Chapitre 4 : Le Prince et la Sirène

La journée parut interminable au Prince qui dut supporter les railleries de son meilleur ami qui le harcelait pour savoir pourquoi il était dans les nuages. Ses parents crurent que ses pensées étaient occupées par Olivia et décidèrent que les fiançailles seraient officialisées au début de l'hiver, comme la tradition le voulait.

Quand le soleil commença à descendre lentement sur la mer, Roy se précipita sur la rive, mais bien sur, elle n'était pas là. Avec un soupir, il s'assit, espérant toujours. L'horizon brulant offrait un spectacle magnifique. Il retira ses chaussures et sa chemise pour plonger dans l'eau, c'est alors qu'il la vit, sous l'eau elle semblait hésiter. Il aurait voulut nager vers elle, mais il manquait d'air et du remonter à la surface, mais quand il replongea, elle avait disparu, il était pourtant sur de l'avoir vu. Il ne pouvait cependant pas rester bien longtemps sous l'eau. Alors qu'il reprenait son souffle, une voix qu'il connaissait lui demanda s'il cherchait quelque chose. Il se retourna, elle était derrière lui. Il n'osa pas faire un mouvement vers elle de peur qu'elle ne s'échappe. Ce fut elle qui brisa le silence, la veille, elle avait entendu les humains l'appeler Prince, il lui confirma qu'il était le fils unique des souverains de ce pays et appris qu'elle avait tout juste seize ans et qu'elle était la plus jeune fille du Roi du royaume sous-marin.

Il restèrent à parler ainsi, sans oser s'approcher, malgré leur étreinte de la veille. Il lui raconta sa passion pour l'océan et découvrit l'avis plus que négatif des sirènes sur les humains. Il en profita pour lui poser des questions au fur et à mesure qu'il se souvenait du conte de son enfance. Elle lui dit qu'elle n'avait pas le droit d'être ici avec lui, que tout contact entre sirène et humain était formellement interdit mais refusa de lui dire pourquoi. Les sirènes ne vivaient pas des centaines d'années mais il fut toutefois surpris d'entendre que tout comme les humains, elles avaient une âme immortelle, contrairement à ce qui était raconté dans les contes. Cependant, l'immortalité qui leur été offerte n'était pas auprès d'un Dieu au Royaume des Cieux, mais dans l'océan, mêlées à lui à tout jamais sous forme d'écume blanche.

Le soleil était à présent couché, les étoiles les éclairaient, comme des milliers de diamants se reflétant sur la surface sombre de l'océan. Le Prince commençait à avoir froid, ainsi immobile dans l'eau, la sirène le vit frissonner et lui proposa de nager un peu, ce qu'il accepta avec joie. Ils atteignirent un petit coin d'océan caché par une falaise, à l'abri des regards, où poussait un énorme saule pleureur. Il s'arrêtèrent sous l'arbre où Roy constata qu'il avait pied. L'eau lui arrivait aux épaules. Il s'approcha de la sirène et fut heureux de voir qu'elle ne reculait pas ni ne chercher à fuir l'étreinte de ses bras. Alors qu'il emprisonnait ses lèvres des siennes, il la sentit enrouler sa queue autour de ses jambes. Toujours torse nu, il pouvait sentir le contact de sa peau froide contre la sienne, le contact des écailles du haut de sa queue contre son torse, lisses et douces, sensation étrange mais pas désagréable, jamais il n'avait trouvé un couleur aussi belle.

Il se surpris à revoir son jugement vis à vis de la sirène du conte, en effet, il aurait été le plus comblé des hommes si elle voulait quitter l'océan pour lui. Il se rendit alors compte qu'il ne connaissait toujours pas son nom.

« Vous connaissez mon nom, vous n'allez pas me refuser le votre?

-Liza, lui répondit-elle dans un sourire. »

Un nom aussi doux que celle qui le portait. Il l'embrassa de nouveau, ne voulant plus quitter ses lèvres au goût salé, il en oublia l'écoulement du temps. Accrochée aux lèvres du Prince, Liza ne pensa plus à rentrer chez elle, à fuir cet humain pour éviter la tragique fin qui l'attendait si toutefois il ne l'aimait pas autant qu'elle l'aimait. Elle ne voulait plus rien d'autre que ses bras. Un bras enroulé autour de sa taille, il remonta son autre main jusqu'à sa nuque, la collant un peu plus contre lui. Cependant, le froid vint lui rappeler qu'il n'était pas dans son élément, il aurait voulut le cacher, mais ses tremblements le trahissaient. A contre cœur, il accepta de faire demi-tour. Une fois revenus à leur point de départ, il voulut l'embrasser une dernière fois. Ils ne voulaient pas se séparer, si bien qu'après leur baiser, elle se blotti contre lui. Cependant, son corps se remit à trembler de froid, la sirène le repoussa violemment en lui ordonnant de sortir de l'eau avec autorité. Il obéit, mais une fois sur la terre ferme, il se repencha pour un dernier baiser. Trempé et torse nu, il ne mit pas longtemps à sentir la morsure glacée de l'air de cette nuit d'avril. Il ramassa donc ses affaires et du repartir rapidement au château non sans se retourner pour voir la sirène qui le regardait s'éloigner.

Il ne donna d'explication à personne et monta directement prendre un bain bien chaud avant d'aller se coucher. Elle avait accepté de le retrouver le lendemain pour passer la journée avec lui. Heureux comme jamais il ne l'avait été, il s'endormit.

