle m'a semblé bouger toute la nuit qui a suivi… Minie est restée contre moi, les mains sur mon ventre en chantonnant en gallois. C'était merveilleux. Une petite fille aux yeux verts c'est tout ce dont je rêve. Tout ce que je veux et tout ce que je vois.

Quand je regarde vers l'avenir, j'ai un sentiment mitigé. Je sens que les choses vont changer. Je sens que cette guerre va bientôt prendre fin. Ce Voldemort, aussi terrifiant qu'il soit, n'est pas éternel, n'est-ce-pas ? Seigneur des Ténèbres, ce n'est pas un métier d'avenir, foi de voyante. Je le sens, j'en ai parlé à Minie, mais elle ne voit que les pertes et les combats. Elle ne voit pas plus loin. Récemment, elle m'a demandé de prendre part, que le Cercle prenne part au combat. Comme si nous n'agissions pas déjà, certes dans l'ombre mais nous agissons. Le Cercle anglais s'active. Argent de la part de Gobelins, renseignements de la part des Vélanes (qui sont d'excellentes espionnes) et des conseils de la part de Centaures, et les sorciers anglais du Cercle qui mettent leur baguette et leur talent au service de l'Ordre du phénix, mais très discrètement, trop discrètement pour Minie. Mais d'avis général, ce n'est pas un problème qui concerne l'ensemble du Cercle. Et on ne pourrait pas agir de concert, à travers le monde, sans que cela soit repéré. Prudence et finesse avant tout, pour protéger et conserver le Secret.

Mais voilà, c'est bien une période de terreur qui s'est abattue sur nos têtes. De terreur et de morts. Les sorciers britanniques se font décimer, des familles entières qui refusent de se soumettre et des sorciers qui succombent au combat. Pourtant, ce pressentiment que cela va prendre fin m'interloque. Et Minie, elle avait pété un câble quand je lui avais dit cela. Elle avait hurlé que c'était facile de rester planquer et de ne pas aider, que ce foutu Secret ne servait qu'à protéger égoïstement une seule catégorie de la population. Qu'on était raciste, vu que c'était les voyants d'abord et le reste ensuite. Elle avait crié des injures encore et encore, jusqu'à tomber de fatigue. Le silence enfin revenu, elle a murmuré qu'Alastor Maugrey avait été gravement blessé et que plusieurs de ses anciens élèves avaient failli mourir. Elle s'était excusée et était partie se coucher sans un mot. C'était il y a trois jours et nous n'en avions pas reparlé, mais… voilà j'étais dans le bureau d'Albus, alias le chef et fondateur de l'Ordre du Phénix et seul Merlin sait ce qu'il va advenir. Je ferme les yeux pour me concentrer sur l'avenir en soupirant.

Une odeur et un bruit de flamme me font rouvrir les yeux. Albus est là avec Fumseck sur l'épaule. Il semble un peu déçu de ne pas m'avoir fait sursauté et son regard rieur est presque sérieux.

- Alors que dit le ciel, Sybille ?

Je le regarde interloquée. Quoi ?

- Pardon ? Je bafouille, Albus Dumbledore, qui, malgré ce que l'on peut croire, est le plus sceptique et rationaliste des hommes, car même sa folie est raisonnable, me demande à moi ce que dit le ciel ! J'ai dû m'endormir…

- Que dit le ciel, Sybille ? Répète-t-il. Qu'as-tu vu dans ta boule de cristal ? Dans ta tasse de thé ?

- Pourquoi tout le monde oublie le pendule, tu sais c'est un excellent… J'essaye de reprendre mon rôle de voyante excentrique, mais je sais que ça ne va pas, que ça ne marche plus avec lui. Cela fait quelques temps qu'il voit à travers le rôle…

- Ne joue pas à cela ! Intervient-il violemment. Tu as devant toi un homme désespéré d'entendre une bonne nouvelle, quelque chose de positif pour avoir l'impression de ne pas avoir échoué.

Un silence inconfortable suit ses paroles. Que dois-je faire ? Il veut quoi, que je lui redonne espoir.

- Que s'est-il passé ?

- Tu ne sais pas, (sa colère grandit). Londubat père est mort et le fils a failli y rester aussi, sans une intervention quasi suicidaire de sa femme qui est enceinte d'ailleurs… Augusta est terriblement affectée. Les Abbot ont presque tous été tué… Les Potter tu te souviens de Lily Evans et de James eux aussi s'en sont sortis de justesse. Cette guerre décime nos jeunes talents, c'est une catastrophe. Il s'assoit lourdement dans son fauteuil.

- Et que puis-je y faire Albus ? Tu veux quoi ? Je ne suis pas une diseuse de bonne aventure ! La guerre tue, que c'est étonnant ! Que veux-tu entendre !? Une vision d'un futur meilleur ? une jolie histoire pour t'endormir ce soir ? Tu veux que je lise dans ton thé, tu veux que je regarde les lignes de ta main, que je regarde dans ma boule de cristal, que je joue avec un pendule… tu veux… tu veux… Une prophétie… Je me sens mal tout à coup, comme juste avant ma transe… Oh, douce Morgane

- Une prophétie oui ça serait bien et…

Je m'entends parler de loin, comme à travers un mur d'eau. Ma voix résonne en moi, ma vision est floue.

- Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche, alors qu'Elle Les réunit enfin. Ils naîtront de ceux qui l'on part trois fois défié, Il sera né lorsque mourra le septième mois, alors qu'Elle sera son ainée. Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal, alors qu'Elle l'est, mais ils auront des pouvoirs que le Seigneur des Ténèbres ignore... Et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun des deux ne peut vivre tant que l'autre survit. La chute du Seigneur changera l'Histoire à jamais.

Je reprends doucement conscience. Seigneur, une prophétie j'ai fait une prophétie. Je prend un parchemin vierge sur le bureau d'Albus qui est encore bouche bée. Je réécris la prophétie, je la tronque. Une prophétie pour le garçon. Alors « un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore »…

- Sybille ?... Sybille ! Sybille !

Je relève la tête pour regarder Albus, alors que mon travail de réécriture n'est pas terminé…

- Ne paniquez pas, mais vous avez perdu les eaux, je vous propose donc d'aller à Saint-Mangouste avec l'aide de Fumseck, cela vous convient ? Je vais également envoyer un patronus à Minerva. Un bonbon au citron, avant notre départ ?

C'est incroyable, je viens de faire une prophétie qui va changer le cours de la guerre et de perdre les eaux et lui tranquillement, il me propose un bonbon.

- Pas à Saint-Mangouste, mais je vais vous emprunter Fumseck. Pour le patronus, dîtes à Minie que je suis à la maison, ma maison et... Bonne vacances ! Je touche Fumseck, et lui murmure le lieu où je veux aller. Albus, vous avez un visiteur indésirable !

J'ai le temps de voir la feuille où j'avais noté la prophétie volée vers la porte et une cape noire qui descend en trombe les escaliers avant que Fumseck s'envole dans les flammes.


Voilà c'est la fin du début de l'histoire nouvelle...


A plus pour la suite.

Pas de date, pas de promesse.

Rien n'est encore sur la papier, tout est dans ma tête... Faut que je trouve le courage et la motivation.

Bye !