A et S : Coucou ! Un nouveau chapitre de plus pour vous !
S : Les montées d'inspiration nocturne se font de plus en plus fréquentes ! Faut que ça dure !
A : Ouaip ! Lui aussi il je l'ai écrit vers minuit ! Et y a plein de révélatiooooons!
A et S : On a plein d'idées pour la suite ! Mais chaque chose a son temps, alors bonne lecture !
CHAPITRE IV :
- Johnny… est mort ? fit Allen avec horreur.
- Combien de fois faut que je te le dise ? Oui, il est mort ! Quelqu'un lui a fendu le crâne en deux, d'après ce que j'ai pu voir. Cracha Lynn d'un ton sec.
Il écarquilla un peu plus les yeux. Son esprit était totalement confus, il ne savait plus que penser, où il en était, ce qu'il devait faire en premier… Il était sur le point d'abandonner. Il n'en pouvait plus, il voulait tout laisser tomber. Les morts s'accumulaient, alourdissant sa peine chaque jour. Tout était de sa faute. Si Johnny était mort, c'était pour le sauver. Peu importe ce qu'il s'était passé, son ami était venu jusqu'ici dans l'intention de l'aider. Tout était de sa faute.
Allen s'affaissa. Ses forces le quittaient une nouvelle fois. Un désespoir sans nom s'empara de lui. Que devait-il faire ?
Lynn soupira, puis se baissa pour rester à la même hauteur qu'Allen. Elle plongea ses yeux dans les siens. Elle se revit presque, il y a de cela quelques années, quand elle était aussi désespérée que lui. Et cela l'irrita au plus haut point. Énervée, elle le prit par le col et le souleva un peu. Elle plaça son visage en face du sien et lui parla durement.
- C'est pas le moment de chialer, je te rappelle ! Tes petits copains de la Congrégation te cherchent encore ! Alors ressaisis-toi un peu ! On n'a pas le temps, il faut qu'on se mette à l'abri ! D'autant que l'autre gros tas et cet être ne sont pas bien loin !
Il ne répondit pas, et se contenta de baisser les yeux. Si poursuivre dans cette voie n'apportait que mort et souffrance, à quoi bon continuer… ? Lynn soupira une nouvelle fois en se relevant.
- Tim… Où est Tim ?
Il la regardait d'un air perdu. Elle rougit un peu et tourna la tête. Que pouvait-elle bien répondre ? « Il est mort lui aussi mais moi je suis là ! » ou encore « Cet être l'a tué, il s'est dissous, et cela m'a permis de me réveiller. » Quelque chose comme ça ? Cela ne ferait qu'augmenter sa peine, qu'elle devinait déjà immense.
Elle se contenta de secouer la tête. Ils étaient en danger, et devaient fuir avant tout. Soudain, des bruits de pas se firent entendre. Leurs ennemis se rapprochaient inexorablement de leur position.
Elle ne prit pas le temps de réfléchir. Elle saisit le poignet d'Allen puis lui ordonna de la suivre. La pluie ne s'était toujours pas arrêtée, s'intensifiant au fur et à mesure. Ils étaient déjà trempés jusqu'aux os. Malheureusement, elle ne savait pas où aller. Dans quel endroit sur cette terre pouvaient-ils bien être à l'abri ?
L'appartement qu'ils avaient loué ? Elle ne savait pas si même là-bas ils se retrouveraient en sécurité. Ils avaient perdu énormément de temps à se reposer. Leurs ennemis avaient peut-être déjà eu le temps de les repérer. Qu'importe. C'était leur seule chance.
Alors qu'ils couraient, Lynn sentit subitement son esprit devenir incroyablement clair. Le chemin devant elle semblait tout tracé, comme si un instinct mystérieux guidait ses pas jusqu'à sa destination. Elle savait où aller, quel chemin emprunter, identifiant chaque ruelle, chaque maison, exploitant les recoins les plus sombres afin d'établir le plus de distance possible entre eux et leurs poursuivants. Elle assistait à cette course de l'extérieur, en tant que simple spectatrice. Elle ne s'appartenait plus. Quelque chose avait pris le dessus sur sa conscience. Une sorte de « Mémoire » qui s'activait indépendamment de sa volonté.
Elle tourna la tête soudainement. Allen ralentissait le pas. Un doute s'insinua dans son esprit. Il tourna la tête à droite et à gauche, cherchant la source du mouvement qu'il avait entre-aperçu quelques secondes plus tôt. Une ombre les suivait. Il l'avait remarqué depuis un certain temps, sans y prêter plus attention. Il secoua la tête. Tant que cette silhouette ne se manifestait pas, elle ne représentait pas de danger. Il se concentra à nouveau sur sa course, et sur la jeune fille devant lui. Il ne savait pas qui elle était. Les derniers événements s'étaient déroulés beaucoup trop vite et sa capacité d'acceptation avait légèrement été dépassée par la tournure que prenaient les choses. Il secoua à nouveau la tête. Lynn avait raison. C'était dur, certes, mais elle avait raison. S'il perdait trop de temps à pleurer la perte de ses amis, il n'avancerait pas. Les menaces actuelles étaient bien trop présentes et dangereuses pour être ignorées. Ses pensées s'éclaircirent soudainement. Son regard abattu et voilé d'un chagrin douloureux s'effaça. Une nouvelle détermination se lisait dans ses yeux.
