Notes : Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, c'était (oui, c'était...) les vacances et j'ai passé une semaine sans connexion internet et j'étais plutôt...occupée (exact, pendant les vacances). Je le sais, ça n'excuse pas ce léger retard mais, au moins, j'ai pu poffiner ce nouveau chapitre. D'ailleurs, il aurait dû être plus long mais ça m'aurait pris encore plus de temps donc j'ai préféré le couper en deux. En tout cas, j'ai fait en sorte que, pour une fois, je ne sois pas insatifaite de la longueur.

Je crois qu'il aura toujours des fautes d'orthographes... Mille excuses si ça vous pique les yeux !

A-t-on vraiment besoin du disclamer ?

Enjoy !


Je change une énième fois de position sur mon antique chaise, pestant une énième fois contre un énième grinçement à réveiller un diable qui me vrille les typams à chacun de mes mouvements.

Ce n'est pas tant le son sortit tout droit des Enfers qui m'agace autant, mais plutôt l'horrible et interminable attente qui se prolonge dans cette salle glaciale depuis bientôt trois quarts d'heure. Ma patience mise à rude épreuve, j'essaye, sans grand succès, de me focaliser sur ma respiration dont le cours me parait irrégulier depuis un moment.

En réalité, je tente surtout de faire disparaitre dans les noirs profondeurs de ma mémoire la scène qui tourne en boucle dans ma tête, tel un mauvais film en noir en blanc sans cesse rembobiné. Quoique certains détails ne m'apparaissent pas clairement, sûrement engloutis par un tourbillon de rage et de peur malvenut sur le moment.

Par contre, ce dont je me souviens avec précision, c'est des joues que j'ai griffé, des bras que j'ai mordu, des ventres que j'ai frappé ; tout mon être poussé dans un désir de vengeance dont, à présent, j'ai peine à expliquer la provenance.

Je crois bien m'être jeté avec sauvagerie sur les agresseurs dont le sourire de satisfaction, apparut après avoir accompli leur "tâche", disparut aussi sec laissant la place à une expression féroce qui ne m'intimida pas le moins du monde.

La situation devait avoir dégénéré car le son vague de la voix de Crystal criant mon nom avait réussi à parvenir à mes oreilles. J'aurai sûrement continué mon combat, dont l'avantage s'obstinait à rester du côté du nombre, si cette dernière n'avait pas prononcé son nom dans un cafouillis de paroles indisctintes.

Silver

La réalité, dûr mur de briques, m'avait frappé de plein fouet : il ne s'était pas relevé.

Mon coeur avait raté un battement et une sensation glaciale m'avait envahit, soufflant sechèment sur le feu de la bataille qui me dominait une seconde plus tôt. D'un même geste, nous nous étions précipités dans les escaliers, manquant de nous fouler la cheville. Mais ce n'était pas notre priorité.

Après ça, tout est devenu flou.

Je crois confusément me rappeler que Crystal était allé chercher du secours pendant que je restait, la vue bizarrement brouillé, à côter du rouquin toujours immobile.

Mais je n'en suis pas sûr.

Soudain, une main se pose, non sans douceur, sur mon genoux arrêtant son tressaillement nerveux et faisant disparaitre, par la même occasion de mon esprit, la vision du sang sur la pierre usée.

-Arrête et calme toi Gold. Il est entre de bonnes mains. me souffle mon amie

De la compétence des infirmiers, je n'en doute pas-bien qu'ils pourraient installer le chauffage dans leur salle d'attente-mais, ce qui me préoccupe vraiment, c'est les raisons qui ont poussé ces trois brutes à s'attaquer si violemment à Silver. Il n'est au lycée que depuis une journée, comment aurait-il pu se faire des ennemis en si peu de temps ? Sans compter qu'il ne semble pas très bavard. Peut-être est-ce dû à son succès, ironiquement involontaire, auprès des filles ? Toutefois, cette explication semble un peu, voire beaucoup, tirée par les cheveux.

Je soupire, ma peur montant encore d'un cran. Pourquoi je m'embête à me poser ce genre de question ? Après tout, je n'ai qu'une envie : vérifier si il va bien. Je jete un regard fébrile à l'horloge. Les médecins semblent s'éterniser et je ne crois pas que ce soit bon signe.

