Mille fois désolée pour le retard de ce chapitre... Et pour le fait que je vais mettre un peu de temps encore à poster la suite. Pas un problème d'inspiration. Je vous l'ai dit, j'ai toutes les grandes lignes... Mais comme je bosse en même temps sur autre chose, la fic risque d'être de moins bonne qualité, et je refuse de prendre ledit risque... Vous m'en voulez pas, hein ? é_è
Bon, en attendant, je vous laisse avec celui là, et j'informe aussi que le chapitre suivant risque soit d'être très long, soit coupé en deux... On verra !
Bonne lecture ! ;3
Ennemi
Lorsque le colibri de Ronin se posa finalement, un attroupement s'était déjà formé autour de l'arbre tombé au sol. Les Hommes Feuilles arrivés sur les lieux avant eux s'efforçaient de faire reculer les curieux qui voulaient savoir ce qui venait de se passer. Nod et Ronin entreprirent alors de se frayer un chemin pour arriver jusqu'à la limite autorisée pour les civils.
- Vivian ! , héla le général, Que s'est-il passé ?
Vivian était une Femme Feuille à la peau sombre et aux yeux dorés, rattachée au corps terrestre de l'armée. Elle qui d'habitude montrait une discipline et un volonté de fer paraissait aujourd'hui choquée et désorientée. Nod savait qu'elle adorait particulièrement les chênes, comme celui qui venait de tomber, et se sentit plutôt désolé pour elle.
- Je l'ignore, général, finit-elle pourtant par répondre, l'arbre s'est effondré, comme ça. Rien n'a pu être examiné pour l'instant.
- Continuez à maintenir les civils hors de la zone. Je veux une équipe qui partira en éclaireur dans la zone sinistrée dans cinq minutes au plus tard, répliqua immédiatement Ronin.
- Je prends, lança Nod, le temps de trouver quelques hommes et on y va.
Ronin approuva son initiative d'un signe de tête. Pas de doute, le gamin avait quand même mûri depuis la Guerre du Solstice…
Quelques minutes plus tard, Nod partit à la tête d'un groupe de trois Hommes et de deux Femmes Feuilles, disparaissant dans la tourmente de poussière que la chute du titan avait provoqué. Resté avec son lieutenant Liven, un Homme Feuille à la barbe et aux cheveux roux qui avait toute sa confiance, Ronin entreprit de mettre les choses au clair sur la situation actuelle, jusqu'à ce que les exclamations de la foule ne le fasse lever la tête.
Fendant la foule, suivie de manière précipitée par Mub, Grub et deux membres de sa garde personnelle, habillés de blanc, la Reine Galan s'arrêta finalement devant les restes de l'arbre immense, le visage crispé dans une expression de souffrance. Ronin sentit son stress monter d'un cran. Pourquoi n'avait-il pas été prévenu de la venue de la Reine ?
- Votre majesté, revenez, je vous en prie…, commença un des gardes en blanc.
- Cessez donc de me pouponner ! , répliqua Galan d'un ton mi-irrité, mi-inquiet, Je ne suis pas faite de glace ! Et je sais me défendre !
- Mais…, insista le garde.
- Insinueriez vous qu'un arbre au sol me fera du mal ?
- Soldat, il suffit, intervint Ronin en s'approchant, une main sur la garde de son épée, Ma Reine, comme vous pouvez le voir, tout cela a été plutôt soudain…
- Je vois ça, oui, acquiesça la jeune femme en promenant un regard triste sur le monstre végétal, Pourquoi… ?
- Nous l'ignorons encore, Reine Galan. Mais Nod et une équipe sont partis il y a quelques instants chercher des indices sur ce qui aurait pu se passer… Sans doute les dernières pluies qui auront rendu la terre autour des racines trop malléable et…
Il se figea en voyant la Reine, avec un regard étrange, secouer la tête de manière négative.
- Même si mes pouvoirs sont réduits en cette saison, je peux toujours ressentir les choses. La nature dort encore, en ce moment, mais elle vit. Cet arbre, malgré sa chute, devrait encore être vivant… mais il est… vide. Il n'a aucune étincelle de vie. En fait, il était déjà mort avant de tomber.
- Que…
Et au même instant, la voix de Nod porta jusqu'à eux.
- Ronin ! Viens voir !