Au bout de quelques minutes de course intensive, ils arrivèrent enfin à destination. L'appartement était devant eux. Ils s'y engouffrèrent avec empressement. À l'abri des menaces, et de la pluie. Le rêve ! Lynn s'affala sur un lit et poussa un soupir de soulagement, essoufflée. La respiration saccadée, Allen s'assit. Il jetait des coups d'œil à la porte toutes les trente secondes, s'attendant à ce qu'un de leurs ennemis défonce la porte sans crier gare. Il ne se passa rien.
Il ferma les yeux et sourit. Enfin en paix, songea-t-il. Bien qu'il devinait que cela ne durerait pas longtemps.
Le silence plana pendant une poignée de secondes, durant lesquelles nos deux personnages récupérèrent leur souffle.
Une fois calmé, Allen vrilla ses yeux dans ceux de Lynn. Elle haussa un sourcil et croisa les bras. Elle attendait sa question. Toute trace de la colère et la dureté avec lesquelles elle l'avait traité avait disparu.
- Bien. Tu m'as promis de répondre à mes questions une fois que nous serions en sécurité. C'est le cas, alors réponds maintenant. Qui es-tu vraiment ? demanda-t-il avec gravité.
- Tss… T'es pas cool ! On est enfin à l'abri après tant d'épreuves. Tu pourrais te détendre un peu ! lança-t-elle avec désinvolture. Continua-t-elle en se relevant. Tu risques de ne pas croire ce que je vais te raconter, mais sache que c'est la vérité. Alors peu importe ce que tu penses, ces faits sont réels. Voilà. Je m'appelle Lynn, j'ai quinze ans. Enfin, en apparence. En réalité, j'en ai cinquante. Mais je te raconterai ça une autre fois.
Il y a longtemps, pour le bien du 14e, pa...- Cross, a enfermé mon âme et ma conscience dans le corps de Timcanpy. Pendant tout ce temps, alors que j'observais les événements à travers les yeux du Golem, mes souvenirs et mon esprit restaient ensommeillés.
- Mon maître a fait une telle chose ? Et pour le bien du 14e, tu dis ? C'est horrible !
- Ne t'en fais pas. C'était décidé à l'avance, je connaissais ma sentence bien avant qu'elle ne s'applique. Je l'ai choisi de mon plein gré. La situation à l'époque était si terrible, tout tournait en une véritable tragédie…
Tout était programmé pour qu'à la mort de Timcanpy, mon corps réapparaisse et ma conscience s'éveille. La Magie Interdite et dieu sait quel autre sort ont rendu possible ce miracle. Lorsque Tim est mort, tué par cet être répugnant –dont je ne me rappelle plus le nom- je me suis réveillée. Tous les attributs que possédait le golem sont alors devenus miens. Je suis devenu Tim, et il est devenu moi. De cette façon, il ne sera pas mort en vain.
Toute cette histoire a été montée dans le but d'accompagner le 14e jusqu'à son éveil, afin qu'il ne soit pas seul. Que quelqu'un qu'il connaît soit là pour lui. Cross a eu l'idée, je n'ai fait que me porter volontaire. Tu comprends ?
Allen la regardait avec des yeux ronds. Ça faisait beaucoup de choses à assimiler d'un seul coup. Il cligna plusieurs fois des yeux. Cette fille était donc une sorte de matérialisation de Timcanpy en être humain ? De mieux en mieux ! Si Lynn avait hérité des souvenirs, des facultés de Tim, alors on ne pouvait pas le considérer comme mort. Il vivait à travers elle. Dire qu'en réalité, il avait côtoyé cette fille –sous forme de conscience- pendant des années !
Il n'arrivait pas à y croire. Son Maître était encore responsable d'une situation improbable. Mais au final, ce n'était pas pour lui, « Allen ». Lui, il était étranger à toute cette histoire. C'était pour le 14e . Maussade, il plongea de nouveau ses yeux dans ceux de Lynn d'un air las.
- Je vois… Donc j'imagine que tu vas tout tenter pour que le 14e se réveille et s'empare de moi, n'est-ce pas ? C'était votre but initial, non ? Cela veut dire que toi aussi, tu es mon ennemie. Conclut-il, tristement, en se levant.
Elle ne répondit pas. Silence. Il s'apprêtait à partir, lorsqu'une voix tremblante l'arrêta.
- Non… Je… Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que je dois faire… La situation est bien trop compliquée pour moi… je ne peux pas choisir… fit Lynn, désespérée. S'il te plaît, ne pars pas… Je t'en prie, ne me laisse pas seule à nouveau…
Il s'immobilisa. Il ne s'attendait pas à une telle réaction. Inconsciemment, il se rassit et posa une main sur ses épaules pour la réconforter. Elle était au bord des larmes.
