Bonjour/Bonsoir à tous !

Je tiens d'abord à m'excuser pour le temps que cette suite a pris à arriver. J'avais d'autres écris que je devais continuer aussi et une vie à côté de l'écriture :P

Bref, pour ceux encore présent sur cette enquête, j'espère que cette suite vous plaira.

Par avance je m'excuse pour les fautes d'orthographes qu'il reste.

Bonne lecture à tous !


Le lendemain, il était presque neuf heures et demi quand Will et Hannibal arrivèrent au commissariat du patelin. L'empathique se sentait encore fiévreux et tendu mais tout de même plus disposé que la veille. Probablement que les pilules donnés par le Dr Lecter avaient fait son effet.

En tout cas, hier soir, Jack l'avait appelé peu après le coup de téléphone de son partenaire pour la journée. Il lui avait fait savoir que la situation le convenait comme ça, lui ayant fait un topo rapide de l'avancement de l'enquête qu'il avait transmis au médecin sur la route.

D'après les premiers éléments, l'écoute des dépositions de possibles témoins, Crawford et son équipe avait eu un premier suspect dans l'affaire. Piste qui s'était finalement avérée peu concluante. Ils avaient déjà confectionné une liste de suspects possible mais étant donné le peu d'élément, la psychologie qu'il leur avait faîte du tueur et le manque de mobile dans le choix des victimes - si ce n'était leur proximité -, ils avançaient à l'aveugle pour le moment.

D'ailleurs, au téléphone, Will avait bien flairé que Crawford n'était pas mécontent qu'il revienne sur place, accompagnés en outre du plus fin des psychiatres de tout l'état du Maryland. Une aubaine pour lui cette fois encore. Ils piétinaient dans l'affaire et il était sur que personne ne souhaitait avoir plus de corps sur les bras pour espérer débusquer l'assassin.

- J'imagine Jack fort satisfait à cet instant de vous savoir de retour.

En descente du véhicule, rejoignant l'allée goudronnée, la tirade du médecin répondit étrangement à ses dernières pensées, permettant à Will de rire un instant tout en rajoutant :

- Croyez-moi Docteur, sans la votre, ma présence ne l'enchanterait guère. Même s'il sait qu'il a besoin de moi.

Ils empruntaient la cour, dans une même cadence. Marchant côte à côte, il fut un instant obnubilé par leur reflet dans la façade des vitres des bureaux du commissariat. Will put entrevoir clairement le contraste entre lui et le médecin. Ne serait-ce qu'à travers leur code vestimentaire, la façon dont ils se tenaient, leurs interactions avec les autres, leur santé d'esprit. Pourtant il n'aurait pu espérer trouver quelqu'un qui lui était plus semblable sur biens des aspects. Une personne capable d'arranger le miroir brisé qu'il était… De le compléter dans un certain sens.

Sa santé mentale dépendait ardemment de lui. Il s'était convaincu qu'il lui était devenu essentiel.

- Donc il décide d'user de vous en dépit de votre instabilité.

.- Ce n'est pas usé de moi si je le laisse faire. J'y trouve mon compte aussi.

Hannibal sourcilla un instant, les lignes du visage vivement intéressée. Il requerra alors le timbre courtois :

- De quelle façon ?

L'empathique s'arrêta un instant devant la porte d'entrée vitrée du commissariat, sachant qu'il n'avait aucunes réponses à lui soumettre. Alors pour cacher sa confusion, il préféra jouer sur la défensive pour cette fois :

- Gardons des choses à nous dire pour nos séances. Il ne faudrait pas que l'on se retrouve à court de sujet de conversation.

- Je crois qu'il serait difficile pour vous et moi de manquer un jour de sujets de discussions. Lui sourit-il aimablement, le regard aiguisé sachant pertinemment qu'il avait on ne peut plus raison sur ce point.

