Je ne croyais pas publier avant 2019 mais voilà ! Bonne Année à tous d'avance et, encore une fois, un grand merci aux lecteurs, reviewers et followers de cette histoire !
KnaD-chan : J'espère qu'il ne s'agissait que de la fatigue (pour m'épargner -) mais je vais tenter d'ajouter plus d'incises pour faciliter la différenciation des personnages du dialogue. En lisant le chapitre, tu remarqueras que tu m'as devancé dans ton commentaire en ce qui concerne les problèmes de type 'amants' entre eux. J'espère que ça te plaira !
Maloriel : Merci d'apprécier ce début un peu cacophonique, j'ai longtemps hésité avant de me décider parce que je craignais que ce soit un peu trop mais je vais certainement tenter de le recycler plus tard ;)
Trolocat : Naruto doit bien être un incontournable si tu veux mon avis ahahah ! Tu m'en donneras des nouvelles quand il endossera son rôle de confident-moralisateur mais d'ici là, merci de ta fidélité ^^
Les hauts et les bas fois trois
« Qu'est-ce qui tu fais ? »
Neji était apparu dans le cadre de porte, attiré par le bruit de chute et décidé à s'assurer que tout allait bien quand il tomba sur…
ÇA.
« C-…c'est pas c'que tu crois… »
Étrange comme à cet instant, ces mots auraient pu sortir de sa propre bouche qu'il n'y aurait pas eu de différence. Si un jour on lui avait dit qu'il aurait pu ressentir encore plus de gêne que cette soirée où il avait trouvé le courage -alcool aidant- de formuler une demande bien singulière aux deux hommes qui lui tournaient autour avant qu'ils ne partagent un lit, un corps, à trois, quelques années plus tôt…il n'y aurait pas cru. Et pourtant, à voir Kiba, là, qui le fixait avec cet air complétement perdu et un visage plus rouge que jamais, son vibro ultra-pulse dans les mains…c'était le cas.
Il paniqua. Et referma la porte de la pièce dans un claquement derrière lui, les enfermant à l'intérieur, avant que deux enjambées ne suffisent pour rejoindre l'indiscret. Ce dernier écarquilla plus encore les yeux, impressionné au possible par l'aura soudain écrasante du Hyuga dont le regard assassin allait de pair avec la voix acérée qui siffla entre ses dents.
« Reposes ça…
- J-je…suis désolé je vais t-tout rang-….
- Reposes ça tout de suite. »
On lui obéit en deux secondes et quart mais le malaise était loin d'être passé, pour l'un comme pour l'autre, et Neji se demanda un instant s'il n'était pas tout simplement mieux pour lui de renoncer à cette colocation… Non, allons, il devait se reprendre. Ce n'était que Kiba. Il devait imposer ses limites et voilà, tout serait réglé. Mais il devait le faire avec tact ou alors…
« Mettons les choses au clair veux-tu ? »
Kiba tiqua. Tact…quoi déjà ? Il devait respirer, se calmer un peu ou ça risquait de dégénérer et rapidement.
« Il doit y avoir des règles… »
Oui, voilà, c'était mieux. Calme et posé.
« …si on veut jouer à ce jeu de vivre tous ensembles et heureux.
- C'est pas un j-…
- Laisse-moi terminer ! »
Il avait fait un pas dans sa direction en pliant le corps pour le surplomber, profitant de sa position inférieure toujours au sol pour donner plus d'impact à son ton déjà bien agacé. Il tira presque une satisfaction vicieuse à le voir tenter de reculer au risque de percuter le meuble responsable de tout ce bazar… Il fallait avouer, Neji devait avoir l'air terrifiant, il s'en rendait lui-même compte en réalisant combien ses mains lui faisaient mal d'être ainsi serrées en deux poings aux jointures blanches. Il ne voulait pas faire d'éclat, pas dès le premier jour, mais il ne fallait pas non plus pousser trop loin !
« D'abord, dit-il en levant un doigt en l'air, on ne fouille pas dans les affaires des autres.
- Je n'ai p-…
- Ensuite, le coupa-t-il sans attendre en levant un autre doigt, on se répartira les tâches de façon équitable : le ménage, la vaisselle, la lessive, les repas et les courses.