L'été passa à une allure folle pour les deux amoureux qui se retrouvaient chaque jours. Tous les soirs, le Prince revenait trempé et ne parlait à personne, épuisé d'avoir nagé toute la journée. Ni ses parents, ni son meilleur ami ne savaient où il passait tout son temps, ni pourquoi il avait l'air si heureux. Le Roi en vint à soupçonner une liaison avec l'une des filles du village voisin et fut pris d'angoisse de se retrouver avec un bâtard encombrant. Il fit alors surveiller les allées et venues des villageois, mais il apprit que son fils ne s'en approchait pas, et que les jeunes filles qui en sortaient n'allaient pas le rejoindre.

La Reine s'inquiétait de la santé de son fils qui avait semblait-il maigri. Certes ses muscles étaient bien développés puisqu'il nageait à longueur de journée, mais il ne se nourrissait pas convenablement, sautant souvent le déjeuner et ne faisant qu'une brève apparition lors du souper, lorsqu'il pensait à rentrer ou qu'il n'était pas trop fatigué. Elle eut peur que le Prince ne sombra dans une dépression, mais il affichait en permanence un sourire rêveur et comblé qui ne pouvait que prouver le contraire. Il refusait même de manger du poisson, lui qui avait toujours aimé cela, et cette nouvelle lubie l'intriguait. Bien sur, elle ne savait pas qu'une certaine sirène avait eu peur en apprenant que l'élu de son cœur mangeait ses « compatriotes », elle-même étant à moitié poisson, et que pour la rassurer il lui avait promis de ne plus en manger un seul. Il décréta donc qu'il n'aimait plus ça et refusait d'en avaler une seule bouchée lorsque le menu en comportait.

On en vint à la conclusion qu'il était amoureux. Olivia n'était pas revenue au château depuis l'anniversaire et le Roi et la Reine pensaient que leur fils se languissait d'elle, alors que cette histoire de mariage était bien loin de l'esprit du Prince qui ne pensait plus qu'à sa Princesse des mers...

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Liza s'absentait tous les jours et revenait à point d'heure au palais de son père, mais personne ne cherchait à connaître les raisons de ses longues absences, pensant qu'elle explorait l'océan, comme le font souvent les jeunes gens de cet age. Leur peuple était d'un naturel joyeux, et de bonne humeur, rien d'étonnant donc à ce que la Princesse sourit constamment. De même que l'entendre chantonner ne surpris personne puisque les sirènes avaient de magnifiques voix, bien connues des humains qui s'en méfiaient, mais très appréciées des habitants du monde sous-marin. Mais surtout, les êtres des mers étaient en ébullition depuis la naissance du fils de sa sœur ainée, l'héritière du trône. Winry et son époux, Edward venaient d'avoir un magnifique petit triton, Denny, blond comme ses parents à la queue rouge comme celle de son père, alors que celle de la Princesse était violette. Son grand frère, Jean, était marié à une brune pulpeuse, Solaris, aux écailles dorées, contrastant parfaitement avec celles de la queue de son époux qui était un dégradé de verts.

Chez le peuple des mers, la couleurs des écailles faisait parti des choses qui déterminaient le choix de son partenaire, ainsi une sirène aux écailles bleues ciel comme son ami Rebecca ne choisirait jamais un triton aux écailles marrons comme Alphonse, le frère d'Edward. D'ailleurs les écailles de Liza étaient en parfaite harmonie avec celle de ce jeune triton, et tout le monde s'entendait à dire qu'ils se marieraient. Elle les laissait dire, s'ils pouvaient lui imposer un mari, ils ne l'empêcheraient jamais d'aimer son Prince, malgré les interdits.

L'été touchait à sa fin et le mois d'octobre approchait à grand pas. Durant la période froide de l'année, le peuple sous-marin ne remontait pas à la surface, ne pouvant supporter le froid. Les deux amoureux allaient devoir se séparer pour cinq longs mois, jusqu'au mois d'avril où la température extérieure se réchauffait. L'eau devenait de plus en plus froide, et Roy avait le plus grand mal à s'immerger et ne pouvait plus y rester immobile, si bien que Liza voulait qu'il reste sur le rivage, mais il lui fallait la tenir dans ses bras, aussi finissait-il toujours dans l'eau, malgré les protestations de la sirène.

Alors que l'automne amenait un vent qui soufflerait tout l'hiver, ils vivaient, le cœur lourd, leur dernier jour ensemble avant le retour des beaux jours. Ils se promirent de se retrouver le jour de l'anniversaire du Prince, le jour exact de leur rencontre. Roy sortit alors de sa poche deux anneaux de corail qu'il avait trouvé sur la plage. La sirène lui expliqua que ces anneaux servaient d'alliance à son peuple qui les recueillait une fois détachés du récif. Son cœur rata un battement quand il lui passa la plus petite à son annulaire gauche en lui répondant qu'il savait très bien de quoi il s'agissait. Elle le regarda, sondant l'expression de son visage, il lui souriait, attendant visiblement qu'elle lui réponde. Elle l'embrassa brièvement avant de lui passer la seconde alliance. D'un baiser, ils scellèrent leur union et la promesse de s'aimer malgré la séparation. La sirène aurait voulut pleurer, pour apaiser sa souffrance, mais les êtres des mers ne pouvaient verser aucune larmes. Elle se blottit donc dans les bras du Prince qui lui murmurait qu'il l'aimait...

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Voilà le nouveau chapitre, je précise pour ceux qui n'aurai pas lu le manga que Solaris est un pseudo emprunté par Lust, donc c'est elle la femme de Jean^^ J'ai un peu changé les différences d'age entre les perso.

Voilà le lien d'un fanart en noir et blanc, parce qu'aucune des versions couleur ne me plaisaient, dites moi ce que vous en pensez.

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Merci d'avoir lu ce chapitre, et pour vos com.

(et pas de com pas de chapitre 5 ^^)