Le pacificateur claque la porte. Je suis seule dans cette pièce en velours rouge. Je me dirige vers le canapé. Je m'y assois et attends. Je passe ma main sur le tissus, et repense à ce qu'il vient de ce passer. Mon nom a été tiré au sort. J'avais prévu de me porter volontaire pour montrer ma détermination. J'espère mon expression arrogante a fait l'effet espéré. De toute manière, je pourrais effrayer les autres tributs durant les entraînements. Ensuite, un garçon fut tiré au sort, puis c'est là que Cato s'est porté volontaire. Le matin même, il m'a dit qu'il se portera volontaire en fonction de la tribut fille. En voyant que c'était moi, qu'a-t-il pensé ? Peut-être veut-il une alliée forte pour couvrir ses arrières. Mais cela n'aurait pas de sens. Il n'y aura qu'un vainqueur, et il le sait. Il veut sans doute avoir une alliée qu'il utilisera comme une marionnette, comme il le fait avec pas mal de filles, puis il me tuera sans aucun scrupule. Mais je ne le laisserai pas faire ça. S'il doit y avoir un vainqueur, se sera moi. Il faudra que je trouve un moyen de retourner son plan contre lui.
C'est sur cette pensée que mes parents entrent dans la pièce rouge. Je me lève et ma mère accourt dans mes bras. Elle me sert fort. Mon père me met une main sur l'épaule et me dit : "Félicitation ma fille. Tu vas y arriver. On a confiance en toi. Tu vas gagner ces Hunger Games. Surtout, soit alliée avec Cato. Il est très fort, il peut être utile. Mais n'oublie pas de t'en débarrasser au bon moment".
Je lui répond d'un hochement de tête. Je m'attend à un contacte physique plus profond, mais rien ne vient. Ma mère me regarde dans les yeux et me dit qu'elle compte sur moi pour rentrer le plus vite possible. J'ai l'impression que seule elle parviens à me faire sentir vraiment humaine. Mais je ne dois pas céder. Les sentiments ne sont que futilité dans les jeux qui m'attendent. Elle me serre une dernière fois avant que les pacificateurs ne viennent les mettre dehors.
Personne d'autre ne vient me voir. Tant mieux d'ailleurs. J'ai des amis bien sûr, mais pour moi, cela ne sert à rien. Je n'en ai pas besoin. Juste des alliés à qui je planterai un couteau dans le dos dès que je n'aurai plus besoin d'eux.
Quelques minutes plus tard, un pacificateur vient me chercher. On se dirige vers la gare, où tout le district est réunit. Je vois des caméras, et reprend mon air arrogant qui me va si bien. Je vois Cato qui arrive en même temps. Il a l'air tout à fait normal. Aucune émotion ne se dégage de lui, à part de l'assurance. Il me fait un signe amical et je lui rend. Notre alliance vient de commencer. A cet instant précis, devant les caméras du Capitole, devant tout Panem, je viens de faire de Cato mon plus proche allié. Il est fort, arrogant, sûr de lui, assez beau ... Il faudra seulement trouver un moyen de mettre un terme à cette union. Mais nous n'y sommes pas encore. J'attends avec patience que les caméras aient finis de me filmer. On nous conduit alors dans le train avec des applaudissements, des exclamations des gens de notre district.
A l'intérieur, je retrouve un luxe plus moderne que celui de l'hôtel de ville. Je dois être dans la salle à manger car il y a des tables recouvertes de vaisselle. Il y a des lustres à ampoules, des sofas gris en accord avec le reste. Sur la table, il y a des tonnes de nourriture. Fiona nous y fait pénétrer et nous invite à nous asseoir sur les canapés. Elle commence à nous faire l'éloge sur ce train. "Il peut atteindre jusqu'à 300 kilomètres-heure. C'est incroyable. Nous atteindrons le Capitole demain après-midi." Cato ne semble même pas l'écouter. il demande :
_Où sont nos mentors ?
_Je n'en sais rien, répond Fiona. Je vais les chercher. Ils auront pleins de choses à vous dire.
Elle s'en va en sautillant presque. Les gens du Capitole sont complètement fous. Toujours excités pour n'importe quoi. C'est bien la seule chose que je reproche au Capitole. Après tout, il permet à notre district de montrer sa force. Le reste m'est totalement égal.
J'observe les détails de la pièce. Ma tête tourne vers celle de Cato. Il croise mon regard et dit : "Eh bien, on dirait que c'est une coïncidence énorme que tu te sois faites tirée au sort durant cette moisson. Précisément celle où je me suis porté volontaire".
Ce garçon est vraiment bizarre. Impitoyable, étrange. Ou alors complètement stupide. Je lui dit :
_Je comptais me porter volontaire de toute manière.
_Quelle détermination jeune fille, lance une voix derrière nous.
On se retourne et nous voyons Fiona accompagné des deux mentors. Brutus et Enobaria. Cette dernière sera mon mentor personnel. Depuis toujours, je lui voue une grande admiration. En effet, durant ses jeux, elle tranchait la gorge de ses adversaires à pleine dents. C'est la bouche ensanglantée qu'elle a remporté ses Hunger Games. Elle a décidé de se faire limer les dents. Depuis, tout Panem la craint. Brutus, quand à lui, est un colosse. Il colle parfaitement avec Cato. Il n'y a rien à contester. Nos mentors sont fais pour nous.
Ils se placent sur le canapé devant nous, un verre d'alcool à la main. Cato se redresse et demande :
_Par quoi on commence ?
_Quelle impatience ! s'exclame Fiona.
_On a tout notre temps, répond Brutus.
_Comment ça ? Vous n'allez pas nous dire ce qu'on doit faire ? je demande, un peu perdu.
Nos mentors lâchent un petit rire. Je croise le regard de Cato, qui lui-même n'a pas l'air de bien comprendre.
_Vous savez comment on vous appelle dans les autres districts ? Des tributs de carrière. Vous êtes ceux que les autres vont craindre. Donc il ne faut pas vous prendre la tête avec l'entraînement. La plupart ne sauront à peine comment tenir une épée, nous explique Enobaria.
J'esquisse un sourire magnifiquement arrogant. Le Capitole est tout proche, et la victoire me tend les bras.
