Chapitre 3

Je reste pendant 5 minutes à te fixer, la tête appuyée contre les barreaux de ta cellule. Tu n'as toujours pas bougé.

Je sens une main se poser sur mon bras et je vois Dumbledore et le garde me regarder. Mon ancien directeur prend la parole et me tend du chocolat :

« Tu peux rentrer avec lui si tu veux mais je te conseille de lui faire manger ça avant de lui parler. »

Je prends le chocolat tendu et je le remercie. Le garde s'approche de la porte et me demande :

« Êtes vous sur de vouloir prendre le risque de rentrer avec cet assassin. »

Je te regarde à nouveau, oui je veux y aller car le loup sait au fond de moi que je ne crains absolument rien avec toi.

Je hoche la tête et le garde ouvre la porte. Dès que j'ai franchi les grilles, il m'enferme avec toi dans la cellule et part avec Dumbledore.

Je reporte alors mon attention sur toi, tu es toujours assis dans le coin et tu trembles encore énormément.

Je t'observe mais je ne sais pas comment agir avec toi, je ne sais même pas si tu me reconnais.

Je me décide enfin et m'approche de toi calmement, mais tu prends peur et commences à gémir comme un chien blessé. J'arrête alors d'avancer et m'agenouille. Il suffirait juste que je tende le bras pour te toucher mais je ne le fais pas. Au lieu de ça je décide de te calmer avant de faire quoique ce soit. Et je t'appelle doucement :

« Sirius ... »

Tu ne réponds pas et ne réagis pas comme si tu ne m'avais pas entendu. Tu es toujours immobile et le seul signe qui me montre que tu es encore en vie, c'est tes tremblements incessants.

Je mets la main dans ma poche et ressors le chocolat. J'ouvre le paquet en coupe un petit bout et te le tends. Il faut vraiment que je te parle et pour cela il faut que l'effet secondaire des détraqueurs passe.

Tu regardes le chocolat, mais tu ne fais aucun geste pour le prendre. Je t'encourage alors :

« C'est du chocolat Sirius, ça calmera les effets du détraqueur. »

Tu sembles hésiter à le prendre et donc je le pose près de toi par terre. Tu continues à trembler et tes yeux passent du chocolat à moi sans arrêt. Et j'ai peur que tu ne le manges pas, vu que tu as arrêter de te nourrir.

Mais tu te décides enfin et tu prends le chocolat. Tu l'amènes à ta bouche et le laisses fondre. Tes tremblements se calment et ton visage reprend un peu de couleur. Je t'appelle de nouveau et essaye d'attirer ton attention :

« Sirius … Tu me reconnais ? »

Tu me regardes pendant une minute et j'ai de plus en plus peur que tu ne me reconnaisses pas mais finalement j'entends mon prénom passer à travers tes lèvres dans un murmure. Tu relèves ta tête vers moi et je peux alors lire de la culpabilité et de la peur dans tes yeux bleus. Tu commences à t'agiter alors et tu parles rapidement avec une voix rauque :

« Moony, ce n'est pas moi qui les ai tués, je te le jure. C'est... C'est Peter qui était le gardien du secret, je suis désolé... Moony ... »

Tu commences à pleurer, je me suis figé. Tu continues à parler mais je ne t'écoute plus.

C'était l'élément manquant Peter, il était peu présent, il ne sortait plus avec nous, il avait peur à chaque fois qu'on prononçait le nom de Voldmort. Mais bien sur.

Quand je reprends conscience de la réalité, je te vois pleurer, t'agiter et marmonner sans cesse . Je m'approche de toi et te prends dans mes bras et je te berce calmement :

« Chut Sirius, chut je te crois. Je suis vraiment désolé. Chut c'est fini, chut Patmol. »

Tu te serres encore plus contre moi quand je t'ai appelé Patmol, tu ne pensais sûrement plus jamais l'entendre et moi je ne croyais pas le reprononcer un jour.

Je continue à te bercer doucement et tu t'endors presque contre le moi. Je prends le chocolat qu'il y a dans la robe et te le donne par petits morceaux que tu manges calmement. Tu as l'air d'avoir un peu de mal à avaler.

Notre conversation t'a exténué et il ne te faudrait pas grand chose pour que tu t'endormes réellement. Mais j'ai une question qui me trotte dans la tête et je veux te la poser :

« Sirius, pourquoi vous ne m'avez pas dit que vous changiez de gardien ? »

Tu regardes alors le sol et je te sens te contracter dans mes bras. Des larmes commencent à mouiller ma robe de sorcier pendant que tu m'expliques :

« On croyait que c'était toi le traître, je suis désolé Moony. »

Je sens mon cœur se serrer après sa réponse et tu dois le ressentir car tu ne cesses de murmurer que tu es désolé. J'inspire un grand coup et te dis :

« Chut Patmol je comprends, ne t'inquiète pas calme toi.»

Je sens que tu te détends dans mes bras et tu finis par t'endormir. Le garde arrive et dit :

« Il est temps de partir. »

Je me relève et te prends dans mes bras. Je t'étends alors sur la paillasse qui te sert de lit et je pars en te regardant.

Quand je sors de la cellule, le garde me fait signe de lui suivre, ce que je fais mais un mouvement derrière moi, me pousse à me retourner et je vois un détraqueur rentrer dans ta cellule. Et j'entends ton cri ...