Ouvrant la marche, Will tira la porte que le Dr Lecter retint sur lui alors qu'ils s'engouffraient tous deux dans la chaleur des locaux. Les officiers et employées sur le qui-vive voguaient un peu partout à leur besogne, tentaient de tempérer quelque familles venu s'enquérir de l'avancement des choses – même si rien ne devait leur être divulgué. Le comté entier était sur les chapeaux de roues, peu habitué à des crimes d'une telle ampleur, spécialement quand les victimes étaient si jeunes.

Ils se dirigèrent vers l'accueil sur leur gauche pour solliciter une indication quand ils furent interpellés par Jack à l'autre bout du couloir, derrière la réception. Il vint dans leur direction, les salua brièvement, accentuant tout de même son regard sur Will et les conduit le long du corridor jusqu'à la salle de briefing.

Dès qu'ils pénétrèrent dans les lieux, ils retrouvèrent Beverly, le Shérif du comté et l'un de ses adjoints, debout autour d'un tableau rassemblant des indices ainsi que d'une table ronde au centre de la pièce.

- Shérif Parker, voici Will Graham, l'un de nos agents de terrain et le Dr Hannibal Lecter, psychiatre de réputation.

- Je me rappelle de vous… Le shérif ne fit pas attention à Hannibal et préféra scruter le profiler de long en large. Vous avez fait un drôle d'effet à tout le monde sur le terrain hier midi. Termina-t-il de façon désobligeante.

- Je m'excuse si j'ai pu mettre mal à l'aise qui que se soit. Ce n'était pas mon intention.

- J'espère que ce genre d'incident ne se reproduira pas.

Il eu du mal à soutenir le regard accusateur du Shérif, Will préféra observer le temps d'un instant le profil du Dr Lecter. Il crut presque l'imaginer mais le regard d'Hannibal se plissa de contrariété un bref instant.

- Ayant toute une ville à rassurer, je vous laisse avec vos agents Mr Crawford. Si cela ne vous ennui pas faites moi savoir dès que vous aurez la moindre piste.

Sans plus de cérémonie, il installa sur sa tête son chapeau qui trainait sur la table et d'un geste de la tête à son adjoint, ils quittèrent tous deux la pièce. Sur sa route, le shérif ne manqua pas d'adresser un dernier coup d'œil déplaisant en direction de Will qui n'échappa pas à l'attention de ses trois collègues.

Il se sentait parfois vraiment comme un monstre de foire.

- Voilà un personnage fort sympathique. Souligna le Dr Lecter ironiquement.

Will attacha ses prunelles à celle du psychiatre qui souriait faiblement puis laissa un rictus naître aux commissures de ses lèvres sous le sarcasme du médecin qui laissait clairement entendre le terme « antipathique ».

Il se focalisa alors sur Jack qui lançait, sans noter la remarque du médecin :

- Nous devons voir avec vous les derniers éléments…

Hannibal et lui s'approchèrent autour de la table. Will perçut le regard amène de Beverly juste avant que Crawford entre dans les détails. Et il fut content de n'y voir aucune pitié, seulement de la sympathie.

- Zeller et Price sont retournés au siège de l'académie et la balistique n'a rien donné.

Et de ça, il pouvait déjà s'estimer heureux d'avoir les résultats- concluant ou pas -quand on savait que certains de ses tests ne revenaient pas avant plusieurs jours ou semaines dans certains cas. Tout dépendait l'urgence des enquêtes en cours.

- A part ça, ils ont trouvé trois types d'empreintes différentes sur les armes. Donc après avoir séparé celle de notre coupable avec celles de ses victimes, ils ont fait une recherche dans la base de données mais là encore, le coupable n'est pas fiché. Cela dit d'après eux, la taille des empreintes a indiqué que le coupable en question serait un mâle qui devrait avoir entre quatorze et seize ans… Comme tu l'avais présumé. Son jeune âge devrait le pousser à faire une erreur plus facilement.

- Pas nécessairement, intervint le Dr Lecter.

Ce dernier s'était déplacé pendant le discours de Jack et tournait à présent près du tableau, observant les photos prisent sur la scène de crime. D'une fière allure, il se retourna de nouveau vers eux puis renchérit finement :

- Après l'analyse que j'ai faite avec Will hier soir sur cette affaire, je pense que le désespoir de sa quête pourrait le pousser à éviter de nouvelles erreurs. Avec toute cette police, il se montrera certainement plus prudent.