Brusquement, une poste s'ouvre dans un coin de la pièce, nous faisant sursauter. Une infirmière, la même qui nous a demander de patienter, apparait dans le cadre de bois, resplendissante de lumière dans la pièce sombre et froide. Elle sourit gentiment en enroulant une anglaise auburn autour de son doigt, ses yeux noisettes pailletés d'or brillant tel deux joyaux.

-Je crois qu'il s'est endormi, dit-elle avec bienveillance. Vous pouvez aller le voir mais évitez de le brusquer.

Nous hochons la tête comme des automates avant de la suivre, le ventre noué d'appréhension. Elle nous entraine dans un court couloir blanc. Je sais que notre établissement est modeste mais l'infirmerie est tout de même particulièrement petite. Quelques salles se courent après dans un unique corridor, nu de surcroit. J'espère cependant qu'ils ne sont pas aussi limités sur les moyenx médicaux. Nous atteignons rapidement la pièce fatidique. La jeune femme ouvre la porte sans bruit avant de s'en aller dans un nuage de boucles et de parfum. Je déglutis et, après une courte hésitation, passe le pas de la porte, précedé par Crystal.

La pièce est, comme le reste, d'un blanc laiteux mais semble plus sale, comme si on ne l'avait pas utiliser depuis longtemps. Le mobilier est simple, rudimentaire, composé d'une chaise, d'une table, d'un antique broc d'eau et d'un lit. Sur lequel trône Silver. Presque majestuesement.

Je ne sais pas bien à quoi je m'étais attendu mais le voir dormir si paisiblement me surprend. Sa peau rivalise de pâleur avec les murs et, sans la respiration calme et régulière qui lui soulève sa chétive poitrine, on pourrait presque croire qu'il sagit d'une statue. Un bandage, blanc évidement, lui enserre une partie du crâne, emprisonnant dans le tissu ces cheveux rouges dont le reste est éparpillé sur le drap, seul tâche de couleur dans la pièce unie. Je sens soudainement le besoin de respirer, ne comprenant que maintenant que j'avais cessé de le faire. Un soulagement sans nom m'envahit, prenant le pas instatanément sur tout le reste dans ma tête : il va bien. Et c'est tout ce qui compte pour l'instant.

Je m'approche d'une démarche timide du lit. J'ai peur de le réveiller, mais je ne peux pas m'en empêcher. Il semble si frêle, si fragile et j'ai l'impression glaçante qu'un coup de vent pourrait le faire s'envoler. Je m'arrête au bord et, d'une main que j'espère douce, frole ses doigts, éternellement enveloppés d'un gant, qui -miracle !- dégagent de la chaleur.

Pour être honnête, je ne sais plus trop quoi penser à son sujet. Hier à peine, il m'inspirait le plus déroutant et inexpliquable des malaises et voilâ qu'aujourd'hui je m'inquiète pour lui comme si c'était mon frère ! Pourquoi ? Comment peut-il me faire passer d'un sentiment extrème à l'autre avec autant d'aisance alors que je ne le connais que depuis une journée ? Je ne me comprend plus moi-même. Et je crois que ça me terrifie.

Tout à mes questionements, je ne remarque pas tout de suite que les doigts, prisoniers des miens, bougent lègérement. Jusqu'à que je sente ce fameux regard brûlant sur mon visage. Relevant instantanément le regard, le noeud dans mon ventre réaparaissant brutalement, je croise ses yeux argent ; ou plutôt ce que j'en aperçois sous les paupières fatiguées à demi soulevées.

-Silver ! s'exclame Crystal qui, jusque là, n'avait pas bougé.

Le concerné tente avec difficulté de se redresser et, lorsque l'on amorce un geste pour lui apporter du soutien, nous lance un regard signifiant clairement qu'il n'en a pas besoin. Ou plutôt qu'il n'en veut pas mais tout dépend du point de vue. Il, après moult grognements d'effort, s'appuie avec un soulagement évident sur ses oreillers.

Silver confortablement adossé ; Crystal assise sur le bord du matelas et moi installé sur un tabouret à côté de la tête de lit, la conversation peut commencer. Quoique pas tout de suite puisque un silence pesant s'obstine à rester jusqu'à ce que le rouquin soupire :

-Pourquoi êtes-vous venus ?

