- Je réfléchissais... Commença Wilson.

- Oui ?

- Et si… House avait été malade depuis plus longtemps et qu'on ne s'en était pas aperçus ?

- Wilson, j'ai quasiment vécu avec lui pendant presque un an, je m'en serais rendue compte.

- Mais… Il est très fort pour cacher certaines choses…

- Oui, mais il n'aurait pas pu cacher une maladie mentale.

- Si elle était dans ses premiers stades… L'infirmière Garett a parlé d'une personnalité plus violente que les autres non ?

Cuddy lui jeta un regard noir.

- N'allez pas lui chercher des excuses ! Il a juste été lui-même en détruisant ma maison ! Le bâtard arrogant et jaloux que l'on connait tous.

- Si… Si ce n'était pas le cas ? Et si son saut du 4ème étage d'un hôtel était aussi un « symptôme » ?

- Et s'il voulait juste vous faire peur ? Oh et c'est surement aussi de cette maladie que viennent mes rencards sabotés, vos repas volés, les patients insultés, les…

- Ca va Cuddy, j'ai compris l'idée ! Mais vous êtes en train de comparer un saut du haut du 4ème étage à des repas volés ?

Cuddy secoua la tête.

- Ce qu'il a fait est impardonnable, si c'est vraiment à cause d'une maladie mentale qu'il a foncé dans ma maison avec sa voiture, ça lui enlève toute responsabilité. Pire ! Ca les rejette sur nous, parce qu'on était les deux personnes les plus proches de lui et on ne l'a pas aidé ! Je ne veux pas de ça !

- Et bien comme il vous répondrait…

- Si vous citez Mick Jagger, je vous arrache les sourcils.

Wilson ne put s'empêcher de rire.

Greg sortit de la confiserie, un sac de bonbons à la main. Il n'avait pas été très gentil tout à l'heure, en laissant Rachel toute seule. Alors il allait se racheter. Il enfonça une sucette rouge dans sa bouche, content de lui.

D'un coup, il se sentit bousculé et collé à un mur.

- Ton portefeuille, grouille toi, connard !

Il baissa les yeux pour voir un petit pistolet pointé sur lui. Sa réaction fut immédiate. Lâchant le sac de bonbon, il sortit son opinel de sa ceinture, et colla sa pointe sur la gorge de son agresseur.

- Eh, oh ! Calme-toi mec !

- C'est à qui de se calmer pauv' tâche ? ! Gronda House avec fureur.

Le type recula, mettant de la distance entre la lame de dix centimètres et sa gorge.

Voyant House faire un pas menaçant vers lui, il tira et partit en courant.

Il se rattrapa au mur, s'empêchant de tomber. Il n'avait pas mal. Jamais mal.

Ramassant le sac de bonbon, il repartit en direction de l'hôtel, comme si de rien n'était.

Il trouva Rachel endormie sur le lit. Un petit sourire étira ses lèvres. Il l'aimait bien, elle lui avait parlé alors qu'il se promenait dans un quartier de New York assez chic… A part Monica, personne ne lui parlait…

Et Rachel était comme lui, elle aimait bien les histoires de pirates. Il grimaça alors que son ventre le lançait.

Dans sa tête. Pas réel.

Il alla dans la salle de bain, et prit des mouchoirs dont il fit des boules de coton qu'il enfonça dans le trou rouge que l'homme lui avait fait. Ensuite il fouilla dans ses poches, il y trouva son yo-yo qu'il s'était fabriqué avec du fil de pêche.

Il alla ensuite auprès de la petite, et récupéra une de ses épingle à cheveux. Serrant les dents, il recousu la plaie par-dessus le coton avec son petit équipement de fortune.

Il n'avait pas mal.

Il jeta l'épingle et les restes du yo-yo à la poubelle. Il rachèterait une épingle plus jolie pour Rachel et un vrai yo-yo pour lui.

Il sursauta en entendant un énorme fracas au dehors.

Il se précipita à la fenêtre, et vit une vieille Volvo écrasée contre un lampadaire qui ne tarda pas à chuter.

« Sors de la voiture. »

« House, qu'est ce qui te met en colère ? »

« Je me sens beaucoup mieux maintenant. »

Il tourna le regard vers Rachel. Cuddy. La maman de Rachel. La femme dont il avait détruit la maison.

« Qu'est ce que tu attends ? »

House tourna la tête, cherchant l'origine de la voix.

« Ce n'était pas ton but depuis le début ? »

House se plaqua les mains sur les oreilles. Cette voix lui faisait peur. La dernière fois qu'il l'avait entendue, elle lui avait dit de tuer un homme. Elle sembla s'intensifier de volume.

« Elle t'a arraché le cœur, tu souffres le martyr à cause d'elle, c'est le moment de lui arracher le sien »

- J'ai-j'ai pas mal. Répondit-il par automatisme.

« Allons qui est-ce que tu convaincs en répétant ça encore et encore ? »

- J'suis cinglé. Les gens normaux ils ont raison… Gémit Greg. J'ai mal parce que je suis cinglé. C'est pas réel. Les gens cinglés s'imaginent toujours des trucs.

« Oui, bien sur, le fait que tu l'aimais à en crever et qu'elle t'a laissé tomber comme un moins que rien après t'avoir donné l'espoir d'une vie avec elle ne t'a absolument rien fait »

« Non s'il te plait, ne fais pas ça, non non s'il te plait ! Ne fais pas ça ! »

« Au revoir House »

- J'ai-ai pas l-le droit. J'ai été ho-horrible avec elle.

Il eu l'impression qu'un étau lui enserrait la poitrine.

Il poussa un petit couinement tombant sur le lit. D'habitude, Monica était avec lui dans ces moments là, elle chassait la voix, elle l'empêchait de le torturer. Elle le serrait dans ses bras comme si elle était sa maman …

« C'est le moment. Tu vas te sentir mieux après. Vas-y »

Les doigts de House se serrèrent autour du couteau.

Son regard croisa celui de Rachel. Elle s'était réveillée.

Elle lui adressa un grand sourire.

- Tu es revenu ! On va faire des trucs chouettes ce soir hein Papa ?

Le sourire de Rachel disparu lentement.

- J'ai dit quelque chose de mal ?

House toucha sa joue. Deux trainées humides s'écoulaient le long de son visage pour se rencontrer sous son menton.

- Rachel… Tu…veux vraiment que je sois ton Papa ? Demanda House d'une voix blanche.

- Ben oui ! T'es super comme Papa ! Répondit Rachel comme si c'était la chose la plus évidente du monde.

En cet instant, House su que la voix ne reviendrait plus.