- Attendez, de quelle analyse vous parlez Docteur ?

- Il pense qu'il serait possible que notre tueur soit atteint d'un syndrome lié à un trouble de la personnalité, survint Will, lié à l'angoisse de la perte.

- Pourquoi ne pas m'en avoir parlé hier lorsque je t'ai eu au téléphone ?

Trois paires d'yeux se braquèrent sur lui. L'une agacée, l'autre intrigué et la dernière passablement attisé.

C'était vrai ! Ils auraient pu réduire considérablement le nombre de suspects en sachant quels genres de symptômes ils devaient rechercher chez un jeune garçon de la région. Si tenté que le tueur était atteint de ce trouble. Cela dit, lui-même avait dit à ses élèves la veille qu'il fallait ouvrir son esprit à toutes les possibilités. Pourquoi n'en avait-t-il pas fait mention alors ?

Mais la réponse à cette question, il la détenait déjà même s'il refusait de croire et d'accepter qu'il était capable de vouloir inconsciemment ralentir une enquête simplement parce qu'il souhaitait d'une façon ou d'une autre la résoudre lui-même. Au point de mettre en danger la vie d'autre personne…

Il ne voulait pas être comme ça. Jamais !

- Je… Je pensais probablement que les détails que je vous ai donnés sur lui hier se rejoignaient et qu'ils étaient suffisants.

Il mentait. Et si ses collègues de travails ne le remarquèrent pas, Hannibal le vit clairement. Will le sut à l'intérêt dans ses yeux qu'il lui renvoyait à chaque fois qu'il voulait comprendre ce qu'il se cachait dans sa tête.

- Ça ne te ressemble pas Will de laisser de côté de telles informations. Quelles soient avérées ou non.

- Je sais. Je suis désolé…

- La prochaine fois, s'il te plaît, tiens-moi au courant de ces choses là. Tu le sais, nous ne devons rien laisser de côté. Déclara Jack légèrement las et irrité.

- Oui…

Jack soupira un instant puis poursuivit sur les évènements actuels, sans plus morigéner Will et s'adressa au psychiatre :

- Bon et de quel genre de trouble pensez-vous qu'il s'agit docteur ?

Ce dernier se chargea d'expliquer rapidement ce qu'il pensait avoir compris d'après les échos de Will. Il lui donna les symptômes repérables et d'autres détails que l'empathique connaissait déjà.

Quand il eu fini, Jack déclara simplement :

- Beverly et moi allons aller au collège et au lycée de la ville nous renseigner de nouveau sur le comportement de certains étudiants avec les infos que vous nous avez donné. Peut-être que quelque chose en ressortira… Quant à toi Will, tu peux peut-être jeter un œil au dossier que nous avons rassemblé. Voir si quelque chose te frappe parmi les informations récoltées.

Il vira son regard sur le médecin, le suppliant presque dans sa dernière tirade :

- D'ailleurs si vous voulez donner un coup de main Docteur Lecter, je suis sûr que cela serait d'une grande aide.

A croire que les capacités de Will ne pouvait plus être pris au sérieuse sans la surveillance de son chaperon personnelle. La situation de sa vie devenait des plus pathétiques.

Faisant signe à Beverly de le suivre, celle-ci et Jack prirent le chemin pour quitter la salle. Et alors que son supérieur direct fermait la marche, Will l'interpella abruptement avant qu'il ne disparaisse :

- Oh et Jack…

Ce dernier virevolta vers lui avant de passer le pas de la porte.

- Est-ce qu'il y aurait récemment eu un incident violent impliquant la mort de quelqu'un ou un accident grave ?

- On a fait des recherches et demandé aux autorités de la ville mais rien n'a été signalé. Aucun crime, aucun accident d'un quelconque ordre. Il n'y a pas eu de morts depuis peu plus d'un mois. Et c'était une vieille dame qui vivait seul et n'avait plus aucun proche vivant.