Je reste silencieux, préfèrant laisser Crys répondre qui, sans surprise, démarre au quart de tour.

-Ta chute a endomnagé ton cerveau ou quoi ?! s'exlame-t-elle avec véhémence. On s'inquiétait pour toi triple idiot !

L'offuscation qui déforme les traits de la jeune adolescente est tellement comique que je ne peux m'empêcher d'éclater de rire tandis que le blessé lâche son caractéritique rire claire et tintant. En le voyant comme ça, brusquement détendu et un sourire aux lèvres, je ne peux m'interdir de le trouver diablement adorable.

À peine cette pensée m'a-t-elle traversé l'esprit que je sens mes joues me brûler comme si le feu des Enfers avait élu domicile sur ma peau. Je dois être aussi rouge qu'une pivoine ! Je me râcle la gorge et me redressse légèrement pour tenter de reprendre contenance et d'éviter de croiser les pupilles argent qui me semblent plus institantes que jamais.

Crystal, après s'être joint à l'hilarité générale, retrouve son souffle et continue :

-Plus sérieusement Silver, tu crois qu'on allait retourner en cours après ça ? On s'est fait un sang d'encre pour toi. dit-t-elle en lui pressant gentiment la main.

Elle laisse planer un bref silence, moins assurée. Je comprend tout de suite qu'elle va poser la question qui me brûle les lèvres mais que je n'ose pas formuler.

-Et les gens qui t'ont pousser ?

À ces mots, je sens Silver se raidir imperceptiblement. Il détourne le regard et déglutis discrètement.

-Je ne veux pas en parler...pas maintenant...murmure-t-il d'une voix faible.

Je lui lançe un sourire de compréhension qui se veut rassurant et me tourne vers mon amie, m'attendant à voir la même chose sur son visage. Mais, pour ma plus grande confusion, pas du tout : Crystal a les yeux plissés et son expression est pour le moins...énigmatique. Elle fixe le rouquin avec insistance et dans ses yeux turquoises danse une étrange lueur. Comme si elle venait de...comprendre quelque chose ? Mais quoi ?

-Ce n'est pas grave Silver. lâche-t-elle d'une voix qui m'est étrangère. Il n'y a des choses qu'on ne peut pas toujours dire. Pour le moment...

Et c'est sur cette devinette qu'elle nous laisse, prétextant qu'il faut prévenir les profs de notre absence. Je me retourne vers le rouquin, un peu surpris de ce brusquement changement d'attitude de mon amie. Ce dernier fixe la porte par laquelle elle a disparut, les yeux écarquillé commre si il avait peur. Peur ? De Crystal ?!

-Euh...Silver ? je bredouille, pas très sûr de moi. Ça va ?

Il se retourne d'un coup vers moi, visiblement étonné que je sois encore là.

-Hein ? Oui Gold, ça va...

Mouais, j'ai déjà vu plus convaincant. En tout cas, Crystal semble avoir compris quelque chose qui m'échappe totalement. Et ce "quelque chose" a un lien avec les types qui s'en sont pris au rouquin. Je soupire, me lève à mon tour et m'appoche de ce dernier. Le plus délicatement possible, je pose mes mains sur son bandage.

-Eh ! s'écrie le jeune homme que j'ai visiblement sortit de se rêverie. Gold ! Qu'est-ce que tu fais ?!

Doucement, et sans lui répondre, j'écarte ces mèches écarlates, retombant ainsi sur son visage, pour mieux lui enlever le tissu blanc.

-Gold ! Écoute, si c'est pour nettoyer la plaie, je peux le faire tout seul tu sais !

-Chut...je grogne, concentré sur ma tâche. Et arrête de gigoter...

Après avoir retirer le bandage, je me penche pour distinguer la blessure à travers les longues et fines mèches douces. Douces ? Qu'est ce que je raconte moi ? Ahh, Gold concentre toi ! J'attrape le produit désinfectant et le rouleau de tissu posés à côté du broc d'eau. Je grimaçe : la coupure, bien que nette, est profonde. La tête du rouquin a dû s'être cogné contre le bord d'une marche dans les escaliers. Pas étonnant qu'il se soit évanouit.

Tout en faisant très attention pour ne pas raviver la douleur, j'imbibe de désinfectant un morceau de bandage propre et le presse contre la chair entaillée. Je sens les muscles de mon patient se contracter.