- On cuisine chacun pour soi ?, osa alors demander Kiba qui semblait vouloir participer à l'élaboration du bon fonctionnement de la maison.
- Oui…ou non.
- Faudrait q'tu te décides tu sais…, nargua-t-il involontairement en faisant se crisper le regard clair toujours posé sur lui.
- Oui pour le repas du matin. Et aussi pour les lunchs. On ne partagera le même menu qu'au soir.
- Tous les soirs sauf les vendredis.
- Pourquoi les vendredis ?
- Je suis généralement en ville alors…
- Ça me va. »
Un silence passa, la tension semblait lentement s'échapper des épaules tendues et Neji se redressa un peu pour ne plus intimider son colocataire. Il était toujours furieux mais cette espèce de joute verbale à réponse avait le mérite de les faire travail en collaboration tout en lui faisait expulser sa mauvaise humeur. Pourtant, le plus important restait à venir.
« Pour le sexe… »
Il vit à nouveau passer un malaise sur le visage de Kiba mais ne pouvait plus reculer sauf qu'avant même qu'il ne formule quoi que ce soit, on le devança.
« On ne ramène aucun coup ici. »
Ça semblait étrangement lui tenir à cœur parce qu'il avait pris la peine d'enfin se relever pour le regarder droit dans les yeux, à hauteur égale, en attendant visiblement une réponse. Une réponse qui tarda et s'échappa presque à reculons des lèvres du propriétaire de la chambre.
« D'accord. On ne ramène personne…
- …à moins d'être certain de ne pas déranger.
- D'être seul tu veux dire ?
- Ne joue pas avec les mots, gronda Kiba avec un avertissement dans le regard. À moins d'être assuré que les deux autres ne soient pas là…
- Ça me va. »
Après tout, n'avaient-ils pas emménagé pour cette raison aussi ? Libre de vivre ce qu'ils voulaient, avec qui ils le voulaient et quand ils le voulaient ? Dans les limites du respect mutuel bien entendu. Ce qui les ramenait à…
« Pas de coups bas.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je te ferai pas de dessin, Kiba, on est trois sous le même toit…
- T'as peur qu'on te pique ton mec ? »
Neji s'était tu, choqué, figé même par les paroles à la fois trop proches de sa véritable crainte et…anormalement…cinglantes ? Ou était-ce de l'amertume qu'il entendait ? Pourquoi avait-il cette impression que Kiba se sentait blessé par sa demande ? Est-ce que ce n'était pas normal que de demander un peu de discrétion à ce niveau-là aussi ? Il n'aurait su dire mais le regard de chien battu qu'il entrevit l'espace d'un instant avant qu'on ne lui tourne le dos le poussa à…
« J'ai personne…en ce moment…
…se justifier…
- …ça ne me regarde pas…
…insister…
- Puisque je te le dis !
…comprendre…
- Si tu le dis. »
…en vain. Kiba lui tournait maintenant le dos, face à ce mur encore vierge, la table de nuit à ses pieds et son contenu toujours au sol qu'il ne regardait déjà plus… Puis, sans qu'il ne s'y attende plus.
« Je ne suis pas comme ça. Et je ne crois pas que ce soit le genre de Shikamaru non plus alors… Ne t'en fais pas pour ça…tu peux avoir qui tu veux.»
Il s'était retourné, une ombre dans le regard, avait avancé vers lui, comme au ralentis…et passé à côté. La porte s'était ouverte puis refermée.
Qu'est-ce qui venait de se passer ?
À son retour au salon, Neji constata que les restes du repas avaient été rangés et les derniers meubles placés à l'à peu près. La journée avait été longue pour tout le monde et personne ne pouvait en vouloir à l'équipe de gros bras de vouloir abréger leur travail. Tous finirent par rentrer et il ne resta bientôt plus qu'eux trois dans le loft devenu silencieux…
« Comment tu comptes faire pour ta chambre ?, demanda Shikamaru alors que Kiba terminait de ranger ses affaires dans les commodes en retrait. »
Il avait désigné un coin à l'extrême gauche du salon, le long du mur mitoyen de la chambre du Nara pour y installer son lit. Jusque-là, il ne s'était pas davantage questionné mais c'était évident pour tout le monde qu'il manquait déjà d'intimité.