- Très bien.

La porte claqua derrière Crawford qui ne manqua pas de lancer un regard évident au psychiatre quant au fait de garder à l'œil le cas imprévisible que Will était. Celui-ci soupira vaguement en se frottant le visage avant de se rendre compte de la façon étrange dont le dévisageait Hannibal. Il ne s'y attarda pas et préféra rejoindre silencieusement le tas de feuilles qui s'éparpillaient sur la table.

D'après ses premières estimations de la veille, le nombre de possibles suspects avaient été amoindris mais il restait tout de même une quarantaine de cas à décortiquer. Quarante adolescents et celui qu'il cherchait aurait très bien pu ne même pas être dans cette liste.

Les indices matériels manquaient dans cette affaire. Il n'était tout de même pas devin. Il ne pouvait pas s'arrêter sur le visage de quelqu'un et dire « C'est lui ! ». Il devait en voir plus…

Il y était déjà depuis plus d'une heure, ayant omis jusqu'à la présence du psychiatre qui aurait tout aussi bien pu être sorti de la pièce qu'il ne l'aurait pas noté. Une fois lancée il était difficile de le faire décrocher de la décortication d'une affaire en cours.

Seulement, là, il piétinait et n'avait rien de nouveau pour le faire avancer.

- Ça ne mène à rien !

Toujours debout, il s'accouda au meuble, enfoui sa tête entre ses mains.

- Vous ne trouvez rien ?

La voix d'Hannibal le fit sursauter et se redresser. A l'autre bout de la table, face à lui, le médecin l'observait, un dossier en main qu'il devait étudier la seconde précédent la déclaration de Will.

Et soudain, ça le frappa !

Le médecin. Lui. Ils étaient deux. C'était là, sa réponse.

Pour les avoir vu au début de ses premières recherches, il souleva promptement les piles de dossiers qui s'entassaient sur toute la surface de la table.

- J'aurai besoin des livres de photos du collège et lycée, celle de l'année dernière. Il ne serait pas vers vous ?

Il ne fallut pas longtemps à Will pour trouver l'objet de ses recherches. Il entendit les pas du médecin venir dans sa direction alors qu'il ouvrait le manuel et feuilletait un à un les clichés. Puis, juxtaposé à son épaule, le Dr Lecter lança tout naturellement :

- Qu'est ce que vous pensez y trouver ?

- Depuis le début on se concentre sur un individu, le coupable. Seulement d'après ce que j'en ai déduit, il persiste la présence d'une tierce personne dans le crime qu'il a commis. La personne qu'il a probablement perdue. Peut-être qui si j'arrive à entrevoir une connexion différente entres deux jeunes gens, même sur une simple photo, cela pourrait nous aider à éliminer les cas plus aisément. Seulement, j'ignore de quelle façon les repérer…

- Pourquoi ne pas essayer de vous infiltrez dans la photo comme dans une scène de crime ?

- Ça ne fonctionne pas de la même manière. C'est trop de données à prendre en compte si je devais me placer à travers chaque individu.

- Pas si vous vous placez en tant que narrateur comme l'a fait le photographe qui a capté cette scène.

Will fut plus qu'intéressé par les propos du psychiatre qui poursuivit face à son intérêt :

- Vous êtes aptes à voir les émotions transparaître sur l'immobilité des personnes apparentes. Vous devriez être capable alors de naviguer entre elle et de vous arrêter seulement sur ce que vous recherchez. Comme une âme vagabonde seulement de passage.

Il avait raison. Cela allait être ardu certes, mais il pouvait le faire. Une erreur de la nature telle que lui pourrait voir ce qui passait inaperçu aux yeux des autres.

- Je vais avoir besoin de silence.

Le médecin hocha simplement de la tête. Il partit s'asseoir sur l'une des chaises vacantes, fixa toute son intrigante attention sur lui. Will prit un siège à son tour puis devant le premier volume, il ferma son esprit au monde extérieur, le regard rivé sur la première photo de groupe sous ses yeux.