Le général, guidé par la voix et talonné par la Reine, sa garde et les limaces, courut jusqu'à la position de Nod, qui, avec ses hommes, était occupé à déboîter un bout d'écorce sur une des branches, près du cœur de l'arbre. A coté d'eux, d'autres morceaux avaient déjà été détachés, et se ressemblaient tous en un point.
Ils étaient complètement noirs.
Galan se plaqua une main sur la bouche, avant de descendre d'un seul bond près des Hommes et des Femmes Feuilles pour constater les dégâts de plus près. Ronin ne tarda pas à la suivre, ainsi que les deux gardes, tandis que Mub et Grub étaient forcés de trouver un chemin pour descendre jusqu'à leur position, le tout en se chamaillant comme des gamins pour savoir qui serait le premier à passer.
- Votre majesté…, salua Nod en s'inclinant brièvement.
- Qu'avez-vous donc trouvé ? , demanda Galan en posant une main sur le tronc martyrisé.
- Ce n'est pas le premier endroit qu'on fouille, répondit le jeune homme, tant à son général qu'à la Reine, Ce morceau là, continua-t-il en attrapant un large pan d'écorce complètement noirci, provient d'ici. Mais ceux là, ajouta-il en montrant du doigt un autre tas, à environ un mètre d'eux, Viennent d'une zone situé plus bas sur le tronc. J'ai bien l'impression qu'ils sont tous pareils, ce qui ne laisse qu'une explication…
- La Décomposition.
Cette lugubre constatation les plongea tous dans le silence. Silence qui fut brisé par Mub, qui cligna des yeux, plutôt inquiet :
- Mais… Comment la Décomposition aurait pu arriver jusqu'à Moonhaven ? C'est pas possible !
- Et le fait aussi que cette Décomposition n'ait pas été détectée jusque là…, observa Ronin, Elle a été contenue sous l'écorce, alors qu'elle se développe normalement sur toute la surface possible…
Galan continuait à fixer l'arbre, qui lui semblait tout de même plutôt familier, ne serait-ce que par la forme presque ronde de cette protubérance à la naissance des plus grosses branches, vestige d'un rameau aujourd'hui disparu. Un arbre plusieurs fois centenaire, qui avait été très utile pour…
Pour…
- Il ne peut pas s'agir d'un accident, continua Nod, tu l'as dit toi-même, l'arbre ne paraissait pas malade !
- Il l'était, pourtant.
Tous se turent à la voix de la jeune Reine. Elle leur tournait toujours le dos, la main posée sur l'écorce.
- Vous avez tous raison. Cet arbre, poursuivit-elle finalement en se retournant, est tombé malade à un moment précis. Et je peux même vous quand, et pourquoi. Mais je ne suis pas la seule à pouvoir faire ça…
Elle leva ensuite la tête vers les branches qui étaient comme autant de membres brisés par une agonie interminable, à l'image de celle que l'arbre avait du ressentir pendant tout ce temps.
- Qui a été enfermé dans cet arbre, voilà 5 années de paix ? Qui est capable, dans toute la Forêt, de pouvoir corrompre un tel géant tout en cachant ses manigances juste sous notre nez ? Qui ?
- … Ce n'est pas possible…, murmura Nod.
Et pourtant ! Il n'existait qu'une personne, à leurs yeux, capables d'une sinistre prouesse comme celle-ci.
Un seul nom.
- Mandrake.
Mub et Grub sursautèrent avant de se serrer brusquement l'un contre l'autre d'un tour de bras. Ils n'avaient pas oublié leur rencontre avec le redoutable Roi des Boggans, cinq ans plus tôt.
Personne n'avait oublié.
Ronin ne perdit pas de temps. Il connaissait son vieil ennemi, et ne prendrait aucun risque, quoi qu'il arrive. Il aurait du y penser plus tôt, d'ailleurs. Quel idiot il avait été ! Songer qu'on se débarrasserait de l'assassin de Tara si simplement avait été terriblement imprudent… Et pas un seul instant, cette possibilité ne lui était venue à l'esprit, même si les signes étaient là. Les attaques des Boggans qui s'étaient faites plus féroces, l'arbre au cœur pourri…
- Nod, va avec Liven préparer les Hommes Feuilles à parer toute éventualité, ordonna-t-il, Moonhaven est en état d'alerte maximale. Vivian, continuez à fouiller le cœur de cet arbre. Il n'est pas inutile de vérifier s'il s'agit réellement de l'œuvre de Mandrake. Son corps devrait toujours être enfermé à l'intérieur, mais si ce n'est pas le cas…
Il ne termina pas sa phrase. Vivian hocha la tête avec un air préoccupé, mais déterminé, avant d'emmener l'équipe que Nod avait réunie à la recherche de soldats supplémentaires.