« Avec des paravent ça pourrait le faire ?, proposa Neji. Tenten doit en avoir une dizaine chez elle, je peux lui demander.
- Ce serait gentil oui. »
Tout était bien qui finissait bien…non ?
Ils y crurent pendant quelques minutes avant que…
« C'est pas tout ça mais…
- …j'ai vraiment besoin…
- …de prendre une douche. »
…le premier problème ne pointe son nez. Trois pour une seule douche.
« Pff c'est bon…j'irai dernier, lança Shikamaru en se retirant dans sa chambre.
- Euh…tu peux y aller en premier…Neji, céda aussi Kiba. »
Premier entré, premier sorti, il s'était installé dans un fauteuil du salon avec un livre en attendant le sommeil et réalisa qu'il n'aurait pu avoir de preuve plus simple mais franche de leur grande différence qu'en observant chacun d'entre eux à la sortie du bain.
Kiba avait ce je-ne-sais-quoi de la bête sauvage à demi essuyée qui s'exhibe sans gêne avec un caleçon mi-cuisse et une simple serviette passée sur ses épaules comme à la salle de sport. Cheveux mouillés encore goutant, la découpe de sa peau encore luisante d'humidité allant de ses abdominaux à ses jambes musclées ne pouvait être plus détaillée.
En comparaison, sa propre sortie contrastait violement en pudeur. Toujours entièrement vêtu, que ce soit d'un yukata au pantalon de toile léger ou d'un peignoir bien sanglé, il ne laissait qu'entrevoir le haut de son torse quand il ne prenait pas garde mais sans plus. C'était à mourir de rire en sachant qu'il supportait très peu de vêtement au moment de dormir mais ça, personne ne le saurait jamais…
Puis, il y avait Shikamaru. Le parfait mélange des deux. Ni trop réservé, ni trop voyant. Il sortait toujours avec un pantalon long, jeans ou pyjama, le torse nu -à se damner- et les cheveux savamment essorés, peignés vers l'arrière. Juste de quoi vous donner envie d'y passer la main pour en vérifier la douceur et les ondulations naturelles…
« Trois à la fois ça le fait pas.
- Hm ?, fut tout ce que Neji pu répondre en sortant de ses pensées.
- Y'a plus d'eau chaude pour le troisième…c'chiant…je vais la prendre le matin alors.
- Oh…désolé pour ça.
- Faudra bien qu'on fasse quelques compromis si on veut que ça fonctionne, dit-il en haussant les épaules. Bonne nuit.
- Bonne nuit…Shikamaru. »
Qu'est-ce que ces mots sonnaient étranges dans sa bouche. Combien de fois avait-il rêvé de les prononcer ? Combien de fois le ferait-il encore avant de céder ? Était-ce ça le bonheur ? Il voulait bien y croire le temps d'une nuit et s'enferma aussi dans sa chambre.
Dès le lendemain, le fossé de leurs habitudes se creusa un peu plus. D'ordinaire lève-tôt, Neji ne s'était pas attendu à ce que Kiba le devance à l'horloge et ne l'oblige à faire ses étirements matinaux dans sa chambre pour ne pas se sentir observé. Première entorse à sa routine. Une fois fait, cependant, le calme semblait être revenu en lui et il s'était tout naturellement servi une tasse de….
« Pfffwark ! Mais qu'est-ce qu-… !?
- Tu n'aimes pas le café ?
- Non ! Je bois du thé le matin. Du thé !
- Ohé du calme ! T'as qu'à vider le reste et te faire bouillir de l'eau…
- Tu veux dire que je dois nettoyer ton café si je veux mon thé ?
- C'est une cafetière je te ferais remarquer. Et je prends toujours un café en me levant. C'est normal qu'il y ait du café dedans. Ça ne l'est pas d'y mettre du thé alors, oui, c'est à toi de le faire si c'est ce que tu veux ! »
Kiba avait ponctué sa dernière phrase d'un poing sur le comptoir et bien qu'il se doute qu'il n'en viendrait pas aux coups, Neji préféra se taire et s'occuper de sa boisson matinale malgré ses mains légèrement tremblantes de colère. Vraiment…ça s'annonçait mal tout ça…mais qu'est-ce que Shikamaru avait dit déjà…faire des compromis pour le bien de tous ?