Soudain, l'univers autour de lui sembla stopper sa course alors qu'il arrivait encore étrangement à garder un pied dans la réalité. Il décortiqua intensément tout ce qui circulait sous ses yeux. Il vogua au gré des photos qui défilaient. Comme le docteur Lecter l'avait fait remarquer : se mettre à la place du narrateur marcha au-delà de ses espérances.

Il était capable de lire les émotions à travers le visage et la posture des étudiants pris lors de leurs activités, dans les cours de récréations, dans leurs classes… Il y avait plus d'une centaine de silhouette à prendre en compte mais chacune racontait un bout d'histoire. Il s'attacha alors à tous ceux qui semblaient proches de quelqu'un d'autres, partageant une œillade, un sourire, un geste qui aurait pu identifier une relation plus profonde que d'autres.

Combien de temps, il vogua de page en page… Revenant an arrière, repartant à la fin du manuel… Il n'aurait sut le dire.

Pourtant après avoir supprimé plus de quatre-vingt dix pour cent des élèves de ses recherches, il s'attacha spécifiquement aux liens entre deux individus.

Ces deux jeunes gens qui retenaient toutes son attention à présent. Ils n'apparaissaient que sur une seule photo, en arrière plan, n'ayant aucuns attraits évidents pour le photographe paradoxalement à la plupart des autres élèves. Il s'agissait d'une fille et d'un jeune garçon, assis en extérieur, sur un muret juxtaposé à une farandole de buisson au-delà des escaliers où les autres posaient.

Elle, avait un teint assez pâle, égayé par les boucles de sa chevelure rousse qui retombait sur ses épaules. Ses lignes étaient fines mais loin d'être émacié. Il y avait quelque chose de séduisant dans cette évidente timidité qu'elle partageait avec son jeune ami. Celui-ci, qui n'était ni trop frêle ni trop fort, revêtait un visage doux accentué par d'épais cheveux brun qui partait dans tous les sens.

Il n'y avait rien d'extraordinaire chez eux. À première vue, ils étaient tout à fait communs.

Toutefois, les apparences pouvaient parfois s'avérer très trompeuse.

Tournés l'un vers l'autres, sur la gauche de la photographie, ils faisaient face à l'appareil mais ne semblaient pas avoir conscience de sa présence ni même de tous leurs camarades. Leurs traits étaient profondément calmes, sereins. Leur rapprochement si évidement montrait la confiance… l'unicité. Leurs visages s'exprimaient exactement de la même manière. Ils ne souriaient pas. Ne parlaient pas. Mais leur regard sondait l'autre comme s'ils étaient en train de partager une conversation muette qu'ils étaient seuls à comprendre. Un discours que même Will ne pouvait entrevoir.

Dans ce décor, ils étaient deux êtres semblables mais parfaitement distincts du reste du monde. Un univers qui paraissait n'avoir nulle existence à leurs existences qui baignaient dans la même lumière.

Will les observa longtemps. Cherchant à comprendre les voies impénétrables d'une compréhension d'autrui qui semblait le dépasser. La quiétude à travers une simple présence.

Puis, brusquement, il s'extirpa de son analyse, relevant le visage vers Hannibal qui n'avait pas changé de position. Ils se décortiquèrent sous toutes les coutures. Will ne savait trop comment s'exprimait son visage à cet instant, ce qu'il retranscrivait dans sa totalité… Certainement beaucoup d'émotions. Pour ces deux jeunes gens, pour Hannibal, pour lui aussi…

- Vous avez trouvé.

Cette affirmation du docteur lui fit pleinement reprendre conscience si bien qu'il déclara :

- Je crois… Ou en tout cas, il y a suffisamment d'indice pour aller enquêter.

Will tourna alors les pages de l'album pour retrouver leurs visages dans les photos personnels de chaque étudiant. Seulement, comme il l'avait deviné, ils n'y avaient nulle présence de ces deux adolescents.

Précipitamment, il sortit son téléphone puis zooma sur les deux personnes qui avait avivé tout son intérêt et prit une photo. Peu après, il appela immédiatement Jack et attendit impatiemment qu'il réponde. Son supérieur décrocha enfin si bien que Will le mis sur haut parleur pour qu'Hannibal puisse écouter :

- Qu'y a-t-il Will ?