- Ronin, intervint Galan, Je peux garantir les protections de Moonhaven, mais pas aussi efficacement que cela ne serait nécessaire. Il faut nous assurer que les forces des Hommes Feuilles sont correctement réparties dans la Forêt. La protection du peuple prime en tout premier lieu, et ce, même lorsque le Veilleur sera parmi nous…
Ronin, qui allait acquiescer, fut alors pétrifié par les paroles de la Reine. Comme une illumination, un terrible scénario commença à voir le jour dans son esprit.
Il faillit faire tomber Mub en attrapant Grub par les antennes, juste sous ses yeux, qui pointaient hors du casque d'Homme Feuille qu'il portait avec fierté, complètement sourd aux protestations de la limace.
- Le messager du Veilleur a-t-il dit quelle route ils empruntaient pour venir à Moonhaven ? , demanda-t-il avec impatience.
- Euuuh…, balbutia Grub, qui était un peu pris de court.
- Réponds !
- Et bien… Ou…Oui, il a dit qu'ils suivraient le torrent du Scolopendre, ce qui était plus sur…
Ronin serra brutalement la mâchoire et ses yeux se plissèrent durement sous la réponse que lui fournit l'escargot. Il le lâcha alors et bondit carrément au dessus des branches martyrisées de l'arbre mort pour revenir jusqu'à son colibri qu'il enfourcha, suivi vaille que vaille par Galan et ses gardes.
- Ronin ! Mais que se passe-t-il ?
- Gardes, protégez la Reine de votre vie, fit le général avant de se tourner vers la jeune femme, Ce n'est pas un chemin plus sur qu'a emprunté le Veilleur, votre Majesté… C'est un piège.
Puis il décolla d'un seul coup, son oiseau poussé à la vitesse la plus rapide possible, et héla un groupe imposant d'Hommes Feuilles qui chevauchait à sa rencontre, sans doute envoyés par Nod ou par Liven.
- Avec moi, au torrent du Scolopendre !
*O*O*O*
Dans un vrombissement sourd, une vingtaine de colibris encadrant une paisible mésange bleue sortirent de l'abri des arbres centenaires pour pénétrer dans une clairière dont le centre était creusé par un torrent tumultueux parsemé de rochers tranchants et recouverts d'une mousse glissante. L'eau étincelait comme des diamants sous les pales rayons du soleil de fin de journée qui réussissaient à passer au travers des branchages, et un vent frais faisait onduler les hautes herbes. Rien ne pouvait laisser présager quoi que ce soit de mauvais. La route vers Moonhaven avait toujours été sure, malgré les précédentes attaques que la Forêt avait subi à divers endroits par la faute des Boggans, les forçant à emprunter la route du torrent qu'ils survolaient actuellement. L'Homme Feuille à l'armure bleue, couleur du corps armé rattaché à la sécurité du Veilleur, posté en tête de leur petit cortège, tourna brièvement la tête vers le vieil homme chardon installé sur le dos de la mésange après avoir échangé un regard avec l'homme à sa gauche, avant de regarder de nouveau devant lui. Le Veilleur avait plutôt l'air serein, malgré les nouvelles inquiétantes qu'ils avaient reçu…
Silas, le Veilleur des Saisons, était effectivement plongé dans ses pensées. En fait, il semblait presque somnoler, tout en rassemblant déjà ses forces en vue du chant qu'il devrait accomplir dans deux jours, ses mains osseuses tenant négligemment les reines de sa monture. Ses épines de chardon étaient presque entièrement vertes, excepté pour les pointes qui arboraient encore le blanc de l'Hiver.
Une douleur dans le bas de son dos l'incita alors à s'étirer en retenant un soupir. Il aimait sa fonction, autant qu'il aimait la Forêt, et avait toujours été fier de pouvoir contribuer à sa sauvegarde. Il avait accompli son travail avec déférence, et ce, depuis qu'on lui avait confié ce rôle, voilà plusieurs siècles. Sa volonté de préserver la Forêt était à l'image de celle des six Reines sous lesquelles il avait servi avec grand plaisir. En particulier avec la septième, la toute jeune Reine Galan, qui avait une joie de vivre pétillante comme d'une journée de Printemps, identique à celles qui ne tarderaient pas à arriver.