Il fut le dernier à se lever, sans grande surprise, avec une tête horrible qui fit douter le Hyuga du fait qu'il ait dormi au moins une heure dans la nuit. Avait-il toujours cet air de zombie au réveil ? Et pourquoi est-ce qu'il avait l'impression d'assister à un mauvais remake de son propre réveil en le voyant se servir une tasse de…
« Pfffwark ! Bordel c'est quoi ce t-… !?
- Du thé…désolé j'ai pas fait att-…
- Du thé ? Qui c'est qui boit du thé au beau matin !?
- Oh ça va t'es pas le seul à vivre ici aussi ! »
Oups…ça lui avait échappé. Neji ouvrit de grands yeux face à sa propre répartie et se confondit aussitôt en excuses. Rapidement il prit le reste du thé et rinça le tout pour repartir la machine quand…
« Quoi ?! J'ai le droit à une scène parce que t'es pas foutu de laver la cafetière mais Môsieur se lève et t'es devenue sa bonne ?
- …Kiba, gronda Shikamaru en se prenant la tête.
- …nous cherches pas, l'avertit à son tour Neji.
- Tss c'est du grand n'importe quoi ! J'me casse, j'vais faire mon jogging. Allez, viens Akamaru ! »
Et ils sortirent. Le reste de la journée se déroula plus ou moins sur le même ton de hauts et de bas. Comment appelait-on cela déjà ? L'adaptation ? L'apprivoisement ? Ce serait difficile mais ils étaient des adultes non ? Ils pouvaient le faire ! Ils s'en convainquirent en s'attablant, à trois au soir, sur les règles discutées la veille et Neji fut soulagé du silence de Kiba sur la raison de tels accords. Il ne mentionna ni le contenu de ses tiroirs, ni la fin houleuse sur un possible comportement déloyal entre amis. Shikamaru ne sut que l'essentiel du point 'sexe' de leur discussion : pas de coups ramenés à moins d'être seul. Ce à quoi il n'opposa aucune objection. Oui, tout ne pouvait aller que pour le mieux.
Ce que Neji découvrit, pourtant, le matin suivant, le surprit autant qu'il le choqua. Une fois levé, il avait d'abord cherché à repérer leur compagnon à pattes et, avec lui, son maître pour s'assurer du bon fonctionnement de leur petite routine quand il en vint à l'évidence. Kiba n'était pas dans la cuisine, ni dans la salle de bain et alors que le Hyuga s'aventurait dans le salon, là, dans l'ouverture du paravent donnant sur la chambre improvisée se trouvait un dos élancé. Le dos nu de Shikamaru qui passait justement un chandail par-dessus sa tête pour se rhabiller…
Un pincement vif se fit sentir dans sa poitrine avant qu'il ne détourne promptement le regard pour rejoindre la cuisine en butant involontairement dans une chaise. Presque aussitôt, deux têtes apparurent au salon et Neji n'eut pas la force de vérifier que tous les deux soient convenablement habillés. Rien que voir leurs cheveux en bataille et l'expression malaisée de l'Inuzuka en disait beaucoup trop long à son goût…
« Oh Neji, t'es levé ? Désolé je ne t'ai pas entendu ! »
Kiba s'était empressé de faire irruption dans la cuisine pour démarrer la cafetière comme ça aurait dû être fait…depuis son réveil. Renfrogné, Neji ne lui accorda ni un bonjour, ni un regard car, de toute évidence, il semblait avoir des choses plus importantes en tête. Des choses qui lui étaient douloureuses de constater en voyant Shikamaru le suivre de près alors que son regard pâle était attiré par une tâche au bas du vêtement nouvellement enfilé… Une tâche humide et facilement identifiable.
« Changes-toi, ne put-il s'empêcher de cracher d'un ton mauvais.
- Hm ?, fut tout ce que le coupable trouva à dire en écarquillant les yeux face à l'expression froide du Hyuga avant que ses yeux ne suivent les siens et ne se baissent sur ses vêtements pour trouver l'intrus…et ne se braquent sur le maître-chien avec un froncement de sourcils.