- Vous êtes aux lycées en ce moment ?

- Oui. Nous étions en train d'interroger la principale sur les éléments que vous nous avez fournis.

- Oubliez ça pour le moment et demandez-lui d'identifier les deux personnes sur la photo que je vais vous envoyé.

Maintenant que Jack savait comment agissait Will, ce dernier n'avait plus à répondre aux questions sur ce qu'ils pensaient avoir trouvé. Les explications venaient toujours plus tard à présent.

L'envoie se fit en quelques secondes alors que l'autre relançait :

- Ne quittez pas.

Will n'entendit alors plus que des bruissements et murmures incompréhensibles. Il observa un instant Hannibal qui le contemplait comme la diva d'un concert. Avec charme, respect, admiration…

- Will ?

- Euh… Oui je suis là. Balbutia Will s'échappant de la prison impérieuse de l'aura du médecin.

- La directrice a identifié les deux gamins. Ils s'appellent Peter Collins et Kate Lloyd. Et d'après elle, ils étaient extrêmement réservés, toujours fourrés ensemble et n'ont jamais créé de problème.

- Pourquoi étaient ?

- Ils ont tous deux arrêté l'école dans les trois derniers mois. Le jour où chacun a eu seize ans.

- Lorsque la loi leur a permis.

Will échangea une œillade avec le docteur sachant que ces actions allaient dans le sens du diagnostic auquel ils étaient arrivés hier soir.

- Il semble, en effet. Pourquoi t'intéressent-t-ils autant ?

- Ce serait trop long a expliqué pour le moment mais on doit se rendre chez leur parents. On doit savoir ce qu'il est advenu d'eux.

- Attends deux secondes… Les secondes s'égrenèrent… J'ai leur ancien dossier sous les yeux. D'après celui de Peter Collins, s'il y est encore, il vivait dans une famille d'accueil. Quant à Kate Lloyd, elle vit sous la garde de sa mère.

- Vous vous occupez duquel ?

- Je m'occupe du garçon. Puisque que l'on sait que le meurtrier est un homme, je préfère me charger de lui. Allez chez Mme Lloyd pour lui poser quelques questions. Peut-être que sa fille y sera.

Il lui donna l'adresse et dans un accord tacite, Hannibal ouvrit la marche pour quitter prestement le commissariat. Le Shérif n'allait pas apprécier que les détails soit tenus secret de son département. Mais dans ces conditions, dans un si petit patelin, ils se connaissaient tous bien trop pour ne pas faire de cette histoire, une affaire personnelle.

Une fois à bord du véhicule, sur la route à l'adresse indiqué, le docteur Lecter installé derrière le volant finit par ouvrir la bouche après un long moment maintenant :

- Dîtes-moi Will…

- Quoi donc ? Se tourna-t-il vers l'homme qui gardait les yeux fixés sur l'avenue.

- Qu'est-ce qu'il vous a semblé si évident sur l'image que vous avez vu d'eux ?

- Cette bulle protectrice et impénétrable. Même pour moi… J'y ai vu des intouchables.

- Alors s'il s'agit bien d'eux, on peut être presque sûr que la jeune fille ne dira rien…

- C'est à craindre, en effet. Seulement s'il elle l'a abandonné par choix, elle parlera peut-être, termina Will parfaitement synchronisé au timbre du médecin.

Ils échangèrent un regard qui s'apparentait à une certaine compréhension de l'autre et ne dirent plus un mot jusqu'à arriver à la demeure modeste des Lloyds. Devant cet alignement de maisons qui se ressemblaient toutes, si ce n'était parfois la couleur des parements, ils se garèrent devant le numéro 24…


C'est tout pour ce chapitre !

Il en reste donc encore deux, plus un petit épilogue je pense :) Et le prochain chapitre est déjà en cours d'écriture.

N'hésitez pas à me dire si ça vous a plu ou pas... J'accepte toutes critiques contructives.

A bientôt !