Cependant, il semblerait que son âge remarquable commence à le rattraper peu à peu. Le pouvoir de l'appel des Saisons lui octroyait une espérance de vie bien plus longue que celle à laquelle on s'attendrait, mais Silas n'était certainement pas immortel. Il espérait néanmoins pouvoir chanter encore quelques fois avant de devoir passer le flambeau à un autre…
L'homme chardon leva la tête vers le soleil qui perçait faiblement la voûte des arbres. Bientôt, se dit-il d'un ton rêveur, bientôt, sa chaleur se ferait plus intense, plus agréable que ce simulacre, pourtant nécessaire pour que la Vie de la Forêt puisse se renouveler…
Soudain, sa mésange se mit à pépier avec nervosité, et son vol se fit chaotique tandis qu'elle commençait à accélérer par à coups, seulement retenue par les coups de rênes de Silas qui était surpris par son comportement anormal. Les colibris des Hommes Feuilles qui l'entouraient n'étaient pas tranquilles non plus, ce qui rendait les soldats nerveux.
- Que se passe-t-il ? , s'inquiéta le vieil homme.
- Je l'ignore, Monseigneur, répondit l'Homme Feuille de tête, Quelque chose cloche.
Il se tourna ensuite vers ses hommes.
- Restez en alerte. Tout ceci ne me dit rien qui…
Il ne put terminer sa phrase.
Déchirant l'air de son sifflement, une flèche noire et grise le transperça brusquement de part en part. La bouche encore ouverte en un cri muet, il bascula sur le coté de son colibri et fut précipité jusqu'au sol loin en contrebas.
La mort de l'Homme Feuille plongea tous les membres du petit cortège dans la stupéfaction, et le temps qu'ils se rendent véritablement compte de l'ampleur du danger qu'ils couraient, trois autres Hommes Feuilles venaient d'être abattus à une vitesse ahurissante. Aussitôt, ce fut le branle bas de combat. Les arcs furent bandés, les épées dégainées, tandis qu'une véritable pluie de projectiles mortels s'abattaient sur eux. Silas ne put que se pencher sur l'encolure de son oiseau, et regarder ceux qui étaient censés le protéger mourir un par un pour lui. Un ordre gestuel de la part du second lui indiqua de voler à toute vitesse jusqu'à l'autre bout de la clairière, mais elle paraissait si loin… Tout allait trop vite. L'ordre et le calme avaient été remplacés par le chaos, mêlé aux ricanements et aux piaillements des Boggans qui ne cessaient pas un instant de tirer. C'était du jamais vu… Mais c'était réel.
Et la pluie de flèches semblait inépuisable.
Un à un, les Hommes Feuilles tombèrent, avant même qu'ils n'aient pu atteindre l'orée de la Forêt qui les aurait un peu protégé, si bien qu'il ne resta bientôt plus que quatre à cinq guerriers pour assurer que Silas arriverait bien jusqu'au palais royal.
- Monseigneur ! Partez, aussi vite que vous le pourrez ! Vous devez rejoindre Moonhaven, où vous serez en sécurité !
Silas, qui se savait inutile pour aider ces courageux soldats, se sentit néanmoins déchiré à l'idée de devoir les abandonner à leur sort pour sauver sa propre vie. Il avait connu nombre d'entre eux dès leur jeunesse, et beaucoup étaient des amis chers et des compagnons loyaux.
Cependant, sa présence ne ferait sans doute que les gêner. Aussi fit-il faire volte face à sa Mésange en regrettant amèrement de ne pouvoir faire appel aux Saisons comme la Reine pouvait appeler la Nature à sa rescousse.