- Oh…désolé j-…je ferai plus attention la prochaine fois… »
Si ce n'était pas la preuve que quelque chose ne tournait pas rond ce matin-là… Ou plutôt, que tout allait trop bien. Il avait peine à se demander mais les évènements lui semblaient bien plus qu'évident. Un Kiba silencieux au réveil. Un Shikamaru debout bien avant l'heure. Une scène d'après-acte tirée des romans télé et… ça. Il était furieux. Furieux et surtout blessé.
Neji ne pipa mot durant tout le petit-déjeuner, ignorant royalement les questions de Kiba et ne répondant que par monosyllabe à celles du Nara. Quand ce dernier se leva finalement de table pour rassembler ses effets de voyage, il ne tint plus et s'éclipsa sans un mot dans sa chambre. Tout allait de travers ! Shikamaru partirait dans quelques minutes pour sa mission et tout ce qu'il garderait en souvenir serait cette satanée tâche de…de.. #%$#!
« F'chier ! »
Lui qui avait cru pouvoir faire confiance à Kiba… Pourquoi l'avait-il trahi de cette façon ?! Bien sur, ils n'avaient pas mentionné l'implication des membres demeurant déjà sous ce toit dans leurs petites règles de maison mais tout de même, il n'avait pas attendu longtemps avant de céder… Un deuxième coup sourd frappé dans son oreille de plume se fit entendre avant que des pas dans le vestibule ne l'oblige à passer la tête par le cadre de porte. Allons, il n'allait quand même pas bouder alors qu'il ne le reverrait que dans…qui sait combien de jours ? Il s'était avancé dans l'entrée, prêt à faire une croix sur sa jalousie mal placée quand…
« Ne faites pas de connerie… »
…le regard du génie s'était braqué sur lui, d'un sérieux à faire froid dans le dos, presque méfiant…avant de glisser sur Kiba à ses côtés qui l'avait simplement salué en refermant derrière lui. Mais qu'est-ce que ça voulait dire ?!
Il fut d'une humeur massacrante tout le reste de la journée et avait bien dû ruminer dans son coin jusqu'au midi de celle suivante avant de se rendre compte, avec surprise, que Kiba n'avait pas tenté de le provoquer d'aucune manière, ni de le faire parler. Il ne s'était pas non plus vanté des raisons de l'état du chandail de Shikamaru, la veille, et avait simplement repris ses petites habitudes comme si de rien n'était… À l'exception près qu'il semblait plus attentionné à sa propre humeur, à la rendre meilleur lui sembla-t-il.
Après son café, Kiba avait lui-même nettoyé la cafetière et lancé une nouvelle brassée d'eau pour son thé matinal. Il lui avait laissé une part du petit-déjeuner qu'il avait cuisiné, avait réussi à lui faire dire ce qu'il souhaitait ajouter à la liste des courses de la semaine et lui avait laissé le premier tour à la salle de bain… Il s'était chargé des courses, de la lessive et du ménage. Vraiment, Neji ne savait plus qu'en penser si ce n'est qu'au fil des jours, il trouvait agréable de l'avoir à ses côtés. Surtout que leur moment de prise de tête se comptait maintenant sur les doigts d'une main.
Était-ce là la concrétisation de ce que Shika avait voulu dire ? Ne pas faire de conneries dans le sens de se montrer mature et capable de vivre à deux pendant son absence ? Il était vrai qu'il découvrait petit à petit ce colocataire de façon tout à fait différente de ce à quoi il s'attendait mais… Pourquoi n'arrivait-il pas à s'en convaincre alors que tout ce qu'il revoyait était inévitablement cette parcelle de peau découverte à deux pas à peine du lit de Kiba. Ne devaient-ils pas plutôt ne pas faire de conneries…dans ce genre ?
Mais comment en était-il venu à s'en inquiéter alors qu'il n'y avait -à son avis- aucune raison de l'être ? Aucune tension. Aucun geste déplacé. Aucun désir. Shikamaru se fourvoyait-il à leur sujet ? À son sujet même ? Ne voyait-il pas qu'il n'avait d'yeux que pour l-… Ou alors ne leur faisait-il tout simplement pas confiance ? L'un comme l'autre était douloureux à accepter et Neji ne chercha pas plus de questions qu'il n'obtint de réponses; il n'allait pas tout remettre en cause pour quelques mots qu'il ne comprenait même pas !