Elle se ressaisit et inspira un grand coup. Elle regarda Allen. Elle ne voulait pas le perdre. Il était si important pour elle. Mais, au fond d'elle, Lynn aimait toujours le 14e. Comment choisir ? Pourquoi fallait-il que ce choix s'impose à elle ?
Elle se concentra à nouveau sur Allen. Il semblait terriblement las. Il ne tiendrait pas le coup à ce rythme-là.
Allen avait des tonnes de questions à lui poser, mais il se retenait pourtant. D'une part ça la gênerait peut-être. D'autre part, la confusion grandissait dans son esprit. Toutes les informations assimilées depuis deux heures formaient une barrière à la réflexion. Ses émotions n'en étaient que plus vives ; il sentait qu'il allait craquer. C'était trop. Trop d'un seul coup. Il essaya de se contenir. Laisser libre cours à ses sentiments refoulés maintenant le rendrait sans doute incontrôlable. Il ne fallait pas, ce serait une occasion bien trop facile pour le 14e qui en profiterait pour s'emparer de son corps.
- Maintenant, tu devrais te reposer. Cette journée a été éprouvante, et tu as l'air extrêmement fatigué. Alors si tu-
- Qui était mon Maître pour toi ? Que représentait le maréchal Cross Marian à tes yeux ? la coupa-t-il.
Elle fronça les sourcils. Il voulait savoir, tout de suite. Il se faisait du mal, et il le savait.
- Laisse tomber. Je te raconterai ça une autre fois. Tu dois-
- QUI ÉTAIT LE MARÉCHAL CROSS POUR TOI ?! cria-t-il, à bout de nerfs.
Elle écarquilla les yeux. C'était la première fois qu'elle le voyait aussi énervé. Ses émotions étaient sans doute trop fortes. Il avait les nerfs à fleur de peau. Fatigué, trempé, perdu, abandonné, pourchassé. Seul. Voilà comment Allen devait se sentir en ce moment. Il avait craqué. Il ne tenait plus.
- C… Cross était mon pè- commença-t-elle.
Un bruit sourd l'interrompit. Le son mat d'un corps qui s'écroule.
Allen s'était effondré. Des gouttes de sueur se mirent à perler sur son front. Sa peau se colora peu à peu. Le 14e tentait de prendre le dessus. Cela arrivait de plus en plus fréquemment. La mémoire du Noé en lui semblait gagner du terrain, jour après jour. Bientôt, il remporterait cette bataille. Allen avait beau se battre, sa barrière s'amincissait au fil du temps.
Inquiète, Lynn se porta à sa hauteur. Elle mit une main sur son front. Brûlant. Génial. En plus de ça, Allen avait réussi à attraper la fièvre.
Lynn gloussa. La situation était vraiment désespérée.
Elle passa ses bras dans le dos du jeune garçon, puis le souleva. Elle faillit trébucher sous le poids du corps qu'elle portait. Il était lourd, la vache ! Elle parvint au bout de plusieurs minutes à le glisser dans le lit. Comme ça, on aurait juste dit un adolescent normal de quinze ans –avec une bien étrange cicatrice sur la joue gauche, certes- qui dormait tranquillement. Destructeur du Temps, Interprète, Exorciste, Noé… Allen Walker était bien des choses. Ne pouvait-on pas le laisser vivre normalement, parfois ?
Soudain, elle regarda par la fenêtre. La pluie s'était enfin arrêtée. Lynn s'assit, et prit la main d'Allen. Elle soupira et ferma les yeux. Enfin un peu de calme. Même si la tempête les attendait juste derrière, peu importait. Ils pouvaient bien se permettre un peu de repos.
- Allen. Je suis là, maintenant. Tu peux me faire confiance, tu n'es plus seul. Murmura-t-elle doucement.
- Oh, comme c'est mignon ! Road va être jalouse. Lança une voix derrière elle.
Elle se retourna vivement. Ses sourcils se froncèrent, et un air dur se peignit sur son visage. Son cœur, lui, tambourinait sous la peur. Il ne manquait plus que ça.
- Surprise ! On ne vous dérange pas, j'espère ? continua la voix joyeusement. Allez. Donne-nous Allen.
Elle serra les dents. Là, les choses devenaient un tantinet plus compliquées. Elle devrait se battre seule. Eux, étaient trois. Les Noés.
A : Et voilà ! Content ? Ça vous a plu ? N'hésitez pas à vous manifester et à commenter l'histoire !
S : Ceci concerne tous les lecteurs : c'est bientôt la rentrée, ça vous plaît pas hein... À nous non plus. Étant donné que les devoirs vont nous tomber sur la tête dès le 3 septembre, il est fort possible que le rythme de publication ralentisse !
A : Oui. On postera certainement un chapitre par mois, et si jamais on est un peu en retard faudra pas s'étonner ! Mais on va pas non plus se relâcher !
Review, please ?