Sauf que là, c'était elle qui avait besoin de lui. Sinon, elle-même serait sans défense…
Son oiseau pépia de panique, puis fila à tire d'aile sous le couvert des arbres, tandis que le vieux chardon apercevait le dernier de ses hommes tomber définitivement. C'était tout juste si Silas pouvait guider sa monture pour qu'elle descende le cours du torrent. Les branches dénudées lui fouettaient cruellement le visage, et les bourgeons fragiles qui les ornaient étaient mis en pièces sans vergogne par la pauvre Mésange affolée par l'odeur de la mort. Silas, cependant, réalisa très vite qu'il avait fait une erreur en cherchant refuge sous le couvert des arbres. Des rires et des caquètements affreux résonnèrent entre les troncs, sous le croassement sinistre des corbeaux et des corneilles qui leur servaient de montures. En levant la tête, malheureusement, il entrapercevait à peine les formes crénelées des oiseaux noirs au dessus de la cime des arbres.
Il se pencha davantage sur l'encolure aux plumes frémissantes de la Mésange. Son seul espoir était d'atteindre Moonhaven. Là, la magie de la Reine, malgré la présence de l'Hiver, serait en mesure de repousser les Boggans…
Il y eut un nouveau sifflement, suivi d'un coup sourd, et Silas lâcha soudainement un hurlement éraillé de souffrance, tandis que sa main droite tentait frénétiquement de retirer la lance Boggan enfoncée dans sa chair. Une douleur brûlante et mordante ne tarda pas à lui ronger le coté, et avec un gémissement, il réussit enfin à extirper l'arme pour la laisser tomber, se perdant dans le flou qu'était devenu la Forêt sous la vitesse de l'oiseau qu'il chevauchait.
Il était perdu. Il le savait, il sentait cette vérité jusqu'au plus profond de lui-même. Sa gorge se noua en pensant à la situation dans laquelle il risquait fort de laisser la Forêt. Si le Printemps n'est pas appelé…
Mais non ! Il ne pouvait pas abandonner ainsi ! Il pouvait encore faire quelque chose pour sa chère Forêt, si seulement…
Un nouveau coup sourd, précédé d'un sifflement caractéristique, se fit alors entendre. Mais cette fois ci, c'est la Mésange qui se cabra, folle de douleur. Son mouvement brusque désarçonna Silas, affaibli par sa blessure, qui sentit ses pieds vider les étriers avant de voir le sol et le torrent se rapprocher à toute vitesse, tandis que le malheureux oiseau était dévoré par un nuage de Décomposition qui ne laissa de lui que des os rapidement dispersés.
Le Veilleur eut juste le temps de fermer les yeux et de se rouler en boule, tentant de faire taire, en vain, l'abominable douleur mordant son dos, avant que le Torrent du Scolopendre ne l'avale dans ses eaux tumultueuses.
*O*O*O*O*
Dans un froissement de plumes, trois corneilles se posèrent sur des rochers au bord du torrent, tandis que des dizaines d'autres s'installaient sur les arbres alentours en croassant comme de frustration.
Juché sur la plus grosse d'entre elles, Mandrake resserra sa prise sur son sceptre à en briser le bois fossilisé qui le constituait en grande partie. La fureur assombrissait encore davantage ses yeux rouges, jusqu'à ce que la colère ne lui fasse perdre son sang froid.
Le crâne de la mésange bleue qu'il avait récupéré quitta sa main lorsqu'il fit volte face pour aller percuter de plein fouet le Boggan qui avait blessé le Veilleur de sa lance. Avec un grognement de surprise et de douleur, l'être difforme se reçut l'os en pleine face, la force du coup faisant voler en éclats son casque en bois en même temps que le crâne. Basculant de sa monture, il dégringola jusque dans le torrent qui l'engloutit à son tour.
Mandrake se tourna ensuite vers les autres Boggans, qui, prudents et mal à l'aise, n'osaient vraiment faire de geste, de peur d'attirer l'attention sur eux.
- Qu'est ce que vous attendez, bande d'abrutis ? Retrouvez moi ce Veilleur ! Et vite !
Les Boggans s'empressèrent d'obéir à ses ordres, plus pour s'éloigner de lui que par réelle volonté de retrouver le vieillard à l'agonie qu'ils avaient coursé et perdu dans les eaux troubles et mousseuses du torrent. Pas que cela les gênent, non. Tout était bon pour nuire à ces maudits Hommes Feuilles, bien sur… Mais ils craignaient qu'un échec quant à la capture du Veilleur des Saisons ne leur coûte plutôt cher…
Alors ? The return of Mandrake, vous l'avez trouvé comment ?
...
...
...
Meuchant !
:3
La suite bientôt, c'est promis ! J'abandonne pas, celle là, je peux pas ! ^^'