Le calme était revenu dans le loft malgré ces quelques jours passés depuis l'absence de Shikamaru et Neji était détendu, presque serein, juché sur le fauteuil qu'il avait désigné comme sien avec un livre posé sur l'accoudoir. Ce roman était fascinant, il en dévorait les pages depuis le début mais celle qu'il lisait à l'instant lui prenait un peu plus de temps…parce que des bruits de pas allant et venant du salon à la salle de bain n'arrêtaient pas de l'interrompre et l'obligeaient à relire sans cesse le même passage.
Agacé, il jeta un œil à l'heure de son portable qui indiquait vingt-trois heures et lâcha un soupir en entendant finalement l'eau de la douche couler: dans quinze minutes, Kiba sortirait de là et, avec un peu de chance, se coucherait assez rapidement pour qu'il puisse terminer son chapitre en toute tranquillité.
Ce ne fut pas le cas.
Certes, Kiba finit par quitter la salle de bain vêtu d'un simple caleçon et d'une serviette aux épaules comme il le faisait toujours mais plutôt que de se glisser dans ses draps avec un bonne nuit lancé au travers du paravent, il se mit à fouiller dans ses tiroirs en marmonnant tout bas.
« Ça, ça irait…mais pas avec ça…alors ça et…non…plutôt ça… »
Décidément dérangé mais aussi un peu curieux, Neji avait levé son nez du livre qu'il hésitait à refermer -il n'allait quand même pas donner une raison à Kiba de le charrier en le surprenant à l'espionner- mais le fit tout de même. Il attendit...le vit reparaître une minute plus tard…et rouvrit brusquement son livre pour le lever devant ses yeux. Ne pas se faire surprendre… Une pensée aussi puérile et enfantine pouvait-elle être la cause de quelques battements de cœur un peu plus forts et rapides ? Qu'arrivait-il à sa si légendaire indifférence de se sentir titillé par…
« Tu sors ? »
Le nez toujours fourré dans son livre, il ne vit pas Kiba se retourner vers lui, ni même l'expression gênée qui passa sur son visage pendant quelques secondes avant qu'il ne l'entende répondre un peu bêtement.
« Oui.
- Bien sûr que oui.
- Hein ? »
Un son agacé répondit en même temps que le claquement sec d'un livre que l'on referme. Neji avait roulé des yeux sans pouvoir se retenir et clarifia un peu plus directement sans bouger de son siège.
« Tu ne vas certainement pas te coucher habillé comme ça alors, oui, bien sûr que tu sors… Je voulais juste savoir où…, ajouta-t-il en se demandant lui-même pourquoi ça l'intéressait : Kiba pouvait bien faire ce qu'il voulait de ses soirées non ?
- Oh…euh…je sors en boîte. Je ferai gaffe à pas faire trop de bruit en rentrant comme je n'ai pas l'intention de découcher alors…
- Hm. »
Ce n'était pas ce qu'il voulait savoir. Enfin, si, sauf concernant les précisions à savoir le où et le avec qui il passerait la nuit. Comme il le disait, ça ne le concernait pas. Il avait bien mieux à faire que de se soucier de lui comme…de terminer ce maudit chapitre par exemple ! Sauf qu'à peine ses yeux reposés sur les lignes imprimées qu'un mouvement dans le salon attira à nouveau son attention.
Kiba s'était approché de quelques pas et, inévitablement, son regard s'était levé dans le sien. Il avait ouvert la bouche, comme pour dire quelque chose, avant de la refermer et de tourner les talons, laissant tout le loisir au lecteur frustré d'apprécier du regard l'ensemble vestimentaire choisi et de détailler la découpe de sa silhouette jusqu'à ce qu'elle ne disparaisse à nouveau dans la salle de bain.
Une page plus tard, il refaisait surface avec une tête à peu près coiffée, traînant derrière lui l'odeur toute aussi inhabituelle qu'agréable d'un parfum légèrement musqué et lâcha quelques simples mots tout aussi dérangeants.
« …tu veux venir avec moi ? »