-Je m'y prend bien ?! je demande, paniqué à l'idée de mal le faire. Je t'ai fait mal ?! Tu me le dis hein ?! Tu veux que je te laisse faire ?!

-Relax Gold. Tu t'y prend très bien, t'inquiète. me rassure-t-il d'une voix étrangement calme comparée à ses membres raidis.

Soulagé, mais toujours aussi minutieux, je déchire un nouveau morceau de tissu. Tout en lui enveloppant la tête avec, je demande :

-Tu retourne en cours après ? Ou alors tu rentres chez toi ? Et, d'ailleurs, tu vas dénoncer les types ?

Je l'entend soupirer. Ais-je bien fait de poser la question ? Toute cette histoire semble l'épuiser. Cependant, il lâche :

-Je doute que mon père puisse venir me chercher alors, oui, je retournerai en cours cet après-midi. Et non, je ne les dénoncerai pas.

-Pourquoi ?! je m'exclame, abasourdi

Ayant finis de le soigner, je m'installe à ses côtés sur le lit. Il me regarde, semblant chercher ses mots. Lui, toujours maître de lui-même et calme en toutes circonstances, semble désenparé.

-Écoute...ces types ont un moyen de pression sur moi...et ils vont sans doute s'en servir si je dis au proviseur ce qu'il m'ont fait... De toutes manières, j'ai déjà annoncé aux infirmiers que j'étais tombé par accident dans les escaliers.

-Quel genre de moyen de pression ? je demande d'une voix faible

Il plante son regard dans le mien.

-Le genre qui fait mal. Très mal.

Comprenant aussitôt qu'il ne m'en dira pas plus, je décide de poser une question que me chiffone depuis un moment.

-Comment les connais-tu ? Si ils connaisent quelque chose sur toi qu'ils peuvent utiliser, c'est qu'ils te sont familiers, non ?

Je suis ahuris que ma voix que ma voix soit aussi contrôlée. Cette confession a dû énormément coûter à Silver. Et, dans le tourbillon déchainé de mes sentiments, je ne peux m'empêcher de me sentir flatté.

Ce dernier, trouvant visiblement que soutenir mon regard ambré est une tâche trop difficile, détourne le sien et, sans prendre en compte ma tempête émotionel, répond en bafouillant :

-J-Je ne sais pas..Écoute Gold..., n'en parle à personne OK ? C-C'est entre eux e-et moi...

"Plus vraiment maintenant." me dis-je. Il ne pense vraiment pas, qu'après m'avoir raconté tout ça, je n'allais pas l'aider ? Si c'est la cas, il se fout le doigt dans l'oeuil ! Ou je ne m'appelle plus Heart ! Je ne peux retenir un discret rictus, plus déterminé que jamais.

Enfin. Pour le moment, Silver doit se reposer et ce n'est pas en se torturant l'esprit pour répondre à mes questions qu'il y arrivera.

Je descend du lit et me retourne vers le blessé pour lui annoncer mon départ lorsque je remarque que ses cheveux écarlates sont décoiffés, sûrement à cause de mes manipulations, et qu'une mèche rebelle lui tombe sur son visage blâfard.

Mû par l'irrestible, et inexpliquable, envie de la lui remettre derrière l'oreille, j'amorce un geste dans sa direction. Ne comprenant visiblement pas mon intention, il se recule brusquement, manquant de se cogner sa tête fraîchement soignée, ce qui aurait été ironique.

-Ahem...Gold ? Tu fais quoi là ?

En entendant le son de sa voix, je me reprend soudainement, comme si je sortais d'un rêve que je n'aurais pas envie de quitter. Je rétracte mon bras à demi-tendu avec une rapidité que je ne me soupçonnais pas et murmure avec une certaine distance vocale :

-Hum...Non rien...Laisse tomber.

Je reconstruis en vitesse un masque avenant et dit avec autant de naturel dont je suis capable quand je nage dans une telle confusion :

-Bon, je te laisse Silver. À plus tard !

Sur ce, je sors de la salle comme si j'avais le diable à mes trousses, plantant là un rouquin dont la couleur du visage ressemble, à s'y méprendre, à sa teinture capillaire.

En toute honnêteté, je crois que je ne suis pas mieux...